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Top 30 des franchises de la décennie : les San Antonio Spurs, la fin d’une ère… mais quelle fin ! (#3)

Quel kiff c’était quand même ces Spurs… Si seulement Ray n’avait pas été là, la première place n’aurait pas été si loin… Merci pour le spectacle en tout cas.

Source image : YouTube

Il est l’heure. L’heure de fermer la page sur les années 2010, et donc de fermer la page sur dix ans de NBA et de souvenirs plus ou moins ancrés, plus ou moins légendaires. Il y a ceux dont on se rappellera encore dans cinquante ans et ceux qui disparaîtront au rythme des exploits de notre génération contemporaine, mais aujourd’hui et avec un regard tout neuf sur ces dix dernières années, nous nous sommes donc amusés à… trancher dans le vif. Aujourd’hui, les San Antonio Spurs : Dieu que c’est beau une telle longévité.

Classer les trente franchises de la Ligue, de 1 à 30 cela va sans dire, en prenant en compte aussi bien les victoires en saison régulière que les trophées individuels, le palmarès des printemps ou les stars passées en ville. Exercice difficile, ô combien discuté et évidemment toujours discutable, mais qui aura au moins le mérite d’être posé. Exercice subjectif également, qui prend en compte des chiffres mais aussi des ressentis, et que l’on vous demandera donc de respecter ou de débattre, seulement et seulement si vous faîtes l’effort, comme nous, de vous creuser un peu les méninges et de jeter un coup d’œil derrière votre épaule, sur ces dix années de NBA qui nous contemplent.

  • Saison prises en compte : de 2009/10 à 2018/19
  • Critères étudiés : les victoires en saison régulière, le palmarès en Playoffs, le nombre de All-Stars et les trophées individuels
  • Objectivité : celle des fans NBA

Allez, on attaque le podium. Et quoi de mieux pour commencer que de parler des San Antonio Spurs. Sur ces dix années, et comme depuis bien plus longtemps d’ailleurs, les Spurs ont montré une énorme régularité aussi bien en saison régulière qu’en Playoffs. Gregg Popovich à la baguette d’une franchise qui a toujours trusté les premières places à l’Ouest, qui a gagné un titre, alors… médaille de bronze méritée ? Oh que oui, car cette franchise n’est pas seulement une équipe de basket, c’est avant tout une académie de jeu. Une académie qui a ébloui la Ligue grâce à ce jeu si léché et beau à regarder – un peu moins ces temps-ci – et un mythique trio reposant désormais tout en haut de l’AT&T Center qui nous manque déjà.

Le bilan en régulière : 559 victoires – 261 défaites

Le bilan en saison régulière est tout bonnement le meilleur, personne n’a fait mieux. Personne n’arrive à la cheville de Pop en terme de régularité sur 82 matchs. D’ailleurs, c’est la seule franchise avec celles du Heat et des Mavs ayant conservé son coach toute la décennie. En même temps, pourquoi changer une équipe qui écrase tout sur son passage. En effet, la pire saison des Spurs dans cette période : 47 victoires. Oui oui, la pire. En moyenne, 56 victoires par saison, avec une pointe à 67 en 2016. Si on enlève deux dernières saisons un peu plus poussives, dûes à la reconstruction de l’équipe, la moyenne dépasse les 60 wins. Du jamais vu ou presque.

