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Miami Heat, le bilan 2021-22 : meilleure équipe de l’Est en régulière mais un poil trop juste en Playoffs

Jimmy Butler Miami Heat 18 mai 2022

« J’traîne dans la city bourrée d’vices »

Source : NBA League Pass

Le Heat de Miami voulait retrouver son rang de meilleure équipe de l’Est après une saison 2020-21 bouclée par un sale coup de balai made in Milwaukee. Pour y arriver ? Pat Riley a complété un groupe déjà très solide avec des profils expérimentés qui ont vite trouvé leur place pour créer une base collective béton. La place de roi en avril, puis de dauphin de l’Est en mai… Miami a sorti une saison honorable, mais quand même teintée de quelques regrets sur la fin. 

# Ce que TrashTalk avait prédit

L’objectif de Miami ? Être au rendez-vous des patrons à compter du printemps. Avec l’arrivée de Kyle Lowry, P.J. Tucker et Markieff Morris, la saison régulière servirait de rodage pour arriver en pleine bourre quand les choses commenceraient à compter. Souci, ce gros temps de rodage ne permettrait pourtant pas au Heat d’aller titiller les sommets de l’Est, puisque d’une part les Bucks et les Nets étaient attendus pour occuper ces places, et de l’autre car South Beach aurait bien eu besoin de se trouver collectivement pour commencer à performer au sens noble du terme. Ça nous donnait quoi ça ? 48-34, et une place au pied du podium.

# Ce qu’il s’est réellement passé

Eh, ça commence pas trop mal sous les palmiers du Sud de la Floride, on ne va pas se mentir. Six victoires en sept matchs à l’entame, avec les passages à tabac de Milwaukee et de Brooklyn. On rajoutera une petite branlée infligée à Orlando dans le derby du Sunshine State, parce que ça fait toujours plaisir de corriger le voisin. Déjà, plusieurs choses sont à noter pour Erik Spoelstra et Pat Riley. Primo, Jimmy Butler est déjà bien chaud. Deuzio, Tyler Herro est lui complètement en feu, et quand les deux options offensives principales du groupe font du sale, logiquement les choses se passent bien. Déjà, les bases du jeu défensif se mettent en place et c’est relou pour toute la ligue de checker le calendrier au réveil pour voir que c’est le Heat au menu du jour. D’ailleurs, au détour d’un succès de patron à la maison contre les Wizards, la couronne de souverain de l’Est pose ses valises dans les Everglades. C’est qu’ils commenceraient à foutre les chocottes ces affreux jojos. Si certaines équipes comme Memphis ou Golden State dominent avec style, ce n’est pas le cas de Miami. Le basket pratiqué n’est pas celui qui gratte un spot premium dans le top 10 tous les matins… mais c’est très efficace. Défense en mode triple vitrage, attaque guidée par un Jim’ aux mensurations MVPesques. Tout le monde se met au diapason et applique les consignes. Ça ne paye pas de mine, mais ça fait un chantier monstre presque partout où les gars vont jouer. Bam Adebayo, en plus d’être la troisième option offensive, commence à squatter les classements hebdomadaires dans la course au trophée de meilleur défenseur de l’année. C’est bien simple, driver et croiser Bam, ça vous file vite l’envie de retourner d’où vous venez. Il y a quelques gros contres mais surtout un nettoyage d’arceau défensif comme offensif. Et rien de pire pour mettre une savate au mental de l’adversaire que de récupérer un ballon sur sa truffe en attaque et donner une seconde chance aux copains.

Vous l’aurez donc compris, tout ce qui se trame à Miami est très sérieux. Les victoires s’enchaînent et tout le monde continue à tenir solidement son rôle, Tyler Herro en tête. Car en sortie de banc, Ty’ est juste infernal. Drive, shoot à peu près partout… rien n’est impossible pour le super Herro qui domine de la tête et des épaules les power rankings pour le titre de meilleure sixième homme de l’année. Il sera d’ailleurs récompensé en début de Playoffs, et les votants n’ont pas du trop réfléchir à l’heure de glisser le bulletin dans l’urne. 20,7 points, 5 rebonds, 4,5 passes de moyenne, ça vous en fait souffrir des défenseurs les soirs de match. Et les recrues dans tout ça ? Tout le monde se porte plutôt bien. L’apport d’expérience de Kyle Lowry est doublé par ses statistiques tout à fait honnêtes, puisque ça tourne en détente à 13,4 points et 7,5 passes. Puis, surprise, la hargne de P.J. Tucker est bien valorisée quand les siens passent un sale quart d’heure. En même temps, un gars qui vous crie dans les oreilles sans s’arrêter, ça vous force bien à vous mettre dedans hein. Victor Oladipo fait même son retour début mars, dites donc c’est pas la chance qui sourit là ? Et bien il faut croire que non car le ciel va vite tourner à l’ouragan en Floride. Après une frustrante défaite contre Philadelphie à la fin du mois de mars, c’est Golden State qui se pointe à la FTX Arena sans Stephen Curry ni Draymond Green. Une formalité pour le Heat ? Pas du tout, et très loin de là. Au delà de la soirée cauchemar, c’est une très grosse embrouille qui éclate entre Butler, Haslem et Spoelstra lors d’un temps mort. Des menaces sont proférées, ça rigole pas du tout, et à ce moment là on est tous genre « wow, c’est quoi ce bordel » devant nos écrans. D’une équipe sereine on en découvre la face obscure. Et si toute cette belle saison allait finalement être gâchée par des embrouilles joueurs – coachs – joueurs ? Ça la foutrait très, très mal quand même. Les gars perdent même à New-York et Atlanta dans la foulée…

