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Preview des Cleveland Cavaliers 2021-22 : du trot au galop, la cavalerie arrive avec de nouvelles ambitions

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À la mémoire du Roi.

source image : montage TrashTalk

« Toukoutouk, toukoutouk, toukoutouk… », à quelques semaines de la reprise, un galop semble percer l’horizon. Que voyons-nous arriver ? La cavalerie, celle que l’on craint sur tout le continent. Enfin, celle que l’on craignait sur tout le continent, parce que depuis quelques saisons et le départ du colonel James, il y a un poco de laisser-aller chez ces mousquetaires modernes. Paraît-il qu’un peu de sang neuf arrive en renfort ? On débrief.

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Ce qu’il s’est passé la saison dernière

Un mois, laps de temps lors duquel les Cavaliers ont réussi à tenir tête au reste de la Ligue avant de lamentablement s’effondrer courant février. Eh oui, une série de 10 revers consécutifs est venue plomber les ambitions d’un backcourt Darling Sexland absolument stratosphérique (42 points pour Collin Sexton contre les Nets, 37 de Darius Garland face aux Spurs). Si tout commençait plutôt bien avec trois victoires de rang contre Charlotte, Detroit puis Philly, certains coups du sort ont indirectement plombé l’organisation collective. On pense à la blessure de Larry Nance Jr. qui – aussi improbable que cela puisse paraître – a marqué un vrai coup d’arrêt à la fluidité du début d’exercice. L’ailier-fort excellait dans son rôle de couteau suisse et était en grande partie responsable du sérieux et de la cohérence qui émanaient des prestations de Cleveland. Et puis, il y a Kevin Love et ses 25 rencontres disputées, pour une moyenne de 1,24 millions de dollars par soirée passée sur le parquet. Voilà ce qu’on appelle un braquage à la Chandler Parsons, aka l’époque de nos grands-frères. Sans oublier Andre Drummond, capable de lâcher 28 points et 15 rebonds tout en étant absolument imbuvable dans le jeu. Au-delà des stats, l’intérieur fut un vrai malus pour son équipe, jusqu’à la résiliation de son contrat en mars. Une libération tardive pour les Cavaliers, dont les objectifs était alors d’ores et déjà réduits au tanking. La fin de saison a permis aux Isaac Okoro et Darius Garland de crever l’écran, dans le sillage d’un roster ralenti par l’absence de compétitivité et d’enjeux. De rares moments de bonheur donc, sous les projecteurs tamisés d’une FieldHouse vidée de ses spectateurs. Et à la fin, ne restent qu’une treizième place à l’Est et un bilan de 22 victoires pour 50 défaites.

Cleveland Cavaliers, le bilan 2020-21 : un duo de choc sur la ligne arrière mais… très franchement… ça va où tout ça ?

Quelques liens utiles

Le marché de l’été

  • Ils sont partis : Matthew Dellavedova, Taurean Prince et Larry Nance Jr.
  • Ils ont re-signé : Jarrett Allen
  • Ils arrivent : Ricky Rubio, Evan Mobley (Draft) et Lauri Markkanen

Les Cavaliers avaient besoin de se renforcer à l’intérieur, ils ont visiblement pris cette indication beaucoup trop au pied de la lettre. Résultat des emplettes, la franchise de l’Ohio se retrouve avec une raquette complètement saturée laquelle va devoir dégraisser si J.B. Bickerstaff veut offrir à chaque joueur les minutes qu’il mérite. Ceci étant, il est important d’entourer Lauri Markkanen de deux grosses guillemets, lui qui pourrait finalement être un simple asset dans l’idée d’attirer Ben Simmons à Cleveland. Quant à l’arrivée de Ricky Rubio, elle semble pensée en lien avec les jeunes du backcourt, parfois désorganisés et encore fouillis dans leurs choix offensifs. Les départs font plus ou moins mal, avec Matthew Dellavedova, fidèle mousquetaire, qui part pour retrouver sa terre natale, Taurean Prince récupéré par les Wolves et Larry Nance Jr., le très bon coup de Portland. La prolongation de Jarrett Allen – pas imméritée – est conséquente mais permet de verrouiller le poste 5 pendant quelques années. Nota bene, on ne mentionne pas Tacko Fall qui a signé un contrat d’un an non garanti, accord à placer continuellement sous la menace d’une rupture.

