One-on-One

Trae Young et Devin Booker : premiers Playoffs et déjà stars des Finales de Conférence, on peut parler de débuts all-time là non ?

Ces deux-là n’ont pas le temps !

Source image : YouTube

Pour de bonnes comme de moins bonnes raisons, les Playoffs NBA 2021 resteront dans les mémoires. Et parmi les éléments qui marquent véritablement cette campagne pas vraiment comme les autres, il y a évidemment les débuts tonitruants de Trae Young et Devin Booker, qui enflamment les parquets alors qu’ils n’avaient jamais participé aux Playoffs auparavant. La nouvelle génération est prête à prendre le pouvoir, et on peut dire que l’avenir de la NBA est entre de bonnes mains. 

Joueur A : 30,5 points, 3,0 rebonds, 10,5 passes décisives et 1,2 interception de moyenne, 42,2% au tir, 32,8% du parking, 87,3% aux lancers-francs. Joueur B : 28,3 points, 7,1 rebonds, 5,3 passes décisives par match, à 47,9% au tir, 38% du parking et 93,2% aux lancers-francs. Vous l’avez deviné, on parle respectivement de Trae Young et Devin Booker, deux mecs à part qui font aujourd’hui partie des très grands acteurs de ces Playoffs NBA 2021. La nuit dernière, Ice Trae a sans doute sorti son plus grand match en carrière en plantant 48 pions sur les bois des Daims, permettant ainsi à ses Hawks de prendre le dessus 116-113 sur le parquet de Milwaukee. Dimanche dernier, Book avait torturé les Clippers en sortant un véritable chef-d’œuvre à 40 points, 13 rebonds et 11 passes décisives, pour son tout premier triple-double en carrière. Pas de doute, ces deux-là ne sont pas là pour rigoler. Ils sont là pour profiter de la lumière des Playoffs afin d’annoncer au monde entier que l’avenir leur appartient. Quelque part, Trae Young et Devin Booker partagent le même ADN, même si chacun possède évidemment son propre style, ses propres qualités, et ses propres manières pour faire rager la concurrence. Outre le talent, ils ont ce côté killer qui fait souvent la diff’ en Playoffs. Trae Young a pris le costume de vilain avec plaisir depuis son premier match de PO au Madison Square Garden il y a quelques semaines, qui s’est terminé par un game winner. Hier, il s’est même permis un petit shimmy… avant de tirer un 3-points ouvert. Un mélange d’insolence et de culot, mais qui montre la confiance avec laquelle il joue actuellement. Devin Booker sent lui l’odeur du sang et n’a pas peur de regarder ses adversaires droit dans les yeux, première campagne de postseason ou pas. Après avoir planté 47 pions sur la tête des Lakers au Staples Center pour les envoyer en vacances, il n’avait pas hésité à envoyer quelques mots doux aux champions en titre, histoire de dire « au revoir les gars, c’est notre tour maintenant ». #MambaMentality

Au fur et à mesure des années, ils sont évidemment nombreux à avoir franchi un gros cap dans leur carrière grâce à des Playoffs monstrueux. Par contre, on n’en connaît beaucoup moins qui ont porté leur équipe en Finales de Conférence lors de leur toute première participation aux PO, le tout à moins de 25 piges. C’est exactement ce que font Trae Young et Devin Booker aujourd’hui, eux qui peuvent théoriquement se retrouver en Finales NBA étant donné qu’Atlanta mène aujourd’hui 1-0 contre Milwaukee, tandis que Phoenix a pris les commandes contre les Clippers avec deux victoires à la maison. Bien évidemment, on n’y est pas encore mais même si ça n’arrive pas, Ice Trae et Devin pourront partir la tête haute. Quand on jette un œil dans les livres d’histoire pour voir quels sont les autres phénomènes qui ont réuni tous ces éléments, à savoir grosses perfs et succès collectif dans une première campagne de Playoffs en dessous des 25 ans, eh bien on se rend véritablement compte à quel point c’est fort ce qu’ils sont en train de faire. Forcément, quand on sait ce que Magic Johnson a réalisé durant sa saison rookie en 1980, difficile de ne pas le mettre tout en haut : quasiment un triple-double de moyenne (18,3 points, 10,5 rebonds, 9,4 passes, 3,1 interceptions), le titre NBA au bout, avec en plus celui de MVP des Finales après un Game 6 mythique contre les Sixers en l’absence de Kareem Abdul-Jabbar. Ça évidemment, c’est all-time, même si Magic se retrouvait au sein d’une belle armada avec un Kareem juste intouchable. Cette même année, un autre rookie du nom de Larry Bird avait également éclaboussé les Playoffs de son talent en tournant à plus de 21 points, 11 rebonds et presque 5 passes de moyenne. Aidant les Celtics à passer de 29 victoires à 61 succès en un an seulement, Bird – Rookie de l’Année – avait dû s’incliner en Finales de Conférence Est. Petit détail tout de même, le format des Playoffs était différent à l’époque et Boston n’avait pas besoin de participer au premier tour car premier de l’Est. Et pour ceux qui se demandent comment se sont déroulés les grands débuts de Michael Jordan en Playoffs au cours de cette décennie 1980, sachez que Jojo a sorti de grosses stats dans le vide (29,3 points, 5,8 rebonds, 8,5 assists, 2,8 interceptions) puisque ses Bulls s’étaient inclinés dès le premier tour contre les Milwaukee Bucks en 1985.

