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L’été des Cavs passé à la loupe : la Draft, Collin Sexton, Jarrett Allen… c’est l’heure de faire des choix pour le front office

Cavs Cavaliers 20 juillet 2021

On n’aimerait vraiment pas être à ta place Koby…

Source image : montage via YouTube

Depuis le départ de LeBron James il y a (déjà) trois ans, les Cleveland Cavaliers sont en totale reconstruction. Avec ses picks de draft, quelques bouts de ficelle et aussi des jolis coups réalisés par le front office, les Cavs disposent tout de même de quelques éléments intéressants autour desquels bâtir leur nouveau projet. Fini le fond de la Conférence Est, l’objectif, c’est au moins d’accrocher le play-in tournament. Et pour ça, le GM Koby Altman va avoir du pain sur la planche cet été…

Après quatre ans passés au sommet de la Conférence Est, les Cavs sont tombés de haut. Très haut même, après le départ de l’enfant prodige du pays pour les spotlights de Los Angeles, à l’été 2018. Une nouvelle ère de lose commençait alors dans l’Ohio, comme la dernière fois que le King était parti, en 2010. Un véritable fiasco, initié avec la prolongation de Kevin Love le même été pour 120 millions de dollars sur 4 ans. Une « récompense » pour l’ailier fort après quatre ans de bons et loyaux services, où il s’est sacrifié pour le bien du collectif. Mais cette récompense coûte aujourd’hui très cher au front office des Cavaliers, qui trainent ce contrat, (quasiment) impossible à transférer depuis des années. Une bonne leçon pour Koby Altman qui aurait pourtant pu se douter que la NBA, ce n’est pas l’école des fans. A noter que depuis la signature de ce nouveau contrat, Kéké L’Amour n’a joué que 103 petits matchs en trois saisons. Ça fait cher les happenings sur un parquet…

La saison 2018-19 est absolument cataclysmique. Tyronn Lue est remercié après six matchs (!) pendant que J.R. Smith s’amuse à balancer son bol de soupe encore chaude sur un assistant lors d’un entraînement. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Et, comme si tout ce cirque ne suffisait pas, Collin Sexton, choisi par Cleveland avec le 8è choix de draft, est vivement critiqué par ses coéquipiers dès le début de saison car frustrés de partager le terrain avec un meneur titulaire qui joue avec des œillères. Même si le Young Bull avait des (grosses) lacunes en arrivant en NBA, vous conviendrez qu’il y a meilleur environnement pour commencer une carrière professionnelle. L’arrivée très surprenante de Darius Garland, un autre meneur de jeu de 1m85, choisi en 5è position par Koby Altman en 2019, ne va pas sortir les Cavs du bourbier dans lequel ils se sont mis : un coach (John Beilein) qui ne s’adresse pas à ses joueurs de la bonne façon qui va rapidement sauter, de nouvelles tensions entre Sexton et Love symbolique d’une cohabitation entre anciens et nouveaux qui ne se passe pas bien.

L’année suivante, outre l’arrivée d’Isaac Okoro, lui-aussi obtenu avec le 5è pick de draft, Cleveland recherche un peu de calme et veut soigner son image pour faire grandir son groupe de jeunes dont le noyau est constitué de Collin Sexton, Darius Garland, Isaac Okoro et Kevin Porter Jr. Un souhait qui ne sera pas réalisé, puisque les problèmes comportementaux du dernier cité fuitent et créent un léger scandale. Les Cavs vont donc se séparer d’une de leur pièce les plus prometteuses contre deux Twix, pour le plus grand bonheur des Rockets. Malgré tout, le début de saison 2020-21 des Wine & Gold dépasse les attentes et crée la surprise. Sexton devient un scoreur de plus en plus efficace, Garland prend confiance petit à petit, pendant qu’Isaac Okoro montre des signes prometteurs en attaque et s’occupe du meilleur joueur adverse en défense tous les soirs. Mais, puisque depuis le départ du King le nord-est de l’Ohio est le plus grand théâtre de drama en tout genre des États-Unis, la gestion du cas Andre Drummond va faire couler beaucoup d’encre. Pas au niveau, pas concerné par ce qu’il se passe sur le terrain, le grand Dédé obtiendra ce qu’il voudra avec un buyout qui n’arrange que lui.

