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La chronique de Dirk – Ultime épisode : c’est la fin de la romance et le début d’une pesante absence, Dirk Nowitzki tire sa révérence

Dirk Nowitzki

Dirk Nowitzki, un joueur incroyable, un homme extraordinaire, plein de simplicité, a pris à quarante-et-un ans une retraite bien méritée. Retour en détails sur sa dernière saison, et ses derniers moments en NBA.

Source image : YouTube/NBA

Avoir des quadras performants dans la Ligue, c’est rare. C’est l’heure d’apprécier les derniers moments de ces gloires du jeu, qui ont ravi les fans sur plusieurs décennies. Dirk Nowitzki fait partie de ceux-là. Il vient de terminer sa 21ème saison NBA, qui s’avère être l’ultime baroud du géant. Le meilleur joueur européen de l’histoire qui vit sa dernière danse ? TrashTalk ne pouvait pas rater ça, et vous a permis de suivre l’année de Tall Baller from the G grâce à une rubrique bimensuelle. Allez, le chant du cygne a été entonné, c’est désormais l’heure du bilan de la dernière saison du légendaire Allemand.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

  • 31 mars @ Oklahoma City Thunder (victoire 106 à 103) : 27 minutes de jeu, 7 points (à 2/10 aux tirs, dont 1/5 du parking, 2/3 aux lancers-francs), 13 rebonds, 1 block, 2 fautes
  • 2 avril vs Philadelphia 76ers (victoire 122 à 102) : 17 minutes de jeu, 7 points (à 3/10 aux tirs, dont 1/3 du parking), 5 rebonds, 1 faute
  • 4 avril vs Minnesota Timberwolves (défaite 110 à 108) : 22 minutes de jeu, 9 points (à 4/12 aux tirs, dont 1/8 du parking), 4 rebonds, 2 assists, 1 balle perdue
  • 6 avril vs Memphis Grizzlies (défaite 122 à 112) : 25 minutes de jeu, 12 points (à 5/12 aux tirs, dont 2/5 du parking), 7 rebonds, 1 assist, 3 fautes
  • 8 avril @ Memphis Grizzlies (victoire 129 à 127) : 12 minutes de jeu, 2 points (à 1/5 aux tirs, dont 0/2 du parking), 5 rebonds, 1 assist, 1 block
  • 10 avril vs Phoenix Suns (victoire 120 à 109) : 33 minutes de jeu, 30 points (à 11/31 aux tirs, dont 5/14 du parking, 3/3 aux lancers-francs), 8 rebonds, 3 assists, 1 block, 3 fautes, 2 balles perdues
  • 11 avril @ San Antonio Spurs (défaite 105 à 94) : 32 minutes de jeu, 20 points (à 8/21 aux tirs, dont 2/6 du parking, 2/2 aux lancers-francs), 10 rebonds, 1 assist, 1 steal, 2 fautes

Statistiques sur la saison : 51 rencontres disputées (20 fois titulaire), 15,6 minutes de jeu, 7,3 points (à 35,9% au tir dont 31,2% du parking, 78% aux lancers-francs), 3,1 rebonds, 0,7 assist, 0,2 interception, 0,4 block, 1,5 faute, 0,4 balle perdue.

Avant de passer à la découpe des oignons en bonne et due forme, attardons-nous sur les performances de Dirk Nowitzki sur ses sept derniers matchs de cette saison (donc de sa carrière). Jusqu’à la fin, Papy Schultz est resté sérieux, dans son rôle, en prenant un poil plus de shoots que lors de ses premiers matchs en décembre 2018. Enfin, jusqu’à la fin… Il fallait bien un petit moment labellisé jubilé pour une telle légende. Et cette période n’a duré que deux jours, en comparaison avec Dwyane Wade qui a choisi, lui, de faire une année tour d’honneur, tout en restant sérieux et très performant sur les parquets.

