Mavericks

Dallas Mavericks, le bilan 2021-22 : Luka Doncic plus que magique et un projet qui commence à prendre forme

Luka Doncic

Regardez ce sourire aussi malicieux que destructeur

Source image : NBA League Pass

Les Mavericks ont déjoué pas mal de pronostics cette saison : plus de 50 victoires en saison régulière, une qualification pour les Finales de Conférence et un prodige qui dépasse encore plus toutes les limites ? Tout se passe pour le mieux à Dallas. Retour sur cette formidable saison où tout ça n’était pas spécialement prévu, enfin pas aussi vite.  

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

En octobre dernier, les Mavs sortaient d’une (nouvelle) désillusion en Playoffs face aux Clippers. Bien qu’ils n’étaient pas favoris, Luka et sa clique semblaient pourtant tout proches de les éliminer. De nombreux changements ont eu lieu l’été suivant et c’est pourquoi on ne savait pas encore quels impacts tout cela allait avoir sur le sportif. Kristaps Porzingis était plus qu’attendu au tournant après son choke en postseason, le géant letton devait obligatoirement se racheter, et au final on pronostiquait entre 47 et 49 victoires pour Dallas et une équipe qui terminerait aux alentours du play-in, ou même à l’intérieur pour certains.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Cette saison 2021-22 des Mavericks se découpe en deux parties. La première commence à l’été 2021 avec Mark Cuban qui rappelle à tout le monde à qui la maison appartient. Exit Don Nelson. Exit Rick Carlisle. Exit plusieurs officiels du management et du staff et place au renouveau. Jason Kidd, champion 2011 avec Dallas, est nommé entraîneur. Nico Harrison remplace Don Nelson, ça finit en -son donc personne n’est dépaysé, Dirk Nowitzki intègre également le management en interne. Cependant, niveau signatures de nouveaux joueurs pour entourer Luka Doncic, on reste encore sur notre faim. Seuls Reggie Bullock et Frank Ntilikina sont les joueurs « majeurs » qui rejoignent l’effectif des Mavs, c’est un majeur donc bien relatif. Oui, on est d’accord que ce n’est pas avec ça que la bague risque de se rapprocher pour le Slovène. Ce dernier prolonge tout de même au max avec Dallas. Tim Hardaway Jr. et Boban Marjanovic poursuivent également leurs aventures dans le Texas. La saison débute et tout de suite quelque chose saute aux yeux. Luka Doncic nous fait une… James Harden 2020-21 et se pointe avec beaucoup, beaucoup de kilos en trop. Sûrement les barbecues en Slovénie. Même en surpoids, Luka reste correct et envoie des performances tout à fait honorables pour n’importe quel joueur banal de NBA. Seulement, Doncic n’est pas censé être banal, mais plutôt phénoménal. Ce manque de condition impacte les performances des Mavs, malgré de bons Kristaps Porzingis et Jalen Brunson, attendus au tournant pour différentes raisons. La conséquence ? Dallas patine dans le milieu de tableau et n’arrive pas à décoller. D’un autre côté, rien de plus normal pour une franchise qui a fait son ménage de printemps en plein été. Jason Kidd doit aussi prendre ses marques et mettre la main sur son groupe, il lui faut du temps pour installer et pérenniser sa philosophie de jeu. Et un événement va venir plomber encore plus l’ambiance dans le Texas : Luka Doncic se blesse à la cheville et s’absente un mois. Le Slovène paye cash les soirées chips côte de bœuf en trop du dernier été et plombe son équipe. Les Mavs chutent et terminent 2021 avec un bilan négatif (16-19).