… Mais heureusement, un succès de roi à Boston va permettre de lisser un peu les choses et sans doute aux uns de s’expliquer avec les autres. 53 victoires, 29 défaites, c’est donc le bilan du Heat à la fin officielle du marathon des 82 matchs. C’est au dessus de notre prédiction et le résultat d’un travail très rigoureux des deux côtés du terrain. À la clé, la première place de l’Est et l’avantage du terrain garanti jusqu’en finales de Conf’. Au premier tour, les Hawks ex-finalistes de Conf’ tiens, coïncidence. Série expédiée en cinq matchs, les Zozios ont étés mangés à l’apéritif par une défense de darons qui n’a laissé que des miettes de basket à un Trae Young complètement verrouillé du début à la fin des hostilités. Jimmy impose son jeu, quand il se lève à mi-distance vous pouvez même poser votre maison sur le fait que ça finira au fond…. Une manche est laissée à Atlanta, on fait ça avec respect en Floride s’il vous plaît. Il y a quand même un gros point d’ombre dans cette sale déculottée : Kyle Lowry est en galère, se plaint du tendon et manque les derniers matchs de la série. C’est aussi le cas de la demi-finale contre les Sixers puisque les trois premières parties sont disputées sans lui. En face, c’est Joel Embiid qui manque à l’appel, un gros coup dur pour Philly qui facilitera cyniquement bien la tâche à Miami. Ça fera au final 4-2 dans une série qui a tout de même failli basculer après deux défaites encaissées en Pennsylvanie. Revenu à partir du Game 3 mais trop limité par sa fracture à l’orbite gauche, Jojo n’aura pas l’impact nécessaire pour gêner le Heat, là où Jimmy Butler reste lui impeccable de propreté dans le jeu. Bam Adebayo l’a échappé belle, car un Joel en forme aurait bien foutu le bordel dans la raquette de South Beach.

Le voilà, le retour en finale de l’Est ! Deux ans après, il n’y a plus qu’une marche à gravir avant de retrouver les Finales NBA. Sur le papier, c’est comme cela que les choses se présentent. En réalité, l’adversaire est un sacré gros morceau. Les Celtics, qui viennent de gifler Brooklyn 4-0 et de battre les Bucks 4-3 en effaçant deux balles de match des Daims, ont la dalle. C’est l’heure du remake de 2020, qui avait vu le Heat s’imposer autoritairement 4-2 chez Mickey. On s’attend à un duel de défenses, car c’est de ce côté du terrain que les deux équipes ont montré qu’elles pouvaient viser le toit de la ligue. La première rencontre est dominée par le Heat en son royaume, les points sont mis sur les i. Oui mais voilà, les C’s ont du cœur, beaucoup de cœur. 1-1 avant de partir en Nouvelle-Angleterre, puis reprise de l’avantage par Miami. Oh, ça blague zéro là, on va se régaler pendant sept matchs ? Comme attendu, les deux défenses se répondent coup pour coup, même si l’on sent qu’un mauvais match de Butler peut vite mettre son équipe dans la panade, d’autant plus que Tyler Herro passera trois matchs sur le banc à compter du Game 3, remporté par les siens. La suite ? Boston n’a pas perdu deux matchs d’affilée en Playoffs jusqu’ici, et le théorème se vérifie une fois de plus. 2-2, puis 3-2 Celtics au terme d’un sale match des locaux à South Beach. Kyle Lowry est affreux, même adjectif pour Max Strus. Dos au mur et dans un TD Garden de feu, le Heat n’a plus le choix : ça gagne ou on s’casse. Les médias parlent tous de la performance historique de LeBron James dix ans plus tôt, qui avait envoyé Boston dans les cordes après un match légendaire. Tout le monde se demande si Butler a les épaules, qu’il peut assumer d’être le patron dans un contexte aussi dramatique que celui-ci. Résultat ? 47 points, 9 rebonds, 8 passes : match all time du leader de Miami, la planète basket explose en direct sur les réseaux sociaux. On aura le droit à une ultime rencontre, qui décidera du finaliste de l’Est ! Et dans une FTX Arena chauffée à blanc, les Celtics ne trembleront pas. Jim’ sera une nouvelle fois énorme, mais pas assez pour renverser une équipe de Boston en mission. La saison s’arrête ici pour le Heat, qui n’aura pas à rougir de sa performance puisqu’ils sont passés à un cheveu de s’offrir une nouvelle lutte pour le titre.

