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Sacramento Kings, le bilan 2021-22 : deux coachs, un trade hasardeux, toujours pas de Playoffs, mais une accolade qui donne le smile

Domantas Sabonis 10 février 2022

Cro mignon.

Source : NBA League Pass

Qu’est-ce que la vie ? Une balade sur la planète Terre, foudroyante, trop rapide pour satisfaire nos désirs les plus fous. Mais avec un esprit déterminé, assez rêveur pour s’échapper de la routine, l’imprévisible ouvre sa porte. Peut-être descendra-t-on un litron de beaujolais avec Benoît Poelvoorde, au détour d’une route des vins alsacienne, naturellement pleine de charme. Ou bien tiendrons-nous la discussion avec Edouard Baer, sous l’éclairage tamisé d’une brasserie parisienne. Et les Kings en Playof… ouai nan, faut pas déconner quand même.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

On ne dit pas que TrashTalk vise toujours juste, simplement que cette rédaction fait partie des rares à pronostiquer aussi divinement. Quand on entend Alex dire « 30 victoires pour les Kings, j’les mets 12e à l’Ouest […] Pour peu qu’il y ait des trades à la moitié de la saison », il est difficile de ne pas saluer l’exactitude de sa prédiction. Et pourtant, Sacramento était le genre d’équipe à pouvoir craquer le play-in comme sombrer dans les profondeurs de l’Ouest. Rien n’était figé.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Dans la cave de Kevin Durant, voilà l’endroit où est ligoté Harrison Barnes. En ce début de saison, l’ailier de Sacramento porte toute l’équipe sur ses épaules et enchaîne les gros cartons : 36 points à Portland, 25 points et 15 rebonds pour la réception du Jazz, 24 points et 11 rebonds face aux Warriors. Les Kings démarrent avec style. Ils font tomber Phoenix et perdent d’un fil contre Utah, Golden State et Dallas. « Dans le vestiaire, on ne les entend pas célébrer mais parler des choses qu’ils auraient pu faire différemment. C’est comme ça qu’un groupe progresse », glisse Luke Walton en sortie de victoire à New Orleans. La mentalité est la bonne. Le rookie Davion Mitchell – 9e choix de la Draft 2021 – a le 3e defensive field goal de la Ligue, juste derrière Bam Adebayo et Derrick White. La relation entre Tyrese Haliburton et Richaun Holmes plaît. On décèle un véritable équilibre inter/exter, qui pour beaucoup d’observateurs est à l’origine du succès de Sacramento. C’est comme ça qu’ils iront loin.

Savez-vous pourquoi depuis une quinzaine d’années, les Kings sont appelés « l’équipe du banquier » ? Ils débutent toutes leurs saisons – depuis l’exercice 2006-07 – avec un bilan positif, avant de soudainement s’écrouler, comme s’ils craignaient d’être « l’équipe qui délivrera toute une ville ». Cela fait depuis la campagne 2005-06 que la franchise californienne n’est plus retournée en Playoffs. En novembre 2012, après une défaite de 47 points à Minneapolis, Stephen A. Smith – alors entraîneur de Sacramento – a fracassé la porte du vestiaire, déchaîné par la nonchalance de ses joueurs. « On a d’abord pris trois victoires les mecs, pour ensuite enchaîner seize défaites ! Vous savez quoi ? À chaque défaite supplémentaire je vais vous retirer 10 000 balles, et on va voir si on ne va pas les faires ces Playoffs bordel de *************** ! ». Un discours entré dans la légende, qui valu à Stephen A. Smith le surnom du « banquier ». Est-ce que ça a fonctionné ? Pas du tout. Les Kings ont porté leur série de revers jusqu’à 32 et tous les joueurs se sont retrouvés sur la paille. Cette histoire est-elle vraie ? Clairement pas, mais l’important est qu’à partir du 8 novembre dernier, Sacramento a perdu huit matchs sur neuf. Une illusion de réussite, puis la chute. Encore.

