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Bennedict Mathurin, des rues de Montréal jusqu’à la NBA : un gamin au parcours de vie hors-norme

Bennedict Mathurin 13 juillet 2022

Arrière, Indiana, grande sœur pour modèle au basket. Ça vous dit quelque chose ?

Source image : YouTube

Il existe de ces garçons pour qui le basket-ball est une échappatoire, un moyen de faire face aux épreuves que la vie dresse sans relâche sur un chemin déjà semé d’embûches. Tout juste choisi par les Pacers à la Draft, Bennedict Mathurin est fait de ce bois-là. Le Canadien est un écorché vif, un gamin à qui le destin ne s’est pas gêné pour tout prendre ou presque. Désormais et heureusement, depuis quelques temps l’arrière semble avoir traversé la tempête et peut enfin commencer à envisager son futur plus sereinement. L’occasion de revenir rapidement sur le parcours d’un joueur à l’histoire loin, voire très loin des standards. 

Bennedict Richard Felder Mathurin a un nom hyper classe. Bon, malheureusement, c’est à peu près le seul point positif dans les premières années de la vie du gamin. Né de parents haïtiens et élevé en tabarnak à Montréal-Nord, Ben vit avec sa mère, son frère et sa sœur. Pas besoin d’être un expert au jeu des 7 familles pour comprendre qu’il manque une figure paternelle dans tout ce beau monde. Son papa, Bennedict ne l’a jamais connu et Félix Mathurin, c’est son nom, finira par décéder en 2013. D’ailleurs, maman n’est pas bien plus présente pour ses enfants, la faute à une charge de travail énorme pour subvenir aux besoins de sa famille. Pour oublier pauvreté et solitude, la fratrie Mathurin se plonge très vite dans le basket. Dès l’âge de six ans, Ben et son frère ainé, alors très fusionnels, s’adonnent nuit et jour à des parties de un-contre-un sur le playground du quartier. Dans le même temps, leur grande sœur ouvre la voie vers le basket de haut niveau, en évoluant notamment en première division NCAA. Bennedict racontera d’ailleurs plus tard que son frère et sa sœur sont ses modèles dans le sport, et sont en grande partie responsables de la passion dont il fera son métier. Tiens, un arrière des Pacers qui prend sa grande sœur comme source d’inspiration, ça nous rappelle fortement quelqu’un. En lui souhaitant une aussi belle carrière, même si on en n’est pas encore là.

Revenons-en à Bennedict Mathurin, qui voit sa vie basculer à seulement 12 ans. Le petit Ben est alors à la maison, impatient de revoir son frère qui ne devrait plus tarder à revenir de l’école. Finalement, Dominique ne rentrera jamais à la maison. Percuté par une voiture alors qu’il était à vélo, le garçon de 15 ans finit par succomber à ses blessures. Un choc énorme pour Bennedict, qui, au-delà de perdre son grand frère, perd en plus un un guide, un mentor, un rayon de soleil dans une vie tempêtueuse. C’est décidé, Ben ne lâchera plus jamais le basket, et se battra jusqu’au bout pour réaliser le rêve de son grand frère, qui était de jouer en NBA. Sans le soutien de sa sœur, partie étudier à 1 400 kilomètres du Canada, le chemin est compliqué. Le gamin fait des mauvaises rencontres, fréquente des personnes peu recommandables mais finit tout de même par se faire repérer par un scout de la NBA Academy Latina America basée à Mexico, alors qu’il est encore au lycée. Qu’importe, l’appel de la balle orange est trop fort et Bennedict finit par accepter l’invitation pour partir étudier au Mexique. Ben ne parle pas la langue mais s’adapte vite et passe finalement deux années là-bas, avant de rejoindre l’université.

À sa sortie de l’académie, Mathurin dispose de trois offres universitaires assez prestigieuses. Dayton, Arizona et Washington State. Finalement, le Canadien opte pour la seconde option, et s’envole pour les Etats-Unis. Dès sa première saison chez les Wildcats, Bennedict montre de belles choses. Athlétiquement, l’arrière est largement au-dessus du lot et fait beaucoup de bien en sortie de banc. Ses stats sont d’ailleurs franchement honorables pour un freshman (11 points, 5 rebonds à 41% de loin en 25 minutes). Après un premier exercice abouti, Ben décide d’inscrire d’inscrire son nom pour la Draft 2021, nom qu’il retirera très vite d’ailleurs, faute de certitudes quant à son avenir en NBA. Après une jolie parenthèse Coupe du Monde U19 2021 avec le Canada, durant laquelle le futur Pacer et ses copains décrochent le bronze, Mathurin rempile pour une saison avec Arizona. Pari payant puisque le gamin de Montréal roule sur la Pac-12 au point de finir MVP de sa Conférence.

Même chose durant la March Madness, où BM porte les Wildcats jusqu’au Sweet Sixteen, avant de se faire sortir par une équipe de Houston pourtant largement outsider. Cette défaite marque donc la fin de l’aventure universitaire pour Bennedict Mathurin, qui aura changé de dimension en deux années seulement. D’espoir incertain, le gamin passe au statut de joueur confirmé et annoncé dans les dix premiers choix de la Draft 2022. Statistiquement aussi, les progrès sont flagrants puisque l’arrière compile désormais quasiment 18 points, 5,6 rebonds et 2,5 passes par match. Finalement, vous connaissez la suite aussi bien que nous, Ben est sélectionné par Indiana en sixième position, est très bon en Summer League et se permet même un brin de trashtalking sur un certain LeBron James. Une ascension fulgurante donc, pour un garçon à l’histoire hors-norme et dont les prochaines lignes devraient bientôt s’écrire juste sous nos yeux.

Bennedict Mathurin a vraisemblablement tout pour faire partie des belles histoires de la NBA. Endurci par la vie et doté d’une confiance en lui à toute épreuve, ce garçon pourrait bien être l’un des visages de la nouvelle vague canadienne qui déferle actuellement sur la Grande Ligue. De quoi redonner le sourire à une franchise d’Indiana pour qui la saison prochaine s’annonce compliquée. 

Sources texte : Indystar / CBC / Le National

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