Blazers

Preview des Portland Trail Blazers 2021-22 : toujours le même bouquin à l’affiche, en espérant que le libraire ait réécrit la fin

Seuls

Tome 67, mais ce n’était pas dans les cordes de notre graphiste.

Source image : Montage TrashTalk

En ce jeudi 7 octobre, s’en aller zieuter en direction des forêts de l’Oregon paraît indispensable. Que deviennent-ils ? Dans l’ombre d’équipes engraissées jusqu’au lob d’oreille, pour certaines débordantes de All-Stars, les Blazers n’ont toujours pas passé le cap attendu sous l’ère Damian Lillard. Un scénario répétitif qui cet été, n’est pas passé loin de lasser sa majesté. Attention au prochain virage.

Pour prendre l’Apéro en causant de la saison des Blazers, c’est par ici !

Ce qu’il s’est passé la saison dernière

Le 11 décembre dernier, à l’aube d’une saison NBA qui s’annonçait parsemée de move hasardeux de la part des grandes instances, nous n’avions que peu de certitudes. Parmi elles, les Blazers qui sortent d’une intersaison 2020 on ne peut plus réussie avec les arrivées de Derrick Jones Jr., Robert Covington et Harry Giles, ainsi que le retour d’Enes Kanter dans la peinture de l’Oregon. Enfin du renfort pour Robinson Damian Crusoé qui n’avait plus vu une femme depuis 7 mois, et sur le papier ces role players ont franchement de la gueule. Excès de confiance totalement bidon mais ô combien habituel pour une présaison, nous annoncions donc un exercice 2020-21 de Portland à 46 victoires pour 26 défaites et une place chez les gros morceaux de la Conf’ Ouest. Inutile de préciser le degré de bancalité de notre offre de voyance, car même si le bilan final n’a pas topé si loin du compte avec 42 succès pour 30 revers, la ponctuation fut bien en deçà de nos attentes. Comme trop souvent, la pierre angulaire de cette débâcle fut l’inconstance, les blessures, le manque d’expérience en postseason et les choix tactiques. Ça commence à faire beaucoup de pierres angulaires du coup, assez pour les empiler devant l’ailier adverse et proposer une meilleure défense que Melo.

Pour la faire courte, la saison a débuté par les bobos de C.J. McCollum et Jusuf Nurkic, tous deux posés à l’infirmerie pendant plusieurs semaines. Surpris par l’imprévu, Terry Stotts a donc empoigné son velleda et dessiné un système complexe à souhait : Damian Lillard prend la balle et « bim-bam-boum vous voyez on attaque quoi, enfin on se la donne, allez les mecs hein ». Des consignes puisées dans la science du district – que certains haineux qualifieront d’insipide – et qui a forcé les gros cartons du sextuple All-Star. Hop, 41 pions sur les Suns, 50 face aux Pelicans, 44 plaques et 9 assists dans les rues de Chicago. Bref, tout roule quand il s’agit d’envoyer le cuir orange caresser le nylon, le seul problème c’est que ça roule davantage pour les adversaires qui jouissent des grosses largesses défensives de Portland. À l’issue de la saison régulière, les Blazers tiennent l’une des pires défenses de NBA mais sont fiers de cette sixième place décrochée, symbole d’un monstrueux play-in évité. La suite tient en deux lignes. La série du premier tour des Playoffs contre Denver statue à 2-2, les Nuggets remportent le Game 5 devant un Damian Lillard historique à 55 points, 10 passes et 12 paniers à 3-points, puis ferment les débats trois jours plus tard en s’en allant climatiser l’Oregon. Comme un symbole, Dame entre dans les bouquins d’histoire mais reste privé du chapitre « succès collectif ».

Portland Trail Blazers, le bilan 2020-21 : Damian Lillard était seul au monde, et on ne gagne pas quand on est seul

Quelques liens utiles

Le marché de l’été

  • Ils sont partis : Zach Collins, Carmelo Anthony, Enes Kanter, Derrick Jones Jr. et Terry Stotts
  • Ils ont re-signé : Norman Powell
  • Ils arrivent : Cody Zeller, Ben McLemore, Tony Snell, Greg Brown III (Draft), Larry Nance Jr. et Chauncey Billups (coach)

Se débarrasser de Carmelo Anthony, Enes Kanter et Terry Stotts, voilà ce qu’on appelle traiter le problème défensif à la racine. Même si Neil Olshey traverse une période compliquée faite de railleries et de bonnes grosses vannes parfois lourdotes, son intersaison reste très correcte. L’idée de prolonger Norman Powell pour 90 millions sur 5 ans sécurise le poste 3 avec un valeureux lieutenant de 28 ans qui a encore de belles années à sniper. Le coup Larry Nance Jr. fut également très bien vu par la Blazers Nation qui, sous la pression des rumeurs de départ autour de Damian Lillard, est parvenue à retrouver le sourire. Pour ce qui est de Ben McLemore et Tony Snell, ils sont des joueurs qui nécessitent une parfaite osmose avec le groupe pour rentabiliser leurs présences. Deux affaires à suivre d’un œil averti donc, tout comme le développement du très aérien Greg Brown, qui s’est même permis une petite folie ce mardi.

