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Preview des Philadelphia Sixers 2021-22 : d’un requin t’en fais pas un dauphin, Philly ne repartira finalement pas à zéro

Laurent Sciarra

Mais Trae Darnauzan il a joué en sifflant ce soir.

source : YouTube

Quel meilleur moment pour lâcher la preview des Sixers, que celui où la franchise pennsylvanienne vit l’une des plus grandes controverses de cette intersaison. Nul besoin de replanter le décor – même si l’on va prendre le soin de le faire quelques lignes plus bas – Ben Simmons anime et oriente toutes les analyses que vous lirez ci-dessous. On débrief.

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Ce qu’il s’est passé la saison dernière

Trêve de tabous ou autre mots qui effraient la Sixers Nation, c’est main dans le bermuda que l’on va parler franco. La saison régulière fut une masterclass de sérieux avec la première place de la Conférence Est et une outrageuse domination de Joel Embiid, qui a d’ailleurs balancé les frères Lopez dans son paquet de chips. Dans une belle année, Tobias Harris complète l’apport de l’intérieur camerounais sans trop dépenser de calories, avec des petites courses, du mi-distance et quelques fadeaways. Et puis en troisième larron du Big Three, Ben Simmons fait jouer les autres et défend comme un affamé sur les 58 rencontres qui lui sont données. Tout va dans le meilleur des mondes quoi, à tel point que Doc Rivers repose ses gars et ne perd pas en sérénité quand les Seth Curry, Danny Green et autre Dwight Howard se foutent derrière le comptoir. On regrette la baisse de régime de Shake Milton qui, même s’il a un nom de boisson Starbucks, aurait pu titiller Jordan Clarkson dans la course au Sixth Man of the Year. La boussole de Philly tire donc le rideau sur les 72 matchs de régulière et indique les joutes de postseason, un rendez-vous qui pourrait s’avérer être enfin le bon pour un Process de longue haleine. Ni une, les Wizards du tandem Bradley Beal – Russell Westbrook paient la qualité de leur roster semblable à celui de la Chapelle Saint-Gervais et s’incline au premier tour des Playoffs, sous la puissance Sixers. La machine est lancée mais va compléter péter dans la série qui suit face aux Hawks. Les margoulettes de Géorgie jouent super collectif, font plein de passes et rentrent leurs shoots, une phrase qui sonne drôlement « maman d’un joueur au coaching ». L’affrontement s’emballe et statue à 3-3, de quoi offrir une cartouche dorée mais unique à la JoToBe (Big Three de Philly). C’était sans compter sur les grosses cuisses de Gallo et le refus de tomar made in Ben Simmons. Les Sixers sont éliminés et en conférence d’après-match, Doc Rivers et Joel Embiid ont du mal à ne pas sous-entendre que l’Australien est responsable de cette débâcle.

Philadelphia Sixers, le bilan 2020-21 : la fin probable du Process, la faute à une couche qui s’est remplie bien vite en Playoffs

Quelques liens utiles

Le marché de l’été

  • Ils sont partis : George Hill et Dwight Howard, Ben Simmons
  • Ils ont re-signé : Joel Embiid, Danny Green et Furkan Korkmaz
  • Ils arrivent : Andre Drummond, Georges Niang, Jaden Springer (Draft) et Charles Bassey (Draft)
  • Il est revenu : Ben Simmons

Du mouvement et vraisemblablement du bon. Que personne ne mente, George Hill n’était clairement pas au top de sa forme en Pennsylvanie. Celui qui devait apporter de l’expérience s’est suffi d’un carnet de moves moroses et dépassés depuis l’époque où le shampooing de Ricky Rubio était encore en bord de douche. A contrario, le départ de Dwight Howard aurait pu laisser un grand vide si Andre Drummond n’était pas arrivé en seigneur. Critiqué pour son incohérence balle en main, l’intérieur va avoir une magnifique occasion de relancer sa carrière. Et puis, plaçons en une pour les prolongations actées par Daryl Morey : il fallait conserver le Président du Cameroun, c’est chose faite. À voir l’impact de Georges Niang et des petits nouveaux fraîchement draftés.

