Zoom tactico-technique : les six aspects à suivre sur les Finales NBA 2024

Le 06 juin 2024 à 15:54 par Céleste Macquet

Derrick White Celtics 3 juin 2024
Source image : YouTube

Vous le savez, entre un pronostic réussi et une take complètement mesurée et objective, on aime analyser le tactico-technique à TrashTalk. A l’occasion de ces Finales NBA, on a décidé de revenir sur six points qui, selon nous, revêtiront une importance particulière dans cette série entre Celtics et Mavericks.

L’attaque de Boston peut-elle se retrouver largement perturbée en affrontant la première équipe à la défense réputée de sa post-season ?

On le sait bien. Théoriquement, s’ils respectent leur plan de jeu, écartent la défense des Mavs comme ils savent bien le faire avec leur très bon spacing, font bouger la balle et cherchent les mismatchs inlassablement, les Celtics sont virtuellement inarrêtables offensivement. Le problème, et c’est un des rares aspects qui représente un début de faiblesse chez ces Celtes, c’est qu’ils se reposent parfois presqu’entièrement sur leur adresse à longue distance pour rattraper des écarts ou les creuser. On l’a vu dans le seul match qu’ils ont perdu contre les Cavaliers en demi-finales, les Celtics s’apparentent parfois aux Rockets de l’époque Mike D’Antoni qui envoyaient tir du parking sur tir de parking, parfois dans des situations désespérées, en espérant que ça rentre. C’est ce qui leur avait coûté le titre en 2018.

Face aux Mavericks qui se sont montrés redoutables en défense et particulièrement durs dans la raquette, les Celtics pourront être tentés de délaisser le scoring intérieur pour se réfugier derrière l’arc et envoyer du trois points à profusion. Une tendance dont il ne faudra pas abuser. Jayson Tatum et Jaylen Brown devront aller chercher ces points faciles dans la raquette, percer le premier rideau texan et parfois envoyer Kristaps Porzingis au charbon sous les arceaux, même si ce n’est pas ce qu’il préfère. L’imprévisibilité de leur attaque en dépend.

Derrick White, LE facteur X de ces Finales ?

On le dit ? On ose ? Allez on y va, on se lance. Oui Jayson Tatum a été le meilleur joueur des verts depuis le début de la saison, Jaylen Brown a peut-être été le meilleur Celte sur les Finales de Conférence, mais le Celtic le plus régulier sur l’ensemble de ces Playoffs, il se pourrait bien que ce soit Derrick White. L’ancien Spur est un monstre d’efficacité et d’impact, quand bien même il n’est même pas dans les trois plus gros temps de jeu de Boston.

Derrick White two-way play in the ECF

Excited to see how he performs in his 2nd trip to the Finals pic.twitter.com/7cuCt1C4rn

— Pull up shoot  (@NElGHT_) June 2, 2024

17,8 points, 4,6 passes, 1,3 contre (il fait 1m91), 0,7 perte de balle et des super pourcentages : 40,7% de loin et 89,3% aux lancers lors de ces Playoffs. Si on ajoute son excellente défense qui lui a valu une sélection dans une All-Defensive Team pour la deuxième saison d’affilée et son adaptation sans sourciller au rôle de troisième option des Celtics depuis la blessure de Kristaps Porzingis, on tient un joueur idéal à avoir dans un backcourt dans un contexte de Finales NBA.

Avec un des backcourts offensifs les plus dangereux qu’on ait jamais vu à gérer, Derrick Blanc, accompagné par Jrue Holiday, pourrait abattre un tel boulot en défense dans ces Finales qu’on se souviendra de sa série pour les 200 années à venir, sans parler de la réadaptation qu’il va devoir effectuer après le retour de Kristaps Porzingis, synonyme probablement d’un retour au rôle de quatrième option dans l’attaque Celte. Que de challenges passionnants à suivre pour Derrick White. Marcher sur l’eau en répondant présent, boire la tasse en faisant une série moyenne ou se noyer face au défi que représente les Mavs, Derrick White n’a que trois options.

L’efficacité à 3-points des role players, condition sine qua non de victoire pour les Mavericks ?