Le bilan en Playoffs : un titre, des épopées… mais foutu Ray Allen quand même

Avec des saisons régulières aussi propres, les Spurs n’ont évidemment jamais été en vacances dès avril. Depuis dix ans ? Non, non, depuis 1996 même, enfin là n’est pas le sujet. Les campagnes se sont néanmoins suivies sans se ressembler. Après le titre de 2007, dur de retrouver les Finales avec notamment un sweep contre Nash et Stoud’ en 2010 et une élimination au premier tour contre les Grizzlies l’année suivante. Il faudra attendre 2013 pour que la bande à Pop retrouve enfin les Finales… malheureusement perdues face à Miami après avoir mené 3-2 et 95-92 à 15 secondes du terme du Game 6. Le trophée Larry O’Brien était là, à portée de main, mais Ray Allen en a décidé autrement. Coup dur pour la dynastie Spurs mais les mecs n’en resteront pas là. La vengeance est un plat qui se mange froid, même face au Heat. Revanche remportée l’année suivante et cette fois-ci ni LeBron, ni Ray, ni Dwyane n’empêcheront Tony, Manu, Tim et Kawhi – MVP de ces Finales – d’inscrire à nouveau la franchise dans le palmarès NBA. 4-1, net, sans bavure et c’en était trop pour le King, qui quittera la Floride quelques mois après. Cette victoire sonnera également comme un clap de fin pour la dynastie Spurs. Car l’effectif vieillissant se heurte à la jeunesse et la fougue des Clippers et du Thunder les deux années suivantes. Tim Duncan s’en ira d’ailleurs juste après. Nouvel effectif, nouveau défi et nouvelle finale de Conférence en 2017, et Kawhi Leonard semble bien décidé à couper les Warriors dans leur quête de back-to-back. Stratosphérique dans la première partie du Game 1, Kawhi est malheureusement stoppé net dans son élan par le pied de Zaza Pachulia. Il ne reviendra plus et les Warriors s’imposeront en quatre manches. Ce moment marque probablement la véritable fin de la dynastie Spurs, qui avait donc commencé avec  Tim en 1999, rejoint par Manu et Tony, et qui se finira donc de la plus moche des manières avec Kawhi. La suite vous la connaissez, il s’en ira en mauvais terme avec la franchise et laissera derrière lui un DeMar DeRozan qui se cherche toujours. Ce dernier, accompagné de LaMarcus Aldridge, qui ne réussit toujours pas à passer le moindre tour de postseason depuis deux ans. Triste fin, mais pensez à ceux qui n’arrivent même pas à y aller, en Playoffs.

Les joueurs majeurs

  •  Kawhi Leonard (MVP des Finales 2014, deux fois DPOY en 2015 et 2016, 2 fois All-Star)
  •  Tony Parker (3 fois All Star)
  •  Tim Duncan (4 fois All Star)

Si bien sûr le trio Tony Parker, Manu Ginobili et Tim Duncan est la base de la réussite des Spurs, il n’aurait probablement pas eu le droit à la rédemption sans l’avènement de Kawhi Leonard. MVP des Finales en 2014 pour son gros taff sur LeBron, The Klaw était pourtant arrivé sur la pointe des pieds après sa sélection en 15ème position à la Draft 2012. Réputé comme un défenseur solide, il deviendra le pilier de l’une des défenses les plus efficaces de la Ligue. Logiquement récompensé du titre de meilleur défenseur de l’année, il a cependant bien évolué de l’autre coté du terrain, pour arriver à une moyenne de 25 points par match lors de sa dernière année dans le Texas. Il a néanmoins profité de l’organisation Spurs basée sur le fameux trio. S’ils se montraient vieillissants, ils étaient malgré tout le socle de l’équipe. Tony à la mène, Manu en sixième homme dynamiteur, Tim en 20-10 ou dans ces eaux-là, la recette n’a jamais cessé de fonctionner. Si moins performants statistiquement que certains cyborgs, ils n’en sont pas pour autant moins adulés, comme le démontrent leur présence au All-Star Game et dans les équipes All-NBA. Mentions honorables également à Danny Green, éboueur du coin, toujours là pour planter ses trois au bon moment, et à son collègue dynamiteur Gary Neal, l’un des héros du milieu de décennie au Texas. Sans oublier, évidemment, Boris Diaw et Patty Mills, membres invétérés de la second unit et primordiaux dans la réussite de l’équipe, mais aussi Matt Bonner, qui nous fera rire, lui, le roux et son shoot si atypique, mais tellement efficace. Cela dit, la force principale des Spurs – un peu moins en ce moment – sur ces dernières années, c’est bien la défense, parfaitement incarnée par Danny Green justement, assez sous-côté mais tellement important dans l’équilibre de l’équipe.