Ainsi, en ce qui concerne les cinq premiers matchs de la quinzaine, rien de particulier à signaler. Une bonne sortie face à Memphis, avec une adresse correcte (assez rare cette saison pour le signaler), et un bon 12-7 en vingt-cinq minutes de jeu. Des chiffres corrects, qui correspondent avec le niveau de Tall Baller from the G cette année, lorsqu’il est dans un bon match. On aurait presque pu penser qu’il s’agissait de son plafond pour cet exercice 2018-19.

Que nenni. Enfin, oh nein. Après s’être fait discret tout au long de l’année malgré les multiples ovations jonchant son parcours dans toute la Ligue, la lumière des projecteurs se braque sur Dirty pour son dernier match à domicile, le 10 avril contre Phoenix (paye ton adversaire de gala). Sans parler du côté émotionnel (pénurie de mouchoirs dans le monde du basket oblige), on peut dire que le BGG a été au rendez-vous. 30 points. Pour son dernier match à domicile. Tout comme son alter ego Floridien Flash. Symbolique. Alors oui, le Wunderkind a pris 31 shoots, est à peine à 35% au global comme du parking. Est-ce que ça importe ? Non, pas vraiment. Certains en ont pris bien plus pour leur dernière sortie (coucou Kobe). Surtout, pépère Dirk, des rencontres où il prend 31 tirs ou plus dans sa carrière, il y en a peu : six.

  • 4 novembre 2010 @ Denver Nuggets : 15/31 aux tirs, 35 points, victoire 102 à 101
  • 13 décembre 2009 vs Charlotte Hornets : 14/34 aux tirs, 36 points, victoire 98 à 97 après prolongation
  • 8 février 2008 vs Chicago Bulls : 16/34 aux tirs, 44 points, victoire 115 à 114 après prolongation
  • 15 février 2007 @ Phoenix Suns : 12/31 aux tirs, 36 points, défaite 109 à 97
  • 3 décembre 2004 vs Houston Rockets : 15/32 aux tirs, career high : 53 points, victoire 113 à 106 après prolongation
  • 11 mars 2003 vs Minnesota Timberwolves : 15/33 aux tirs, 37 points, défaite 92 à 83

Boum. 40 points de moyenne lorsqu’il prend 31 tirs ou plus, le tout sans trop forcer (sur ces six rencontres). Ouaip, le pourcentage le plus dégueu étant le 12/31 face à Phoenix, cela donne 38,7%, donc pas non plus immonde. 45% de moyenne sur ces six matchs, Dirk Nowitzki est loin d’arroser, même lorsqu’il prend beaucoup de tickets shoots. Tout cela pour dire qu’il aurait pu prendre 60 tejés face à Phoenix ce 10 avril 2019, personne ne lui en aurait voulu, tant les stats au-dessus démontrent à quel point Dirkules a été un franchise player et un leader altruiste, qui ne force pas grand-chose.

Bref, le natif de Wurtzbourg a planté 30 puntos en un match, du jamais vu depuis le 20 mars 2016. Et comme si ça ne suffisait pas, le lendemain, il a réitéré une performance de haut vol, qu’il n’avait pas réalisée depuis longtemps. Tout simplement, face aux Spurs, Dirk Diggler a terminé sa rencontre avec 20 pions et 10 prises. Un 20-10 pour Dirk Nowitzki, ce n’était pas arrivé depuis le 12 mars 2017. Avec des statistiques pareilles, on croirait retrouver l’Allemand avec ses jambes de 25 ans, prêt à repartir au combat dès la saison prochaine. Mais vous l’avez bien compris, le glas a sonné, le cygne a chanté, la carrière du Wunderkind est désormais terminée.

