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Le transfert de Dwight Howard en 2012 : un « Dwightmare » qui a laissé des traces à Orlando

Alors qu’il était le symbole du renouveau du Magic depuis l’année 2004, Dwight Howard a ensuite préféré faire le forcing pour plier bagages direction Los Angeles. En regardant bien, c’est assurément LE moment qui a fait plonger la tête de la franchise de Mickey dans l’eau pendant plusieurs longues années. Et ce n’est que depuis la saison dernière que le Magic commence à s’en remettre.

Si la carrière de Dwight Howard est résumée par certains comme un petit gâchis à cause de certains soucis de comportement ou des performances en dents de scie après son arrivée dans la cité des anges, c’est clairement oublier le joueur qu’il a été à Orlando et l’apport qu’il a eu pour cette franchise avant de tout envoyer valser d’un revers de la main. Flashback.

24 juin 2004, soir de Draft, et Dwight Howard est le premier appelé par David Stern sur l’estrade du Madison Square Garden, directement à sa sortie du lycée Southwest Atlanta Christian. Il portera les couleurs du Magic d’Orlando, qui se cherche une nouvelle tête de gondole depuis le départ de Tracy McGrady à Houston. Le pivot aux dimensions cubiques, troisième lycéen de l’histoire à être sélectionné avec le premier choix de la Draft après LeBron James et… Kwame Brown, semble donc tout désigné pour reprendre le flambeau d’une team qui vient de signer une saison à seulement 21 victoires pour 61 défaites. Et si c’est Emeka Okafor qui est élu Rookie de l’année 2005, Dwight tourne déjà en 10-10, ce qui laisse augurer de belles choses pour le futur avec son compère de Draft Jameer Nelson, sélectionné quant à lui en 20ème position. Orlando tient peut-être là l’héritier de Shaquille O’Neal, massif héros qui a traumatisé bon nombre de panneaux en NBA avant son homologue, homologue qui a donc l’occasion de remettre le Magic sur le devant de la scène.

Ce futur, il suit justement une progression logique, D12 étant de plus en plus responsabilisé par son coach. C’est toutefois en 2007 que le Magic commence réellement sa progression et arrive enfin à se qualifier pour les Playoffs. Le GM de l’époque Otis Smith souhaite continuer sur cette dynamique en faisant venir Stan Van Gundy qui bâtit une vraie philosophie de jeu en entourant son pivot, fraîchement All-Star, de joueurs pouvant bombarder derrière l’arc. L’explosion de Jameer Nelson et celle de l’ailier Turc Hedo Turkoglu (qui termine Most Improved Player cette saison-là) conjuguées à l’arrivée du stretch four Rashard Lewis avec un contrat de 110 millions de dollars sur 6 ans – qui, s’il est toujours une vaste escroquerie, a eu le mérite de contribuer au redressement du Magic – donnent à la franchise de D12 une nouvelle dimension. Sur le plan personnel, Dwight Howard devient LE pivot dominant de la ligue en étant sélectionné sept fois consécutivement pour le All-Star Game entre 2007 et 2013, et en devenant également en 2011 le premier joueur de l’histoire à être triple DPOY, et en remportant même… le Slam Dunk Contest 2008 devant Nate Robinson. Bref, « Superman » s’éclate et Orlando se remet enfin à dépasser les 50 victoires en saison régulière. Howard parvient même à se hisser en Finales NBA en 2009 après avoir écarté les Celtics orphelins de Kevin Garnett et les Cavs de LeBron James. Toutefois, D12 plombe le Magic au Game 4 à cause de sa maladresse aux lancers-francs et en rate deux cruciaux en fin de match qui laissent son équipe à la portée des Lakers. Derek Fisher se chargera d’envoyer tout le monde en prolongations d’un tir assassin du parking sur la truffe de Nelson, revenu tout juste de blessure pour les Finales. Finalement, Orlando perdra 4-1 contre des Lakers en mission après leur défaite la saison précédente et surtout trop forts pour le Magic.

Orlando n’arrivera plus jamais à un tel niveau et commence un déclin aussi lent qu’inéluctable malgré les progrès offensifs notables de « Superman ». Lassé, le pivot finira par demander son transfert à l’intersaison 2011 et fera pression toute la saison sur ses dirigeants pour partir à Los Angeles malgré leur refus initial. Si le Magic pensait avoir l’héritier du Shaq, il ne pensait pas que ça irait jusqu’au départ pour les Lakers. Quoi qu’il en soit, D12 et sa franchise sont à couteaux tirés et cela déteint sur les performances de l’équipe, d’où le néologisme « Dwightmare » utilisé pour décrire cet épisode. Une preuve de ce mal-être ambiant ? Jameer Nelson, son associé de toujours, a même failli en venir aux mains avec lui en pleine saison. Howard obtient finalement gain de cause en étant envoyé aux Lakers avec Chris Duhon et Earl Clark dans un échange impliquant aussi les Nuggets et les Sixers. Orlando récupère Nikola Vucevic, Arron Afflalo, Al Harrington, Josh McRoberts, Christian Eyenga, Maurice Harkless et des tours de Draft. La reconstruction est en marche à Orlando, qui a également viré Stan Van Gundy, à la demande de… Dwight Howard au cours d’une interview surréaliste, mais également Otis Smith, le GM de l’époque. Tous les deux sont remplacés respectivement par Jacque Vaughn et Rob Hennigan, deux rookies en la matière.

Depuis ce jour, Orlando a clairement galéré, à base de Drafts loupées, de contrat foireux offerts à des joueurs moyen, d’échanges totalement bidons et de fond de jeu inexistant. Après deux saisons où le Magic lui pardonnait ses échecs, la troisième a été fatale pour Jacque Vaughn qui a été prié de prendre la porte après des progrès très nettement insuffisants. On a par contre pu constater pendant cinq ans le génie de Rob Hennigan qui a littéralement chié sa reconstruction sur absolument toute la ligne. En allant chercher des Ben Gordon ou Channing Frye pour des sommes abusées, en balançant Tobias Harris ou encore Victor Oladipo contre presque rien, puis en draftant des types comme Elfrid Payton ou Mario Hezonja. Clairement pas la suite qui a été imaginée à la base pour les potes de Mickey. Et si aujourd’hui, sous la houlette du GM actuel John Hammond et du coach Steve Clifford, le Magic va bien mieux et a même retrouvé les Playoffs la saison passée, c’était au prix de sept années absolument abominables qui ont vu beaucoup de fans de la franchise sombrer dans l’alcoolisme pendant que le Heat commençait à se régaler avec le trio James-Wade-Bosh. Deux écoles en Floride donc… Et si l’incompétence des hauts-placés de l’époque à Orlando a évidemment beaucoup joué, le premier domino de cette reconstruction ubuesque est bien sûr ce fameux départ de Dwight Howard chez les Lakers. D12 a d’ailleurs depuis erré à L.A. avant d’y connaître un retour bien meilleur, puis à Houston, Atlanta, Charlotte et Washington.

Ce transfert de Dwight Howard a clairement précipité l’une des périodes les plus sombres de l’histoire du Magic. Sept années de disette et sans Playoffs depuis cette reconstruction entamée. Certes, D12 n’a pas non plus réussi comme il se devait de le faire, mais les années post-« Dwightmare » ont été bien crades de ce côté de la Floride. Néanmoins, ce serait injuste d’oublier son superbe passage à Orlando, ce qu’il a apporté à la franchise et la façon dont il en a marqué l’histoire avant cet épisode plus sombre. Il en est le meilleur marqueur de l’histoire, rien que ça.

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