Le roster 2021-22 des Blazers

  • Meneurs : Damian Lillard, Anfernee Simons
  • Arrières : C.J. McCollum, Tony Snell, Ben McLemore
  • Ailiers : Norman Powell, Nassir Little, C.J. Elleby, Greg Brown III
  • Ailiers-forts : Robert Covington, Larry Nance Jr.
  • Pivots : Jusuf Nurkic, Cody Zeller

En gras les starters pressentis, selon les fameuses sources proches du dossier

Encore une fois, le roster a franchement de l’allure mais ce n’est pas faute de l’avoir mentionné sur les dix-sept dernières années. Chaque poste est correctement doublé, on attend d’ailleurs que le petit Anfernee Simons passe un cap lorsque Damian Lillard s’en ira empoigner sa gourde sur le banc. Petit bémol, le secteur intérieur manque peut-être d’un gros moustachu cloué au sol histoire de fatiguer le pivot adverse, car parier sur une saison entière du binôme Larry Nance Jr. – Jusuf Nurkic reste propriété de l’utopie. Que donneront des garçons comme C.J. Elleby ou Nassir Little, lesquels vont devoir hausser leur niveau de jeu s’ils souhaitent désormais aider sérieusement les Blazers à sécuriser la case Playoffs ? C’est le flou le plus total puisque même si l’on peut gratter bon nombre de certitudes, le passif de cette équipe nous a retiré l’envie de pronostiquer : l’avenir comme seule réponse, donc.

Le petit point du banquier

Salaires Blazers

Quand on mate le tableau, le ressenti est partagé entre le respect logique de la hiérarchie et les 80 plaques que cumuleront Cijay et Dame dans quelques années. Si la direction de Portland ne veut pas que ce tableau devienne une source d’inquiétude quotidienne, alors les résultats – pas forcément comptables – doivent arriver dès cette saison, sous peine de devoir commencer à composer des montages frauduleux. À voir comment évolue la situation de Jusuf Nurkic qui va sans doute demander une prolongation bien grassouillette, une requête qui coincerait avec les grosses liasses investies sur le backcourt. Et puis, élargir les finances consacrées aux joueurs majeurs d’une équipe qui ne gagne pas, c’est un peu comme fermer son ordi à 23h30 en se disant qu’on finira nos leçons à 6h du mat’ avant de partir en cours : on vit dans le mensonge. Nota bene, petit coup d’œil en direction des contrats non garantis puisque quatre joueurs se foutent sur la tronche pour deux spots. On a Quinn Cook contre Dennis Smith Jr. pour la dispo extérieure, et Patrick Patterson face à Marquese Chriss pour une place dans la peinture.

Pour l’analyse complète des finances des Blazers, c’est par ici

Les tips TTFL

Conseiller les joueurs TTFL sur les bonnes pioches dans l’Oregon, c’est un peu comme se demander ce qui était cool dans la série Soda. Il y avait Slimane, et puis le reste ça faisait le taf sans jamais toper le niveau du franchise player. Il est donc peu respectueux que de conseiller le pick Damian Lillard en TTFL, mais en retournant le problème Blazers dans tous les sens, quelques bonnes pioches toquent à la porte et ne vexent pas l’interlocuteur. Si C.J. McCollum est difficile à anticiper, Jusuf Nurkic pourrait envoyer du double-double de forgeron sur les jeunots, avoisinant peut-être les 40 points TTFL lorsque ces derniers mangeront à toutes ses feintes au poste bas. On surveillera le cas Norman Powell qui pourrait se monter trop choupi lorsque l’on manque d’originalité, mais aussi Larry Nance Jr. pour des nuits burlesques lorsqu’il ne reste plus que 10 minutes avant le verrouillage des choix. T’es là, ton pote te ressert une cinquième pinte et tu dois réussir à coupler humour d’ivrogne et lucidité, un casse-tête compliqué dont l’ailier-fort est la solution.

