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Portland Trail Blazers, le bilan 2020-21 : Damian Lillard était seul au monde, et on ne gagne pas quand on est seul

Damian Lillard 2 juin 2021

Une saison régulière satisfaisante et un Lillard exceptionnel, mais des Playoffs qui auront mis en lumière toute la problématique des Blazers.

Source image : YouTube

Saison étrange que celle des Blazers, étrange mais au final bien décevante. Un roster intéressant, taillé pour les joutes du printemps, un leader charismatique, mais un ensemble qui aura manqué de liant, de défense, de coaching, de folie. Attention, Damian Lillard ne restera peut-être pas aussi patient toute sa carrière.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Plutôt hypés nous étions. Les arrivées de Robert Covington, Harry Giles et Derrick Jones Jr. amenaient jeunesse et/ou défense, le retour de Nenesse Kanter sur le banc n’était pas pour nous déplaire, et les Blazers avaient même réussi à se débarrasser d’Hassan Whiteside, Mario Hezonja et Trevor Ariza, pas loin d’être les trois pires basketteurs de la planète il y a un an. Damian Lillard annonçait déjà qu’il allait envoyer du pâté from the logo, et nous on annonçait donc Portland gagner entre 42 et 48 matchs, de quoi envisager les hauteurs de la Conférence Ouest. Hypés on vous dit.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Tout commence avec une belle histoire, selon le côté duquel on se trouve. Harry Giles vient de débarquer et cartonne dès son premier match de pré-saison en collant un 18/14/1/3/2 plein d’envie aux… Kings. Très drôle ça. Les choses sérieuses ? Elle commencent évidemment avec le début de la régulière, avec un C.J. McCollum bouillant (44 points à 17/30) pour répondre au retour de strip-club de Jame Sardine (44/17). Portland lève avant la fin 2020 les options de Nassit Little et Anfernee Simons, Gary Trent Jr. envoie un 7/11 du parking face aux Lakers, bref la jeunesse d’Oregon se porte bien merci pour elle. Petit down au passage en 2021 avec l’opération de la cheville de Zach Collins – mais si, vous savez, le grand là, qui joue au basket de temps en temps – puis une sale défaite le 5 janvier face aux Bulls, une défaite qui fait tâche au cœur d’une série de cinq victoires en six matchs, dont l’une acquise grâce à un 39/7/7 d’un Damian Lillard un peu échaudé par les attaques puériles d’Anthony Edwards. Mauvaise nouvelle ensuite : dans une saison les blessures sont évidemment une part importante du scénario et le mois de janvier sera terrible. Le 14 janvier Jusuf Nurkic se prend huit semaines à cause d’un gros bobo au poignet droit, quatre jours plus tard c’est un C.J. McCollum en mode All-Star qui se fracture le pied et qui doit rejoindre le cabinet du doc pour quatre semaines.

Deux hommes vont alors prendre le lead en attaque, chacun à leur manière, sans forcément sublimer le collectif mais en faisant parler d’eux un maximum. Le premier ? Carmelo Anthony, loin d’avoir le +/- le plus efficace de la Ligue mais dont le touché file toujours autant de frissons. Melo profite du mois de février pour faire chauffer le poignet et devenir le douzième meilleur scoreur de l’histoire de la Ligue, ça commence à causer, et nous rappelle le 11 février à Philadelphie quel genre de sniper all-time il est encore (24 points à 9/15). Dame DOLLA ? Il lance officiellement sa saison et c’est très sale. Un premier avertissement face aux Bulls avec un money time maitrisé d’une main de fer, un duel remporté face à Luka Doncic, une démo face au Thunder ou encore un 43/16 contre les Pelicans, Lillard préchauffe et les Blazers claquent un 8-1 sur la fin de mois, le lien est tout trouvé. Un bon mood malheureusement stoppé par une série de quatre défaites dont l’une bien claquée face à Washington, mais le 3 mars Damian Lillard sort une nouvelle fois de sa boite en fêtant sa non-sélection chez les titulaires du All-Star Game en collant un game winner sur les Warriors, mais quel gamin celui-là. Un All-Star Game durant lequel le sniper Anfernee Simons remportera d’ailleurs… le Slam Dunk Contest, toujours coll sur un CV, et alors que, tiens, Melo passe 11ème dans sa course contre l’histoire, C.J. McCollum est enfin de retour aux affaires. L’arrière au nez crochu préchauffe mais c’est encore et toujours le boss qui régale. 50 points et 10 passes face aux Pels, ça c’est fait, un money time piétiné face aux Mavs, ça c’est fait, de quoi donner des idées au front office (rien à voir mais c’est pour la transition) qui tente un coup à la trade deadline en se séparant de Gary Trent Jr. (hum) et Rodney Hood (on s’en fout) pour récupérer Norman Powell afin de former le duo McCollum / Powell, aka les premières tours jumelles nasales de l’histoire de l’anatomie.

