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Hall of Fame : 5 discours d’intronisation marquants qui nous ont fait sourire ou pleurer au cours des 5 dernières années

Allen Iverson hall of fame

Ils manient aussi bien la balle orange que la plume.

Source image : YouTube

Qui dit cérémonie du Hall of Fame dit forcément discours all-time et paquet de mouchoirs à proximité pour s’essuyer la joue en scred. Avant une nouvelle soirée teintée d’émotion la nuit prochaine, retour sur les cinq discours les plus marquants de ces cinq dernières années.

Des speechs, il y en a eu un paquet à Springfield depuis des décennies. On a même déjà confectionné un petit florilège des meilleurs discours prononcés sur l’estrade du Hall of Fame depuis sa création en 1959. Qu’elles soient préparées et écrites en avance, à la virgule près, ou plus improvisées, ces prises de parole sont toujours de grands moments. Dans une salle remplie de pointures de notre sport, les plus grands acteurs de l’histoire du basketball se succèdent donc sur la scène pour exprimer leur amour pour ce jeu et leur gratitude envers toutes les personnes qui leurs ont permis d’arriver jusque là. Parfois, cela donne même lieu à des memes intemporels comme lorsque Michael Jordan a fondu en larmes devant des centaines de caméras braquées sur lui. Ces dernières années aussi, du beau monde est passé derrière le micro du Hall of Fame et voici cinq discours qui nous ont filé la chair de poule ou qui nous ont fait rire aux éclats en direct. Pas de panique pour les plus allergiques à la langue de Shakespeare, tous ces beaux monologues ont été traduits en intégralité par TrashTalk et il n’y a qu’à cliquer sur le lien correspondant pour accéder à leur version intégrale. Ne nous remerciez pas, c’est cadeau !

# Shaquille O’Neal (classe 2016)

On commence avec du lourd, au sens propre comme au figuré. Bien ancré dans le plancher de l’estrade, derrière son pupitre minuscule, le Shaq nous a encore surpris avec de jolies anecdotes. Comme quoi, on peut avoir écrit X autobiographies, donné des milliers d’interviews, s’être reconverti dans un job de chroniqueur à la télé et ne pas encore avoir tout raconté. Et comme la retraite sportive ne lui a pas fait perdre son humour, c’est quasiment un one-man show de stand-upper professionnel qu’il nous a livré là. Les punchlines ont fusé aux quatre coins de la salle et les personnes épargnées peuvent s’estimer heureuses.

Morceaux choisis :

Mon père est rentré chez moi un jour, j’étais allongé dans mon canapé, les pieds puants en l’air, et il m’a lancé un journal en me disant : ramène ton cul, il y a un coach universitaire qui est là, tu dois l’écouter car il pourrait t’obtenir un cursus universitaire. Je faisais 2m06 et ne savais clairement pas jouer, je n’allais pas atteindre l’université. Donc j’y vais, mais avant d’y aller je me dis que c’est un coach universitaire, donc il faut que je lui montre que je suis intelligent en sortant un grand mot : je prends un dictionnaire, et le mot que je choisis est « extrémités ». Coach Brown fait son speech devant moi, puis je lui dit… ‘Bonjour, coach, mon nom est Shaquille O’Neal, pourriez-vous me transmettre un programme afin de renforcer mes extrémités inférieures ?’ Et là, il m’a demandé depuis combien de temps j’étais à l’armée, sauf que je lui ai dit que je n’y étais pas encore, car j’avais 13 ans. Il a dit, ‘quoi ?! Où est ton père ? Je veux t’offrir une bourse immédiatement.’ Et il me l’a offerte ce jour-là : coach, merci.

[…]

J’aimerais remercier Penny Hardaway, on a eu des années impressionnantes ensemble. J’aimerais remercier Nick Anderson, pour avoir loupé ces 4 lancers de suite lors de mes toutes premières Finales. Je rigole, Nick, mais en écrivant ce speech, je me suis dit que ce serait marrant de voir un terrible tireur de lancers en critiquer un autre. Puis j’ai pensé que j’aurais dû écouter Rick Barry. Et ensuite je me suis dit que je n’aurais pas de soucis à être un terrible tireur de lancers si dans… 15 minutes j’allais être Hall of Famer. Donc Rick, merci mais non merci. Je suis trop grand pour tirer à la cuillère.

# Allen Iverson (classe 2016)

Même année que le Shaq, autre destinée complètement hallucinante. En une grosse demi-heure, The Answer balaye toute sa carrière en prenant le temps de remercier toutes les personnes qui lui ont tendu la main à un moment dans sa vie. Son coach à l’université, John Thompson, mérite sans aucun doute un bout de ce titre de Hall of Famer pour avoir osé donner une nouvelle chance à ce jeune adolescent à problèmes et incapable de choisir entre ses deux sports de prédilection. Le talent s’est occupé de faire le reste, puisqu’il est bien connu qu’AI3 n’avait pas besoin de s’entraîner. On ne sait pas s’il a répété avant son discours, mais ce Allen Iverson apaisé fait plaisir à voir.

