Giovanni in Paris – épisode 1 : quoi de mieux qu’un week-end à… Marseille pour se chauffer avant Paris
Le 06 juin 2024 à 20:55 par Giovanni Marriette

Si vous êtes un Français, à peu près normalement constitué, et que vous suivez un tant soit peu l’actualité, alors vous savez que 2024, en France, sera une année à part. Si vous êtes français ET fan de sport, alors nous savons tous deux comme l’approche de ces Jeux Olympiques apporte ce petit lot de papillons dans le ventre à la seule pensée du possible, la pensée de moments historiques auxquels nous allons pouvoir assister. Mais alors… si vous êtes Français, fan de sport, Bressan et rédacteur en chef d’un média sportif en 2024, déjà c’est bizarre car c’est que vous êtes littéralement moi, mais ça veut donc dire que vous allez avoir la chance de suivre tout cela au cœur même de l’aventure.
Messieurs dames, l’histoire qui va suivre est celle d’un homme qui s’apprête à lier l’utile à l’agréable. Un homme qui s’en va couvrir les Jeux Olympiques de Paris 2024, sur place, à domicile. Enfin à domicile… pas vraiment. Car en bon bressan pur jus, plus adepte de la réalisation d’une fondue à l’état sauvage plutôt que capable d’adaptation dans le grand monde, cela aussi risque de représenter son lot d’aventure. Et c’est justement tout cela que je vais vous conter. En vous promettant d’en profiter pour mille et de vous faire partager toute mon expérience, comme si vous y étiez.
Giovanni in Paris (à Marseille), épisode 1, let’s go !
Quelle ne fut pas ma surprise fin janvier 2024, quand un mail étrange se glissa entre ceux du centre aéré de mon aîné et les recommandations de la semaine par Netflix. Shout out à Thomas, 01 rpz, me voilà dans la boucle pour assister le 31 mai à l’étape marseillaise des 3×3 World Series. On y annonce un plateau très olympique avec, notamment, le squad de 3×3 Paris et ses internationaux. Et c’est à Marseille oh, le 31 mai, à Marseille, et ça veut donc dire que ça va bosser en short, la vie la vraie.
Quelques semaines d’organisation plus tard, me voilà donc fin prêt à partir quelques centaines de kilomètres plus au sud, direction le soleil, les accents chantants et la magie du 3×3. Spoiler, le week-end sera encore plus fou que prévu.
Gare à toi #3xFestival, on arrive 😈 pic.twitter.com/9C32hvfDNe
— Le Psy TrashTalk 👨👩👧👧 (@giovannim6) May 31, 2024
Première galère, sinon c’est pas drôle : je ne prends pas/plus le train. Passons les détails mais le trajet en bus de Lyon à Marseille est un peu long, le hot-dog – pourtant terriblement surcoté – de l’aire de Montélimar me réchauffant tout de même le cœur. 4h45 après mon départ de Lyon-Perrache me voici donc à Marseille St-Charles avec une première bonne nouvelle : le crachin a laissé place au soleil, la bruine a dégagé au profit d’un petit vent frais mais fort agréable. Bref, comment enchainer de la meilleure manière qui soit après cinq heures de bus ? Une heure de marche bien sûr, entre St-Charles et le Parc Chanot, tout en montée ou presque, notamment un Cours Lieutot dont la température ressentie doit bien approcher les 60 degrés.

Passage à l’hôtel, rafraichissement, on s’est compris, avec comme nouvelle belle surprise le fait de découvrir que ma chambre est collée au Vélodrome, stylé, au sixième étage avec donc… une petite vue sur la mer, turbo stylax.
Vendredi 31 mai, 17h, Parc Chanot.
Le Masters de Marseille, première étape des World Series 2024, bat son plein. Au micro Vincent Royet est un crack qui n’a plus rien à prouver, et d’emblée je comprends que les équipes du 3xFestival, de la FIBA et de la FFBB ont mis le paquet sur l’évènement. Les foodtrucks on y reviendra, miam-miam, mais le son, les installations et la disponibilité des équipes défrayées sont autant de points positifs qui mettent à l’aise. Les points négatifs ? Il y en eût forcément, et le premier restera de n’avoir pas eu l’occasion d’assister aux Women’s Series le mercredi et le jeudi. J’y aurais vu évoluer Marie Mané, Jodie Cornélie, Hortense Limouzin et la reine de la discipline Laetitia Guapo, et j’en aurais sans doute profité pour taper mes meilleurs selfies avec Eve Wembanyama et… Alonzo, présent en tribunes le jeudi. Parce que mince, ma dernière à Marseille, c’était tout de même pour le voir en concert.
En place pour les phases finales du Masters de Marseille, étape la plus ensoleillée du FIBA World Tour 🔥#3XFestival pic.twitter.com/ZA2oxPf3HB
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Passée cette mini-déception, je prends la température. Miss Météo voice : il fait chaud mais les rafales de Mistral ne font marrer personne. A peine le temps de retrouver Alexandre, collègue entrevu la veille à Ekinox et lui aussi du voyage non loin du Vel’, que ce pourquoi je suis là débute : le match de 3×3 Paris. Ils sont là, ils sont beaux et ils jouent en vert : Paul Djoko, Alex Vialaret, Jules Rambaut et Franck Seguela entrent en piste, c’est la rue mais c’est quand même du Jean-Jacques Goldman pour accompagner leur présa. Ma France.
