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Chicago Bulls, le bilan 2021-22 : un départ canon, un objectif atteint, mais un sentiment d’inachevé

DeRozan Bulls 3 décembre 2021

L’histoire avait si bien commencé…

Source image : NBA League Pass

Après des années de vaches maigres, les Taureaux de Chicago abordaient la saison 2021-22 avec les cornes bien pointues. Le gros recrutement de l’intersaison avait effectivement fait naître de belles ambitions du côté de la Windy City. L’objectif ? Il était simple : redevenir une équipe qui compte dans la Conférence Est en retrouvant les Playoffs pour la première fois depuis 2016. Pour ceux qui auraient vécu dans une grotte d’octobre à avril, retour sur le déroulement de cette campagne charnière dans un bilan maison. Un conseil, prévoyez des pansements. 

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Ahhh les pronos du début de saison. C’est toujours drôle d’y jeter un œil une fois que la réalité du terrain a parlé. Dans le cas des Bulls, on était un peu partagés en octobre dernier. Certes, avec les arrivées de DeMar DeRozan, Lonzo Ball et Alex Caruso aux côtés de Zach LaVine et Nikola Vucevic, y’avait de quoi être un minimum hypés par cette nouvelle version des Bulls. Cependant on se posait plusieurs questions existentielles : le talent offensif est là mais les Bulls arriveront-ils à trouver un vrai équilibre en attaque ? Est-ce que la défense peut être suffisamment compétente pour faire de Chicago une équipe solide ? Billy Donovan est-il vraiment l’homme de la situation pour gérer tout ça ? Au final, entre recrutement XXL et doutes légitimes, on avait misé sur une campagne tournant autour des 41-44 victoires.

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Quand on regarde les résultats des Bulls cette année, et bah on se rend compte qu’on n’était pas très loin de la vérité. 46 victoires – 36 défaites en saison régulière pour Chicago, c’est légèrement mieux que ce qu’on avait annoncé mais pas non plus de beaucoup. Et pourtant, qu’est-ce qu’on avait l’air ridicules en début de saison. 12 victoires en 17 matchs pour commencer, bilan de 17-8 après un tiers de régulière, première place à l’Est au moment de passer en 2022… autant dire que les fans des Bulls nous rigolaient bien au nez. Et à juste titre ! Pendant que DeMar DeRozan jouait tout simplement à un niveau de MVP (on y reviendra un peu plus tard), Zach LaVine découvrait la joie d’évoluer avec de vrais basketteurs. Lonzo Ball et Alex Caruso foutaient eux un boxon pas possible à travers leurs qualités de perturbateurs, portant ainsi la défense de Chicago à un niveau beaucoup plus solide que prévu. Et que dire de l’enfant du pays Ayo Dosunmu, qui s’est vite transformé en steal de la Draft 2021. Bref, le spectacle était revenu au United Center pour le plus grand bonheur d’un Stacey King en roue libre.

Mais malheureusement, les blessures ont commencé à s’enchaîner sérieusement. Si les Bulls ont retrouvé Coby White mi-novembre après son opération à l’épaule durant l’intersaison, ils ont perdu beaucoup de monde pendant la régulière. Le sophomore Pat Williams d’abord, absent de fin octobre à fin mars pour une blessure au poignet, et puis surtout Lonzo Ball et Alex Caruso. Le premier a rejoint l’infirmerie pour une déchirure du ménisque et n’en est toujours pas sorti, tandis que le second a accumulé différents bobos (ischio, pied et surtout poignet) à tel point qu’il a manqué une trentaine de matchs entre janvier et mars 2022. Vous ajoutez à ça un Zach LaVine qui a le genou qui commence à grincer, les absences des précieux Derrick Jones Jr. (31 matchs ratés) et Javonte Green (17 matchs ratés), ainsi qu’un climat COVID qui n’a évidemment rien arrangé, et on obtient une équipe de Chicago qui est brutalement tombée de son nuage notamment sur le plan défensif. La chute a été particulièrement vertigineuse à partir de fin février : alors qu’ils possédaient un bilan séduisant de 39 victoires – 21 défaites, les Bulls ont laisser filer 15 de leurs 22 derniers matchs avec dans le lot de véritables branlées encaissées face aux poids lourds de la Ligue. Stat qui fait très mal : Chicago a perdu… 20 de ses 23 rencontres face à des équipes du Top 8 dans les deux conférences. Ça pique fort.

Résultat, Chicago a dû se contenter de la sixième place à l’Est. Beaucoup de fans des Taureaux auraient probablement signé en début de saison car ça correspond à une qualification directe pour les Playoffs, mais difficile de ne pas tirer la tronche vu le déroulé des événements. Avec une dynamique aussi pourrie, les problèmes de blessure, l’entrée de LaVine dans le protocole COVID et la présence d’un Giannis en mission en face, les Bulls ont logiquement pris cher face aux Bucks au premier tour, s’inclinant 4-1 avec notamment deux blowouts à la maison.

LA SAISON DES BULLS EN QUELQUES ARTICLES

L’IMAGE DE LA SAISON

Alex Caruso 23 janvier 2022

Y’a-t-il une image plus symbolique que celle-ci pour résumer la saison des Bulls ? Pas sûr. Lors d’une rencontre entre Chicago et Milwaukee le 21 janvier 2022, Alex Caruso est percuté en l’air par Grayson Allen et se pète le poignet suite à une chute assez hardcore. Cette image, c’est l’image d’une équipe de Chicago fauchée en plein vol à cause en grande partie des blessures et finalement éliminée par les Bucks en Playoffs, dans une série où… Allen a sorti le sniper pour crucifier les Taureaux sous les sifflets du public du United Center.

