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Chauncey Billups, un coach rookie à la tête des Blazers : peut-il suivre les traces de Steve Kerr pour réussir à s’imposer rapidement ?

Chauncey Billups

Le costard n’est-il pas trop grand pour Chauncey Billups ?

Source image : YouTube

Pour sa première expérience de head coach en NBA, Chauncey Billups n’a pas fait le choix de la facilité. A Portland, il récupère une équipe meurtrie par ses échecs répétés en Playoffs et où la méfiance règne vis-à-vis de la direction. D’autant que, sans changement majeur au sein de l’effectif pendant l’été, l’ex-joueur sera tout de suite jugé sur sa capacité à faire mieux que son prédécesseur. La pression est réelle et le chantier est vaste, mais il pourra notamment s’inspirer des débuts de Steve Kerr à la tête des Warriors pour tenter de s’imposer comme un nouveau jeune coach à succès dans la Grande Ligue.

Les anciens NBAers sont de plus en plus nombreux à se reconvertir dans le coaching et on a récemment assisté à une prise de pouvoir de ces retraités des parquets sur les bancs des franchises de l’Association. En attendant que Steve Nash mène les Nets au sommet à l’instar de Tyronn Lue avec les Cavs en 2016, le blondinet à la tête des Warriors reste l’exemple ultime en la matière. En 2014, de nombreux GM étaient sur le coup et Phil Jackson avait même fait de sa venue à New York une priorité avant que son ancien sniper ne privilégie finalement le projet californien. Grâce à lui, un vrai cap a été passé à Golden State. En quelques années à Oakland, Steve Kerr a dirigé une véritable dynastie et révolutionné son sport avec un jeu majoritairement basé sur le tir extérieur, faisant du small-ball une tendance suivie par le reste de ses pairs. C’est ainsi qu’un noob du coaching s’est retrouvé à soulever trois trophées en cinq ans en plus de réaliser la plus grande saison régulière de l’histoire. On ne va pas revisiter tous les succès des Warriors depuis sept ans mais il y a quand même des antécédents qui doivent permettre de voir la suite avec un peu d’optimisme du côté de Portland.

Après neuf ans dans l’Oregon, Terry Stotts semblait arriver au bout d’un cycle. Toujours qualifiés en Playoffs depuis 2014, les Blazers ont atteint les Finales de Conférence Ouest en 2019 mais ont aussi connu de nombreuses désillusions au premier tour. Le sweep qui leur a été infligé par les Pelicans en 2018 reste un traumatisme et pourtant peu de choses ont changé depuis cette époque. Damian Lillard et C.J. McCollum sont toujours là, le supporting-cast a lui un peu évolué mais la logique de Neil Olshey est jusque-là toujours restée la même. Il fallait donc taper un gros coup dans la fourmilière et c’est ce qui a provoqué l’arrivée de Chauncey Billups cet été. Si Jason Kidd était le premier nom à sortir de la bouche de Dame, l’ancien meneur pourra bien compter sur l’appui de son franchise player qui a eu son mot à dire pour aider la direction à trancher entre les finalistes (Becky Hammon et Mike D’Antoni avaient aussi atteint la dernière étape du process de sélection). Sa relation avec le Président des Blazers ne date pas non plus d’hier, puisqu’il jouait aux Clippers lorsque ce dernier y occupait le poste de GM en 2011-12. Le coach rookie aura bien besoin de tous ces soutiens en interne s’il veut faire de cette expérience une réussite.

Toutes les good vibes seront bonnes à prendre puisque le chauve de 44 ans débarque à Portland avec une minuscule saison d’assistant coach chez les Clippers dans son CV d’entraîneur. Pas vraiment de quoi rassurer les fans qui n’ont de toute façon pas d’autre choix que de faire confiance au nouveau boss du vestiaire pour ne pas que la cocotte-minute explose en plein vol. La marge sera minime et il faudra des résultats rapides pour ne pas que les rumeurs autour de Damian Lillard ne repointent le bout de leur nez avant la trade deadline. Pour cela, Chauncey Billups a tout de même quelques idées. Déjà, Mister Big Shot devrait bien s’entendre avec sa star qui est accessoirement l’un des joueurs les plus clutch du monde. Entre grosses brouettes, on se comprend. En attaque, Coach Chauncey compte aussi s’appuyer davantage sur sa tour de contrôle made in Bosnia. En dernière année de contrat et normalement en pleine santé pour réaliser sa première saison pleine depuis trois ans, Jusuf Nurkic est déjà au diapason avec son coach et on pourrait donc avoir les trois pièces maîtresses du roster dans leur prime en même temps (Dame a 31 ans et son homologue du backcourt vient de passer la trentaine) alors que Terry Stotts avait eu à jongler entre les blessures plus ou moins graves ces dernières années.

Enfin, l’ancien Bad Boy sait ce sur quoi il va appuyer toute l’année pour aider cette équipe à step-up. Si vous avez maté quelques matchs des Blazers ces dernières années, vous savez déjà exactement de quoi il s’agit. Il n’est tout simplement pas envisageable de voir Dame D.O.L.L.A. scorer 55 points dans un match de Playoffs pour repartir avec une défaite comme ce fut le cas lors du Game 5 face aux Nuggets au mois de juin. Que ce soit lors de la saison du sacre avec Detroit en 2004 ou tout au long de sa carrière, Chauncey Billups connait l’importance de la défense pour gagner comme il l’a exprimé en conférence de presse auprès de The Oregonian. Dans ce domaine, Portland part de loin puisqu’elle était la 29è équipe de la ligue au nombre de points encaissés toutes les 100 possession l’année dernière (116). Le défi va donc être d’intéresser son groupe aux tâches défensives et d’instaurer une mentalité collective d’entraide. En quelques semaines, il a déjà noué des liens avec de nombreux joueurs et sa proximité d’âge et de mentalité avec son effectif pourrait aussi faciliter son intégration à ce nouveau poste. Ces mêmes éléments ont été clés dans les récents succès de ses pairs ex-NBAers tels que Tyronn Lue ou Steve Kerr pour comprendre, accompagner et protéger une superstar comme Damian Lillard plutôt que de le brider. Maintenant qu’il connait la voie, à lui de la suivre pour voir jusqu’où cela peut le mener.

« Les meilleures équipes dans lesquelles j’ai joué étaient toujours dominantes défensivement. Nous étions vraiment bons. Mais je ne serai jamais prisonnier d’une époque. Le jeu d’aujourd’hui est différent. Pour passer au niveau supérieur, être plus compétitifs et plus réguliers, nous devons vraiment être meilleurs défensivement. Ce ne sera pas facultatif de jouer dur défensivement. »

Même si certains s’attendaient à plus de mouvements, un vent nouveau souffle quand même dans l’Oregon à l’aube de cette saison 2021-22. Chauncey Billups n’a pas l’expérience du coaching que certains auraient souhaité mais il a déjà remporté un titre NBA en tant que joueur et sait à quel point la défense sera déterminante dans les résultats de son équipe. Lié à la franchise jusqu’en 2026, il devra essayer de mimer ces autres anciens NBAers devenus coachs qui ont réussi à s’imposer sans forcément avoir de grosse expérience au préalable. Et si Mister Big Shot nous faisait une Steve Kerr d’ici quelques années ?

Source texte : The Oregonian

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