Bourg-en-Bresse influence le monde 🔥🫡 pic.twitter.com/BazhLhLsdN
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Le sélectionneur Karim Souchu est en tribunes avec son staff, Laetitia Guapo est dans les parages et donne de la voix, et, première vraie bonne surprise, les quatre gaillards s’imposent face à Ub, équipe serbe numéro un mondial au ranking. Le ton est donné et fidèle à moi-même j’ai planqué l’accréditation « media » pour enfiler mon costume de supporter, c’est plus fort que moi. Deux petites heures entre les deux matchs, on passe en mode présentation avec les héros du week-end, c’est qu’il faudrait quand même que je leur dise qu’ils vont me voir tout le week-end et une partie de l’été.
La frayeur du jour ? La défaite face à Wuxi, qui rappelle de bons souvenirs à l’équipe (c’est là-bas que Paris 3×3 a remporté sa seule et unique étape des Masters) mais qui nous met donc dans l’embarras en ce vendredi soir. Défaite mais, fort heureusement, ça passe en quarts même si le lendemain les Français devront affronter le fantasque et ultra-talentueux Worthy De Jong et son squad d’Amsterdam pour espérer continuer leur parcours. Mais comme dirait l’autre du côté du Prado, « demain c’est loin ». 23h, les lumières s’éteignent petit à petit, je croise Sixtine, internationale en 3×3, en 5×5 et peut-être même en 6×6, et accessoirement (très) grande soeur d’un membre de la rédaction de TrashTalk. La taille des gens de cette famille est grande, mais le monde est petit. Je découvre aussi… les panisses, accompagnées d’une substance qui n’est pas du soda. Posé dans un transat rencontré par un joli hasard, je ne m’y attarde pas pour ne pas que ledit transat épouse ma forme, pour ne pas, surtout, que je m’endorme.
Retour à l’hôtel, sixième étage sans ascenseur, car je ne prends pas l’ascenseur, passons les détails. Article récap dans la foulée, rafraichissement tu connais, partage sur les réseaux on se sait, couché 2h30.
Le résumé de la journée du vendredi
Levé 5h, parce qu’un rythme de vie ne se modifie pas en un week-end. Le plus important, la barre de fer perpendiculaire à mes deux tibias a disparu, je suis de nouveau opérationnel. Premier réflexe ? Le petit-déjeuner est compris et à volonté, je vous laisse à votre imaginaire, en vous dévoilant simplement le chapitre 1 de mon festin.

Deuxième réflexe ? Allez, on se met un peu en difficulté. C’est pas mon exercice préféré mais je me dis que l’occasion est propice : un mail part direction la FFBB, pour avoir Jules, Alex, Franck et Paul en interview. Les mecs sont cools, abordables, faut parler du 3×3, faut se lancer quoi !
Allez, pause syndicale, matinée promise à la déconnexion. 30 minutes de marche, on part du Prado direction la statue de David, on tourne à droite et on fonce vers la Corniche. Sur la Corniche je m’imagine riche chantait Sopra, au Vallon des Auffes mes mollets chauffent ça c’est de moi, et après 90 bonnes minutes de ballade un mail vient déranger ma quiétude et ma séance de selfies.

« Rendez-vous à l’hôtel à 14h avec les quatre mousquetaires ». Mon sens de l’anticipation m’a fait préparer mes questions en amont, mon sens de la sudation fait que je risque d’être humide dans le petit salon.
Retour en quatrième vitesse à l’hôtel pour se rafraîchir, sale temps pour les gros. Essai de mon enregistreur vocal, direction un petit Italien, quand même, vous n’alliez pas imaginer cette interview l’estomac vide. Alexandre m’y accompagne et me prodigue quelques conseils, lui l’habitué, et mon assiette de raviolis Gorgonzola et noix masque à peine l’acidité du verre de rouge qu’on m’a servi. A peine englouties ces raviolis au vinaigre nous voilà donc partis vers l’hôtel de ma grande première, oui cette phrase peut prêter à confusion.
A mon arrivée dans cet hôtel portant le même nom qu’une planète du système solaire, j’y aperçois Jimmer Fredette s’envoyer son meilleur café. Quelle phrase. Puis non loin de là, Paul, Jules, Franck et Alex, prêts à en découdre. Je leur demande deux minutes le temps d’aller me faire couler un café, ils me proposent de me le servir eux-même. Le 3×3, l’altruisme, les valeurs, tout ça. Allez, on ne va pas en faire toute une histoire, mais sachez juste que je découvre 45 minutes durant quatre hommes emplis de bienveillance, et faisant transpirer un esprit de labeur et de famille clairement propre à leur discipline. Et pour le contenu de l’interview, ça se passe donc juste ci-dessous :
L’interview exclusive de 3×3 Paris
Job is done, c’est dans la boîte, et cette fois-ci je souffle, puisque je vais enfin pouvoir me poser, une heure, vraiment. Sieste, douche, encore, rapport à la sudation, et on repart direction Parc Chanot, avec cette fois-ci un détour par la boutique de l’OM, ça fait pas de mal et ça fera plaisir aux enfants. Arrivée sur les lieux, le soleil claque encore, le speaker claque toujours, et au menu de ce samedi : les phases finales. Pour se mettre dans l’ambiance ça part immédiatement sur un cocktail que mon badge a rendu gratuit, un cocktail partagé avec qui vous savez, ça commence par Alex et ça finit par andre. Cocktail composé d’environ 60% de Fuzetea et de 40% de glaçon, cocktail qui va donc simplement me donner soif et m’obliger à enchainer avec une « petite aixoise blanche en pinte », bref, passons.
