One-on-One

Le discours de Ray Allen au Hall of Fame, entièrement traduit sur TrashTalk

C’est vendredi soir, du côté de Springfield dans le Massachusetts, que l’intronisation de la cuvée 2018 au Hall of Fame a eu lieu. Ray Allen a donc monté les marches et délivré un beau discours, qu’on vous propose en VOSTFR ci-dessous.

Parce qu’on n’a pas tous fait Anglais LV1 ou qu’on a la flemme, parce qu’il manque du vocabulaire ou qu’on souhaite un peu de lecture, vous pourrez retrouver les paroles du sniper dans les paragraphes un peu plus bas. Ray Allen a été accompagné par un certain Reggie Miller afin d’entrer au paradis des basketteurs, les deux hommes ayant évolué dans l’élite des shooteurs all-time. Avec une carrière aussi inoubliable que spectaculaire, Jesus a remercié de nombreuses personnes présentes dans les franchises où il a joué. Chacun y trouve sa petite dédicace, et on voit tout le background militaire de sa famille dans un speech aussi solide que bien ordonné. Impeccable dans son costard, Ray fait donc son entrée au Hall of Fame après 18 petites minutes sur le podium : on vous laisse avec le texte ci-dessous, et une anecdote bien fun sur son premier poster dans la tête de son père.

Enfin ! Je réfléchissais à l’instant en étant assis, après avoir écouté de très beaux discours ce soir. Et il y a une personne qui est absente ce soir, dont je dois mentionner le nom. Il s’agit de Michael Jordan. Âgé de 14 ans, j’était assis dans ma chambre et je le voyais à la télé passer ligne de fond, s’élever dans les airs, prendre le contact, lancer la balle par-dessus la planche et mettre son panier. Et on aurait dit qu’il avait fait tout ça sans regarder le panier. Et je me suis dit, je dois être capable de faire ça. Je dois pouvoir y arriver un jour. Donc où que tu sois, Michael j’aimerais que tu saches que j’ai grandi en voulant devenir comme toi.

Alors que je me tiens ici devant vous ce soir, je sais que de nombreuses personnes m’ont célébré en tant que grand shooteur, un des meilleurs de l’histoire. Mais ce que je sais, c’est que la personne qui me présente ce soir, Reggie Miller, est le meilleur shooteur que j’ai vu de toute ma vie. Merci à toi. Reggie a eu un effet unique sur ma carrière, notamment les débuts. Je pensais que j’allais être seul sur le terrain quand j’arrivais tôt pour m’entraîner, et il était déjà là. Il portait un t-shirt de Superman. Et quand vous voyez votre adversaire porter cela, vous vous demandez comment vous allez battre Superman ce soir. C’était impossible de défendre sur toi, Reggie. Reggie prenait mon bras, m’emmenait dans une direction et partait dans la suivante. Et les entraîneurs s’énervaient contre moi, mais je ne savais pas comment faire, Coach Calhoun ne m’avait jamais appris ça en université. J’ai tant appris de toi, j’apprécie t’avoir comme exemple à suivre, j’apprécie la barre d’excellence que tu as su placer, et quand j’ai battu ton record je ne savais même pas qu’il existait. Donc merci à toi, pour tout ce que tu as fait pour moi et pour ce sport. Dans ma tête, Reggie semblait avoir un plan et une solution pour tout. Je savais que je devais m’imposer un plan si je voulais réussir en NBA.

Donc quand j’étais petit, j’ai grandi à différents endroits car mon père était dans l’armée. Il bossait dans la Air Force. Mon père était un sacré athlète, il jouait au basket et au foot américain dans les bases où nous vivions. Ma mère jouait aussi au basket, elle jouait dur, son surnom c’était « le semi-remorque ». Elle roulait sur vous si vous osiez vous mettre sur son chemin. Le basket a été le sport de cette famille, c’est sûr. Et mes parents ont planté en nous tous une grosse graine de compétitivité. Moi, mon frère, mes deux soeurs, on jouait à tous les sports. Donc essayez d’imaginer dans notre maison, la bataille qui se livrait pour avoir la télécommande de la télé entre ses mains.