# DIRK NOWITZKI TIRE SA RÉVÉRENCE AVEC ÉLÉGANCE ET NON SANS QUELQUES FULGURANCES. MALGRÉ QUELQUES DÉFAILLANCES LACRYMALES, LA SORTIE DE LA LÉGENDE A ÉTÉ IDÉALE

Pfiouuuu… Par où commencer ? Certains diront qu’il était plus que temps que cela s’arrête. D’autres l’auraient aimé immortel, à rempiler chaque été comme un certain Vince Carter. Le suspense a été de mise tout au long de la saison, Dirk Nowitzki laissant planer le doute sur une possible 22ème saison dans la Grande Ligue, au sein de ses Dallas Mavericks. Cela a semblé mal engagé pendant longtemps, par son début de saison tardif, et au vu de la difficile et longue mise en route de la Grosse Bertha version basket. Cependant, la machine a fini par démarrer. Trouvant un certain rythme de croisière en sortie de All-Star Game, certains pouvaient même commencer à rêver, au vu des déclarations du Bon Gros Géant. C’était clair : si son corps réagit positivement, tout est possible. Alors on y a cru. Dirkules qui rempile, venant à la salle en déambulateur, qui, une fois sur le parquet, retrouve des cannes d’on ne sait où, et performe encore. Mark Cuban pensait qu’il s’agissait du dernier chapitre, et a préparé un énorme dispositif pour le dernier match à domicile de l’Allemand : grosses têtes de l’ailier-fort sur tous les sièges, tee-shirts 41.21.1 pour tout le monde, vidéos hommages, etc. Mais tout cela, le magnat, proprio et président des Mavs s’annonçait prêt à le faire de nouveau si son joueur légendaire voulait prolonger. Ceci dit, au vu de l’émotion du « plus grand athlète de l’histoire de Dallas » selon son coach, ça commençait à sentir le sapin.

Jusqu’au dernier moment, il y a eu de l’espoir. Surtout lorsqu’on le voit dunker encore, à pas loin de 41 ans !

Fin de rencontre face à de valeureux Suns emmenés par un Jamal Crawford tombé dans la fontaine de Jouvence. Le BGG a un dernier ballon à dix secondes de la fin. Doublé par Josh Jackson, il ne prend pas le tir. Il se retrouve à nouveau avec la gonfle à 1,5 seconde de la fin du chrono, mais ne shoote pas. Exemplaire comme toujours, le buzzer retentit, et la cérémonie commence. Après une vidéo où Dirk Nowitzki parle de ses idoles, décrit ses inspirations dans le monde de la balle orange, Rick Carlisle prend la parole. Petite vanne sympa : « Je pense qu’il a pris 41 tirs ce soir », puis il enchaîne et présente les cinq invités du soir, tapis dans le noir. De qui s’agit-il ? Juste de Charles Barkley, Scottie Pippen, Larry Bird, Shawn Kemp et Detlef Schrempf. JUSTE HEIN. Tous présents dans la vidéo citée ci-dessus, ils sont sur le parquet, pour le numéro 41. Émotion intense, chacun y va de sa petite anecdote, ou de sa phrase bien sentie :

  • « Il est le mec le plus gentil du monde. » Charles Barkley
  • « Tu es une inspiration pour moi depuis 21 ans. » Scottie Pippen
  • « Tu laisses le jeu dans un meilleur état qu’il était lorsque tu es arrivé. » Larry Bird
  • « Je ne suis jamais arrivé à contrer son fade-away. » Shawn Kemp
  • « Merci pour le basket européen oui, mais aussi pour le basket en général. » Detlef Schrempf

Tout semblait propice à ce que Dirty annonce sa retraite à ce moment-là. Sauf un élément. À la fin du petit speech de Larry Legend, il lâche un petit « pourquoi pas une année de plus ». Le public de l’American Airlines Center saute sur l’occasion, et scande de vigoureux « One more year, one more year« . Bird, sur un ton malicieux, répond aux fans le plus naturellement du monde : « Vous êtes trop gentils, pourquoi pas deux ? » La salle explose forcément, puisque cela entretenait encore un infime espoir d’une non-annonce de retraite. Malgré tout, quelques minutes après, le couperet est tombé. L’annonce est officielle, même si les mots ont du mal à sortir.

