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Cleveland Cavaliers, le bilan 2020-21 : un duo de choc sur la ligne arrière mais… très franchement… ça va où tout ça ?

Andre Drummond 20 mars 2020

Quelques raisons de sourire mais toujours un paquet d’interrogations dans l’Ohio. Pas demain qu’on reverra les Cavs en Playoffs, enfin on croit, enfin p’t’être.

Source image : YouTube

Saison en mode coup dans l’eau pour les Cavs. Quelques coups d’éclats, en début de saison notamment, mais globalement ce fut… long. Une ligne arrière sexy mais toujours sans garantie, une raquette mi-chantier mi-cirque, un rookie excitant, et au final un bilan bien moche et, une nouvelle fois, la Lottery qui s’annonce comme l’évènement le plus important de la saison dans l’Ohio.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Incroyable mais vrai, absolument personne ne voyait en début de saison les Cavs lutter pour autre chose que le maintien en Ligue 1. Des jeunes à faire grandir, notamment trois sur les lignes arrières et un rookie prometteur, mais surtout un gloubi-boulga relou à gérer entre un Kevin Love à contre-courant et un Andre Drummond resté à Cleveland par défaut. Trop d’incertitudes, trop de franchises qui font dans le même temps leur mue à l’Est, et un coach qui sait mieux gérer des barbeuks et des bowlings avec ses joueurs que dessiner des systèmes sur une plaquette. Bref ça promettait, mais on ne sait pas vraiment quoi.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Comme souvent en début de saison, on aime s’exciter pour pas grand chose, on aime se voir raconter de belles histoires. La première de la saison pour les Cavs ? Celle d’Isaac Okoro, rookie drafté en 5 et réputé gros défenseur, qui montre donc son body et ses testicules d’adulte dès le… premier match de pré-saison, en compilant 18 points et en inscrivant surtout un game winner face aux Pacers. Le plus fou dans cette affaire ? C’est que le début d’exercice des Cavs est loin d’être ridicule. Collin Sexton est monstrueux, Darius Garland a un flow stratosphérique à la mène, Larry Nance Jr. envoie du bois en défense, Andre Drummond ne fait pas trop le pitre, et si Dante Exum nous offre sa traditionnelle blessure annuelle c’est bien un 4 sur 4 qui validé pour débuter l’exercice grâce aux copains sus-cités mais surtout à un Collin Sexton incroyable d’audace, d’adresse et d’agressivité.

14 janvier, première breaking de la saison : Jarrett Allen débarque dans l’Ohio dans le blockbuster trade qui a envoyé James Harden à Brooklyn et deux jours plus tard… Andre Drummond claque un 33/23 face aux Knicks. Vu comme ça c’est trop cool, mais tout n’est pas si simple car au-delà de son incroyable talent pour gober du rebond, Dede Drummond crève plutôt l’écran avec des perfs indignes de son statut, indigne de son salaire. Deux victoires plus tard face aux Nets, dont l’une dans l’un des matchs les plus dingues de la saison, saigné une nouvelle fois par un Sexton absolument… sexuel, les Cavs sont à 9-9 et font partie des équipes les plus séduisantes de la Ligue à voir jouer. What. The. Phoque. Cleveland qui nous hype, Cleveland qui se débarrasse d’un Kevin Porter Jr. aussi talentueux que gênant pour le vestiaire, mais Cleveland qui va malheureusement redevenir très vite… Cleveland.

Le premier coup dur ? La blessure à la mi-février de Larry Nance Jr. Dit comme ça peut-être que ça fait sourire mais LNJ était depuis le début de saison l’une des principales raisons du succès de son équipe grâce à des skills incroyables de couteau suisse, grâce à une défense qui faisait de lui l’un des meilleurs spécialistes du pays et de celle de son équipe l’une des meilleures de la Ligue après un mois de compétition, si si on vous jure. Mais on vous l’a dit toutes les bonnes histoires ont une fin. Première série de défaites, puis un léger regain de forme, mais la fin de saison sera longue, longue, très longue. Darius Garland trouve de sacrées sensations et envoie du rêve aux côtés de Sexton, un surnom était né mais il est désormais validé (voir plus bas), mais en ce qui concerne le bilan collectif tout est compliqué. Le 27 mars Andre Drummond est libéré de ses pitreries et signera deux jours plus tard chez les Lakers pour aller y jouer le titre, haha, et au départ de l’être honni se superpose quelques semaines plus tard le retour de… Kevin Love, tiens tiens. Alternance entre matchs solides, passages à vides, déclarations faussement anonymes et actions Shaqtin signifiant une fois de plus un mal-être certain de KL à Cleveland, et pendant ce temps les défaites s’amoncellent.

La toute fin de saison servira de scène aux plus jeunes, Garland mais également Isaac Okoro enchaineront les belles perfs mais au final le bilan reste famélique avec un 32-50… habituel, puisque l’on rappelle ici que les Cavs restent désormais sur douze saisons dans le très négatif sur les douze dernières disputées sans un certain LBJ à bord du navire. Le 5-23 pour conclure la saison sera finalement de bonne augure en vue de la Lottery, on se console comme on peut, mais, au moins, la base est jeune, la base a déjà prouvé sa qualité et c’est déjà ça comme dirait le meilleur ami de Laurent Voulzy.

