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30 Reviews en 30 jours – Philadelphia Sixers : bipolarité et manque de spacing, les deux concepts-clés de la campagne de Philly

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On tire la même gueule quand on voit l’irrégularité des Sixers cette saison…

Source image : NBA League Pass

Alors qu’on ne sait pas aujourd’hui à quelle sauce la NBA sera mangée en ce qui concerne la saison 2019-20, TrashTalk prend les devants et fait le point sur une régulière qui pourrait bien avoir rendu son tablier. Franchise par franchise, c’est parti pour un bilan complet de ce qu’il ne fallait pas rater du 20 octobre au 10 mars, parce que c’est bien beau mais ici on a décidé de ne pas se laisser abattre. Ce que l’on annonçait, ce que ça a finalement donné, qui a assuré, qui a chié, quoi de prévu pour demain, une belle tripotée de questions et déjà pas mal de réponses pour patienter tranquillement avant… les Playoffs ? Allez, let’s go, parce que la NBA ne s’arrête jamais vraiment.

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Ce qu’on avait annoncé

Autour des 55 victoires, avec la deuxième place à l’Est, voire même la première pour certains. Comme beaucoup de monde, on voyait les Sixers parmi les toutes meilleures équipes de leur conférence après le cruel échec de la saison dernière face aux Raptors de Kawhi Leonard. Avec le déménagement de ce dernier vers le soleil de Los Angeles, les Sixers étaient avec les Bucks les deux favoris pour finir au sommet de la hiérarchie. Ils avaient certes perdu deux éléments importants de leur roster avec les départs de Jimmy Butler et JJ Redick, mais les arrivées d’Al Horford et Josh Richardson laissaient penser que l’effectif était suffisamment armé pour jouer une place en Finales NBA.

Le bilan

Bon, alors, pas mal de choses à dire sur cette équipe des Sixers. Premier constat, on a assisté à l’une des équipes les plus bipolaires de l’histoire. Intraitables à domicile, pathétiques à l’extérieur, les hommes de Brett Brown ont été incapables d’amener leur talent en dehors de Philadelphia. 29 victoires en 31 matchs au Wells Fargo Center, 10 succès pour 24 défaites en déplacement, pour un bilan global de 39-26 et une très décevante sixième place à l’Est. On a envie de dire, « WTF les gars ?! ». Dans certains matchs, comme à Noël face aux Bucks par exemple, on a eu l’impression de voir l’une des meilleures équipes de la NBA et un vrai candidat au titre. Et dans d’autres, à l’extérieur, les Sixers semblaient complètement perdus. Cette bipolarité fut donc l’un des grands thèmes de la saison à Philly. L’autre grand thème, c’était le manque de shooteurs, qui a fait très mal à cette équipe. Pendant toute la saison, le groupe a galéré pour trouver son équilibre à cause notamment de ce manque de spacing. Certains adversaires n’ont pas hésité à défendre en zone face aux Sixers et ces derniers ont souvent été gênés. On a vu notamment un Joel Embiid pas toujours dans son assiette, limite en crise d’identité, et un Brett Brown dans le dur pour trouver des solutions. Pour essayer de remédier à ces problèmes, le coach de Philly a mis Al Horford dans un rôle de remplaçant début février, le management a tenté des transferts à la deadline, mais on n’a pas vraiment eu le temps de voir ce que tout ça pouvait donner sur le terrain, surtout avec les blessures de Ben Simmons et Joel Embiid. Parce que oui, ces deux-là sont passés par l’infirmerie cette année, sans oublier Josh Richardson également. Faut pas oublier qu’on est à Philly, les blessures c’est comme une tradition. Mais faut voir le côté positif, ça a permis à un jeunot comme Shake Milton d’exploser lors des trois semaines qui ont précédé l’arrêt de la saison.

L’événement marquant

En parlant de blessures, celle de Ben Simmons inquiète. Gêné par son dos aux alentours du All-Star Break, il s’est re-blessé lors de la rencontre face aux Bucks du 22 février dernier. Il n’a ensuite pas joué la moindre minute jusqu’à la suspension de la saison. Son diagnostic ? Un nerf coincé au bas du dos et une absence jusqu’à nouvel ordre. Ça pue ça. Le 11 mars dernier, on a appris que son absence allait durer au moins trois semaines supplémentaires, lui qui était censé se faire réévaluer aux alentours de début avril. Premier rempart défensif et gros playmaker de l’autre côté du terrain, Ben Simmons est évidemment un pilier du collectif de Philly et on n’aime pas trop quand un joueur souffre du dos comme ça. Mais avec la suspension de la saison, ça laisse du temps aux Sixers et à Ben pour traiter du mieux possible cette blessure, afin de bien revenir par la suite si la campagne 2019-20 venait à reprendre. En tout cas, c’est ce qu’on lui souhaite, hein Laurent.