IL A CARTONNÉ : DEMAR DEROZAN

Qui d’autre ? Si les Bulls sont montés haut avant de chuter lourdement, DeMar DeRozan a lui su rester régulier dans l’excellence, réalisant sans doute sa meilleure saison NBA en carrière (27,9 points, 5,2 rebonds, 4,9 passes, 50,4% au tir, 35,2% à 3-points, 87,7% aux lancers-francs) et fermant ainsi la bouche à tous ceux qui critiquaient les Bulls pour lui avoir offert un contrat de plus de 80 millions de dollars sur trois ans lors de l’intersaison 2021. Cette année, DMDR a tout simplement mis des étoiles dans les yeux des fans de Chicago, enchaînant les cartons offensifs en mode MJ ou Wilt avec une efficacité diabolique à mi-distance, tout en proposant des moments absolument exceptionnels dans le money time. Personne n’a oublié son passage de folie à la nouvelle année, marquant un premier buzzer à Indiana le 31 décembre avant de crucifier Washington le 1er janvier. Un enchaînement tout simplement all-time qui restera sans doute comme le plus grand moment de sa très belle campagne, récompensée d’ailleurs par une place de titulaire au All-Star Game (Zach LaVine l’a accompagné en tant que remplaçant). Et en Playoffs, où il a souvent connu des trous d’air par le passé, il s’est retrouvé un peu isolé contre la redoutable défense de Milwaukee mais cela ne l’a pas empêché de sortir une masterclass dans la victoire du Game 2 (41 points) après un premier match affreux au tir. Non franchement, même si la saison de ses Bulls s’est mal terminée, DeMar a clairement rappelé à tout le monde qu’il restait l’un des joueurs offensifs les plus skilled du circuit.

ON L’ATTENDAIT ET ON L’ATTEND TOUJOURS : NIKOLA VUCEVIC

Arrivé à la trade deadline 2021 en provenance d’Orlando, Nikola Vucevic avait pour mission de devenir le premier lieutenant de Zach LaVine à Chicago. Mais cette année, avec le recrutement XXL réalisé par le boss Arturas Karnisovas, le copain d’Evan Fournier a mis du temps pour entrer dans sa saison. Alors que les Taureaux étaient partis sur les chapeaux de roues, Niko galérait pas mal individuellement : manque de rythme offensif lié probablement à une baisse des tickets shoots, maladresse au tir quand les opportunités se présentaient, un peu de mal pour trouver sa place dans cette nouvelle version des Bulls, adaptation pas facile… autant dire que le pivot monténégrin n’était pas vraiment à la fête contrairement à ses potos qui s’éclataient pas mal. Au fur et à mesure de la saison, le rôle de Vucevic a certes pris plus de place avec notamment les bobos des uns et des autres, Nikola étant le seul joueur de l’effectif avec DMDR à dépasser la barre des 70 matchs cette année. Mais malgré des stats honorables au final (17,6 points, 11 rebonds, 1 contre, 1 interception à 47,3% au tir), malgré la bonne volonté du bonhomme pour sacrifier des munitions offensives, on ne peut pas s’empêcher de rester sur notre faim concernant l’expérience Vooch en troisième larron derrière DeRozan et LaVine. Entre irrégularité offensive et perméabilité défensive, Vucevic devra faire mieux l’année prochaine.

LA SUITE

Outre les habituelles questions et principaux objectifs accompagnant une intersaison (compléter au mieux les besoins du roster, ajustements…), le gros dossier à suivre chez les Bulls concerne la prolongation de contrat de Zach LaVine. Alors qu’il doit passer sur le billard pour soigner son genou, le dunkeur fou est agent libre non restrictif cet été, ce qui signifie qu’il peut théoriquement quitter Chicago sans la moindre contrepartie pour les Bulls. C’est un scénario qu’on a cependant du mal à envisager et ce pour plusieurs raisons. Malgré cette fin de saison en queue de poisson, les Taureaux ont fait ce qu’il fallait pour mieux l’entourer et lui permettre de goûter enfin aux Playoffs. De plus, les dirigeants de Chi-Town semblent prêts à lui offrir le pactole qu’il recherche malgré ses récents bobos, LaVine pouvant décrocher jusqu’à 212 millions de dollars sur cinq ans (« seulement » 157 sur quatre avec une autre franchise) à travers son prochain contrat. Enfin, la relation entre la franchise et le joueur semble plutôt bonne après les progrès réalisés cette année sur le plan collectif. Alors oui, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer à la Free Agency et Zach a indiqué qu’il allait sur le marché avec « l’esprit ouvert », mais on le voit mal quitter la franchise dans laquelle il est devenu un All-Star. En plus de LaVine, on surveillera également la situation concernant Nikola Vucevic, en fin de contrat en 2023 et éligible à une extension cet été.

Les Bulls ont fait un vrai pas en avant cette saison, mais c’est un sentiment d’inachevé qui règne aujourd’hui. Car au vu du début de saison exceptionnel des Taureaux, on pouvait rêver à un joli parcours en Playoffs du côté de Chicago. Peut-être que ce n’est que partie remise, surtout si les Bulls parviennent à retrouver la dynamique d’il y a quelques mois. Mais pour ça, il faudra évidemment que Zach LaVine prolonge dans un premier temps. Il faudra aussi que Lonzo Ball ne soit pas trop gêné par son genou à l’avenir, que Nikola Vucevic soit mieux intégré dans le collectif, et que les jeunots du groupe (Pat Williams, Ayo Dosunmu, Coby White) progressent bien. On a envie d’y croire !

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