Ce sont bel et bien les deux fantastiques Luka Doncic et Kyrie Irving qui en toute logique mettent le plus de 3-points dans ces Playoffs pour les Mavericks. Lulu la menace en envoie 9,8 par soir pour des pourcentages un peu décevants de 34,3%, tandis que Kyrie comme très souvent fait dans la propreté, avec 6,3 tentatives pour 42,1% de réussite. Et pour le reste des joueurs de Mavs qui ont plus d’une tentative et demi par soir… eh bah les pourcentages sont sacrément biens !

Le seul en dessous des 35%, pourcentage auquel aucune défense un tant soit peu sérieuse ne vous laissera tirer sans vous contester sérieusement, c’est Tim Hardaway Jr. Seulement 32% pour 2,5 tentatives sur les 10 matchs qu’il a joué depuis la fin de la régulière. Sinon, on a le miracle P.J. Washington, 36,3% sur 6,6 tentatives. Maxi Kleber qui va faire son retour, était à 50% pour 2,8 tentatives dans les deux premiers tours. 39,6% sur plus de 3 tentatives par soir pour Derrick Jones Jr, 35,4% sur 2,8 tentatives pour le bon vieux Josh Green et même Jaden Hardy fait quasiment 41% de réussite du parking pour 1,6 tentative par soir. Six joueurs à plus de 35% de réussite de loin en Playoffs, c’est tout simplement prodigieux, et c’est infernal à défendre.

The Mavericks have landed in Boston for the NBA Finals.

What a tweet. pic.twitter.com/OERpohdhr3

— Abby Jones (@_abigaiiiil) June 5, 2024

Le spacing est excellent à Dallas, et les Mavs vont absolument avoir besoin que cela continue comme ça sur ces Finales. On pense à la Pièce Jointe qui a vu ses pourcentages de loin bien fluctuer (31,3% au premier tour, 46,9% en demi-finales) avant de complètement chuter face aux gros défenseurs des Wolves (25%). Les Mavs ne pourront pas se permettre d’avoir trop de joueurs en chute libre derrière la ligne s’ils veulent être une menace persistante pour les soldats du Massachussetts. La myriade d’espaces créés par Luka Doncic et Kyrie Irving sont exploités au mieux quand les tirs rentrent. Cela rend les prises à deux très risquées, et on a vu Dallas se servir de son armée de shooteurs pour briser de la défense encore plus sérieuse que celle des Celtics au tour précédent. Boston est prévenu.

Quel rôle pour Kyrie Irving dans le clutch ?

Ne vous y méprenez pas, Luka Doncic aura lui aussi son rôle à jouer dans les phases de money time à venir. Le Slovène a d’ailleurs envoyé plusieurs game-winners face aux Celtes sur les dernières années. C’est juste que Luka brille en général plus dans les premières mi-temps tandis que le Kai est plutôt estampillé troisième et quatrième quart chez ces Mavs 2024, et qu’on a vu Kyrie Irving faire de la grosse dinguerie lors de ces moments clutchs par le passé, que ce soit aux Mavs (qui se rappelle du skyhook main gauche de dingue sur Nikola Jokic) ou ailleurs (voir Finales NBA 2016 – plus gros tir de l’histoire des Game 7).

Luka Doncic hit TWO game-winners vs. the Celtics in one calendar year 😳 pic.twitter.com/eQRVN5gZ6O

— SportsCenter (@SportsCenter) June 5, 2024

C’est bien parce que Doncic est lui aussi loin d’être un peintre dans les moments chauds que la capacité de Kyrie à mettre du gros tir dans les dernières secondes d’un match est insupportable pour les défenses adverses, qui ne savent jamais où donner de la tête face à ce monstre à deux têtes. A qui reviendra la gonfle dans les derniers moments chauds des matchs des Mavericks, est-ce que ça sera d’office pour le Luke, est-ce que l’expérience de Kyrie et son passif avec les Celtics primera, est-ce que ça se décidera en fonction de la forme des deux arrières sur le match ? On en a aucune idée et on a hâte d’observer le résultat.

Les Celtics, meilleure équipe de la régulière, face à Luka Doncic, meilleur joueur des Playoffs

Personne ne remet en question le statut des Celtics, qui sont pour l’instant sur un bilan de 80 victoires pour 20 défaites depuis le début de la saison régulière. On vous laisse faire le calcul du pourcentage de victoires, pendant qu’on vous rappelle qu’une telle saison régulière représente un exploit qui n’a été réalisé que par 21 autres équipes depuis 1946. Les Celtics de 2024 sont l’équipe qui s’est le plus rapprochée des 73 victoires en saison régulière des Warriors en 2016 si l’on exclut les… Warriors de l’année suivante (67 wins) et les Rockets de 2018 (65 wins). Mais comme on le sait, ces Warriors de 2016 étaient tombés sur un os. Un os appelé LeBron James, fraîchement désigné troisième au classement du MVP. Vous voyez où on veut en venir ?

