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Top 30 des franchises de la décennie : les Sixers de Philadelphie, un long trou d’air puis une lueur d’espoir au bout du tunnel (#22)

Joel Embiid

La tête des fans des Sixers entre 2012 et 2017.

Source Image : NBA League Pass

Il est l’heure. L’heure de fermer la page sur les années 2010, et donc de fermer la page sur dix ans de NBA et de souvenirs plus ou moins ancrés, plus ou moins légendaires. Il y a ceux dont on se rappellera encore dans cinquante ans et ceux qui disparaîtront au rythme des exploits de notre génération contemporaine, mais aujourd’hui et avec un regard tout neuf sur ces dix dernières années, nous nous sommes donc amusés à… trancher dans le vif. On attaque cette deuxième semaine de souvenirs avec les Sixers de Philadelphie.

Classer les trente franchises de la Ligue, de 1 à 30 cela va sans dire, en prenant en compte aussi bien les victoires en saison régulière que les trophées individuels, le palmarès des printemps ou les stars passées en ville. Exercice difficile, ô combien discuté et évidemment toujours discutable, mais qui aura au moins le mérite d’être posé. Exercice subjectif également, qui prend en compte des chiffres mais aussi des ressentis, et que l’on vous demandera donc de respecter ou de débattre, seulement et seulement si vous faîtes l’effort, comme nous, de vous creuser un peu les méninges et de jeter un coup d’œil derrière votre épaule, sur ces dix années de NBA qui nous contemplent.

  • Saisons prises en compte : de 2009/10 à 2018/19
  • Critères étudiés : les victoires en saison régulière, le palmarès en Playoffs, le nombre de All-Stars et les trophées individuels
  • Objectivité : celle des fans NBA

Plus on avance dans ce Top 30, moins la misère est grande, et la lumière commence à apparaître pour certains. Quoi de mieux pour corroborer ces propos que de parler des Sixers de Philadelphie, franchise qui pendant quelques années a connu les bas-fonds de la Ligue, avant de récolter les fruits de son projet tanking. Merci le système, merci Adam Silver, merci aux fans invétérés d’avoir quand même répondu présent lorsque la franchise connaissait ses heures les plus miséreuses, vous êtes récompensés aujourd’hui de cette patience.

Le bilan en régulière : 315 victoires – 489 défaites

Un bilan triste, mais qui aurait pu être bien pire sans les deux dernières années, où les Sixers ont retrouvé les hauteurs de l’Est avec deux belles campagnes à plus de 50 victoires sous l’impulsion de leurs jeunes stars Joel Embiid et Ben Simmons, troisième et premier choix de Draft. La décennie a évidemment été marquée par la période « The Process », qui a commencé en 2013 après deux saisons autour des 50% de victoire au début des années 2010, qui ont débouché sur deux qualifications en Playoffs. « The Process », ça correspond à quatre saisons de misère, dont trois en dessous des vingt succès et une à… dix victoires en 2015-16. Dix victoires ! Le tanking élevé au rang d’art. Parfois, il faut savoir reculer pour mieux sauter. Cette expression collait bien à l’idéologie de la franchise au milieu des années 2010, où le but était de collectionner les hauts choix de Draft pour tout exploser un jour ou l’autre. Aujourd’hui, cette philosophie est payante au vu des résultats actuels de Philly. L’espoir d’un titre est revenu chez les Sixers, eux qui attendent cette bague depuis plus de 36 ans.

Le bilan en Playoffs : du vide, quelques bons moments, et un shoot assassin

Sur la décennie, il y a eu seulement quatre saisons où la régulière a débouché sur des séries de Playoffs. Deux époques différentes, deux équipes différentes. Tout d’abord, en 2011 et cette confrontation face au rouleau compresseur Heat. Une défaite 4-1 face à LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh, bien trop forts pour Andre Iguodala, Jrue Holiday, Elton Brand et compagnie. L’année suivante sera plus intéressante et surprenante. Les Sixers, huitièmes, réalisent l’exploit de sortir les Bulls, exploit qui a été rendu possible par la terrible blessure de Derrick Rose ainsi que les pépins de Joakim Noah. Ils seront ensuite confrontés au second tour aux Celtics, pour une série très serrée qui se terminera par une victoire des Verts en sept matchs accrochés. Des Sixers sans véritable star qui sortent par la grande porte. Porte qui les amènera directement en vacances, et cela pendant les cinq prochaines années. Il faudra en effet attendre avril 2018 pour retrouver ce parfum de Playoffs au Wells Fargo Center. Un premier tour maîtrisé face au Heat, avant de perdre face à des Celtics (encore eux) privés de Kyrie Irving et Gordon Hayward. 4-1 pour les hommes de Brad Stevens. Dure défaite ? Oui, mais surtout un apprentissage. L’année suivante, nouvelle qualification en demi-finale de conférence pour Joel Embiid, Ben Simmons et les autres, face aux Raptors de Kawhi Leonard. Une série qui restera dans les mémoires. Chaque équipe domine son sujet tour à tour, pour arriver à ce Game 7 d’anthologie, au terme duquel Kawhi Leonard va crucifier Philly. 90-90, il reste une poignée de secondes. The Klaw est bien défendu mais arrive tout de même à envoyer un shoot en déséquilibre dans le corner juste devant le banc des Raptors. Tir qui donnera l’impression de rester des heures à rebondir sur le cercle, pour finalement retomber dedans. Terrible pour les Sixers.

