Old-School

Le jour où Bob Cousy a envoyé 28 caviars : Houdini n’a jamais aussi bien porté son surnom

Bob Cousy

Il sourit mais vous allez perdre.

Source image : YouTube / NBA

Bob Cousy est un joueur dont on ne parle que trop peu, un joueur légendaire qui fut au centre des Celtics ultra-dominants vers la fin des années 50 et le début des 60’s. La NBA n’était bien évidemment pas médiatisée comme elle l’est aujourd’hui mais si Twitter avait existé à l’époque, sachez que le réseau social au petit oiseau bleu aurait explosé bien des fois sous le poids des performances monstrueuses que ce petit meneur (1m85) a envoyées tout au long de sa carrière. Comme ces 28 passes décisives, un soir de février 1959…

Le 27 février précisément, soit il y a 60 ans jour pour jour au moment où ces lignes s’écrivent. Les Celtics reçoivent les Minneapolis Lakers d’Elgin Baylor. Le match ne revêt absolument aucun enjeu pour Boston car les Knicks – qui sont alors deuxièmes de l’Est – sont largement décrochés au classement et il ne reste que six rencontres de régulière après ce 27 février. Les pensionnaires du Boston Garden ont donc joué ce match complètement libérés, sachant qu’il retrouveraient très probablement leur « rivaux » des lacs en Finales quelques semaines plus tard. Ce qui donna lieu à 48 minutes de basket champagne comme s’en est souvenu monsieur Cousy très longtemps après les faits et l’a raconté à boston.com :

« C’était comme un match de cour d’école où personne ne faisait attention à la défense. »

Le genre de match dans lequel des gars comme Stephen Curry ou James Harden auraient pu prendre 30 tirs lointains par exemple. Le genre de match dans lequel Bob Cousy s’est éclaté à faire scorer son équipe posant déjà lui-même 31 points et surtout en nourrissant ses coéquipiers de caviars en grand nombre. 28 donc. 31 points et 28 passes décisives, même si c’est dans une victoire fleuve (173 à 139) et sans enjeu, cela reste une performance de très haut niveau. D’ailleurs c’est un record à l’époque et il tiendra jusqu’à ce que Kevin Porter vienne poser 29 offrandes sur les Rockets un soir de février 1978, soit 19 ans plus tard. Porter se fera par la suite détrôner par Scott Skiles et son fameux match à 30 passes décisives en décembre 1990. Depuis, nous avons vu des passeurs incroyables comme Steve Nash, Magic Johnson, Jason Kidd ou bien évidemment John Stockton venir écumer les parquets de la Grande Ligue mais aucun de ces gars n’a pu toucher le record de Skiles et aucun d’entre eux n’a fait mieux que l’ami Cousy puisque seul le meneur mythique du Jazz est juste parvenu à faire aussi bien. Au passage, ils ne sont en fait que six dans l’histoire NBA à avoir un jour réussi à envoyer plus de 25 passes décisives en un match : à Scott Skiles, Kevin Porter, Bob Cousy et John Stockton, il faut ajouter Guy Rodgers (28) et Goeff Hudson (27). C’est donc un club très fermé auquel appartient la légende des Celtics. N’est pas Houdini qui veut !

« The Houdini of the hardwood », voilà le surnom exact qui fut donné à l’ami Cousy tant il pouvait faire de la magie – tel un illusionniste – avec la balle en main et toujours trouver le moyen de faire le spectacle avec son style peu orthodoxe. Mais son but était avant-tout d’être efficace et de remporter les matchs. Ce bon Bob était un gagneur au service de l’équipe comme le confirme cette déclaration de sa part a propos de ce match à 28 passes décisives qui pour lui ne peut pas peser autant que certains de ses matchs en Playoffs :

« Je suis sûr que j’ai joué beaucoup de matchs de Playoffs dans lesquels j’ai envoyé 19 ou 20 ou 21 passes décisives dans des matchs serrés et cela était très important. Et j’ai senti que j’étais en train de créer de solides opportunités [de scorer pour mon équipe, ndlr]. Donc pour moi, c’est beaucoup plus significatif que de faire 28 passes décisives dans un match sans enjeu. »

Effectivement, Bob Cousy ne se trompe pas. Il a bien posté un paquet de lignes de stats en Playoffs où on pouvait lire un chiffre bien supérieur à 15 ou 20 dans la colonne « assists ». Il n’y a pas besoin de chercher très loin pour en trouver. Pendant les Finales de cette année 1959 – lors desquelles les Celtics ont sweepé les Lakers pour tranquillement démarrer une série de cinq titres de suite – Monsieur Cousy a posé deux très gros matchs à la passe avec 15 caviars dans un triple-double au Game 2 et 19 offrandes histoire d’assurer la victoire dans le Game 3. Et oui, ces matchs comptent finalement bien plus dans une carrière que ces 28 passes décisives même si ce chiffre tient toujours lieu de record chez les Celtics.

Cependant, la plus belle assist de la carrière – et même de la vie – de Bob Cousy est celle qu’il a envoyée à tous les joueurs NBA, voire à tous les athlètes américains, en militant pour les droits des joueurs, en organisant et en étant à l’origine de l’incontournable National Basketball Players Association (le syndicat des joueurs NBA, premier syndicat de joueurs dans un sport US majeur) dont il fut le premier président de 1954 à 1958. De Wilt Chamberlain à LeBron James, en passant par Kareem Adbul-Jabbar, Michael Jordan, Larry Bird ou encore Magic Johnson, toutes les légendes du jeu ont évolué dans des conditions meilleures grâce au numéro 14 des Celtics. Chapeau l’artiste ! 

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