Jimmer Fredette en approche.
Je répète, Jimmer Fredette en approche.#3xFestival pic.twitter.com/Nrx4WtaarW
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Les quarts de finale commencent avec de belles surprises, comme le squad de Miami qui se fait éliminer d’entrée par la formation plus méritante de Podgorica. Jimmer Fredette sort du match frustré, moi aussi car je n’ai pas réussi à filmer les lancers-francs à la cuillère de Canyon Barry, lui le fils de la légende Rick Barry, qui… tirait lui-même ses lancers de la même manière. Podgorica en demi, Vienne en demi, les Lituaniens de Raudondvaris complètent le plateau, avant l’entrée en lice des Français de 3×3 Paris face à Amsterdam.
Le Parc Chanot se chauffe et déborde dans tous ses angles, je croise Lukas Nicot et sa bonne humeur communicative, celle que je lui connais depuis le début. Mais à peine le temps de pinailler et d’espérer, en vain, une place dans le jury du concours de dunks à venir, que le match commence. Un match que 3×3 Paris va finir par gagner sur un ultime shoot d’un énorme Seguela, parfait pour faire monter encore d’un cran la température marseillaise.
ET ALLEEEEEEEEZ, @3x3ffbb qualifié pour la demi-finale du Masters de Marseille let’s goooooo #3xFestival@TrashTalk_fr pic.twitter.com/iSgI5vO2by
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Vienne vs Raudondvaris et Paris vs Podgorica, voilà le bracket des demis.
ALLEEEEEEZ 🇫🇷🇫🇷🇫🇷🇫🇷🇫🇷🇫🇷🇫🇷 pic.twitter.com/ONwtM7szwW
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Et si le Lituanien Aurlelijus Pukelis est injouable face aux Autrichiens, dans l’autre demi nos quatre zozos font exploser le Parc Chanot en tapant Podgorica au terme d’un match d’une intensité incroyable. Officiel je ne suis plus vraiment journaliste, je suis un supporter de ces gars-là, pire, je suis un fanzouze qui se lève pour gagner des maillots pendant les temps-morts.
ET LE DEUXIÈME GAME WINNER DE LA JOURNÉE POUR LE KING FRANCK SEGUELA 🇫🇷🔥🇫🇷🔥🇫🇷🔥@3x3ffbb est en FINALE DU MASTERS DE MARSEILLE 🥰🥰🥰#3xFestival pic.twitter.com/FtZkwDxakh
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Step by step 👌@TrashTalk_fr pic.twitter.com/5qDmZWbhHC
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La finale est malheureusement la goutte de trop pour une formation physiquement en souffrance après deux guerres énormes, et les Lituaniens déroulent en finale pour s’adjuger le trophée. Un match après lequel le demi-terrain est pris d’assaut par les jeunes supporters, tout heureux de découvrir que nos quatre français restent disponibles, accessibles et bienveillants malgré la défaite. Les valeurs, encore, toujours.
Un kebab plus tard et le quartier s’était très vite vidé, la fatigue des uns se superposant à l’obligation des autres de très vite plier bagage. Pour ma part le taxi m’emmène à la gare demain à 6h20, j’ai négo le petit-déjeuner dès 5h30, et le réveil prévu à 4h30 m’oblige donc à me coucher, si possible avant… l’heure du réveil. Ah oui, petit récap du jour quand même, on ne perd pas les bonnes habitudes.
Le résumé de la journée du samedi
Un périple plus tard, composé de 5h de bus en compagnie de Swifties en route pour le concert de Taylor à Lyon, d’un derush d’interview en mode sardine et d’une course folle à la Gare de Perrache pour toper le bon train, voilà donc que j’arrivais dans mon si paisible 01. L’occasion, et je vous laisse tranquille, de remercier Rachel pour sa gentillesse et sa disponibilité, Fabien pour les passes dé, Tom pour le Mercure, Alexandre pour les conseils, Christophe pour les photos et, globalement, toutes les équipes du 3xFestival et de la FIBA pour ce week-end haut en couleurs. L’occasion aussi de dédicacer ce papier et d’adresser un énorme « force » à Alex Vialaret, blessé à la cheville et qui ne participera donc pas aux Jeux…
Pour ma part ? J’ai pas ramené de casquette ni de sweat, je garde espoir, mais j’ai ramené de sacrés souvenirs et une expérience qui en sort grandie. A très vite, le 3×3.
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