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Top 30 des franchises de la décennie : les Chicago Bulls, le destin d’une équipe qui repose sur des genoux (#13)

Derrick Rose

Tu nous manque à tous Derrick.

Source image : YouTube/NBA

Il est l’heure. L’heure de fermer la page sur les années 2010, et donc de fermer la page sur dix ans de NBA et de souvenirs plus ou moins ancrés, plus ou moins légendaires. Il y a ceux dont on se rappellera encore dans cinquante ans et ceux qui disparaitront au rythme des exploits de notre génération contemporaine, mais aujourd’hui et avec un regard tout neuf sur ces dix dernières années, nous nous sommes donc amusés à… trancher dans le vif. L’Histoire ne tient qu’à un fil, ou à deux genoux dans le cas des Bulls. Le début de décennie était somptueux avec le plus jeune MVP all-time et la certitude d’un avenir qui était promis à Chicago. Mais tout cela s’est envolé.

Classer les trente franchises de la Ligue, de 1 à 30 cela va sans dire, en prenant en compte aussi bien les victoires en saison régulière que les trophées individuels, le palmarès des printemps ou les stars passées en ville. Exercice difficile, ô combien discuté et évidemment toujours discutable, mais qui aura au moins le mérite d’être posé. Exercice subjectif également, qui prend en compte des chiffres mais aussi des ressentis, et que l’on vous demandera donc de respecter ou de débattre, seulement et seulement si vous faîtes l’effort, comme nous, de vous creuser un peu les méninges et de jeter un coup d’œil derrière votre épaule, sur ces dix années de NBA qui nous contemplent.

  • Saisons prises en compte : de 2009/10 à 2018/19
  • Critères étudiés : les victoires en saison régulière, le palmarès en Playoffs, le nombre de All-Stars et les trophées individuels
  • Objectivité : celle de fans NBA

Un franchise player en la personne de Derrick Rose qui ne pourra jamais se relever physiquement et ce sont tous les plans d’une équipe qui partent en vrille. Résultat, l’effectif a beaucoup changé, et l’équipe de Chicago est passé par une multitude de périodes sur cette décennie. D’abord une force en présence de l’Est avec le meneur au numéro 1 en bonne santé, puis les années creuses avec son absence, l’arrivée d’un nouvel alpha dog avec Jimmy Butler, un trio chelou avec lui, Rondo et Wade, puis une ère du renouveau avec des jeunes talents en pagaille, et un coaching ainsi qu’une gestion interne des plus contestables.

Le bilan en régulière : 428 victoires – 376 défaites

En 2010-11, les Bulls claquent 62 victoires. Puis deux fois 50, en 2011-12 et 2015-15. Autour de cela, que des saisons dans le positif. Puis on passe à 2017-18 et depuis c’est un peu le chaos, la faute en partie au head coach Fred Hoiberg et à son management. Les Bulls sont depuis une équipe faible de la Conférence Est. Mais même sans leur MVP Derrick, les taureaux étaient une équipe solide de régulière de 2012 à 2015. Joakim Noah comme âme de l’équipe, Jimmy Butler en révélation soudaine, un bon supporting cast et Tom Thibodeau avec sa défense de fer et sa gestion de minutes à la limite, auront fait perdurer les Bulls.

Le bilan en Playoffs : une Finale de Conférence pour préparer l’avenir jusqu’à ce que…

Encore et toujours ce triste constat. A partir du moment où Derrick se blesse, le futur entier de la franchise a été brisé. L’année de son MVP en 2011, Rose et les siens se hissent jusqu’en Finales de Conférence pour s’incliner 4 à 1 face au Heat trop fort de James, Wade et Bosh. Les taureaux, encore trop jeunes, emmagasinent l’expérience nécessaire pour les années suivantes. Mais lors des Playoffs de 2012, c’est le tournant qui fait pencher l’avenir de Chicago. Game 1 face aux Sixers, 28 avril, 1 minute et 19 secondes sur l’horloge dans le quatrième quart et avantage ultra confort des hommes de Thibodeau. D-Rose drive, prend un gros appui et explose en l’air. Ligaments du genou foutus. Talent générationnel au sol et carrière avortée. Encore aujourd’hui, la tristesse et le regret sont présents. Les Bulls ne dépasseront plus les demi-finales de Conférence, en 2013 et 2015, toujours face à LeBron.

Les joueurs majeurs

  • 5 All-Stars : Derrick Rose et Jimmy Butler (3), Pau Gasol et Joakim Noah (2), Luol Deng (1)
  • 1 MVP : Derrick Rose (2011)
  • 1 DPOY : Joakim Noah (2014) 
  • 1 MIP : Jimmy Butler (2015)
  • 1 COY : Tom Thibodeau (2011)

