Le TD Garden : le chaudron vert de la NBA, un musée où l’histoire continue de s’écrire

A chaque salle NBA son âme, ses anecdotes et ses bannières accrochées au plafond. Toutes les arènes sont uniques et leurs couloirs cachent bien souvent des secrets qui révèlent leur histoire et leur personnalité. Direction le Massachusetts et plus particulièrement Boston, pour une visite guidée du TD Garden qui accueille les Celtics depuis 1995.

La fiche

  • Nom actuel : TD Garden
  • Anciens noms : FleetCenter, TD Banknorth Garden
  • Adresse : 100 Legends Way
  • Ville : Boston, Massachusetts
  • Date d’ouverture : 30 septembre 1995
  • Affluence maximum : 18 624 personnes
  • Propriétaire : Delaware North
  • Surnom : The Garden
  • Prédécesseur : Boston Garden

Histoire

Le chaudron vert de la NBA entame sa construction en mai 1993 pour succéder au Boston Garden. Il se situe au-dessus de North Station, l’une des principales gares de Boston. Pour la petite histoire, la salle a compté pas moins de trente noms différents entre le 10 février et le 13 mars 2005. La raison ? La banque Fleet (qui avait acheté le droit pour l’appellation) est rachetée par le groupe Bank of America. Au lieu de payer pour rebaptiser le FleetCenter, ils préfèrent se sortir du contrat avec Delaware North Companies, propriétaire de l’arène. C’est alors qu’ils ont mis aux enchères des droits d’appellation sur eBay pour une journée. Le nom TD Garden est officiel depuis le 1er juillet 2005. L’édifice sert de domicile aux Bruins (hockey sur glace), aux Blazers (Lacrosse) et aux Celtics.

Pour leur premier match sur leur parquet flambant neuf, les Celtics s’inclineront contre les Bucks sur le score de 100 à 101 le 3 novembre 1995. Emmené par son duo Vin Baker et Glenn Robinson, Milwaukee ira achever l’équipe de Rick Fox et Dee Brown lors des dernières secondes de la rencontre. Pas l’équipe la plus glorieuse des C’s on vous l’accorde. Avec leur bâtiment dernier cri (par ici la visite), les fans ont à leur disposition la bagatelle de 18 624 places dans la disposition d’un match de basket avec des prix gravitant aux alentours de 114 dollars lors de la saison 2018-19. Si vous êtes un fan de Jayson Tatum et ses potes, vous pouvez toujours débourser un SMIC pour aller en courtside, à ce prix-là c’est presque donné, sinon optez pour la version à 50 dollars, vous serez éloignés du terrain mais l’ambiance sera comme à Saint-Etienne, vivez l’instant comme dirait l’autre. Au niveau du parquet, le logo de la franchise est toujours dans le rond central et les inscriptions sont présentes en-dessous des panneaux, marquées par le nom de la salle. Rien d’extravagant et c’est ce qui fait la classe de ce terrain.

Comme beaucoup d’autres salles NBA, le TD Garden est une enceinte multifonctions et ne se repose pas tant que ça puisqu’elle voit près de 200 manifestations s’y tenir chaque année. Basket, concerts, catch, tout y passe et c’est plus de 3,5 millions de spectateurs qui y sont comptabilisés tous les 365 jours. Passons maintenant à l’entretien, le Garden a connu un changement de look à l’été 2006 puisque de nouvelles boutiques, restaurants et bars se sont ouverts dans l’enceinte. C’est également pendant cette période que le nouveau tableau d’affichage apparaît, le premier du genre dans une arène sportive et capable de diffuser en HD grâce à ses quatre écrans géants. Mis à part le Final Four féminin de NCAA, aucun autre événement de basket n’a été organisé sur le parquet du Garden, en revanche il y a eu une multitude de spectacles de la WWE, la ligue de catch américaine. Les fans de la balle orange ont eu le droit à deux Finales NBA à la maison en 2008 et 2010, assistant au premier titre de la ville depuis 1986. Parlons peu, parlons bien, parlons records. Le lutin Isaiah Thomas détient le record de points sur un match de régulière avec 52 unités inscrites le 30 décembre 2016 face à l’ennemi de la franchise, le Heat. Pour le record des Playoffs, on en parlera un tout petit peu plus tard mais c’est aussi le Minimoys qui détient la meilleure marque… Antoine Walker et Mark Blount gobèrent 21 rebonds le 21 mars 1997 et le 1er mars 2004. Rajon Rondo distribua 24 caviars un soir du 29 octobre 2010 contre les Knicks. Les records sont faits pour être battus alors let’s go !

Meilleur souvenir au TD Garden

Combien de bons souvenirs gardons-nous de cette salle ? Énormément. En passant du trois points de Ray Allen pour passer leader des shooteurs du parking de l’histoire, la série incroyable contre les Bulls en 2009 menés par leur rookie Derrick Rose qui poussera le Big Three dans un Game 7 absolument fou, les Finales de 2008 et le sacre au bout de cette série, c’est finalement la performance d’Isaiah Thomas qui aura marqué bon nombre d’entre nous. C’était le 2 mai 2017 , nous sommes en Playoffs en demi-finale de Conférence face à Washington et IT livre une campagne explosive, particulièrement bizarre puisqu’il apprend le décès de sa petite sœur suite à un tragique accident de voiture. Le 2 mai, c’est donc le jour de l’anniversaire de Chyna, sa sœur. Hors de question de ne pas jouer, le nain choppe son bandeau et ses baskets pour donner une bonne leçon au duo Wall-Beal. Il rendra parfaitement hommage en inscrivant 53 puntos sur la tronche du « meilleur backcourt de la Ligue » et donnant un avantage à son équipe en menant deux victoires à zéro. Les gars de la capitale étaient pourtant au courant que le lutin vert était le maître du crunch time cette saison là puisqu’il enchaînait les perfs à plus de 15-20 points lors des money time. Visiblement, ils n’avaient pas assez regardé les cassettes et la sanction est tombée : 29 points dans le quatrième quart et la prolongation. Il finira donc le match à 53 points, premier et seul Celtic derrière John Havlicek et ses 54 points à avoir cartonné à ce point en Playoffs. Auteur de son meilleur match en carrière et de sa meilleure saison cette année-là, IT n’aura été qu’éphémère dans le patrimoine de la NBA mais son nom est inscrit dans les tablettes des Boston Celtics.