Si on veut vraiment aller dans du old-school, on peut citer du Elgin Baylor – paix à son âme – en 1959 (25,5 points, 12 rebonds en tant que rookie et défaite en Finales NBA) ou du Jerry West en 1961 (22,9 points, 8,7 rebonds et 5,3 passes pour une élimination au deuxième tour), à chaque fois sous le maillot mythique des Lakers. Les énormes débuts de joueurs comme George Mikan et Julius Erving, respectivement en BAA et ABA, méritent aussi d’être mentionnés, tout comme Rick Barry, auteur d’une première campagne de Playoffs à… 34,7 points et 7,5 rebonds pour emmener les San Francisco Warriors jusqu’aux Finales NBA 1967, le tout à seulement 23 ans et en tant que sophomore. Honnête. D’ailleurs, notre ami Devin Booker a un petit point commun avec Monsieur Barry. Avec Rick, Book était l’un des trois joueurs all-time à avoir marqué au moins 50 points à trois reprises en dessous de l’âge de 23 ans (le troisième se nomme LeBron). Précoces, talentueux, inarrêtables. Pour rester dans les stats et les comparaisons, sachez aussi que Trae Young a rejoint Rick Barry en février dernier dans le cercle très fermé des joueurs totalisant 15 matchs à 40 pions avant l’âge de 23 ans, avec également LeBron James, Kevin Durant et Shaquille O’Neal. Bref, Booker et Young ont tous les deux du Barry en eux, et s’ils arrivent à se qualifier pour les Finales NBA, ces petites comparaisons pourraient prendre encore plus d’importance.

On peut également regarder les parcours de trois des plus grands pivots de l’histoire, peut-être les plus grands : Bill Russell, Wilt Chamberlain et Kareem Abdul-Jabbar. Mouillez-vous la nuque, parce que c’est du lourd. Dès sa saison rookie, Billou a décroché la première de ses onze bagouzes en tournant à 13,9 points et 24,4 rebonds de moyenne pour les Celtics. C’était en 1957. La NBA était évidemment bien différente dans ces années-là, Boston n’ayant besoin de remporter que sept matchs au total pour terminer champion. Trois années plus tard, Wilt Chamberlain détruisait tout sur son passage avec des Playoffs à 33 points et 26 rebonds en tant que rookie avec les Philadelphia Warriors. Des stats d’un autre temps, mais des stats qui n’ont pas permis aux Warriors de battre les Celtics en Finales de… Division (eh ouais, on parlait de division à l’époque, avec des Playoffs en comité réduit). Quant à Kareem, qui était encore Lew Alcindor, il a également participé à ses premiers Playoffs dans le costume de rookie en 1970, année où il a porté les Bucks jusqu’en Finales de Division (soit un tour gagné avant de s’incliner) – comme Wilt – en tournant à 35 points et 17 rebonds de moyenne. On tient également à citer Bill Walton, qui a lui guidé les Blazers vers le titre NBA en 1977, à 24 ans, mais avec des chiffres moins impressionnants (18 points – 15 rebonds). Tout ça, c’est évidemment du très lourd, même si ça représente un peu la préhistoire de la NBA pour nous qui évoluons en 2021.