Bon nombre de joueurs ont également réussi à se greffer à cet effectif légendaire. Si les passages de Tiago Splitter, d’Aron Baynes, de Marco Belinelli n’ont pas marqué la franchise comme les joueurs cités précédemment bien qu’ils participèrent à l’un des plus beaux shows des années 2000, ils ont également tous apporté leur pierre à l’édifice. Rappelons également que Tracy McGrady est passé aussi dans le coin en 2013, histoire de gratter un titre… encore raté. L’année suivante ? La France était à l’honneur. Car si Boris et Tony étaient là depuis un moment déjà, c’est un autre français qui a rejoint le Texas : Nando de Colo. Mais l’expérience ne sera finalement pas concluante. Bref, du beau monde est passé par l’AT&T Center pendant cette décennie, et on peut même citer les derniers arrivants LaMarcus Aldridge, DeMar DeRoza, Rudy Gay et les jeunes Derrick White, Lonnie Walker ou Dejounte Murray, vrais basketteurs même si pas encore dotés de l’esprit de la gagne qui a fait la force de la franchise durant non pas une mais quasiment deux décennies

Le cinq majeur de la décennie : Tony Parker – Manu Ginobili – Danny Green – Kawhi Leonard – Tim Duncan

Le souvenir du rédacteur

En bon français, la pensée qui revient en premier quand on parle de San Antonio cpncerne bien sûr Tony Parker. Beaucoup de moments marquants dans sa carrière à San Antonio, mais un seul qui se détache aujourd’hui : son game-winner au match 1 des Finales 2013. 90-88 Spurs, 13 secondes à jouer, cinq seulement sur la possession. L’attaque est brouillonne, Tony est bien muselé, il s’approche de la raquette, tombe au sol, se relève en feintant LeBron. Sur un pied, il se relève en envoyant un délicieux shoot sur la planche à la sirène. 92-88. Sort du match scellé. Si la fin sera triste pour Tony et ses coéquipiers, cette action restera l’une des plus décisives de sa carrière. Cocorico bordel.

 

La forme actuelle

C’est… pas… jojo. Pour la première fois depuis très longtemps les Spurs ont envoyé des pelles à neige de défaites consécutives, des défaites coïncidant avec un jeu dégueulasse, fait d’incohérences en attaque et d’une intensité digne de celle d’une limace en défense. Neuvièmes à l’Ouest à l’heure des lignes, les Texans iront peut-être bien en Playoffs mais ce en sera clairement pas en continuant à jouer ainsi, vivotant des perfs hasardeuses et trop rares de leur duo de stars et regardant leurs jeunes… ne pas progresser. L’alarme est actionnée, on attend les pompiers.

La projection pour la décennie 2020

Si la fin de l’ère Tony-Manu-Tim (Kawhi) fût un peu triste, les fans des Spurs peuvent retrouver le sourire au regard du potentiel des jeunes éperons. Dejounte Murray, Derrick White, Lonnie Walker ou encore Jakob Poeltl sont l’avenir de la franchise. Connaissant le climat propice au développement des jeunes, l’avenir semble radieux tout de même. Si sur le terrain le futur semble prometteur, il l’est moins sur le banc. En effet, l’élément le plus iconique, le plus déterminant de toute l’Histoire de la franchise vient d’avoir 70 ans, dont les 24 dernières années passées sur le banc en tant qu’headcoach. Il commence à avoir le kilométrage bien haut papi Popo. Combien de temps restera-t-il encore sur le banc ? Lui seul le sait, mais nous sommes d’accord pour dire que nous sommes plus près de la fin que du début. Avec le récent décès de sa femme, sa santé mentale a également été mise à contribution. Quand le physique ne suivra plus, il faudra donc songer au départ et son remplaçant aura forte affaire. Remplacer l’un des trois plus grands coachs de l’histoire, bon courage. Mais avec Pop on ne sait jamais, et son amour pour cette franchise est tel que nous ne serions pas étonnés s’il rempilait pour encore dix ans.

S’il fallait donner une note à cette décennie pour les Texans, elle serait à peu près de 16/20. Un titre, une finale, des hommages poignants, une jeunesse dorée qui doit prendre le relai, plutôt positif puisqu’on connait un paquet de franchises qui n’ont connu à peu près… rien de tout ça depuis dix ans. A San Antonio ça gagnait, ça ferraillait mais ça rigolait, et c’était le bon temps.

Classement

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