Pire souvenir au TD Garden

On pourrait parler du fait divers impliquant Jabari Bird dans une affaire sacrément glauque de séquestration, kidnapping et d’agression qui aura envoyé sa victime à l’hôpital ou du début de carrière de Paul Pierce mais si les fans de Boston retiennent un mauvais souvenir c’est sans aucun doute ce Game 6 des Finales de Conférence contre le Heat d’un certain LeBron James. Flashback 2012. Sans doute le pire ennemi de la Celtic Nation (de toute la Ligue en fait) et grand rival de Paul Pierce pendant une longue période, chaque rencontre entre les deux équipes était explosive. Le King est dans sa deuxième saison avec les Tres Amigos, a échoué aux portes du titre la saison passée et est mené 3-2 dans cette Finale de Conférence malgré l’avance de deux victoires à rien qu’ils avaient enregistré. Pendant le Game 2, même un Rajon Rondo à 44 points et 10 caviars n’avait pas suffit pour arrêter le duo Wade-James, Bosh étant blessé depuis le Game 1 face aux Pacers, affrontés au tour précédent. Les Celtics vont donc s’imposer trois fois d’affilée et menacent de finir la série ce 7 juin 2012. LeBron James, en bon cyborg qu’il est, aura enlevé la difficulté de sa tête et ira absolument défoncer tous les petits hommes verts qui se tiendront sur son passage. Le gars a peut-être livré son plus beau match en carrière alors qu’il était dos au mur : 45 points à 19/26 aux tirs, ajoutez à ça 15 rebonds et 5 passes décisives et vous remportez un Game 6 sur le score de 98 à 79, à l’extérieur qui plus est. On parle de sa performance offensive mais en défense… Quelle mixtape là aussi. Il aura limité et même muselé The Truth à 4/18 aux tirs ce soir-là, quelqu’un a demandé des pampers ? Pour le Game 7, retour à l’AAA et pas de miracle de la part de Boston, Miami s’impose sèchement et file en Finales NBA sous l’impulsion de LeBron en 31/12. La déception peut être largement compréhensible par les fans, mener 3-2 et perdre la série est dur à avaler, d’autant plus lorsqu’on voit LeBron et ses potes voler jusqu’au titre face aux jeunes du Thunder. On se dit que l’équipe et le Big Three (Big Four même ?) aurait pu ramener un 18ème titre à la maison cette année-là, malheureusement le kid d’Akron est passé par là, c’est arrivé à beaucoup de personnes, des gens bien même.

Maillots retirés au plafond du TD Garden

  • #00 : Robert Parish, le 18 janvier 1998
  • #1 : Walter Brown (fondateur de la franchise), le 17 octobre 1964
  • #2 : Red Auerbach (deuxième personne la plus importante de la franchise après Walter Brown), le 4 janvier 1985
  • #3 : Dennis Johnson, le 13 décembre 1991
  • #6 : Bill Russell, le 12 mars 1972
  • #10 : JoJo White, le 9 avril 1982
  • #14 : Bob Cousy, le 16 octobre 1963
  • #15 : Tom Heinsohn, le 15 octobre 1966
  • #16 : Tom Sanders, le 19 janvier 1973
  • #17 : John Havlicek, le 13 octobre 1978
  • #18 : Dave Cowens, le 8 février 1981
  • #19 : Don Nelson, le 15 décembre 1976
  • #21 : Bill Sharman, le 15 octobre 1966
  • #22 : Ed Macauley, le 16 octobre 1963
  • #23 : Frank Ramsey, le 17 octobre 1964
  • #24 : Sam Jones, le 9 mars 1969
  • #25 : K.C. Jones, le 12 février 1967
  • #31 : Cedric Maxwell, le 15 décembre 2003
  • #32 : Kevin McHale, le 30 janvier 1994
  • #33 : Larry Bird, le 4 février 1993
  • #34 : Paul Pierce, le 11 février 2018
  • #35 : Reggie Lewis, le 22 mars 1995
  • LOSCY : Jim Loscutoff, le 14 avril 1973

Palmarès au TD Garden

  • Champions NBA (2008)
  • Champions de Conférence (2008 et 2010)
  • Champions de Division (2005, 2008-2012, 2017)
  • Meilleur bilan : 66-16 (2008)
  • Pire bilan : 25-57 (2014)

Et maintenant ?

La franchise respire mieux depuis les signatures et les Drafts des dernières années, Jayson Tatum, Marcus Smart, Jaylen Brown. En ajoutant tous les bons voire très bons free-agents qui ont décidé de faire confiance à Boston, la franchise redore son blason peu à peu, il est dur de faire oublier l’ère du Big Three mais Jayson Tatum semble prêt à assumer un rôle de patron et qui sait, peut-être deviendra-t-il le messie de cette légendaire franchise, un Paul Pierce 2.0, mais ça seul l’avenir pourra nous le dire.

Le TD Garden devrait rester le chaudron qu’il est aujourd’hui, du vert partout et de l’ambiance. Si vous passez par Boston, arrêtez-vous voir un match, c’est moins cher qu’au Garden de New York en plus…

Source image : NBA League Pass


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