Pour revenir dans l’ère moderne tout en restant chez les pivots, David Robinson mérite clairement une mention. En 1990, après deux ans à l’armée suite à sa sélection à la Draft 1987, l’Amiral a fait ses grands débuts en Playoffs à l’âge de 24 ans. Officiellement rookie, Robinson a aidé les Spurs à aller jusqu’au Game 7 des demi-finales de Conférence Ouest avec des stats de 24 points, 12 rebonds, 4 contres et 1,7 interception. Autant dire qu’il était prêt. Idem pour son coéquipier Tim Duncan en 1998, qui a terminé ses premiers Playoffs en tant que rookie en 21 points, 9 rebonds et 2,6 contres avant de s’arrêter en demi de conf’. L’année suivante, c’est Allen Iverson – alors dans sa troisième saison – qui est venu taper du poing sur la table avec plus de 28 pions de moyenne et quasiment cinq passes, portant les Sixers vers une qualification au premier tour. Après le passage au nouveau millénaire, Dirk Nowitzki avait fait belle impression en 2001 (23 points, 8 rebonds, qualification en demi-finale de Conférence Ouest), tout comme Paul Pierce en 2002 (24,6 points, 8,6 rebonds, 4,1 passes, 1,7 interception, 1,3 contre pour une défaite en Finale de Conférence Est), et puis la génération 2003 a assez rapidement pris le pouvoir derrière. La première campagne de postseason du rookie Dwyane Wade, au sein d’une surprenante équipe de Miami, a marqué les esprits en 2004 (18 points, 4 rebonds, 5,6 passes de moyenne, et le Heat qui perd en six matchs en demi-finale de Conférence Est), tandis que son copain LeBron James s’est comporté en Roi pour ses grands débuts en 2006, avec des stats assez folles de 30,8 points, 8,1 rebonds, 5,8 passes et 1,4 interception pour porter Cleveland jusqu’à un Game 7 au deuxième tour contre Detroit. Très très fort le bonhomme. Spéciale dédicace aussi à Chris Paul, coéquipiers de Devin Booker aujourd’hui à Phoenix, déjà en mode Point God pour ses premiers Playoffs en 2008 avec les Hornets (24 points, 11 passes, plus de 2 interceptions), éliminés au Game 7 des demi-finales de Conférence Ouest contre les Spurs.

Trae Young et Devin Booker méritent non seulement de voir leur nom aux côtés de toutes ces légendes, mais possèdent en plus de très bons arguments dans le débat sur les meilleurs débuts en Playoffs all-time. Sur la dernière décennie, Damian Lillard, et plus récemment Donovan Mitchell, Nikola Jokic ainsi que le prodige Luka Doncic ont particulièrement cartonné dans leur première campagne de postseason, mais aucun d’entre eux n’était arrivé jusqu’au stade des Finales de Conférence. Et c’est véritablement ça qui donne une saveur supplémentaire au duo Young – Booker. Il y a un an, les Hawks et les Suns n’étaient même pas en Playoffs. Pire, Atlanta n’était même pas dans le Top 10 de l’Est il y a encore quatre mois. Aujourd’hui, ils sont respectivement à trois et deux victoires d’une qualification en Finales NBA. L’ascension est complètement folle, Trae Young et Devin Booker prouvent au monde entier qu’ils sont faits pour les Playoffs après avoir collectionné les cartons offensifs – ainsi que les défaites – en saison régulière, et surtout ils sont là pour longtemps, très longtemps. Pour le dire autrement, ils n’ont tout simplement pas le temps. À 22 et 24 ans, ils imposent leur loi sur la NBA comme peu de jeunots sont capables de le faire, et quelque chose nous dit qu’ils n’ont pas fini de nous illuminer sur ces Playoffs 2021.

Trae Young et Devin Booker sont-ils destinés à se rencontrer en Finales NBA pour leur toute première participation en Playoffs ? Il va falloir attendre un peu pour avoir la réponse à cette question mais rien que le fait de pouvoir se poser cette dernière montre à quel point ces deux-là ont changé de dimension ces dernières semaines. Quoi qu’il arrive, ces Playoffs 2021 seront pour toujours associés aux deux pyromanes d’Atlanta et Phoenix. 

2 Commentaires

2 Comments

  1. dam dou

    24 juin 2021 à 22 h 49 min at 22 h 49 min

    Il y a tout juste 3 ans Phoenix et Atlanta étaient bons 15e de leurs conferences reqspectives…

    • MR

      24 juin 2021 à 23 h 21 min at 23 h 21 min

      Effectivement et c’est ce qui, peu importe les résultats à venir, augure de bonne chose pour la suite des deux franchises.

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