Cette saison des Cleveland Cavaliers aura été plus encourageante (on se satisfait comme on peut…) que les autres avec quelques coups d’éclats des jeunes pousses, mais aussi avec l’acquisition de Jarrett Allen, une nouvelle pièce intéressante dans la mission reconstruction du duo Dan Gilbert – Koby Altman. C’était sans compter sur l’arrivée d’un nouvel élément qui vient à lui seul tout chambouler et apporter son lot de questions quant au futur de la franchise titrée en 2016 : le pick 3 à la prochaine Draft. Avec ce troisième pick, les Cavs vont (vraisemblablement) obtenir Jalen Green, arrière explosif très prometteur de G League ou Evan Mobley, intérieur excellent défensivement de USC et dont le potentiel semble assez important également. Tout dépend du choix des Rockets qui, décidément, orientent toujours un peu plus les plans d’avenir de nos amis de l’Ohio. Que ce soit en accueillant Green ou en choisissant Mobley, le front office des Cavs devra faire un choix important : impossible d’imaginer un scénario dans lequel Darius Garland, Collin Sexton et Jalen Green se partagent la gonfle dans le backcourt. Difficile également de percevoir la comptabilité d’une raquette Jarrett Allen – Evan Mobley, surtout en 2021…

Pour rappel, Allen est restricted free agent cet été, ce qui signifie que les Cavaliers pourront matcher n’importe quelle offre qui sera faite à leur nouveau pilier dans la peinture. Et Dieu sait que de nombreuses équipes vont proposer un contrat au pivot de 23 ans… Avant la lottery, le plan du front office était de proposer un contrat généreux à la coupe afro la plus stylée de NBA, tournant autour des 100 millions de dollars sur 5 ans, ou de matcher (presque) toutes les offres d’autres équipes. Le joueur drafté par Brooklyn semblait être une pièce centrale de la reconstruction des Cavs. Et maintenant ? Rien n’est moins sûr, avec la potentielle arrivée de Mobley. Bonjour le casse-tête dans les bureaux de la Rocket Mortgage FieldHouse

De plus, si vous trainez souvent sur l’oiseau bleu, vous êtes au courant que Collin Sexton s’est retrouvé au coeur de beaucoup de rumeurs ces dernières semaines. La raison ? Son éligibilité à une extension dès cet été, qu’Altman serait prêt à lui donner, mais pas à n’importe quel prix. Difficile d’estimer le coût du Young Bull, qui sort d’une saison à 24 points de moyenne, dont l’état d’esprit et l’éthique de travail ne sont plus à prouver, mais dont la comptabilité avec Darius Garland, à terme, pose toujours de nombreux doutes. La preuve : Koby Altman est clairement en train de jauger sa valeur sur le marché. Et puis, s’il est possible de se débarrasser de Kevin Love dans un deal qui inclurait l’ancien d’Alabama, cela pourrait pousser le GM des Cavaliers à trancher.

En cas de draft de Jalen Green, le destin du meilleur scoreur des Wine & Gold serait vraisemblablement scellé. Même si Dan Gilbert est un personnage assez imprévisible, dont l’implication au niveau sportif et les choix sont largement discutables, difficile d’imaginer le board des Cavs se planter (encore) à ce point. Une situation assez épineuse pour le front office, mais aussi pour le joueur. Mettez vous à la place de Collin Sexton 30 secondes : après une saison individuelle très satisfaisante, à la limite du All-Star Game, comment imaginer qu’un joueur qui n’a même pas mis un pied en NBA puisse causer votre départ et prendre votre place ? Dans le cas contraire, comment faire abstraction de tous ces bruits de couloir pour revenir dans les meilleures conditions en cas d’arrivée de Mobley, et donc possiblement d’une extension dans l’Ohio ? Certains fans et observateurs réclament le « repositionnement » de Sexton comme sixième homme dans la rotation du génie J.B. Bickerstaff. Une possibilité qui pourrait être une option, bien qu’assez difficile à imaginer du point de vue du Young Bull…

Selon les dernières mock drafts et les derniers reports des différents insiders du côté de Houston, Jalen Green devrait filer dans le Texas. Ce serait donc Mobley que les Cavs choisiraient dans 10 jours. De quoi laisser plus de temps au binôme Altman – Gilbert pour décider du destin de Collin Sexton : extension ou pas ? Si oui, à combien ? Si non, quel package accepter en contrepartie ? Mais ce n’est pas tout, puisque l’arrivée de l’intérieur de USC ferait de Jarrett Allen LA nouvelle question de l’été du côté de Cleveland…

Que de décisions pour Koby Altman. Vous avez mal à la tête avec tous ces dilemmes ? C’est bien normal. Mais imaginez donc le front office des Cavs à l’heure actuelle… Si la situation est assez floue aujourd’hui, elle devrait déjà bien s’éclaircir le 29 juin prochain, jour de la prochaine Draft. D’ici là, Kevin Love, Jarrett Allen, et surtout Collin Sexton peuvent garder leurs bagages bien emballés, un coup de fil peut vite arriver…

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