On y est. Toujours avec un trait d’humour, des sentiments partagés, et une émotion qui le submerge, Dirk Nowitzki a confirmé la fin d’une aventure de vingt-et-un ans. Tout le monde est forcément abasourdi, sous le coup de l’annonce. Mark Cuban prend la parole, et promet forcément un job à vie à son joueur fétiche, ainsi que de retirer son maillot, sans oublier la statue qui sera construite à son effigie devant l’enceinte des Mavericks. Les remerciements se succèdent, et l’Allemand reprend le micro pour une ultime phrase avant de sortir de la salle à la Dirk, en prenant le temps de saluer ses fans, souriant malgré les pleurs qui jonchent les contours de ses yeux.

« Je ne partirai jamais. J’ai quitté l’Allemagne il y a vingt ans, je suis désormais un Texan à vie. »

41 litres de larmes pour tout le monde. Rick Carlisle, qui entraîne le Wunderkind depuis 2006, a du mal à réaliser, mais se confie en conférence de presse juste après ces instants bouleversants.

« Cela ne sera plus jamais pareil sans lui. Plus jamais. […] Si les gens savaient ce qu’il a mis pour pouvoir jouer sur le terrain cette année, ils ne le croiraient pas. Je l’ai entendu grogner, crier, mais il y est parvenu. […] Vous ne reverrez plus jamais ça (21 saisons dans la même franchise), j’en suis quasiment sûr. Le monde change, le jeu change. La manière de faire change, c’est intéressant, mais c’est différent. […] Je n’ai pas encore réalisé. Mais lorsque j’aurais réalisé, je serais en larmes, comme tout le monde. »

Même la ville de Dallas toute entière salue la fin de carrière de leur ailier-fort emblématique.

La boucle est bouclée, clap de fin. Et bah non. Il restait encore un match dans la carrière de Dirk Nowitzki. Et quel meilleur affrontement que le rival local, contre qui il a mené tant de batailles… Le lendemain soir, Dallas se rend chez les Spurs, qui ne vont pas passer à côté de l’événement du soir. « Thank You Dirk » affiché de partout dans l’AT&T Center, un slogan scandé par le public de San Antonio à plusieurs reprises. Voir le public des Éperons entonner des chants de MVP en direction du Tall Baller from the G, l’ennemi héréditaire, lorsqu’il est sur la ligne des lancers, c’est mythique. Mythique, tout comme la vidéo hommage réalisée par la franchise, diffusée lors de l’entrée des joueurs. Retour des oignons et de la poussière dans l’œil, le Géant dont le cœur est aussi grand que sa taille craque devant tant d’amour et de respect.

Les pleurs laissent rapidement place au jeu, et à la joie. Dirkules est chaud, et à le sourire aux lèvres lorsqu’il s’apprête à shooter. Des images magnifiques, saluées par un public des Spurs en totale communion Texane. Le match se déroule, San Antonio va logiquement l’emporter, mais le résultat devient presque secondaire dans les derniers instants. L’assemblée veut Dirk Diggler, et assister à ses derniers rainbow shots. Il ne reste qu’une minute, l’Allemand a le ballon en tête de raquette, un spot qu’il connaît si bien.