Les joueurs majeurs

  •  Deux ROY (Michael Carter-Williams en 2014, Ben Simmons en 2018)
  •  Cinq All-Stars : Joel Embiid (2), Ben Simmons, Allen Iverson, Andre Iguodala, Jrue Holiday (1)

Au rayon des joueurs majeurs de la décennie, difficile de ne pas commencer par le duo Joel Embiid – Ben Simmons. S’ils ont mis du temps à fouler les parquets de la Ligue à cause de blessures, ils ont réussi à remettre les Sixers sur le devant de la scène grâce à leur évolution fulgurante et l’aide d’éléments importants tels que JJ Redick et Dario Saric, ainsi que Jimmy Butler et Tobias Harris. Mais il y a également d’autres joueurs qui ont su tirer leur épingle du jeu au cours de la décennie. Tout d’abord, on peut parler de Jrue Holiday. Drafté en 2009 en 17ème position, il est rapidement devenu une pièce qui compte aux Sixers. Combo guard, il fera bonne figure dans les bons et mauvais moments pendant ses quatre années en Pennsylvanie, avec notamment une participation au All-Star Game en 2013, l’année où il a été échangé aux Pelicans contre Nerlens Noel. Au début des années 2010, Holiday a bien été accompagné par Andre Iguodala et Elton Brand, aujourd’hui manager général de Philly. À souligner également les passages de Lou Williams, Evan Turner et Thaddeus Young. Ces deux derniers ont été courageux pour jouer quand les Sixers ne gagnaient que deux fois par mois au début du « Process ». En parlant de courage, que dire de Robert Covington, à Philly entre 2014 et 2018 et témoin privilégié des pires heures de la franchise, avant de participer à l’ascension de cette dernière. Durant cette période, la saison rookie de Michael Carter-Williams a été marquante avec ce fameux premier match en carrière pas loin du… quadruple-double – 22 points, 12 passes, 7 rebonds et 9 interceptions – et un titre de Rookie of the Year au bout du compte. Enfin, il ne faut pas oublier que la légende locale Allen Iverson a porté le maillot des Sixers lors de la saison 2009-10, pendant 25 matchs, avant de disparaître définitivement du monde de la NBA

Le cinq majeur de la décennie : Ben Simmons – Jrue Holiday – Robert Covington – Thaddeus Young – Joel Embiid

Le souvenir du rédacteur

Les premiers souvenirs qui reviennent à l’esprit quand on évoque les Sixers version 2010 sont ces années de galères, à passer pour la risée de la Ligue. Pendant un moment, jouer contre Philadelphie relevait plus d’un entraînement grandeur nature qu’à un réel match NBA. Triste époque. Mais essayons plutôt de s’attarder sur un bon souvenir. On aurait pu parler d’Andre Iguodala qui monte sur la table de marque après la qualif face aux Bulls en 2012, ou de ce grand match de Michael Carter-Williams mentionné plus haut, sauf qu’on a voulu se concentrer sur un moment plus récent, datant du 17 mars 2019. Ce jour-là, les Sixers affrontent les Bucks au Fiserv Forum dans ce qui s’annonce comme une potentielle future finale de conférence. Un match de haut niveau qui verra s’affronter les deux franchise players dans un duel dantesque. Le pivot camerounais Joel Embiid contre le meneur-arrière-ailier-ailier fort-pivot grec, futur MVP, Giannis Antetokounmpo. 40 points, 15 rebonds, 6 passes pour Joel. 52 points, 16 rebonds, 7 passes pour le Greek Freak, soit son record en carrière au scoring. Les deux joueurs sont partout, au four et au moulin. Entre dunks, tirs extérieurs, passes inspirées, les deux jeunes stars portent leur franchise respective. Finalement, ce sont les Sixers qui repartiront avec la win, envoyant un message fort à toutes les autres équipes de la Ligue.

La forme actuelle

Après deux campagnes à plus de 50 victoires, les Sixers confirment leur statut de poids lourd à l’Est cette année, avec un début de saison réussi sur le plan comptable (17 victoires pour 7 défaites à l’heure de ces lignes). Aujourd’hui, ça vise clairement le titre à Philly avec les Tobias Harris, Al Horford et Josh Richardson pour accompagner Ben Simmons et Joel Embiid. Le coach Brett Brown avait annoncé les grosses ambitions de la franchise avant la saison et on attend désormais des Sixers qu’ils franchissent un cap supplémentaire en Playoffs, après deux éliminations en demi-finale de conférence.

La projection pour la décennie 2020

La décennie à venir s’annonce alléchante à Philadelphie. Ben Simmons et Joel Embiid formeront la base du cinq de la franchise pendant de longues années, s’ils ne décident pas d’aller voir ailleurs bien évidemment. Les deux sont jeunes et ont encore des points à améliorer, mais l’ambition est là. On devrait donc retrouver les Sixers en haut de la Conférence Est pour quelques saisons supplémentaires. Les duels avec des équipes comme les Bucks, les Nets une fois Kevin Durant de retour, le Heat, les Celtics ou encore les Raptors devraient être excitants. Si la projection sur dix ans est difficile, pourquoi pas rêver de plusieurs Finales NBA au Wells Fargo Center. Le potentiel est là, à eux de confirmer.

Si la décennie 2010 de Philly a connu plusieurs chapitres, elle a évidemment été dominée par « The Process », cette période terrible à vivre au niveau des résultats, mais qui permet aujourd’hui aux Sixers de faire partie des favoris de la Grande Ligue. Maintenant, reste à le valider définitivement, et pour cela il faut remporter un titre dans les prochaines années. 

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