Equipe de France

Le 11 septembre 2019 gravé pour toujours : quelle place pour cet exploit dans l’Histoire de l’Équipe de France ?

Equipe de France

Pour que l’histoire soit vraiment belle, il faudra finir le boulot en Chine.

Source image : Canal+ Sport

Toujours sur notre petit nuage quelques heures après avoir fait tomber l’ogre américain pour la première fois en compétition officielle depuis plus de 13 ans, il est temps de jeter un coup d’œil dans le rétro pour déterminer quelle place détient cet exploit dans l’histoire de l’Équipe de France.

Qu’elle est bonne cette sensation, à mi-chemin entre la défonce d’un space cake et la douceur d’un rêve éveillé. Cet après-midi, des milliers de passionnés s’étaient donné rendez-vous pour vibrer tous ensemble devant nos 12 héros tricolores. Comme toujours, les absents ont eu tort car c’est peut-être la plus grande partie de l’histoire du basketball français qui s’est jouée sous nos yeux il y a seulement quelques minutes. Que vous ayez suivi ça en live avec nous sur YouTube, à la télévision ou par l’intermédiaire des commentaires des copains sur les réseaux sociaux car bloqués à votre bureau, vous êtes passés par des émotions de joie intense que vous ne soupçonniez même pas pouvoir ressentir. On espère que vous en avez bien profité car ce genre de moment est aussi rare que précieux et on ne sait pas quand est-ce que l’on pourra revivre de tels instants de bonheur grâce à ce sport et plus particulièrement à cette équipe. Bien sûr, on est toujours à chaud, les joues un peu rougeâtres et les oreilles fumantes comme si on sortait à peine du sauna ou de la salle de Dongguan. Nos souvenirs sont peut-être altérés par l’excitation éphémère d’une victoire aux enjeux importants qui nous qualifie directement pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 et qui nous laisse croire au titre mondial dans quelques jours. Mais ce n’est pas le seul moment de gloire dans l’histoire de cette sélection et il est temps de se replonger dans ces jours qui sont encore gravés dans nos mémoires et dont on a parfois gardé un article affiché au mur de sa chambre ou bien une vidéo que l’on va se refaire dès que le moral a un coup de moins bien.

Forcément, comment ne pas commencer par le plus récent ? Un quart de finale de Coupe du Monde chez le voisin espagnol, face à notre bête noire, et un succès incroyable qui plongeait toute la ville de Madrid et ses compatriotes dans un profond coma. Les commentaires de David Cozette résonnent encore dans nos têtes et on se demande bien où se trouve le fameux short de Thomas Heurtel aujourd’hui. Après avoir pris une rouste lors du premier tour, l’EDF prend sa revanche dans un match qui compte et rend fier Tony Parker exceptionnellement absent de la compétition. En termes de scénario et de kiff, on n’est quand même pas loin de l’apothéose en ce 10 septembre 2014 et la médaille de bronze décrochée un peu plus tard arrive comme une cerise sur le gâteau. Un an plus tôt, c’était dans un contexte tout à fait différent mais déjà face au même adversaire que l’on redécouvrait l’expression « avoir la chair de poule ». Après trois défaites consécutives face aux Espagnols dans les grandes compétitions, la bande de Vincent Collet retrouve la Roja en demi-finale de l’EuroBasket en Lituanie. Le passif entre les deux équipes tétanise les Français qui sont menés de 14 points à la mi-temps. C’est alors que Tony Parker entre en jeu avec un discours qui entrera dans la légende au moment de regagner les vestiaires. Boostés par leur leader, les Bleus reviennent avec de toutes nouvelles intentions et s’imposent en prolongation. Un classique du basket bleu-blanc-rouge et aussi une date mythique puisqu’elle précède la première médaille d’or continentale de notre sélection. La vidéo du speech doit avoir dépassé le million de vues en cumulé sur les différentes plateformes.