Entouré par Lonnie Walker et Drew Eubanks, difficile de prendre un tir. Gregg Popovich, dans toute sa classe, ordonne à ses joueurs de s’écarter. Walker s’exécute tant bien que mal, Eubanks un peu moins. Qu’importe. De dos, le Wunderkind se retourne lentement mais sûrement, bascule légèrement en arrière, arme et artille… Dedans. Pop applaudit à l’image de toute la salle, et Dirk Nowitzki sort ovationné par les spectateurs et téléspectateurs du monde entier. C’est définitivement terminé, mélange d’émotions dans le cœur et dans la tête de tout fan de basket. Bonheur, tout se finit parfaitement bien. Tristesse, c’était la dernière fois. Nostalgie, lorsque l’on regarde le chemin parcouru. Chanceux, d’avoir vécu des moments si parfaits autour de celui qu’on peut considérer comme le meilleur Européen ayant foulé les parquets NBA. Ce dernier semble d’ailleurs apaisé en interview d’après-match.

« Ça fait du bien. Je me suis senti bien. Je n’ai pas pu shooter comme je voulais. J’ai eu quelques bons shoots ouverts en première mi temps. Émotionnellement et physiquement c’était éreintant. San Antonio a toujours été une ville que j’aime. […] Si je ne finis pas à la maison, c’est bien de finir ici. San Antonio a toujours été notre grand frère, j’ai un immense respect pour Gregg Popovich, R.C. Buford… Ils ont été bons tout au long de ma carrière, ils représentent tant de choses. […] La vidéo m’a donné beaucoup d’émotions, j’étais très ému avant le match. Je souhaite remercier l’organisation des Spurs de m’avoir poussé toute ma carrière, et d’avoir fait de moi un meilleur joueur. »

Voilà, c’est fini (merci Jean-Louis). On connaît le dicton, plein d’éthique de travail, « never leave the gym on a miss ». Dirk Diggler l’a parfaitement appliqué, pour boucler une saison compliquée, mais remplie d’émotions, d’événements incroyables. Allez, en vrac, petit florilège. Présence au All-Star Game pendant les trois jours : coach de l’équipe World au Rising Stars Challenge, participation au Three Point Contest, puis entrée en jeu au match des étoiles. Quatre minutes, trois sur trois du parking, passage parfait. Rapprochement auprès de Dwyane Wade, coriace rival pendant de très longues années. Une amitié partagée, du respect entre deux superstars, qui se marrent comme des enfants, et finissent leur carrière en même temps. Une victoire de 35 points chez les champions en titre. Le dépassement de Wilt Chamberlain au scoring, un podium all-time au nombre de rencontres disputées. Une relation naissante, une connexion européenne avec le nouveau crack slovène, Luka Doncic. Tant de congratulations dans toutes les salles NBA : Boston, Los Angeles et l’hommage de Doc Clippers, San Antonio et le symbole Popovich sur la dernière action en carrière du Wunderkind… On pourrait en citer d’innombrables, tant les souvenirs de Dirk Nowitzki tout au long de sa carrière reviennent dans les mémoires. Chacun a le sien, qu’on soit fan, joueur, coach, Dirkules nous a tous marqué, à sa manière.

Le MVP 2006, MVP des Finales et champion NBA en 2011 raccroche donc les sneakers, en ayant marqué plusieurs générations, par ses performances sur le terrain bien sûr, mais aussi par ses qualités en tant que compétiteur, en tant qu’homme tout simplement. Puis, une chose est sûre, le tout jeune retraité a affolé les statistiques depuis 1998.

DIRK AU RÉVÉLATEUR DES  STATISTIQUES

Lorsque l’on joue autant de temps dans une Ligue, et que l’on a été un franchise player pendant tant d’années, on fait partie des légendes de ce jeu. Dirk est l’un des plus grands par le talent, et cela se vérifie forcément au niveau statistique. C’est ainsi que nous avons surveillé tout au long de l’année sa position dans différents classements all-time. Voici ses totaux définitifs, et ça pèse.

Classement des marqueurs les plus prolifiques en carrière :

Sixième avec 31 560 unités.

Cette saison, Dirk Nowitzki s’est payé le luxe de dépasser Wilt Chamberlain au scoring all-time en NBA. Avalé dans le même temps par un certain BronBron, l’ailier-fort va rester sixième de ce classement pendant un moment, à quelques centaines de points de Michael Jordan. De quoi vous classer un homme. La prochaine menace ? Kevin Durant, qui pointe encore à plus de 8 500 unités de l’icone des Mavs.