Le roster 2021-22 des Cavaliers

  • Meneurs : Collin Sexton, Ricky Rubio
  • Arrières : Darius Garland, Damyean Dotson, Dylan Windler
  • Ailiers : Isaac Okoro, Cedi Osman, Lamar Stevens
  • Ailiers-forts : Evan Mobley, Dean Wade
  • Pivots : Jarrett Allen, Lauri Markkanen, Kevin Love, Mfiondu Kabengele

En gras les starters potentiels, selon les fameuses sources proches du dossier

Fière allure a ce roster, du moins, tant que l’on garde les yeux sur le probable cinq majeur. Il se pourrait effectivement que les Cavaliers manquent de profondeur sur les lignes extérieures où Damyean Dotson, Dylan Windler et Lamar Stevens sont encore un peu light pour jouer les gros bras en sortie de banc. L’équation se retourne dans tous les sens mais n’est jamais résolue, car même si Ben Simmons débarque en renfort, il manquera toujours ce profil de sharpshooter venu au match seulement pour enquiller les prunes et afficher son outfit du jour. Un bon assassin tatoué qui préfère Lil Nas X à Chopin, quoi. La paire Isaac Okoro – Jarrett Allen va faire grand bien du côté du terrain qui n’intéresse pas grand monde, tandis que Evan Mobley – bien entouré par ces deux aficionados du jeu défensif – va devoir s’en inspirer pour effacer tout signe de nonchalance, un peu trop marqué.

Le petit point du banquier

Salaire Cavaliers

Source : basketballinsiders

Oui, consacrer 69 millions de son salary cap à Kevin Love, Jarrett Allen et Ricky Rubio peut être source de moqueries en 2021. À raison ? Eh bien, pas forcément. Il suffit que l’on analyse les situations de ces trois joueurs à la loupe pour comprendre que les Mousquetaires de l’Ohio sont encore loin de l’enfilade. Prenons Jarrett Allen, un poste 5 autoritaire de 23 ans qui – moyennant 20 plaques par saison – sécurise le poste intérieur sur 5 ans. Un matelas aussi confortable pour le joueur que pour la franchise, et si ce n’était pas à Cleveland, le touffu aurait sûrement trouvé le même chèque dans une autre écurie. Vieillissant, Ricky Rubio s’en va sur ses 31 ans et n’a pas eu le rendement escompté dans le Minnesota, manquant de peu devenir le premier joueur depuis quatre ans à avoir le rendement escompté dans le Minnesota. Mais comme énoncé précédemment, le maestro ibérique va faire beaucoup de bien et apporter de l’expérience aux feux follets du backcourt. Et puis, s’il daigne apporter son niveau FIBA dans la sacoche, les 18 millions seraient rentabilisés et Cleveland champion NBA 2021-22. Misma cosa pour Kevin Love, même si l’on croit bien moins à un retour en forme du vieux loup de mer. Il s’agit désormais de limiter la casse avec a minima une cinquantaine de matchs joués, et du gros tir primé depuis le corner. Rien de plus, car on sait que cela s’annonce difficile.

Pour l’analyse complète des finances des Cavs, c’est par ici

Les tips TTFL

À l’instar des Rockets, les Cavaliers auront aisément de quoi combler les joueurs TTFL en quête d’originalité. Auteur d’une chouette saison sophomore, Darius Garland a montré qu’il pouvait faire gonfler son score perso, et cet exercice devrait donc s’inscrire dans la continuité de sa progression. Aussi, on ne sait toujours pas si Collin Sexton sera encore sur le backcourt de Cleveland à la reprise, mais il représente pour le moment le meilleur choix possible dans le roster de l’Ohio. Ce petit pyromane a déjà séché le Big Three des Nets en posant 42 pions testostéronés, de quoi lui donner le statut d’une valeur sûre en devenir. Large point d’interrogation au-dessus de Kevin Love et Evan Mobley dont les capacités sont encore inconnues : l’un parce qu’il n’a jamais joué en NBA, l’autre car il n’y est plus vraiment habitué.