Dernière ligne droite let’s go. Victoire solide face au Heat le 25 mars, retour de Jusuf Nurkic le 26, le Magic et les Raptors sont également vaincus dans un Tour de Floride sérieusement géré, et le mois d’avril est mené tambour battant, sur le terrain (des grosses victoires, Enes Kanter qui claque un 24/30 face à Detroit, Damien Lillard qui entre dans le Top 10 all-time – déjà ! – du plus grand nombre de 3-points rentrés en carrière), mais aussi en dehors avec la signature intelligente de Rondae Hollis-Jefferson pour la fin de saison, même si on sait tous… comment tout ça va finir. Léger coup de mou logique fin avril avec cinq revers consécutifs et même neuf en onze matchs, faut le dire si vous voulez jouer le play-in, mais la ligne d’arrivée de la régulière est dans le viseur et motive tout le monde dans le meilleur des timings. Le 27 le petit Simons se prend pour son capitaine en envoyant un 9/10 de loin face aux Pacers, le lendemain Rip City la colle sérieusement aux Grizzlies, début mai c’est officiel… Carmelo Anthony est l’un des dix plus grands scoreurs de l’histoire on applaudit merci, le 7 les Lakers sont essorés, et un 10-2 final porte le bilan de Portland à 42-30, pas loin de nos prévisions de départ, enfermés dans un sacré manège à trois avec les Lakers et les Mavs, 42-30 également. Le jeu des tie-breakers leur offre en tout cas la sixième place et des Nuggets amoindris en Playoffs, pas forcément une mauvaise nouvelle se dit-on alors puisque les lakers et le play-in sont évités.

Les Playoffs ? Le tour sera aussi fou que rapide. Fou grâce à Damian Lillard principalement, auteur d’un Game 5 rentré dans l’histoire et qui l’aurait catapulté maire de la ville si les Blazer s’étaient qualifiés. 55 points, 10 passes, 12 paniers à 3-points et une fin de match absolument mythique pour Dame mais une défaite terrible pour le soliste, alors menés 3-2 et qui sortiront par la petite porte trois jours plus tard face à des Nuggets pourtant privés de Jamal Murray. Norman Powell aura beau avoir ravivé un peu la flamme lors du Game 4, Damian Lillard était trop seul et les choix tactiques de Terry Stotts finiront par avoir raison de la saison des Blazers.

L’IMAGE DE LA SAISON

seul au monde

Tom Hanks, Corneille, Damian Lillard, même combat. Trop fort mais trop seul, et si la saison du merveilleux meneur a une fois de plus donné quelques espoirs aux Blazers, un plan de jeu inexistant sonnera au final le glas des espoirs de la franchise d’Oregon. Une saison de plus au bureau pour le Roi du logo, mais ça commence à faire.

IL A CARTONNÉ : DAMIAN LILLARD

Quelle saison… Fun fact pour commencer, Damian Lillard a scoré neuf points lors de son premier match de la saison, le 24 décembre face au Jazz, et sachez que ce fut… son seul match à moins de dix points de toute la saison. Constance au plus haut niveau, parfois bien plus car affinités, et une sortie aussi triste… qu’héroïque. 28,8 points, 4,2 rebonds et 7,5 passes, 39 matchs à plus de 30 points dont cinq à plus de 40, dont deux à plus de 50, on est déjà pas mal. 34,3 points et 10,2 passes en Playoffs ? Ca commence à causer. Une nouvelle saison en apesanteur donc, moins fofolle que la précédente certes, mais une constance désormais gravée dans le marbre et une aisance du logo qui en est devenue pesante pour ses adversaires.

