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Top 30 des franchises de la décennie : le Orlando Magic et la transition post-Dwight Howard, et oui c’est long dix ans (#20)

Evan Fournier

Sans notre Vavane national, qui aurait sereinement regardé les matchs d’Orlando ?

Source image : NBA2K

Il est l’heure. L’heure de fermer la page sur les années 2010, et donc de fermer la page sur dix ans de NBA et de souvenirs plus ou moins ancrés, plus ou moins légendaires. Il y a ceux dont on se rappellera encore dans cinquante ans et ceux qui disparaitront au rythme des exploits de notre génération contemporaine, mais aujourd’hui et avec un regard tout neuf sur ces dix dernières années, nous nous sommes donc amusés à… trancher dans le vif. « L’autre franchise » de Floride tire un bilan beaucoup moins sexy que sa voisine, c’est pourtant le même soleil, les même palmiers et le même botox… mais pas le même succès.

Classer les trente franchises de la Ligue, de 1 à 30 cela va sans dire, en prenant en compte aussi bien les victoires en saison régulière que les trophées individuels, le palmarès des printemps ou les stars passées en ville. Exercice difficile, ô combien discuté et évidemment toujours discutable, mais qui aura au moins le mérite d’être posé. Exercice subjectif également, qui prend en compte des chiffres mais aussi des ressentis, et que l’on vous demandera donc de respecter ou de débattre, seulement et seulement si vous faîtes l’effort, comme nous, de vous creuser un peu les méninges et de jeter un coup d’œil derrière votre épaule, sur ces dix années de NBA qui nous contemplent.

  • Saisons prises en compte : de 2009/10 à 2018/19
  • Critères étudiés : les victoires en saison régulière, le palmarès en Playoffs, le nombre de All-Stars et les trophées individuels
  • Objectivité : celle de fans NBA

C’est donc une décennie galère qui se termine pour Orlando après que Dwight Howard se soit barré aux Lakers en 2012. Une décision fâcheuse pour la franchise mais aussi pour le pivot qui a alors débuté sa longue rrégression. Depuis, le Magic a enchaîné les mauvaises saisons, sans jamais montrer du mieux jusqu’à l’an dernier et le grand retour en Playoffs de l’équipe floridienne après sept années de disette.

Le bilan en régulière : 347 victoires – 457 défaites

Entre 2012 et 2017, il y aura eu ce pic à 35 victoires dans la régulière de 2015-16. Wow. A part ça, 20, 23, 25, 29 et encore 25 wins. Cinq années de suite à finir dernier de sa division, une galère totale pour les fans de la franchise. Pas de signes d’amélioration, des coachs qui s’enchaînent, des mauvais choix de Draft, des acquisitions… bizarres. La totale pour perdurer dans les tréfonds d’une petite Conférence Est.

Le bilan en Playoffs : trois années de Dwight, la renaissance de l’an passé, et le No Man’s Land entre les deux. 

La décennie 2010’s débute quasiment aussi bien qu’avait fini la précédente, avec une Finale de Conférence perdue 4 à 2 face à des Celtics trop complets. Dwight Howard était alors injouable du haut de son second titre de Défenseur de l’année. Avec Stan Van Gundy aux manettes, le Magic réalise une très belle campagne de Playoffs et l’année suivante, avec un Dwight Howard élu meilleur défenseur de la Ligue pour la troisième fois consécutive, Mickey et ses sauces retournent en post-season pour cette s’incliner cette fois-ci face aux Hawks au premier tour. Même désillusion en 2011-12 face aux Pacers, ce qui entraînera notamment le départ du pivot franchise player et les années de déclin qui s’en suivront. L’an dernier, Orlando faisait néanmoins son grand retour en Playoffs après sept ans de pénurie, et Evan Fournier et les siens tomberont au premier tour face aux futurs champions de Toronto, avec un joli baroud d’honneur lors du Game 1 et un énorme shoot de D.J. Augustin pour créer une tout début de semblant d’upset.

Les joueurs majeurs

  • Deux All-Stars : Dwigh Howard (3) et Nikola Vucevic (1)
  • Un MIP : Ryan Anderson (2012)
  • Deux DPOY : Dwigh Howard (2010 et 2011)

Même si le grand Dwight a fait ses valises en 2012, il reste aujourd’hui encore le joueur le plus marquant, le plus dominant de cette décennie à Orlando. Autour de lui, le Magic a enchaîné les grosses régulières et campagnes de Playoffs jusqu’en Finales de Conférence et Howard était tout simplement un joueur majeur de la Ligue en ces temps reculés. Depuis, c’est un pivot européen qui tente de remplacer du mieux qu’il peut l’ancien visage de la franchise. Drafté en 2013, Nikola Vucevic est le go to guy de l’équipe depuis plusieurs saisons déjà. Puis arrive assez rapidement notre Evan national puisque l’arrière polyvalent est à Orlando depuis déjà 2014 et est devenu depuis l’un des leaders de l’équipe. Jameer Nelson représente quant à lui la mène du début de décennie alors que Terrence Ross est payé cher mais s’est affirmé depuis deux ans comme l’un des tous meilleurs remplaçants de la Ligue. Pour le reste ? Disons qu’il y a à boire et à manger. Mickael Pietrus, Rashard Lewis, Marcin Gortat, Jason Richardson, Vince Carter ou Gilbert Arenas étaient encore en Floride il y a bientôt dix ans, Glen Dais y est également passé braquer quelques cantoches, mais on peut également mentionner les soldats Ibaka, Biyombo, Augustin, Kyle O’Quinn, J.J. Redick, Dewayne Dedmon ou Andrew Nicholson, la légende Hedo Turkoglu ou les passages remarqués de Tobias Harris et Ryan Anderson. La jeunesse aura également eu la part belle depuis dix ans puisque si Victor Oladipo… Mario Hezonja ou Elfrid Payton n’auront pas fait long feu, Steve Clifford peut aujourd’hui compter sur Aaron Gordon, Mo Bamba, Jonathan Isaac et les jeunes/vieux Markelle Fultz et Michael Carter-Williams pour voir l’avenir sereinement.