Le roster 2021-22 des Warriors

  • Meneurs : Ben Simmons, Shake Milton, Tyrese Maxey, Grant Riller
  • Arrières : Seth Curry, Matisse Thybulle, Isaiah Joe, Jaden Springer
  • Ailiers : Danny Green, Furkan Korkmaz, Aaron Henry (two-way)
  • Ailiers-forts : Tobias Harris, Georges Niang, Paul Reed Jr
  • Pivots : Joel Embiid, Andre Drummond

En gras les starters potentiels, selon les fameuses sources proches du dossier

Quoi, Ben Simmons titulaire ? Si son blaze est gratté en rose, c’est simplement parce que le feuilleton autour de sa personne semble prendre la direction d’une aimable ponctuation. Le Boomer est revenu au camp d’entraînement des Sixers où ses partenaires doivent tenter de l’adoucir : « Salut Ben, tu en as pris des couleurs ! », « Qu’est-ce que tu es charismatique Ben », « Monsieur Simmons, un autographe ? ». Bien que cette dernière phrase soit l’oeuvre d’un Daryl Morey déguisé en fan – mais trahi pas son embonpoint quelque peu vaste pour un enfant censé avoir 12 ans – la situation se régularise et les dernières nouvelles semblent aller dans le sens d’une réconciliation, encore impossible il y a de cela plusieurs jours. Pour le reste c’est du classique de chez classique, seuls Andre Drummond et Georges Niang sortiront du banc avec le badge de petits nouveaux.

Le petit point du banquier

Salaires Sixers

Pour l’analyse complète des finances des Sixers, c’est par ici

Pfiou, 100 millions de dollars le Big Three pour la saison 2021-22, synopsis d’un trou monumental dans les créances de la franchise. Pour les éternels optimistes, les belles affaires se trouvent en bas de page avec comme exemple criant, une petite sacoche de 1,6 million consacrée à Andre Drummond. S’il ne les rentabilise pas d’un point de vue utilitaire, alors c’est que c’est devenu un peu grave. Il conviendra de gérer rapidement la prolongation de Seth Curry, puis de dégraisser afin de perdre les 7 millions de dollars en trop concernant la luxury tax. Eh oui, parce que larguer un impôt de 10 millions en route ça fait rarement plaisir.

Les tips TTFL

Une fois encore, Joel Embiid va jouer les premiers rôles dans une NBA pas forcément dépourvue d’individualités. Le Camerounais – déçu par sa seconde place au trophée de Most Valuable Player l’an dernier – tentera de remettre le couvert avec a minima autant d’efforts que la saison passée. S’il n’est plus de l’effectif à la reprise, ce qui semble désormais plus ou moins improbable, Ben Simmons octroierait alors encore davantage de ballons aux mains de Joel Embiid, qui sera donc l’affaire TTFL de la saison côté Sixers. Mais dédier son deck de soirée à Tobias Harris n’est pas non plus une grosse bêtise, beaucoup l’annonçant pour la première fois All-Star de sa carrière à l’issue de cette saison. Et puis, un gros Dede Drummond va camper la peinture en sortie de banc et pourra faire le taf lorsque plus grand monde ne sera dispo. Un peu comme Seth Curry, lequel est capable de séquences microondes à faire subitement grimper son score.