Classement du nombre de paniers réussis en carrière :

Neuvième avec 11 169 tirs réussis. 

Shaquille O’Neal était un peu trop loin pour que le Tall Baller from the G le rattrape dans cette catégorie statistique. Il restera donc à 161 unités du Shaq dans ce classement, alors que le joueur actif le plus proche de le rattraper est encore une fois Kevin Durant. Mais ce n’est pas demain la veille que le snake rampera proche du Géant à la crinière couleur d’or.

Classement du nombre de matchs disputés en carrière :

Troisième avec 1 522 rencontres disputées.

Podium all-time pour Dirkules, qui a dépassé le duo mythique du Jazz pendant cette dernière saison. Il a déposé Karl Malone puis John Stockton pour atteindre ce total et la barre incroyable des 1 500 rencontres en carrière. Légendaire. Ah et oui, au fait, pépère a disputé 48,3% des matchs disputés par les Mavericks depuis leur arrivée en NBA. Juste ça.

Classement du plus grand nombre de minutes jouées en carrière :

Troisième avec 51 367 minutes.

Un nouveau podium all-time pour l’Allemand, qui est devancé uniquement par Karl Malone et Kareem Abdul-Jabbar.

Classement du plus grand nombre de saisons régulières disputées :

Premier ex-aequo avec 21 saisons.

Dirk Nowitzki a égalé cette année, en même temps que Vince Carter, Robert Parish, Kevin Garnett et Kevin Willis pour ce record de longévité dans la Grande Ligue. Il est par ailleurs le seul à avoir réalisé cette performance avec une seule franchise. Le BGG ayant tiré sa révérence, il pourrait être dépassé dès l’an prochain selon la suite que Vinsanity donnera à sa carrière.

Classement du nombre de trois points inscrits en carrière :

Onzième avec 1 982 shoots du parking.

Malgré un vrai bon rush en cette fin de saison, Dirty ne parvient pas à accrocher le top 10, restant simplement court pour six unités. C’est son ancien coéquipier, Jason Kidd, qui le devance. N’oublions pas un détail : on parle ici d’un seven footer. Il est bien évidemment le meilleur marqueur derrière l’arc à trois points chez les géants. Mais plus qu’une performance statistique, il a transformé le jeu, en profondeur, avec son profil atypique mais si efficace.

Classement du nombre de lancers-francs inscrits en carrière :

Sixième avec 7 240 lancers réussis.

Pourtant pas spécialiste de la pénétration et du jeu intérieur, Dirk Diggler occupe la sixième place de ce classement, il est devancé par un certain Michel Jourdan.

Classement du plus grand nombre de coéquipiers all-time :

Premier avec 201 coéquipiers

Ce classement se base sur la période partant de la saison 1983-84 à aujourd’hui. Preuve de sa longévité, Dirk Nowitzki a eu plus de 200 coéquipiers lors de ses 21 années en NBA. Immense.

# LE PROGRAMME DE DIRK NOWITZKI

Cette fois, pas de dates, d’échéances précises sur le calendrier du Wunderkind, si ce n’est le tournoi de baseball qu’il organise le 7 juin. Un grand vide s’ouvre devant le natif de Wurtzbourg, celui auquel est exposé chaque sportif professionnel : que faire quand la retraite arrive ? Fort heureusement pour lui, son président lui a promis un travail à vie dans l’organisation des Mavericks. Sous quelle forme ? On n’en sait rien. Ambassadeur, conseiller, dans le front office ? L’avenir nous le dire. Pour l’instant, de son propre aveu, le mythique numéro 41 ne s’imagine pas coach. Sait-on jamais, au vu du sens tactique du monsieur, l’envie pourrait s’emparer de lui, et le passage des diplômes pourrait rapidement s’exécuter. Ceci dit, tout cela n’est pas d’actualité. Non, pour l’instant le BGG ne regarde pas très loin dans le temps. En après-match à San Antonio, lorsqu’un journaliste lui demande ce qu’il va faire demain (au sens large), sa réponse est à l’image de ce qu’est Dirk : un grand professionnel, et un homme « normal ».