Quand j’étais petit, j’ai été coaché par deux des hommes les plus influents sur toute ma vie, Jeff Lynch et Phil Pleasant. Merci à eux. Ils m’ont appris les fondamentaux du jeu, ceux qui allaient me transporter tout au long de ma carrière, et m’ont fait comprendre qu’il fallait tout un village pour élever un enfant. Plus jeune, nous avons déménagé dans la base Air Force de Caroline du Sud, où j’ai atteint un autre niveau de jeu. C’est au lycée que j’ai ensuite poli mon jeu, sous les ailes de Jim James Smith. J’ai joué chaque weekend avec mon père sur le terrain de la base Air Force. Et les gars sur place ne me faisaient pas de cadeau, c’est là que j’ai grandi le plus. J’ai passé l’été à jouer sur le circuit AAU, ce qui a attiré des coachs venant des quatre coins du pays. Et un en particulier, Jim Calhoun.

Sous ses ordres, j’ai appris à mieux bosser, à mieux me battre, à mieux me conduire, même à prendre le petit-déjeuner, des choses qui sont avec moi chaque jour aujourd’hui. Il y a longtemps, coach me voit quitter le terrain à l’entraînement avec mes coéquipiers, c’était un super entraînement et je pensais avoir bien joué. Il m’appelle sur le côté, et il me demande si j’ai rentré 100% de mes tirs. Je lui dit que non, mais environ 85%. On s’est regardés, et j’ai compris ce qu’il voulait me dire. Si tu veux devenir spécial, il faut faire ces choses spéciales que les autres joueurs refusent de faire. Et pour cet exemple notamment, je voudrais te remercier coach car je suis ici et ce que je suis grâce à toi.

C’est à l’université de Connecticut que j’ai créé les liens les plus forts, mes amis les plus proches, mes frères. Tant de joueurs qui m’ont aidé à comprendre qui je suis. Puis mon arrêt suivant fût la Draft où j’ai été sélectionné en cinquième position, pour aller à Milwaukee dans le Wisconsin. J’y ai passé 6 très belles années et demi. J’ai eu de très bons coéquipiers, et de bons coachs qui m’ont appris à mieux comprendre le jeu. Ensuite, j’ai été à Seattle dans l’état de Washington, où j’ai passé 4 belles années et demi également. C’est là que j’ai appris comment être un pro et un leader à la fois. J’ai été All-Star là-bas, j’ai joué quelques matchs de Playoffs, mais je n’ai jamais pu toucher le Graal. Ce qui est finalement arrivé lors de ma douzième saison, chez les Boston Celtics. J’y ai joué avec de futurs Hall of Famers comme Paul Pierce ou Kevin Garnett, et je n’avais jamais imaginé dans mes plus grands rêves que je pourrais vivre ceci. Et pour que cela se produise, il fallait un esprit basketteur et bien-pensant, ce que j’ai eu en Danny Ainge. Merci Danny. Puis lors de ma dix-septième saison, j’ai atterri dans la glorieuse franchise du Miami Heat où j’ai remporté mon second titre, en jouant avec de futurs Hall of Famers comme Chris Bosh, Dwyane Wade et LeBron James. Ce qui, là aussi, n’aurait pas pu avoir lieu sans la bienveillance d’Erik Spoelstra et Pat Riley, donc merci à eux deux.

Ces deux années, comme de nombreuses personnes le savent dans cette salle, ont été deux des années les plus dures de ma vie. Le travail chaque jour et le sentiment de ne jamais être assez bon nous a permis de rester motivés. J’ai appris ceci, lors des soirs où j’ai remporté un titre. Vous pensez que vous voulez sortir, faire la fête et célébrer cet accomplissement, mais vous réalisez lors de ces soirées que vous n’avez pas remporté le titre à cet instant précis. Vous voulez un titre certains jours, quand vous vous levez, quand vous avez 4 matchs en 5 jours, quand vous allez à l’entraînement, mais c’est ainsi que vous devenez un champion. C’est en répétant ces habitudes un peu ennuyantes, se lever, prendre le petit déjeuner, aller à la salle, faire de la cardio, aller au terrain, pousser de la fonte et prendre ses tirs. Ceci fût ma routine, chaque jour. Et ce qui est incroyable, c’est que j’adorais cela. Et je ne voulais être nulle part ailleurs.

Mais en faisant de tels choix, vous savez que vous allez aussi sacrifier certaines relations. Beaucoup de monde dans cette salle en est conscient. On est à la recherche de la perfection dans notre domaine, ce qui nous fait louper des vacances, des anniversaires, et d’autres activités à la maison. Et tout au long de cette aventure, j’ai eu une incroyable partenaire à mes côtés. Ma femme, Shannon. Tu as été le partenaire ultime, GM, fan, ramasseuse de balle, tu as tout fait. Et si beaucoup de personnes ont vu ce que j’ai réalisé sur les parquets, c’était toi qui gérait dans les coulisses. Mon repas d’avant match, mes chaussures si je les laissais à la maison, tu as fait ces sacrifices et je ne serais pas là ici sans cela donc merci.