Derrick Rose reste malgré tout le joueur de Chicago de la décennie mais Jimmy Buckets et Jooks ne sont pas si loin derrière dans le coeur des fans. Parmi les autres visages de la décennie, on retrouve évidement Taj Gibson et Luol Deng, Kirk Hinrich ou encore Carlos Boozer et ses faux cheveux dessinés au marqueur ainsi que ses cris dans la peinture. Brian Scalabrine a aussi été un personnage incontournable à Windy City durant quelques années. Quand on est surnommé le Red Mamba en même temps… Et mine de rien, de jolis snipers sont passés par le United Center avec entre autres Kyle Korver, Doug McDermott et Jimmer Fredette. Oui, quand même, hein ? Big-up aussi à Nate Robinson et cette série mythique face aux Nets au premier tour des Playoffs 2013 malgré un effectif délabré. Pau Gasol est également passé donner un petit coup de main le temps d’être invité à deux matchs étoilés, presque tout comme la légende Cameron Bairstow. Et comment oublier le beau duo formé par Bobby Portis et Nikola Mirotic ? Amis pour la vie, à l’entraînement comme sur les rings, à moins que ce ne soit la même chose. Le juteux Aaron Brooks. Les passages éclairs mais remarqués de Rajon Rondo et Dwyane Wade. Et les tous frais, tous neufs Zach LaVine, Lauri Markkanen, Wendell Carter Jr. et Kris Dunn. On ne pouvait pas finir sans citer les Frenchies de la bande, jamais dans l’Illinois pour très longtemps mais quand même. Joffrey Lauvergne et TLC ont bien eu leur nom annoncé à Chicago, ça ne saurait tarder pour Adam Mokoka actuellement en two-way contract chez les Bulls.

Le cinq majeur de la décennie : Derrick Rose – Jimmy Butler – Luol Deng – Taj Gibson – Joakim Noah

Le souvenir du rédacteur

Campagne de Playoffs 2015. Demi-finales de Conférence face à LeBron et Cleveland. Ce même LBJ qui avait déjà sorti les Bulls des Playoffs en 2011 et 2013 mais cette fois avec un maillot du Heat sur le dos. Il s’est passé des milliers de choses depuis ces premiers affrontements, mais l’odeur de revanche est bien présente au United Center de Chicago. C’est le Game 3 et la série en est à un partout. Le score montre 96-96, trois secondes à jouer dans cette fin de match. Remise en jeu Bulls. Le public est déjà debout. Mike Dunleavy Jr. lève la gonfle au-dessus de sa tête, tous les joueurs sur le parquet entament leur chorégraphie respective, avec leur partenaire de danse bien collé au corps. Ça sert de très près à tel point que le temps commence à se faire long, trop long, le bon vieux Mike finit par jeter la balle au sol et D-Rose alors dos au panier doit faire quelques foulées supplémentaires pour aller récupérer la balle. Pas idéal. Il pose quelques dribbles un mètre ou deux derrière le long de la ligne à trois points. Gibson pose un bon écran sur Iman Shumpert, pourtant Tristan Thompson lit bien le play et reste proche de Derrick qui se lève sans hésiter. Tir en pleine course, un mètre et demi derrière l’arc, face à TT le bras tendu, la sonnerie retentit. Le ballon percute la planche et finit dans le filet, « BAAAAAANG ». La salle explose, Derrick le visage neutre au possible est soulevé par toute son équipe. Un moment historique pour l’enfant du pays. Du même acabit que Brandon Roy contre Dallas quelques années plus tôt. Le plus jeune MVP de l’Histoire ne retrouvera jamais son niveau, mais offre cet ultime adieu parfait à sa ville. Aujourd’hui même lorsqu’il est de passage à Chi-Town avec une autre franchise, des « MVP, MVP » descendent des tribunes.

La forme actuelle

C’est la merde à Chicago. On pourrait s’arrêter là mais on va quand même expliciter un petit peu, d’autant qu’il y a du mieux dans la Windy City avec trois victoires lors des cinq derniers matchs et notamment un succès référence contre les Clippers il y a moins d’une semaine. Espérons que les Bulls capitalisent un peu là-dessus et que le réveil de Lauri Markkanen ne soit pas qu’une passade. Car avec la dernière attaque de la Ligue au rating et la blessure d’Otto Porter Jr. pour un mois, il y avait de quoi faire la gueule à Chicago. De toute façon, tant que Jim Boylen ne sera pas un peu plus clair dans ses idées et qu’il continuera à changer de rotations comme de chemise, ce sera difficile d’espérer aller plus haut. Il en pense quoi Zach ? A moins que le Slam Dunk Contest organisé dans sa salle en février ne soit son vrai objectif de la saison.

La projection pour la décennie 2020

A l’image des Knicks, Chicago a cette triste réputation d’être géré lamentablement en interne par John Paxson et Gar Forman. L’effectif est pourtant jeune et prometteur. Avec des prospects vraiment intéressants à quasiment chaque poste. Mais la gestion du groupe par Jim Boylen est plutôt inquiétante, et l’espoir de voir un coach de qualité à Chicago est compromis. Pourtant, avec Lauri Markkanen et WCJ dans la peinture, et pourquoi pas du LaVine, Coby White et Otto Porter autour, le projet ne semble pas dénudé d’intérêt. Le talent est bien là, la marge de progression est énorme, mais en NBA comme dans n’importe quel sport collectif de haut niveau, il faut quelques gars bien sentis dans la hiérarchie et les hautes instances d’une équipe, pour guider correctement sur le terrain et en dehors.

Les fans de Chicago pleurent encore ce destin qui a tristement basculé un soir d’avril 2012. Un vrai What If, un top player de l’Histoire qui ne montrera jamais son prime au reste de la planète. La désillusion est encore chaude. Et la gestion foireuse de la franchise depuis n’aide pas. Toutes les deux saisons, l’effectif des Bulls et la hiérarchie en son sein furent chamboulés. Le fiasco Hoiberg pas encore digéré, et Jim Boylen qui redonne du rab dans la médiocrité. Alors oui, la décennie a connu ses grands moments, un MVP, un MIP, un DPOY, un COY, des magnifiques joutes de Playoffs, des régulières maîtrisés, mais à deux genoux près, l’Histoire aurait pu être sublimée.

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