# L’image de la saison 

Jimmy ButlerQue serait-il arrivé si Jimmy Butler avait rentré ce shoot ? On est à 98-96 Boston avec 17 secondes restantes à jouer. Pull up à 3-points, ce tir peut changer toute la série. Il est malheureusement trop court, et le Heat ne s’en remettra pas. Jimmy aura énormément donné tout au long de cette saison, mais c’est ce tir qui mettra fin à l’épopée de Miami. Attention, pas question de lui affubler quelconque costume d’accusé, puisque si les siens ont fait tout ce chemin jusqu’ici, c’est en grande partie grâce à lui.

# Il a cartonné : Jimmy Butler 

Merci Jimmy Butler pour cette saison et ces Playoffs de grand, très grand joueur de basket. 21,6 points en régulière, convertis en 27,4 avec l’arrivée du printemps. JB a parfaitement assumé le rôle de patron, et montré que même avec un groupe pas toujours complètement au rendez-vous lors de certaines des rencontres, il était une valeur sûre sur laquelle on pouvait miser beaucoup. En défense, on a également – une nouvelle fois – observé une claire domination. Dans la lignée du style parfois austère mais diablement efficace des siens, il a su se mettre au diapason des deux côtés du terrain sans compter. L’apogée de la saison ? Bien sûr ce Game 6 à Boston. Les 35 points du Game 7 ne suffiront pas mais la performance est encore une fois exceptionnelle, alors on ne peut que saluer, et remercier à nouveau.

# La déception : Les Playoffs de Kyle Lowry

On ne va pas coller un procès à Kyle Lowry ici, mais il faut quand même remonter les bretelles du meneur du Heat. Venu en Floride pour justement aider Miami a passer un cap en Playoffs et relayer Jimmy Butler dans les moments chauds, l’ex-Dino n’a pas du tout tenu son rôle. La série contre Boston marquera l’apogée de ces observations, puisqu’il ne rentrera pas le moindre tir pendant plus d’un match et demi… pas franchement ce que l’on attend d’un gars de 36 ans avec l’expérience d’un titre NBA. Pire, ses passages à l’infirmerie ont également semblé le mettre hors de forme. On ne parle pas ici d’une quelconque mauvaise gestion des médecins, mais peut-être d’une trop grande affection de Kyle pour la bouffe. En effet, de retour avec des kilos en trop, il a plombé le jeu de son équipe à l’instant même où l’absence de Tyler Herro aurait du lui demander de monter en température pour justifier sa présence dans l’effectif. C’est raté, et attention à l’été qui pourrait s’avérer tumultueux pour lui.

# Et la suite ? 

Prendre des VACANCES ! La saison reste, malgré l’énorme frustration du Game 7 contre Boston, très positive. Pour les joueurs, direction Cancún, Saint-Tropez, Honolulu et même Pornic si ça leur chante. Après près de huit mois non-stop de basket, les esprits ont besoin d’évacuer pour revenir au top dans quelques semaines. Attention aux menus pour Kyle Lowry, qui doit malgré tout penser encore à Miami. Pourquoi ? Et bien car Pat Riley a mis les choses au clair : soit il y a remise en forme, soit ça risque de tourner au vinaigre… et ce n’est pas bon, l’excès de vinaigre. Il faudra aussi gérer dès maintenant les rôles dans l’effectif. Tyler Herro veut devenir titulaire ? Il faudra qu’il prouve qu’il a les baloches pour. La free agency s’annonce intéressante, d’autant plus quand un type comme Bradley Beal est libre et pourrait peut-être ramener ses talents à Sud Plage. Bref, la saison n’est pas finie dans les bureaux, mais tout le monde aura bientôt droit à une pause, alors on ne lâche rien !

On attendait Miami à ce niveau de compétition, mais pas spécialement à ce niveau sportif. La saison du Heat a été impressionnante de maîtrise, et c’est d’autant plus dur d’accepter qu’elle ait pu se finir pour un shoot raté. L’objectif ? Construire sur cette frustration, créer quelque chose de positif autour de tout ça et revenir plus fort en octobre ! 

Source : ESPN

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