L’IMAGE DE LA SAISON

Andre Drummond 20 mars 2020

Difficile de représenter aussi bien le grand n’importe quoi que Dede Drummond l’a fait cette saison. Quelques perfs auxquelles il nous avait habitué à Detroit, mais surtout, surtout, un festival de détestables clowneries de la part d’un mec qui 1) n’en avait absolument rien à secouer du projet Cavs et ne s’en est jamais caché et 2) s’est bien trop souvent pris pour un leader en attaque alors qu’il a plus ou moins les mêmes skills qu’Anthony Bennett. On dit souvent que ça marche à la motivation, et cette saison Dede s’est fait un paquet d’ennemis en balançant beaucoup trop de matchs de par son dilettantisme, son amateurisme même. En partie responsable d’une palanquée de défaites, celui qui est pourtant capable de faire du vrai taf ne laissera pas un souvenir impérissable dans l’Ohio, c’est le moins que l’on puisse dire.

IL A CARTONNÉ : DARLING SEXLAND

On l’a dit, redit et reredit, du lundi au manchedi. la traction arrière Darius Garland / Collin Sexton est affolante et fait exploser la jauge de hype dans l’Ohio. Cette saison ? Les résultats ne furent pas au rendez-vous mais les deux gamins n’ont pas grand chose à se reprocher. 24,1 points, 3,1 rebonds et 4,4 passes de moyenne pour le combo guard, 17 points et 6 passes environ pour le crack n°5 de la Draft 2019, un début de saison incroyable pour les deux arrières puis un relatif coup de mou (blessure en janvier pour Garland) au cœur de l’hiver avant de poser chacun une fin de saison solide dans la course au tanking. Deux salles deux ambiances tout de même, puisque si Collin Sexton fut celui qui se montra le plus statistiquement parlant avec quelques cartons mémorables (Darius loin d’être discret hein, attention), c’est en effet ce dernier qui s’inscrit aujourd’hui le plus dans le projet des Cavs. Plus facile de se projeter avec un meneur de jeu scoreur ET distributeur et (parfois) si intelligent qu’avec un arrière certes talentueux mais qui monopolise énormément le ballon, quitte à faire bader quelques uns de ses propres camarades. Quoiqu’il en soit Cleveland peut aujourd’hui se targuer de posséder, en talent pur, l’une des bases arrières les plus incroyables de la Ligue. Reste à savoir ce que le board des Cavs décidera d’en faire et, même si le départ de Kevin Porter Jr. en cours de saison était peut-être un signal d’amour envers les DEUX joueurs, il ne faudra plus tarder à prendre une direction plutôt qu’une autre.

ON L’ATTENDAIT, ON L’ATTEND TOUJOURS, ET ON NE L’ATTENDRA BIENTOT PLUS : KEVIN LOVE

25 matchs joués seulement, des soucis de corps et d’esprit, et comme l’impression que ce bon Kevin Love n’est plus vraiment à sa place à Cleveland. Du gâchis pour un joueur de 32 ans seulement, sentiment toutefois altéré par ses 30 millions annuels, mais du gâchis aussi pour le salary cap des Cavs, qui pourraient évidemment dépenser leur argent de manière beaucoup plus cohérente. Un choix à faire, très vite, de la part des dirigeants de la franchise, des choix à faire également pour le joueur, qui devra peut-être choisir bientôt entre l’argent et le bonheur, mais en tout cas un divorce qui semble de plus en plus proche entre Cleveland et celui qui n’est plus que l’ombre de celui qu’il était il y a quelques années.

LA SUITE

Trois dossiers très chauds dans les prochaines semaines : 1) que faire de Kevin Love et de ses 60 millions restants, 2) quid de l’axe Sexland et 3) drafter le plus haut possible et/ou le mieux possible. On rajouterait bien un 4) avec un départ de J.B. Bickerstaff au profit d’un vrai tacticien mais on laisse ce bon JB tranquille pour cette fois, parce qu’on a un pore qui s’appelle aussi JB et qui pour le coup est plutôt sympa. Pas sûr que l’argumentation soit valable mais c’est comme ça. Le retour de Madame Victoire dès la saison prochaine ? Pas sûr pas sûr, pas sûr du tout, et la mission sera dans un premier temps de proposer un projet viable en terme de roster à court et moyen terme. Chaque chose en son temps, le deuxième retour de LeBron en 2024 ne va pas se faire tout seul.

Encore une saison à attendre on ne sait quoi dans l’Ohio, mais quelques jeunes gens pourraient redonner le sourire à tout Cleveland très vite, pour peu qu’ils soient bien entourés. On ne sait pas trop si l’on doit y croire, mais laissons leur au moins le bénéfice du doute. Encore un peu.

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