Les petits nouveaux

Ses statistiques offensives (4,7 points, 35,2% à 3-points) ne sautent pas aux yeux, mais Matisse Thybulle a fait du bruit à Philly cette saison. Réputé pour sa défense, le produit de l’université de Washington – sélectionné en 20è position de la Draft – a foutu un sacré bordel au sein des attaques adverses (1,4 interception et 0,7 contre en 19,5 minutes par match). C’est simple, lors de la première partie de saison, il s’est imposé comme une référence défensive en NBA, et a plusieurs fois fait des différences quand son équipe avait besoin d’un coup de boost. Son impact global a été plus faible au cours des dernières semaines précédant la suspension de la saison, mais on peut dire qu’il s’est illustré chez les grands. Dans un registre un peu similaire, le rookie de 27 ans Norvel Pelle – non drafté en… 2014 – a enfin eu quelques opportunités pour se montrer au plus haut niveau, participant à 20 rencontres et tournant à 1,3 contre de moyenne en même pas 9 minutes par match ! Une vraie machine à contrer ce mec, toujours là quand il s’agit de sauter un peu partout. Enfin, on va aussi mentionner le nom de Marial Shayok, histoire de faire le nombre. Vous n’avez probablement jamais entendu parlé de lui, et c’est bien normal car c’est un joueur de G League qui n’a participé qu’à deux matchs avec les Sixers cette saison.

L’image de la saison

On voulait vous mettre la baston Joel Embiid vs. Karl-Anthony Towns mais comme on a déjà parlé du sujet dans la review des Wolves, on a décidé de revenir sur le miracle de la saison à Philly : Ben Simmons a marqué un 3-points en saison régulière, ce qui n’était jamais arrivé de toute sa carrière. On répète, Ben Simmons a marqué un 3-points en saison régulière. Ce n’est pas une blague, ce n’est pas un fake, la preuve en vidéo. Et devinez quelle équipe était à la place du con ? Les Knicks, bien évidemment. C’était le 20 novembre dernier. Les Knicks pourront cependant se consoler en se disant qu’une autre équipe a subi la foudre Ben, à savoir les Cavaliers quelques semaines plus tard. Quel sniper ce Simmons !

La suite des événements 

On ne sait pas ce qu’il va se passer avec la saison NBA 2019-20, et ça donne encore plus d’incertitudes autour de ces Sixers, dont les résultats en Playoffs auraient pu déterminer plusieurs éléments. Le coach Brett Brown sera-t-il encore à Philly la saison prochaine ? En cas d’échec en postseason, un scénario crédible vu les galères des Sixers cette année, la réponse aurait sans doute été non. Si la saison est annulée, il faudra voir ce que va décider la franchise de Philly. Quid du duo Ben Simmons – Joel Embiid ? Les Sixers vont-ils un jour casser ce tandem, souvent pointé du doigt pour son manque de complémentarité ? Quant à Al Horford, Philadelphia pourrait tenter de le transférer au cours de l’intersaison afin d’obtenir un joueur qui répond mieux à leurs besoins, même si ça risque d’être tendax vu son contrat (il lui reste trois saisons à environ 27 millions par année, avec la dernière partiellement garantie). Ça fait beaucoup de questions et de points en suspens pour une franchise ambitieuse mais qui semble dans l’impasse, et qui est blindée au niveau du salary cap (118 millions de dollars dépensés sur le quatuor Joel Embiid – Ben Simmons – Tobias Harris – Al Horford). Une bonne nouvelle quand même, les Sixers auront pas mal d’options à la prochaine Draft avec cinq choix à l’heure de ces lignes (un premier tour). Quelque chose nous dit qu’ils chercheront des shooteurs.

  • Si la saison régulière reprenait : les Sixers chercheraient à obtenir le quatrième spot de l’Est afin d’avoir l’avantage du terrain au premier tour des Playoffs.
  • Si les Playoffs commençaient « demain » : sixièmes à l’Est, une opposition face à Boston sans l’avantage du terrain, compliqué comme premier tour.

Décevants, frustrants, irréguliers, mais toujours talentueux, les Sixers ont été difficiles à suivre cette année. Ils faisaient partie des candidats au titre en début de saison, mais beaucoup ont perdu la foi avec cette équipe. On verra comment les choses vont évoluer dans la ville de l’amour fraternel mais ça sent quand même le changement dans un avenir proche. 

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