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Philadelphia Sixers, le bilan 2020-21 : la fin probable du Process, la faute à une couche qui s’est remplie bien vite en Playoffs

Ben Simmons 11 août 2021

Ben, it’s time to go.

Source image : YouTube

Caramba, encore raté. Une Free Agency 2020 intéressante et une saison régulière terminée en tête de l’Est malgré de nouveaux soucis de santé pour Joel Embiid, et au final des Playoffs gérés sérieusement… jusqu’à un choke incroyable en demi-finales de Conférence. Pas de Marc Gasol ou de Kawhi Leonard cette fois-ci, pas de Celtics non plus, mais des Sixers qui finiront pas se tirer SEULS une balle dans le pied face à des Hawks qui n’attendaient que ça. A l’heure de l’écriture de ces lignes on attend encore que ça bouge et, très clairement, il va FALLOIR que ça bouge.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Pas mal de changement en Pennsylvanie l’été dernier, avec comme objectif assumé de retrouver du spacing et, surtout, d’atteindre les Finales NBA histoire de faire du Process une réussite totale. La fin de l’ère Brett Brown et l’arrivée de Daryl Morey aux manettes et de Doc Rivers sur le banc, la confiance laissée dans le duo Joel Embiid / Ben Simmons, les arrivées malines de Danny Green, Seth Curry et Dwight Howard et la Draft encore plus maline de Tyrese Maxey, quasiment une masterclass si l’on prend en compte les départs du vieux croûton Horford et du décevant Josh Richardson. Pas de quoi sur-hyper tout le monde non plus et, échaudés par l’expérience de la saison précédente et par quelques grosses machines à l’Est, nos deux Hexperts préféraient la prudence en situant les Sixers autour de 45 wins et de la quatrième place.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Un gros début de saison avec un 7-1 pour démarrer, fêtes de Noël parfaites à part un petit écart à Cleveland. Les leaders font le boulot, Shake Milton et Tyrese Maxey font plaisir en sortie de banc, ça défend dur et ça prend déjà date pour les joutes du printemps. Le 8 janvier le test positif au COVID de Seth Curry oblige les Sixers à s’isoler à New York et le lendemain Tyrese Maxey profite d’un match complètement WTF (les Sixers ont joué à 7 avec cinq U15) pour en claquer 39 dans une défaite face à Denver, bienvenue en 2021. A son retour Joel Embiid perfore le Heat avec un 45/16/4/5 de futur MVP, Milton et Maxey continuent leur chantier mais Joel Embiid récidive dans la semaine en administrant l’aller et le retour à de pauvres Celtics. Les Lakers sont ensuite battus, Tobias Harris confirme lui aussi son gros début de saison avec un game winner, et si Ben Simmons shoote comme ma grand-mère il prend de plus en plus de place dans la lutte au trophée de DPOY et il le clame (trop) haut et (trop) fort. Tiens, Seth Curry ne rate plus un tir et et plafonne à un 50/50/100 assez inhumain, en février Joel Embiid en colle 50 aux Bulls et Ben Simmons lockdown Luka Doncic, les Sixers sont toujours premiers à l’Est et, spoiler, ne lâcheront qu’à de très rares occasions le lead. Le Jazz est ensuite battu dans la lutte des premiers de la classe, mais le duo de All-Stars de Philly doit rater la reprise à cause du protocole COVID, bien joué les strip-clubs pendant le All-Star Break.

On rigole on rigole mais le 12 c’est un premier incendie dans la saison des Sixers quand la jambe de Joel Embiid se tort salement face à Washington. La MVP Race perd peut-être un candidat, on parle alors de deux à trois semaines d’absence, on a évité le pire et c’est déjà ça. En l’absence de Jojo c’est en tout cas Tobias Harris qui enfile le costume de patron avec deux semaines de très très haut niveau, le random Paul Reed est élu MVP de G League et rejoint le groupe des grands, Danny Green gifle ses anciens collègues Lakers et ainsi, le mois de mars est poncé en bonne et due forme (14-3) malgré l’absence du chef de la tribu. 