« Je faire des interviews avec les médias. Ensuite encore d’autres interviews avec les médias allemands. Puis je vais me laisser aller. Je vais voir ma famille, voyager à travers le monde pour voir mes amis… Et puis, je vais pouvoir profiter, emmener mes enfants à l’école, m’allonger sur mon canapé. »

Avec l’humilité qui le caractérise, Dirkules ne se projette pas outre-mesure, et veut juste profiter des plaisirs simples de la vie. S’il va voyager, partir quelques temps pour se ressourcer après une dernière saison usante, les fans de Dallas n’ont pas à s’inquiéter, il reviendra très vite. Comme il le dit si bien, même s’il s’en va, ce n’est pas un au revoir. Un boulot à vie chez les Mavs, ça ne se refuse pas pour celui qui a littéralement placé la franchise sur la carte de la NBA. En fin de compte, à terme, même lorsque sa grande carcasse ne sera plus à se traîner autour des parquets ou dans les couloirs de l’organisation, il y aura toujours sa future statue devant l’American Airlines Center, comme un symbole de l’homme d’expérience qui a tant donné pour son bébé, et qui gardera toujours un œil sur la trajectoire qu’il prendra.

Les remerciements et hommages accourent de partout, en voilà quelques exemples, avec un petit intrus. Un peu d’humour, de désinvolture et de dérision, parce que Dirk Nowitzki, c’est aussi ça.

Les gars de Rick Carlisle l’ont bien compris, on a tous en nous quelque chose de Nowitzki.

Oui, même s’il est un immense champion, il peut lui arriver de faire des bourdes. Ce n’est pas tout le monde qui a le droit à son Shaqtin’ A Fool perso quand même.

Enfin, un autre retraité récent des parquets lui souhaite la bienvenue dans le club des fauteuils à bascule.

L’aventure est terminée. Dirk Nowitzki s’en va, mais pas bien loin, heureusement. Il sera toujours là, au travers des images, des émules, des gens qu’il a inspirés dans le monde du basket ou ailleurs. Il nous a diverti, régalé, impressionné et donné tant d’émotions pendant vingt-et-un ans. Désormais, il est temps de se séparer quelques temps, et de se dire à bientôt.

C’est le cœur lourd que cet article se termine. Le dernier chapitre de la carrière du Wunderkind touche à sa fin, les hommages pleuvent et cela risque se prolonger. Il ne reste qu’à remplir une quatrième de couverture pleine de remerciements, et on pourra ranger le bouquin au placard. Mais on ne manquera pas de le ressortir pour se rappeler le joueur magnifique qu’était Dirk Nowitzki. L’homme, au moins autant que le basketteur, aura été d’une classe exemplaire, d’un talent délicieux, et d’une humanité sans limite, sans frontière. Le jeune garçon de Wurtzbourg, à l’Est de l’Allemagne, est devenu un Texan pur et dur, mais surtout, un exemple pour tant de jeunes et de moins jeunes, dans le sport ou dans la vie de tous les jours. Merci pour tout, le maître des burgers, tu resteras à tout jamais dans nos cœurs. Auf wiedersehen, tu vas nous manquer.

Sources texte : Twitter/@espn, YouTube/NBA, Twitter/@FOXSportsSW, Twitter/@CityOfDallas, Twitter/@dallasmavs, Twitter/@jasonterry31, YouTube/NBA Europe, Twitter/@nikebasketball, Twitter/@kobebryant, Twitter/@AndrewDBailey

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