Les bons plans TTFL chez les Sixers, c’est par ici

Le paragraphe du Doc

Quand on s’intéresse à l’infirmerie de Philadelphie, cinq noms ressortent. On peut commencer par Ben Simmons, qui vient de rejoindre Philly. L’été dernier, Simmons s’est luxé la rotule gauche et a du passer au bloc pour un débridement. Deux autres petites alertes pendant la saison : trois rencontres pour un gonflement du genou gauche et une pour une tension au mollet gauche, rien d’inquiétant cependant. Une alerte également pour Danny Green avec quatre matchs manqués pour une élongation au mollet droit, alors que Shake Milton a pour sa part manqué cinq rencontres pour une entorse de la cheville gauche. Joel Embiid, quant à lui, a fait deux séjours notables à l’infirmerie. Six matchs loupés en mars suite à une hyperextension du genou gauche qui lui cause alors une contusion osseuse, puis lors des Playoffs il quitte prématurément le match 4 face aux Wizards et manquera la cinquième rencontre suite à une petite déchirure du ménisque latéral du genou droit. Il aurait apparemment réglé le problème cet été et devrait être à 100% à la reprise. Seth Curry, à l’instar de son frère en début de carrière, est gêné par une cheville, la gauche plus précisément. Déjà gêné la saison précédente, il a manqué sept matchs en janvier, un en février, trois en mars et est apparu plusieurs fois sur l’injury report pendant les Playoffs. En dehors d’une tension des fléchisseurs de la hanche qui l’a également privé de deux rencontres, c’est donc sa cheville qu’il faudra surveiller.

Garder le positif de l’exercice passé, faire progresser les lieutenants

Interrogation dont la réponse conditionnera forcément la véracité de ce paragraphe, Ben Simmons restera-t-il en Pennsylvanie ? À ce jour, il est encore un soldat de l’effectif de Doc Rivers donc nous le considérerons comme tel. Le plus gros enjeu à venir pour les Sixers, c’est de ne pas repenser au dernier naufrage tout en reprenant confiance dès l’entame de la saison régulière. Comme disait notre pote Antoine Mendy : « d’un dauphin t’en fais pas un requin », mais l’inverse fonctionne aussi ce pourquoi les Sixers ne passeront sûrement pas de la première place de la Conférence Est, à un siège hors podium qui serait alors tristement improvisé. Pour ce qui est des individualités, on est curieux de voir ce que peut donner Seth Curry sur ce nouvel exercice, déjà monstrueux la saison dernière mais qui pourrait encore passer un cap, allant jusqu’à davantage tenir le cuir et gagner en régularité. Puis comme gratté un peu plus haut, le rôle de Tobias Harris variera en fonction de la situation Benny mais statue pour l’instant au même que la saison dernière, à savoir poser les balls lorsqu’il ne reste qu’une poignée de secondes. Son spacing fait grand bien en Pennsylvanie, de la part d’un joueur jugé par beaucoup comme sous-coté. Ceci étant, les silhouettes ayant les plus grosses marges de progression restent celles de Tyrese Maxey et Matisse Thybulle, deux morts de faim sachant défendre mais qui n’ont pour l’instant pas encore développé tout leur attirail offensif. Le premier s’y est quand même davantage attelé que le second, avec notamment cette perf à 39 points en janvier dernier. En espérant que Shake Milton revienne avec les mêmes intentions qu’en décembre dernier, auquel cas il pourrait rattraper sa décadence de deuxième partie de saison, difficilement pardonnable lorsque l’absence survient au moment où commencent les choses sérieuses. Vous l’aurez aussi bien compris que lu, les Sixers doivent chacun se regarder dans un miroir et zapper cette dernière désillusion, pour enfin avancer. Un travail de deuil collectif.

Le pronostic du rédacteur

54 victoires et 28 défaites, la troisième place à l’Est. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il serait improbable que Joel Embiid – tout juste prolongé – permette à ses gars de lâcher l’affaire. La grande majorité des soldats présents la saison passée sont reconduits et auront à coeur de faire oublier la débâcle géorgienne. Derrière les Bucks et les Nets mais devant tout le reste, Philly garde des chances de titre et devra jouer le coup à fond, décomplexé.

Tirer les clochettes à incendie, le temps n’est pas encore venu en Pennsylvanie. Au beau milieu d’une affaire qui n’a peut-être pas encore dit son dernier mot, les Sixers repartent sur des pneus bien gonflés, qui présentent leurs forces comme leurs défauts. Attention à ne pas exploser en route.

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