Un Joel Embiid de retour début avril et très vite dans le bain, Ben Simmons qui s’occupe en rêvant de Rudy Gobert, et on assiste fin avril à l’un des plus gros matchs de la saison avec une défaite de deux points face aux Suns, avec le pivot camerounais qui passe à un millimètre de rentrer le shoot du siècle au buzzer. La fin de régulière est marquée par quelques branlées données, par un game winner de Ben Simmons face à l’équipe B des Spurs et par un 10-2 qui valide finalement la première place à l’Est. Direction les Playoffs et des Wizards à point en sortie de play-in, des Wizards aussi claqués qu’imprévisibles car portés par un duo de martiens, et malgré un genou embiidien qui siffle Philly passe l’écueil tranquillement, 4-1, et retrouvera donc les Hawks, virils vainqueurs de leur série face aux Knicks.

Le premier match est perdu face à une équipe en pleine bourre, les deux suivants remportés parce que Joel Embiid c’est quand même assez pratique dans une raquette mais le Game 4 leur échappe à cause d’un money time mal maitrisé et d’un Trae Young toujours plus incroyable. Puis vient ce fameux Game 5 (voir plus bas), explosion de pus sur une peau pourtant assez nette, au Game 6 Philly s’en sort mais Joel Embiid se retrouve sur le t-shirt de John Collins et au Game 7 ce qu’on imaginait de plus en plus arrivé finalement, une défaite sur le fil et une élimination assez honteuse compte tenu du scénario de la série, avec des mecs qui refusent ouvertement de shooter quand ils sont seuls sous le panier, une phrase à dire avec un accent australien. Doc Rivers fustige ses joueurs, Joel Embiid recentre le débat sur son meneur, l’été sera chaud l’été sera chaud.

L’IMAGE DE LA SAISON

choke sixers 17 juin 2021

Marché de Shake Milton, shoot raté de Shake Milton. Floater raté de George Hill, shoot raté de Dwight Howard. Shoot raté de Tobias Harris, temps mort. George Hill échoue à 3-points, Dwight Howard perd la balle, entrée de Korkmaz, Curry, Simmons et Embiid, et le duo Seth / Joel remet un peu d’ordre. Joel Embiid manque un tir, puis deux tirs, puis trois tirs. Ben Simmons envoie des saucisses sur la ligne. Balle perdue Tobias Harris, shoot raté Joel Embiid. Shoot raté Tobias Harris, shoot raté Tobias Harris. Shoot raté Seth Curry, deux lancers ratés Joel Embiid. Seth Curry qui marque pour rien au buzzer. Les Sixers n’avaient pas marqué depuis plus de quatre minutes, Seth Curry est le seul joueur des Sixers à avoir inscrit un panier dans le champ de TOUT le quatrième quart. Douze minutes de cauchemar, pour l’histoire.

IL A ASSURE MAIS IL Y A TOUJOURS CE PETIT QUELQUE CHOSE QUI GRATTE : JOEL EMBIID

A une guibole tordue près (à un glouton serbe aussi), Joel Embiid aurait quand même fait un sacré beau MVP. Meilleure moyenne au scoring en carrière pour Jojo cette saison, pour la première fois au dessus des 50% au tir également, c’est pas rien, Joel a cartonné quasiment tout le monde cette saison. 38 points face aux Wizards, 45 contre le Heat, 80 en deux matchs contre les Celtics en janvier, 50 contre Chicago, 42 face aux Cavs, un 40/19 face à Rudy Gobert et des Playoffs globalement monstrueux bien que joués sur une jambe et demi, des Playoffs monstrueux qui passent malheureusement à l’as à cause d’un choke monumental au Game 5 dont il est en partie responsable. Individuellement ? Joel Embiid est la plus grosse arme de destruction massive de la Ligue, ça ne fait aucun doute, mais deux composantes viennent gâcher le talent et ce beau paysage. La santé du garçon tout d’abord, que l’on sait fragile et qui a encore du abandonner le navire une grosse vingtaine de matchs cette saison avant de jouer des Playoffs dans une forme que l’on qualifiera de « pas la forme de sa vie ». Puis il y a cette très mauvaise habitude prise par Jojo de craquer au plus mauvais moment, passant de bête indéfendable à… bête et indéfendable, la nuance est dans le dictionnaire des synonymes. De MVP à responsable d’une défaite il n’y a qu’un pas à éviter de franchir en Playoffs, c’est dans la tête comme dirait l’autre, mais pour Joel c’est à la fois dans la tête et dans les genoux et ça devient problématique. Ce qu’il faut en retenir, pour rester sur une note positive ? C’est que quand Joel Embiid sera à 100% sur toute une saison et que quand ses séances chez le Psy auront porté leurs fruits pas grand monde sur cette planète ne pourra empêcher le monstre d’arriver à ses fins. On attend Joel, on attend et on espère.