Morceau choisi :

J’aimerais remercier Coach Thompson… pour avoir sauvé ma vie, pour m’avoir donné cette opportunité. J’étais recruté par toutes les écoles du pays, en foot américain comme en basket, puis un incident a eu lieu au lycée et tout s’est envolé. Plus aucune équipe, plus aucune école ne voulait me recruter. Ma mère est allée à Georgetown et l’a supplié de me prendre, de me donner une chance, et il a accepté. Et c’est fou de penser que vous êtes le meilleur joueur de foot américain au monde, ce qui était le cas, et d’être aujourd’hui ici, au Hall of Fame du basket. Maintenant… dites-moi que Dieu n’est pas bienveillant.

# Yao Ming (classe 2016)

Décidément, 2016 était une classe à part dans l’histoire récente du Hall of Fame. Et qui de mieux que la légende chinoise pour ouvrir le bal de cette cérémonie avec un discours à la fois solennel et presque philosophique ? L’anglais n’est pas toujours parfait mais le language du basketball est universel et Yao Ming le maniait comme aucun autre big man de sa taille.

Morceau choisi :

Toutes ces individualités sont des étoiles qui… veuillez m’excuser pour mon anglais. Toutes les étoiles forment une galaxie dans l’univers du basket. Ce jeu a inspiré des millions de gens autour du monde. En faisant partie de ces personnes, je ferai ma part du boulot en continuant à développer ce magnifique sport, et nous sommes tous impatients de voir les stars de demain qui émergeront pour briller.

# Ray Allen (classe 2018)

Quand le meilleur shooteur de l’histoire est introduit par un autre sniper all-time, à savoir Reggie Miller, c’est forcément un grand moment. En attendant de faire une place à Stephen Curry un jour où l’autre, parmi les records et au Hall of Fame, Ray Allen a profité de ce temps de parole pour rappeler son background. Elevé à la dure par un père militaire, on comprend mieux l’éthique de travail qui lui a permis de devenir recordman du nombre de bombes longue distance et de décrocher deux titres avec les Celtics et le Heat. Il fallait en avoir dans le short pour rentrer ce tir au Game 6 des Finales 2013, comme il en fallait pour dunker sur… son père étant plus jeune.

Morceau choisi :

Mon père est le meilleur shooteur de la famille, il peut tirer main droite comme main gauche. Mais un jour, j’ai su où j’allais dans ma vie. On jouait ensemble le samedi et le dimanche matin, et un certain matin il m’a laissé seul. J’étais énervé, j’ai donc appelé des amis et on est allés le rejoindre à la salle. Le problème pour lui, c’est qu’on s’est retrouvés tous les deux dans des équipes opposées. Et c’est la première fois qu’il a pu voir la partie inférieure de mes chaussures. Comment dunker sur son propre père et ne pas se sentir mal ? Honnêtement, c’est là que j’ai pensé être enfin arrivé à maturité.

# Jason Kidd (classe 2018)

On ne va pas refaire l’arbre généalogique des meneurs originaires d’Oakland. Disons juste que Gary Payton est le Papa d’une grande famille. Parmi elle ? Le petit Jason Kidd a une place de choix et c’est logiquement que l’aîné a introduit le plus jeune au Hall of Fame des années plus tard. Dans son discours, le co-ROY 1995 évoque l’inspiration de son alter-égo, Grant Hill, ou encore le bonheur de soulever le trophée Larry O’Brien dans l’équipe qui l’a drafté et Dirk Nowitzki a même droit à sa petite joke. Comme sur un parquet, Jason Kidd s’est assuré de régaler tout le monde dans son discours.

Morceau choisi :

J’aimerais remercier Gary Payton, qui me présente ici ce soir. J’ai connu Gary depuis que je suis petit du côté d’Oakland. Il était plus vieux que moi, et c’est lui qui a installé en moi les bases pour jouer dur et savoir comment travailler dur. Merci à toi. Je peux honnêtement dire que je ne serais pas devant vous ce soir si Gary ne m’avait pas donné la confiance en moi de jouer ainsi au fil des années. Merci d’être là pour refermer ce cercle, en ayant été présent quand tout a commencé et en étant maintenant ici ce soir. Cela fait pas mal de choses de racontées sur lui (rires).

On range ses mouchoirs et on prépare son plus beau costume. Ce soir, de nouveaux discours nous attendent avec leur lot d’anecdotes, de punchlines et de déclarations d’amour. On sera évidemment présents pour mater tout ça en direct, comme un match, parce que même après leur retraite les Hall of Famers continuent de marquer l’histoire.

Source : Hall of Fame

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