Le cinq majeur de la décennie : Jameer Nelson – Evan Fournier – Tobias Harris – Nikola Vucevic – Dwight Howard

Le souvenir du rédacteur

Les grands moments de Playoffs du Magic sur la décennie sont si rares que c’est… en saison régulière qu’il faut se pencher pour ressortir de beaux instants. Ce souvenir de la franchise aujourd’hui, c’est donc en… 2015, avec un énorme play d’Evan Fournier face aux Timberwolves. Ne cherchez pas pourquoi on s’en rappelle mais on s’en rappelle, peut-être parce que Vavane avait encore des cheveux sur le caillou. Les deux équipes sont en prolongation, et à cette époque le coaching staff d’Orlando est encore en hésitation pour savoir qui d’Evan ou de Toto Oladipo doit être l’arrière starter de l’équipe. Les deux garçons se tirent la bourre au fil des matchs. Ils sont jeunes, beaux et prometteurs, dans des profils de jeu divers. Le Français peut tout faire sur un terrain, avec des fondamentaux solides et une soif de responsabilité. Dipo lui est un phénomène athlétique qui monte à l’arceau comme très peu dans la Ligue. Et c’est donc un soir de 18 novembre 2015 que Fournier va s’illustrer et faire un peu plus pencher la balance en sa faveur.

Dans une grosse bataille face à Minnesota, les deux équipes vont prolonger la rencontre pour cinq minutes supplémentaires après un gros drive d’Andrew Wiggins et un énorme contre de KAT. A un peu plus d’une minute restante en overtime, Fournier va déjà envoyer un énorme trois après un spin move à l’arrêt pour effacer deux adversaires. Avantage pour Orlando. Towns va inscrire deux lancers pour remettre les deux équipes à égalité et sur le play suivant, Elfrid Payton va lâcher une bonne brique à mi-distance dont il a le secret. Rebond non sécurisé et entre deux avec 22,3 secondes sur l’horloge. Balle Magic et possession pour Evan. Tout le monde s’écarte et c’est Zach LaVine colle notre Frenchie. L’ancien chevelu attend patiemment, les yeux plissés et prêt à en découdre. Il prend un écran et c’est… Tayshaun Prince se retrouve au marquage. Une autre époque. Six secondes à jouer, deux dribbles entre les jambes, et Fournier se lève derrière la ligne à 45 degrés. Ficelle, la salle floridienne explose, le banc du Magic se régale, à l’exception d’Oladipo qui tire la gueule. Evan s’éloigne en marchant, le regard sérieux, en patron, déjà. Fin de la soirée avec 26 points et le shoot de la gagne, et aujourd’hui l’arrière tricolore est tout simplement devenu l’un des mecs qui met le plus de points dans les deux dernières minutes d’un match en NBA. Propre, propre, propre.

La forme actuelle

Les dernières années à Orlando semblent se ressembler immanquablement. L’effectif ne change pas, les points forts et faibles de l’équipe restent les mêmes.  Et cette saison, le Magic va encore batailler pour aller en Playoffs, et peinera à survivre au premier tour. En tout cas pour l’instant, tout se passe comme prévu puisque Mickey et ses amis sont confortablement installés dans le huitième siège à l’Est malgré un bilan négatif. On fait confiance à Vavane qui a réactivé le mode Bleu-Blanc-Rouge depuis quelques matchs pour continuer d’apporter un peu de bonheur à ses 12,5 fans en France. Avec un peu de chance, cette année on aura droit à un D.J. Augustin Game et un Markelle Fultz Game à 7/8 de loin. Bon, on est peut-être parti un peu trop loin justement.

La projection pour la décennie 2020

La franchise floridienne connait de grosses difficultés pour se réinventer. Néanmoins, l’arrivée toute récente de Markelle Fultz est une bonne nouvelle. L’ancien numéro 1 de Draft est une bonne trouvaille à la mène, et a encore une grosse marge de progression. Le guard a eu un énorme pépin physique (qui constitue d’ailleurs toujours un énorme mystère) qui l’a contraint à changer toute la mécanique de son shoot. Néanmoins, le mec travaille énormément et ne se laisse pas abattre par ce coup du sort. Mo Bamba n’a quasiment rien montré encore, mais ce genre de profil physique demande de la patience. En témoigne son camarade Jonathan Isaac, qui a prit un peu de temps avant de donner la pleine mesure de son potentiel. L’ailier freak peut réellement devenir un phénomène dans les années à venir. La décennie 2020 dépendra en partie des marges de progression de ces trois là.

Le Magic n’a pas encore pleinement digéré le départ de Dwight Howard. C’était il y a quand même sept ans. Mais depuis pas grand-chose d’encourageant sous les palmiers. Si ce n’est la qualification en Playoffs l’an dernier. Une prestation laborieuse contre Toronto certes, mais enfin un premier pas vers l’avant pour Orlando. L’effectif a posé question sur la décennie, et ces interrogations sont toujours d’actualité, sans vrai meneur calibre starter NBA. Avec Aaron Gordon qui peine à décoller autrement qu’à l’arceau et Nikola Vucevic au talent d’un All-Star mais au jeu trop old-school et dévalué à l’heure actuelle. Il faudra vite confirmer la bonne saison dernière et retourner en Playoffs en montrant un peu plus, sinon, le Magic va encore stagner dans les tréfonds de l’Est, et la bonne impression de l’an passé ne sera qu’un feu de paille. 

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