Damian Lillard 9 juillet 2021

Incroyable incendiaire, incroyable clutchitude également avec un Dame Time bientôt marque déposée, et une place déjà bien au chaud dans le Top 10 des joueurs ayant inscrits le plus de tirs à 3-points dans toute l’histoire de la NBA, à 31 ans seulement, et un podium qui lui ouvre d’ailleurs les bras d’ici deux ans et selon nos calculs d’apothicaires. Sa fin de saison ? Un mois d’avril un peu down, mais, surtout, cette série de Playoffs et notamment ce Game 5, peut-être l’une des perfs individuelles les plus hallucinantes de l’histoire en postseason, foutue en l’air en très grande partie par le héros de notre prochain paragraphe. 55 points à 17/24 dont 12/17 du parking et 9/10 aux lancers, 6 rebonds, 10 passes, 3 contres et cette fin de match légendaire, avec un record NBA explosé (12 tirs à 3-points en Playoffs), un record de franchise effacé (le sien, avec 55 points en Playoffs sous le maillot des Blazers), quatre tirs du parking sur la première prolongation alors que ses collègues tireront plutôt à… 1/19 sur les dix dernières minutes. Seul au monde on vous a dit, et un Dame qui soignera peut-être son spleen dans quelques semaines à Tokyo, avec des mecs qui savent un minimum shooter, avant de tenter une nouvelle fois de faire exister sa franchise de toujours la saison prochaine, avec un nouveau coach et, peut-être, de nouveaux coéquipiers.

ON NE S’ATTENDAIT A RIEN, IL A QUAND MEME DECU : TERRY STOTTS

A la question « Portland peut-il chier sa saison et ses Playoffs malgré l’un des rosters les plus profonds de NBA », Terry Stotts a donc répondu par l’affirmative. Passivité extrême devant le leadership d’un Lillard servant d’arbre cachant la forêt, rotations millimétrées et donc prévisibles, choix douteux et donc non-payants en Playoffs, le bilan est parfait pour un coach désirant se prendre une porte en fin de saison et la conclusion fut donc logique. Robert Covington et Derrick Jones Jr. étaient venus apporter de la défense mais n’ont pas été mis dans les bonnes conditions, le second étant benché en Playoffs tout comme un Rondae Hollis-Jefferson pourtant débarqué en avril pour jouer les pompiers de service. Jusuf Nurkic pas toujours motivé, une attaque qui vit grâce aux exploits de Dame et, parfois, d’autres shooteurs quasi elite mais inconstants, et globalement une stratégie défensive claquée au sol face aux Nuggets en Playoffs ? Allez ouste, ça dégage, malgré neuf saisons de bons et moyens services à Portland.

LA SUITE

Goodbye Terry Stotts donc, hello… Chauncey Billups. Le copinage avec Neil Olshey a fait son oeuvre et l’ancienne bouillote des Pistons notamment fait donc son arrivée en Oregon, pour tenter de redonner le sourire à un autre genre de meneur clutch. Comment entourer au mieux Damian Lillard, comment l’empêcher d’aller naviguer sur déménager.com, voilà toute la mission du nouveau boss en place. Aucune certitude quant à la stratégie prévue mais il pourrait y avoir du mouvement cet été au Moda Center et allons plus loin : il FAUDRAIT qu’il y ait du mouvement cet été au Moda Center.

Une saison régulière satisfaisante d’un point de vue du bilan mais des Playoffs qui auront mis en lumière toute la problématique des Blazers. Une superstar incroyable mais un supporting cast « moyen plus », et peut-être un virage nécessaire à prendre afin de faire des Blazers un vrai candidat au titre plutôt que le troubadour de service. Allez Neil, allez Chauncey, au boulot.

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