Luka Doncic, tout juste auréolé de son meilleur classement au trophée de MVP cette année (troisième) se retrouve en face d’un mont. Le mont Celtics. C’est tout de même 17 défaites supplémentaires que les Mavs ont accumulé depuis le début de la régulière par rapport aux Celtics. Soit une de moins que les 18 qui séparaient Cavaliers et Warriors avant les Finales de 2016. Gagner des Finales, presque tout seul, face à des équipes complètement monstrueuses et historiques, c’est possible, LeBron nous l’a prouvé par le passé.  Luka Doncic, qu’on a souvent comparé à LeBron dans l’impact offensif, sort d’une saison complètement dingue, qu’il enchaîne avec des Playoffs qui font halluciner tout le monde. Désormais fort d’une bonne semaine de repos, Luka Doncic va pouvoir déchaîner tout son talent contre les Boston Celtics. En aura-t-il assez pour faire tomber le géant vert ? A suivre.

Le duel Porzingis / Lively-Gafford

Kristaps Porzingis s’apprête à faire son retour dans ces Playoffs, probablement pas pour couper du pain. Du haut de ses 2m20, le Letton va devoir abattre un travail monstre dans la raquette pour dissuader le quatuor du dunk de Dallas de faire des siennes et d’envoyer du match à plus de 20 dunks comme ils ont pu le faire en saison régulière. Les vieilles jambes et la petite taille d’Al Horford « le maudit » ne seront pas idéales pour contrer toute cette verticalité, c’est pourquoi le rôle de Porzingis en défense sera plus qu’essentiel, en tant que seul réel protecteur de cercle des C’s. Derrick Jones Jr. et P.J. Washington ne manqueront pas de monter au lob par moments, mais c’est surtout la rotation de pivots que Krikri va avoir à gérer.

Pivot traditionnel aux hanches solides et bâti comme un animal de trait, Daniel Gafford est un « petit » pivot de 2m07 qui brille certes dans l’exercice du contre, mais surtout dans celui du rebond offensif. Voilà qui tombe bien, c’est pile le domaine où Kristaps est bien nul. Toujours décevant dans la collecte sous les arceaux, le K n’a jamais atteint la barre des 10 prises par match en saison régulière malgré son double décimètre au-dessus du double mètre. Certes, c’est aussi dû au rôle de Porzy en attaque, qui préfère shooter derrière l’arc que de pilonner au poste mais tout de même. Attention à ne pas se faire déborder par le Gaff’, surtout que son compère de raquette pourra combler son retard de centimètres.

The Celtics are adding THIS back for The Finals.

It’s not being talked about enough that the Celtics have been without Kristaps Porzingis virtually all playoffs. pic.twitter.com/2MfqfRPIW5

— Celtics Junkies (@Celtics_Junkies) June 4, 2024

Les 2m16 de Dereck Lively seront bien utiles pour conclure des lobs et aller embêter la taille de Kristaps, surtout que le pivot rookie, avec son envergure de 2m32 digne d’un pélican est encore plus long que Porzy (2m29). Un autre challenger pour la licorne verte, qui cherche à récupérer son statut de troisième option des Celtes dans cette série. Pas le défenseur du siècle mais tout de même un sacré contreur qui tourne à près de 1,9 contre par match en 28 minutes de moyenne cette saison, soit moins que les 2,1 de Gafford, qui ne jouait pourtant que 24 minutes par soir cette saison.

La bataille des postes 5 apparaît comme l’une des match-ups les plus intéressantes de ces Finales, et le côté qui l’emportera prendra une sacrée option sur le titre. Qui va l’emporter, le grand shooteur des Celtes ou les deux bourrins des peintures du Texas.

Voilà pour les axes tactico-techniques à observer de près sur ces Finales 2024. Des joueurs qui vont devoir répondre présent, des plans de jeux qui seront à analyser et des ajustements à prévoir, nous on se retrouve pour le Game 1 ce soir à 2h30 pour le premier volet de cette bataille des coachs.


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