Cet honneur n’est pas pour moi seulement, il s’agit de nous tous. On a tous fait des sacrifices. Ma mère, merci à toi, tu as installé l’excellence en moi. Même quand je n’y croyais pas, tu me disais que personne n’est meilleur que moi. Mon père est le meilleur shooteur de la famille, il peut tirer main droite comme main gauche. Mais un jour, j’ai su où j’allais dans ma vie. On jouait ensemble le samedi et le dimanche matin, et un certain matin il m’a laissé seul. J’étais énervé, j’ai donc appelé des amis et on est allés le rejoindre à la salle. Le problème pour lui, c’est qu’on s’est retrouvés tous les deux dans des équipes opposées. Et c’est la première fois qu’il a pu voir la partie inférieure de mes chaussures. Comment dunker sur son propre père et ne pas se sentir mal ? Honnêtement, c’est là que j’ai pensé être enfin arrivé à maturité. Et une grande partie de cette maturité et cette expertise vient de Walter Ray Allen Senior, donc merci papa.

Mes frères et soeurs, quoi que je fasse vous m’avez toujours rappelé que je devais représenter notre nom de famille, donc merci pour avoir toujours poussé votre frère et été derrière lui. Vous m’avez donné le courage suffisant pour devenir le joueur que je pensais pouvoir devenir, et que vous saviez que je pouvais devenir.

Mes enfants, vous êtes ce qu’il y a de mieux en moi, vous êtes mon héritage. Je vous aime tous. J’ai appris dans la vie que les enfants retiennent tout ce qu’on fait. Ce qu’on dit et ce qu’on ne dit pas, ce qu’on ne fait pas. Je devais donc être un exemple pour eux, et nous devons tous être des exemples pour nos enfants, afin de donner la marche à suivre dans nos communautés.

Je dis à tout le monde que cette balle orange est vraiment magique. Ce que j’ai pu faire avec, les personnes que j’ai pu rencontrer avec, les endroits que j’ai pu visiter avec, c’est incroyable. J’ai pu participer aux Jeux Olympiques en 2000, merci USA Basketball pour m’avoir offert la possibilité de me retrouver sur cette plateforme, afin de représenter ce magnifique pays. Merci à mes coéquipiers également, ce fût une incroyable aventure. Et je voudrais maintenant dire merci, à tous ceux qui y ont pris part. J’ai appris tout ce que je sais aujourd’hui, en jouant auprès de nombreux coéquipiers dans chaque ville.

J’aimerais remercier tous les coachs que j’ai pu avoir dans ma carrière. Ils ont tellement fait pour moi qu’aujourd’hui je les entends encore dans ma tête, je les entends me dire de retourner en défense dès que je me réveille le matin. J’aimerais aussi remercier les bases militaires dans lesquelles j’ai vécu et les gens qui y travaillaient. Merci à toutes ces personnes, qui défendent et représentent notre pays dans le monde entier. Si je n’avais pas été en NBA, j’aurais très certainement été avec ces personnes, protégeant ce pays.

J’aimerais remercier les villes, qui m’ont accueillies, et m’ont autorisé à devenir un membre de leur communauté. J’ai aimé chaque ville dans laquelle j’ai joué, j’y ai rencontré des personnes exceptionnelles, et ces villes seront dans mon coeur pour toujours. Mon seul regret est d’avoir été obligé de partir à chaque fois, mais je veux que vous sachiez que vous serez pour toujours dans ma famille et je serai pour toujours dans la votre.

Je ne crois pas au talent. Je suis ici aujourd’hui car j’ai bossé toute ma vie. Sans ce travail, personne dans cette salle ne connaîtrait mon nom sauf les membres de ma famille. Donc je voudrais dire ceci, à tous les enfant qui nous regardent, et espèrent être comme nous un jour en se tenant sur cette scène. Travaillez dur, et prenez part à cette grande aventure qui sera la votre.

Merci le Hall of Fame, merci les autres intronisés de ma classe, quelle incroyable cuvée. Pouvoir jauger ma carrière avec certaines d’entre elles, des joueurs contre qui j’ai joué, des joueurs que j’ai admiré, vous avez placé de très hauts standards pour nous tous et vous continuez à le faire. Je suis donc honoré de faire partie de cette cuvée 2018. Merci à tous.

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