Les bons plans TTFL chez les Blazers, c’est par ici

Le paragraphe du Doc

Quand on s’intéresse à l’infirmerie de Portland la saison dernière, cinq noms ressortent. C.J. McCollum, pour commencer, a manqué vingt-cinq matchs pour une fracture au cunéiforme latéral et une entorse au milieu du pied gauche. Jusuf Nurkic, quant à lui, en a manqué vingt-huit à la suite d’une opération pour une fracture du poignet droit en janvier. Dennis Smith Jr. a également connu une saison compliquée. Une contusion au quadriceps l’a limité en début de saison et l’a forcé à manquer une dizaine de rencontres puis il a rejoint l’infirmerie en janvier pour des spasmes au dos. Il manquera également les dix-neuf dernières rencontres pour un genou gauche douloureux. Larry Nance Jr. a lui aussi passé du temps à l’infirmerie. En février il manque ainsi douze matchs et se fait opérer d’une fracture du quatrième métacarpien de la main gauche et il terminera sa saison fin avril, à la suite d’une fracture du pouce droit. Damian Lillard devra également être surveillé attentivement cette saison, lui qui a été peu absent mais a beaucoup joué blessé par le passé. Il a manqué la saison dernière un match en mars pour une contusion osseuse au genou gauche qui le gênait depuis plusieurs semaines et trois en avril pour une tendinopathie des ischio-jambiers droits. En février il avait déjà manqué un match pour une tension abdominale datant de plusieurs semaines, qui l’a encore fait souffrir cet été aux JO et à la reprise.

Gagner des matchs, retrouver un team spirit

D’un dauphin t’en fais pas un requin, et c’est pourtant ce qu’il va falloir faire. Avec les paris que sont Larry Nance Jr., Ben McLemore, Tony Snell et même Anfernee Simons, les Blazers ne pourront pas se suffire de chefs d’œuvre à 60 pétards made in Dame, il faudra trouver en cet effectif un supplément d’âme. L’objectif ? Montrer au patron que le temps dépensé sur les dernières saisons n’est pas perdu et qu’une base de jeune émerge pour l’entourer jusqu’à ambitionner de meilleurs jours. On ne va clairement pas demander au roster actuel de reach les Finales de Conf’, la concu étant désormais bien plus relevée qu’en 2019, mais simplement d’inscrire les 82 matchs dans un processus cohérent visant à faire en sorte que chaque joueur ait l’opportunité de montrer ses qualités. Il faut dire que le board de Portland a dû sentir que la saison 2021-22 allait être déterminante avec la gestion des hommes comme pierre angulaire – encore – du schéma souhaité. On peut donc qualifier d’érudit le move de remplacer Terry Stotts par Chauncey Billups, qui va pouvoir faire taffer proprement ses joueurs sur les lignes arrières. Ce qui a fait la force des Blazers en 2019, c’était surtout l’alchimie entre les cadres et les joueurs plus… annexes ! Des garçons comme Rodney Hood ou Seth Curry n’était pas dans la forme de leur carrière puis se sont mis au service d’un collectif qui les a tous deux relancés. Comme énoncé précédemment, la liste des role players de Portland à l’aube de cet exercice 2021-22 paraît bien plus light qu’il y a deux ans, ce pourquoi il ne faut pas être tenté de les annoncer plus beaux qu’ils ne le sont. Ce sera compliqué, probablement une grosse partie de la saison, mais le boulot peut se faire à condition de ne pas griller les étapes. Une consigne compliquée à respecter pour un franchise player de 31 ans, mais qui semble aujourd’hui la seule solution existante pour revivre le plus rapidement possible ces grandes soirées de Playoffs dans l’Oregon.

Le pronostic du rédacteur

47 victoires et 35 défaites, la septième place à l’Ouest. La sentence est dure mais pas irrévocable, les Blazers ayant pour fonction de jouer complètement en dehors des terrains annoncés. Beaucoup de franchises se sont renforcées et la saison s’annonce dans la totale continuité des précédentes pour Portland qui, selon moi, ne retouchera malheureusement plus au podium atteint sur l’exercice 2018-19. Il faudra tout miser sur la cohérence de l’effectif et l’osmose entre ses différents éléments, auquel cas la bande de Lillard pourrait surprendre en postseason. Enfin vite fait, gagner un match quoi, ou un quart-temps, de sept points.

Eux non plus ne sont pas les plus simples à classer, les Blazers vont bosser dans l’ombre de franchises plus clinquantes et tenter de faire mieux que la saison dernière. Interrogation on ne peut plus légitime, faire mieux que la saison dernière est-il forcément gage de réussite ? Clairement pas, ce pourquoi nous aurons les yeux rivés sur le contenu et non la forme : faire progresser les jeunes, montrer des signes d’alchimie collective…

Source texte : Basketballinsiders.com, spotrac.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top