Heureusement que la deuxième partie de la saison s’amorce tiens. Comme pour les Celtics à l’Est, les Mavericks à l’Ouest se métamorphosent sous le houx de la nouvelle année. Jason Kidd est compris par ses joueurs, un groupe unifié est en train de naître et Luka est de retour en mode MVP. Désormais quand les Mavs arrivent en ville, les franchises adverses flippent vraiment. Sans Kristaps Porzingis, blessé pour la 597e fois de sa carrière, Reggie Bullock récupère un poste de titulaire pour le plus grand bien de l’équipe et son côté 3&D sert énormément les idées de Kidd. En effet, le champion 2011 renverse l’identité de jeu originelle des Mavericks qui promeut un basket offensif, se demandant si la défense était quelque chose de comestible, en forteresse bien difficile à prendre et avec un Luka Doncic en fer de lance de l’attaque. Jusqu’au All-Star Break, Dallas réalise une remontée folle dans le classement à l’Ouest avec un incroyable 19-6 sur le début 2022. Avant cela, la trade deadline est passée par là. Uz redzēšanos en letton ou adieu en français, Kristaps Porzingis part hanter la Capitale en échange de Spencer Dinwiddie et Davis Bertans. Du playmaking et un Européen (faudrait pas faire baisser les quotas), parfait pour Dallas qui en avait besoin. De plus, en scred total, Dorian Finney-Smith est prolongé pour 52 millions sur quatre ans. Pour terminer la régulière, Dallas monte en régime. Dinwiddie est tout de suite intégré à la rotation en sortie de banc. Sa qualité de shoot revient, son talent pour la création aussi. Son back to back de paniers donnant la victoire aux siens contre Boston puis face à Brooklyn restera d’ailleurs l’un des moments forts de la saison dans sa globalité. Les Licornes se retrouvent à chatouiller les hauteurs de la conférence et titillent même le podium. Néanmoins, ça ne passe pas… à une victoire près. Les Texans terminent leurs saison en quatrième position de l’Ouest avec un bilan au-delà de nos espérances : 52-30. Direction les Playoffs contre le Jazz.

Oui mais voilà, le souci c’est que Luka Doncic – sur un mauvais geste – se blesse lors du dernier match de la saison contre les Spurs. Le PIRE timing possible pour une blessure. Les visages se décomposent chez les bleus et blancs, mais la réalité est bien là et il faut faire avec. Les premiers matchs des Playoffs vont devoir se faire sans la star slovène. Côté Mormons, on se frotte les mains… mais ce ne sera que de courte durée. Primo, la défense de Utah est un sketch. De deux, Jalen Brunson assume ses responsabilités de leader temporaire et fait la chanson au Jazz (c’est cocasse). De trois, Luka revient au Game 4 en claquant un 30 points / 10 rebonds en guise d’échauffement. Dallas termine donc Utah 4-2 sans forcer et passe enfin un tour de Playoffs sous l’ère Doncić, snif que c’est beau. Les choses se compliquent contre les Suns en demi-finale. Phoenix est de loin la meilleure équipe de la Grande Ligue et a explosé tous les records cette saison. Les Game 1 et 2 sont clairs : la précision des Soleils est chirurgicale : la moindre erreur signifie prendre tarif. On arrive ainsi au American Airlines Center à 2-0 pour l’Arizona. Les Mavs répondent dans le sillage d’un Luka Doncic Jordanesque, chaque équipe prend les matchs à domicile et on se dit qu’à ce rythme la série va durer 15 ans. À noter que Chris Paul – qui a fêté ses 37 ans au cours de la série-  a oublié comment jouer avec une balle orange depuis son birthday. Le match 7 est un récital de Dallas. Une leçon de courage et d’abnégation, les Mavs bouffent les Suns et font taire la salle. Un +33 final avec un ressenti de +50, et non ce ne sont pas les températures de Madrid en été.

Contre toute attente, les Dallas Mavericks se retrouvent en Finale de Conférence contre les Warriors. Toutefois, Golden State est une remarquable équipe collective à qui l’on ne joue pas de mauvais tour si facilement. Luka Magic est exceptionnel, mais une individualité ne pourra jamais rien faire contre un tel groupe. Petite mention pour le Game 2 ultra frustrant pour Dallas avec cette avance de 19 points partie en fumée sous le soleil de San Francisco. Les Mavs ont au moins évité le sweep, c’est l’essentiel.