IL NE VEUT MEME PLUS ALLER AU CHANTIER : BEN SIMMONS

On passe au dossier sensible, en prenant des pincettes nah on déconne c’est pas le genre de la maison. Ben Simmons cette année ? Disons que le meneur australien aura montré deux visages. Le premier ? Celui d’un défenseur sensationnel, capable de gêner n’importe qui sur les cinq postes et dépositaires de plusieurs dizaines de rapts face aux meilleurs joueurs de la Ligue. L’un des meilleurs stoppeurs de la Ligue, si ce n’est « le » même si la NBA lui a préféré un autre genre de profil, et un joueur en tout cas capable de transformer n’importe quel morceau de gruyère en défense élite. Puis il y a l’attaquant. Merveilleux slasher, capable de finir au cercle comme une brute épaisse ou de profiter des prises à deux ou trois pour lâcher du caviar à foison, Ben Simmons est donc l’archétype du meneur parfait… s’il avait un shoot. Ou s’il savait shooter. Ou s’il VOULAIT shooter. Incroyable saison de Benny en effet, passée à refuser des dizaines, non, des centaines de tirs ouverts, à tel point que c’en est devenu plus énervant que risible, parce qu’au bout d’un moment non mais oh merde euh. On sait Ben Simmons pas à l’aise avec son tir extérieur mais on rappelle que d’autres ne le sont pas non plus mais passent leur carrière à se dire que « après tout pourquoi pas », alors on aimerait aujourd’hui intimer l’ordre à Benny de prendre ses responsabilités, au moins de temps en temps, car le dossier d’un merveilleux athlète et joueur de basket peut très vite prendre du plomb dans l’aile et ce serait quand même dommage. Exemple typique cette action incroyable lors du Game 7 face aux Hawks, lors de laquelle Ben Simmons spinera autour de Danilo Gallinari mais refusera le tir, seul sous le cercle, en plein money time du match le plus important… de sa carrière ? Au final un déversement incroyable de haine mais peut-être bien mérité, une saison en dessous de ses standards statistiques habituels et une cible dans le dos cet été, la reconstruction des Sixers passant assez idéalement par un départ de ce basketteur qui ne voulait pas shooter.

LA SUITE

Furkan Korkmaz et Danny Green ont prolongé, Andre Drummond est arrivé pour jouer les back-ups de Joel Embiid à la place de Dwight Howard et cette phrase est complètement folle, et donc toujours pas de nouvelles du dossier Ben Simmons, qui conditionne quand même tout ou presque du futur de la franchise pennsylvanienne. Pour évoluer Philly devra bouger, Philly devra très probablement bouger son meneur, et reconstruire autour de Joel et de quelques jeunes (Maxey ?), à moins que Daryl Morey nous lâche une masterclass dont il a le secret, une masterclass du nom de… Damian Lillard ? Hum, ça donne faim hein.

Une saison pleine, une saison sérieuse, à peine grisée par l’absence de Joel Embiid pendant un gros mois, mais au final on prend les mêmes et on recommence avec un choke historique en Playoffs, ceci effaçant évidemment tout le positif entrevu jusqu’alors. It’s time to change something nope ?

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