Si on remonte un peu plus loin dans les annales, on retrouve aussi de grands souvenirs qui ne peuvent pas être passés sous silence. Même si certains n’étaient pas nés ou qu’ils étaient trop petits pour vivre cette compétition en direct, les Jeux Olympiques de Sydney ont permis à l’Équipe de France de changer de dimension au début des années 2000. Au terme d’un parcours chaotique avec trois défaites face à Team USA, l’Italie et la Lituanie au premier tour, les Bleus parviennent miraculeusement à se hisser en quart de finale. Un grand moment où Laurent Sciarra s’était mis dans la peau d’un requin pour ne laisser aucun espoir à Steve Nash et ses potes. Une fois en demi-finale, la France n’est plus qu’à une victoire de la médaille et c’est chose faite face à l’Australie de Luke Longley et Andrew Gaze qui évolue pourtant à domicile. Lolo, encore lui, mais aussi Antoine Rigaudeau, Stéphane Risacher et Frédéric Weis sécurisent un second podium olympique après celui de 1948 et s’offrent le droit d’affronter la Dream Team américaine qu’ils regarderont droit dans les yeux durant de longues minutes. Une campagne inspirante pour la nouvelle génération de joueurs qui peuple désormais le roster de Vincent Collet. Enfin, l’épopée de l’équipe de Claude Bergeaud lors de l’EuroBasket 2005 en Serbie-Monténégro mérite aussi un petit flashback pour toutes les émotions qu’elle nous a procurées. Année de transition avec l’arrivée au pouvoir de TiPi et Boris Diaw, la compétition démarre mal avec deux défaites en trois matchs. Mais cette formation a du cœur et va le prouver en barrages en éliminant, là encore, le pays hôte et champion du monde en titre après avoir accusé un retard de 12 points en première mi-temps dans une salle de Novi Sad entièrement acquise à la cause des locaux. Un acte fondateur qui permettra ensuite à l’EDF d’accrocher une belle médaille de bronze encore inespérée quelques jours plutôt grâce à des victoires sur la Lituanie en quart et l’Espagne dans la petite finale.

Pour déterminer où se place la victoire d’aujourd’hui dans l’histoire du basket français, il faudra commencer par attendre de connaître l’issue de cette Coupe du Monde. En effet, à chaque fois, les grands moments de l’Équipe de France ont abouti à une médaille, chose qui n’est pas encore garantie à l’heure actuelle puisqu’il faudra encore gagner face à l’Argentine ou dans le match pour le bronze afin de monter sur le podium. De plus, on remarque que c’est souvent face à l’organisateur que les Bleus ont délivré leurs masterpieces, amplifiant l’exploit réalisé dans un climat hostile. Or, la Chine n’est plus en lice depuis un bail et un succès face à l’équipe de Yi Jianlian n’aurait pas changé grand-chose alors qu’on a même pu entendre le public prendre parti pour l’EDF en fin de rencontre face aux Américains aujourd’hui. Néanmoins, le contexte de cette victoire nette et sans bavure de 10 points contre le pays du basketball accessoirement double champion en titre et invaincu depuis 2006 et 58 matchs place forcément ce match tout en haut de la hiérarchie des exploits tricolores. Equipe B, ou pas, la statistique est là et personne n’avait réussi à faire chuter les hommes de Pop dans un match officiel avant ce 11 septembre 2019, pas même la Turquie qui pourra regretter longtemps ses lancers ratés en fin de match. Si en plus cette campagne venait à se terminer par une médaille d’or inédite pour le basket français alors on pourrait certainement placer cette date comme le plus grand jour de tous les temps pour l’équipe fanion de notre beau pays.

On va encore attendre de connaître la fin de l’histoire mais on a atteint les deux tiers du film et pour l’instant on part sur un chef d’œuvre jamais vu jusqu’à présent. Pour faire de cette date un jour férié pour tous les basketteurs de l’Hexagone, il faudra confirmer cet exploit en allant jusqu’au bout à Pékin. Et alors on pourra se refaire le film du match sans regret dans 5, 10 ou 20 ans pour se rappeler des plus belles heures de notre équipe. Merci Messieurs, c’était grand mais les plus gros frissons restent peut-être encore à venir.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top