LA SAISON DES MAVERICKS EN QUELQUES ARTICLES

L’IMAGE DE LA SAISON

Kristaps Porzingis Wizards

Cette photo montre bien un joueur des Wizards, mais pas n’importe lequel. Kristaps Porzingis, fidèle lieutenant de Luka Doncic n’est plus Texan et part pour la capitale. Le management a décidé de casser la paire en même temps que le projet qui va avec. Certainement un mal pour un bien vu comme la saison s’est terminée pour les Mavs. On notera quand même la grosse déception autour de ce tandem qui devait faire mal aux quatre coins du pays.

IL A CARTONNÉ : JALEN BRUNSON

On sait que Luka Doncic nous a encore époustouflé avec son talent, mais celui qui a tiré son épingle du jeu cette saison à Dallas est bel et bien Jalen Brunson. L’ancien de Villanova enregistre une progression très intéressant au cours de cette saison. D’abord, cantonné à sa place de sixième de luxe, JB prouve qu’il peut prendre plus de responsabilités sur le parquet et devient titulaire. Son handle, sa technique et ses floaters se sont améliorés. Dans les moments importants, il a répondu présent comme lors du Game 2 contre le Jazz. Privé de Luka Doncic, Brunson envoie en énorme 41 points, 8 rebonds et 5 passes dans la « défense » de Utah. Il réalise des Playoffs à la hauteur de ce qu’on attendait de lui sur le plan statistique avec 21,6 points à 47% au tir, 4,6 rebonds et 3,7 passes. Dans la planète basket, s’il y a bien un homme qui doit être heureux, c’est bien l’agent du meneur/arrière. En effet, il sera free agent cet été et bien que les Mavs aient l’intention de le prolonger, d’autres franchises vont venir toquer à la porte. Spoiler, le prix sera élevé.

ON L’ATTENDAIT ET ON L’ATTEND TOUJOURS : UN PIVOT

Durant la saison, l’absence d’un réel pivot de grande envergure (dans tous les sens du terme) ne s’est pas vraiment sentie grâce à la force du collectif. Cependant, en Playoffs ça s’est vu. Pas vraiment contre le Jazz car Donovan Mitchell et compagnie ne donnaient jamais le ballon à Rudy Gobert en attaque et de l’autre côté, le Frenchie devait rattraper les boulettes de ses potes en sortant sur Jalen Brunson. Toutefois, le début contre les Suns a été dur. Deandre Ayton et Jae Crowder ont proposé un vrai duel physique et ont dominé les Mavs. C’est simple, à partir de cette série là Dwight Powell… ne pouvait plus jouer de la postseason. Enfin, contre les Warriors cela a d’autant plus flagrant été flagrant quand on a constaté que Kevon Looney avait l’impact de Moses Malone dans la raquette de Dallas. Cet été il faudra chercher un pivot physique et dominant pour renforcer la meilleure équipe du Texas actuellement. Au management de flairer le bon coup.

…ET LA SUITE ?

La suite pour Dallas est simple. Apporter les dernières pièces à ce projet pour faire passer les Mavs d’équipe surprenante sympa à réel contender. Comme dit au-dessus, un pivot qui tourne en 20 points, 10 rebonds pourrait être la solution. Quelqu’un comme Christian Wood par exemple, qui accepterait de jouer les lieutenants dans un projet sportif très ambitieux. Ensuite, il faut gérer le cas Jalen Brunson. Ce dernier est agent libre cet été et les Mavs doivent tout faire pour le conserver. Ses progrès sont indéniables tout comme ses qualités offensives. Il serait vraiment dommageable pour cet effectif de perdre un tel joueur. Enfin, il faut confirmer. En 2021-22, il y a eu la jurisprudence Hawks. Envolés très haut en 2021 pour se retrouver bien bas en 2022. Dallas doit confirmer que sa dynamique est ascendante et que la campagne de Playoffs 2022 n’est que l’entrée de quelque chose de grand qui s’approche.

Les Dallas Mavericks nous auront tout fait vivre cette saison. De la pitié au bonheur, de l’incompréhension à la surprise et de l’expérimentation au sérieux. Ce groupe mené par un prodige que rien n’arrête doit continuer de prouver qu’il peut aller très haut, et ce dès 2023. 

Sources : ESPN / landofbasketball.com / realgm.com

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