Cette saison, le bilan positif des Kings aura donc tenu jusqu’à 5 victoires pour 5 défaites, avant de disparaître à jamais, dans les méandres d’une Conférence Ouest disputée de bout en bout. Les dates clés s’enchaînent. Le 21 novembre 2021, Luke Walton est viré et le courageux Alvin Gentry prend le relais Le 8 février 2022, la franchise est propulsée au centre de la controverse : les Kings envoient Tyrese Haliburton et Buddy Hield à Indianapolis en échange de Domantas Sabonis (en gros). Pardon ? Monte McNair vient-il de signer l’un des trades les plus osés – pour ne pas dire « incompréhensibles » – de ces dernières années ? Possiblement. Sélectionné en 12e choix de la Draft 2020, Tyrese Haliburton avait le sang violet. Cette franchise était la sienne. On ne dira cependant pas que ce transfert est perdant – pas encore – car la contrepartie que représente le grand Lituanien peut aider Sacramento à se relever. D’autant plus que sur le parquet, sa nouvelle relation avec De’Aaron Fox est topissime. Elle redonne un coup de boost au meneur, tonitruant sur ses 19 dernières performances de la saison : 27.9 points et 6.7 assists à… 51% au tir ! Prolongé pour 55 millions sur quatre ans à l’été 2021, Richaun Holmes est le seul à ne pas profiter de la situation, poussé en fond de rotation par le profil de Sabonis. Il disparaît des radars sur la fin de saison pour « problèmes personnels ». Un autre qui n’a pas encore trouvé son rythme, c’est DiVincenzo, arrivé de Milwaukee à la trade deadline. Agent libre restreint cet été, en cas de départ, le petit rouquemoute ne laissera pas grand souvenir à la Kings Nation. Tout comme cette saison, d’ailleurs. « Une journée de plus au boulot ».

LA SAISON DES KINGS EN QUELQUES ARTICLES

L’IMAGE DE LA SAISON

neemias queta

Cette image est synonyme d’espoir. Même en jouant à Sacramento, il est possible de marquer l’histoire. Le 17 décembre 2021, Neemias Queta est devenu le premier joueur portugais à fouler un parquet NBA. Alors, aussi incroyable soit cet accomplissement, c’est quand même une « image de la saison » super décevante. On aurait préféré joindre une belle capture d’écran du classement, avec les Kings à la 8e place de la Conférence Ouest, par exemple. M’enfin, on se satisfera de ça car sur la saison, le mec a quand même envoyé 3,2 points et 2,2 rebonds de moyenne en 14 matchs. Ouai, c’est quand même une « image de la saison » super décevante.

IL A CARTONNÉ : DAVION MITCHELL

Riez, riez, Davion Mitchell est quand même un top rookie. Ici aussi, on aurait préféré que De’Aaron Fox – ou feu Tyrese Haliburton – claque une saison salvatrice pour une franchise en perdition (quoique « perdue » semble désormais plus appropriée). Sauf qu’avec des moyennes de 11.5 points, 2.2 rebonds, 4.2 assists et 0.7 interception à 42% au tir dont 32% du parking, Davion Mitchell mérite amplement d’être considéré comme la belle surprise du côté de Sac Town. Le premier atout du meneur de 23 ans – qui ne se lit pas forcément sur les feuilles de match – est sans conteste cette hargne de bulldog. Un poison missionné sur les meilleurs extérieurs de la Ligue, qui prend encore quelques bouillons, mais dont la marge de progression est folle. Et de l’autre côté du parquet, @SacFilmRoom nous offre une petite vidéo sur sa chouette utilisation d’un pick-and-roll.

ON L’ATTENDAIT ET ON L’ATTEND TOUJOURS : DE’AARON FOX

On aurait pu – dû, diront certains – mettre Richaun Holmes, mais De’Aaron Fox est le détonateur de cette équipe. Les role players cherchent encore une épaule sur laquelle se reposer, un exemple, comme Ja Morant peut l’être à Memphis. C’est d’ailleurs fou de se dire qu’en octobre dernier, l’on considérait Fox supérieur à Morant. Il n’en est plus rien. Libéré par l’arrivée de Sabonis, De’Aaron Fox a montré son meilleur visage en fin de régulière. Le visage qu’il devra montrer sur l’entièreté de la prochaine saison. Et alors peut-être – on dit bien peut-être – la prophétie se réalisera. S’il est l’élu.

LA SUITE

Pour la chouette nouvelle, avec un bilan final de 30 victoires pour 52 défaites, les Kings détiennent la 7e meilleure cote de la prochaine draft. Il faudra d’abord passer par la loterie du 17 mai prochain, avec 32% de chance d’obtenir un choix du top 4, et 7,5% de chance de braquer le first pick. Double tâche, Alvin Gentry non conservé, la direction doit également nommer un nouvel entraîneur, avec Mike Brown – actuel assistant des Warriors – parmi les favoris.

Vive la vie, et ce n’est pas si grave de foirer une saison. En foirer seize par contre, là ça devient embêtant. Selon la typographie universelle des journalistes, on doit écrire les chiffres/nombres de un à seize en toutes lettres, mais au-delà ce sera bien « 17, 18, 19… ». Tout ça pour dire que le prochain exercice est celui du changement.

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