Les bons plans TTFL chez les Cavs, c’est par ici

Le paragraphe du Doc

Quand on s’intéresse à l’infirmerie de Cleveland la saison dernière, trois noms ressortent. Darius Garland, tout d’abord, ne devrait pas être une source d’inquiétude pour les Cavs, avec seulement deux petites alertes la saison dernière (huit matchs loupés en janvier suite à une entorse de l’épaule droite puis sept un peu plus tard dans la saison pour une entorse de la cheville gauche). Collin Sexton aura pour sa part manqué douze rencontres sur la saison. À l’instar de Garland, il ne s’agit que de petites alertes, entre petite entorse de la cheville droite et tension aux ischio-jambiers droits, qui ne devraient pas être source d’inquiétude. Kevin Love, pour finir, a subi en décembre une déchirure de grade 2 au mollet droit qu’il a traîné toute la saison. Il réussira quand même à jouer vingt-cinq matchs, mais sera obligé de déclarer forfait pour les JO, sa blessure toujours pas guérie. Il est difficile de savoir à quoi s’attendre pour le retour de Love, entre les difficultés avec sa franchise et son état de santé.

Faire progresser les jeunes, ramener la lumière sur l’Ohio

Cela fait bien trop longtemps que la brute épaisse s’est tirée de l’Ohio en emmenant lumière et prospérité dans ses bagages. S’il a rendu un service indirect – mais ô combien primordial – à sa casbah en rameutant Andre Drummond en Californie, LeBron James a laissé derrière lui misère et désordre dans les rues de Cleveland. La décadence du rouge bourgogne par le départ d’un amateur de vin, et le début des emmerdes pour une ville qui n’est rien sans son roi. Une ville, qui n’était rien sans son roi. Eh oui, la reconstruction avance et bien que les premiers résultats n’aient pas encore eu d’incidence sur le bilan collectif, l’étape des révélations individuelles a été franchise : on connaît Collin Sexton, on analyse encore Darius Garland, on met un visage sur le nom de Mfiondu Kabengele (non) et on s’apprête à découvrir Evan Mobley. La révolution est en marche et la saison qui arrive doit être celle des résultats d’équipe. Si la dynamique globale n’évolue pas, l’avenir sera alors compliqué et certains noms demanderont à se tirer vers de nouveaux horizons. Pour imager le propos, prenez une tarte aux pommes. Certains l’aiment bien cuite, histoire que la pâte croque sous les dents et que les pommes aient ce petit goût chaud et caramélisé. Ceci étant, il faut la sortir du four au bon moment avant qu’elle ne brûle et devienne complètement immangeable. C’était la comparaison la plus claquée de tous les temps, mais si la tarte avait quitté le four quelques minutes avant de cramer, alors le goût aurait été merveilleux en bouche, fondant et tellement satisfaisant. L’an prochain, la Cavs Nation se suffira largement d’un quatorzième pick et préfère croire longuement aux Playoffs, plutôt que de se réveiller en pleurs après que Kevin Love ait engueulé Collin Sexton pour une passe au niveau des genoux. C’est simple, dans le meilleur des cas, c’est au terme d’un play-in valeureusement disputé que les Cavaliers ploieront le genoux – mieux sera encore compliqué – et dans la pire situation imaginable, Collin Sexton se rase les cheveux et tourne à 35% au tir sur la saison, Darius Garland retourne à la Fac parce qu’il aurait en réalité 16 ans, Kevin Love décapsule des Kro en fond de banc et Evan Mobley est nul.

Le pronostic du rédacteur

36 victoires et 46 défaites, et la onzième place de l’Est. Pour certains, il y avait plus de chance qu’une naine s’échappe par le balcon après avoir été « complice » d’un adultère, et comme c’est arrivé, la prochaine étape pourrait bien être Cleveland en Playoffs. Le dernier début d’exercice dans l’Ohio fut bon mais manqua cruellement de souffle, et avec l’arrivée d’Evan Mobley et la prolongation de Jarrett Allen, la raquette devient cette endurance pour laquelle J.B. Bickerstaff aurait pu passer deux semaines attaché à Isabelle Mergault en février dernier. À voir si tout ce beau monde tient le coup, mais ajoutez-y l’éventuelle progression d’Isaac Okoro, et Cleveland pourrait accrocher le play-in. Non pas aisément, mais après une belle et intéressante saison.

Sur le papier, ce n’est pas vide de sens, maintenant il faut s’assurer que tout ces noms cohabitent bien sous la toiture de la FieldHouse Arena. Les belles sorties en 2020-21 du Darling Sexland promettaient de jolies choses si le front office s’alignait en ramenant de la barbaque intérieure, c’est chose à peu près faite. Donc, régalez-nous, c’est parti.

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