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La question de la mort à Philly : est-il venu le temps de virer Brett Brown pour maximiser le duo Joel Embiid – Ben Simmons ?

Avec les galères de la saison régulière chez les Sixers, il fallait qu’on se penche sur le dossier.

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Considérés comme l’un des grands favoris à l’Est avant le début de la saison, les Sixers ont montré un double visage assez inquiétant cette année et les doutes à leur sujet n’ont cessé d’augmenter. L’une des grandes questions qui est ainsi revenue sur la table concerne la complémentarité entre Joel Embiid et Ben Simmons, et la capacité du coach Brett Brown à maximiser leur talent pour emmener Philadelphia au bout. 

« Je suis convaincu que ces deux-là gagneront un titre dans leur carrière et sans aucun doute, ils peuvent coexister. Le contraire est un mythe. […] Ils ont besoin l’un de l’autre. »

Ces mots, retranscrits par USA Today, sont sortis de la bouche de Brett Brown au début du mois de mars, en réponse aux nombreux doutes qui entourent le duo de All-Stars composé de Joel Embiid et Ben Simmons. Des doutes qui n’ont peut-être jamais été aussi grands. Parce que cette saison, en régulière, les Sixers n’ont pas répondu aux attentes, loin de là. On les voyait en haut de la Conférence Est, à la lutte avec les Bucks pour la première place ou au moins deuxièmes dans la hiérarchie. Mais on a eu un scénario bien différent. Les hommes de Brett Brown ont été aussi dominants à la maison qu’à la rue en déplacement. Cette irrégularité et cette incapacité à jouer un basket de qualité hors de leurs bases ont fait chuter Philadelphia jusqu’à la sixième place de la conférence, avec un bilan décevant de 39 victoires pour 26 défaites. Ainsi, les débats se sont multipliés sur la complémentarité entre Jojo et Ben. Le premier est à son meilleur niveau quand il évolue sur jeu placé dos au panier, le second fait très mal quand il joue en transition. Embiid a besoin de shooteurs à côté de lui pour avoir un minimum d’espaces près du panier, Simmons est le dernier mec à qui on pense quand on parle shooteurs. Donc clairement, il y a plus complémentaire comme duo. Et dans le même temps, avec leurs blessures respectives cette année, on a vu à quel point l’un pouvait se lâcher quand l’autre était à l’infirmerie. Une rupture semble ainsi être la solution à adopter pour certains. Cependant, il ne faut pas oublier qu’ils sont jeunes (26 ans pour Embiid, 23 pour Simmons), qu’ils possèdent le statut All-Star et qu’ils sont deux des meilleurs défenseurs à leur poste. Alors avant de briser ce tandem, les Sixers feront probablement d’autres changements. Et c’est là que le siège de Brett Brown devient éjectable.

Joel Embiid et Ben Simmons gagneront peut-être un titre ensemble un jour, mais est-ce que ça sera avec l’ami Brett sur le banc ? On peut aujourd’hui en douter. Alors attention, on ne dit pas que Brown est un mauvais coach et que c’est à cause de lui si les Sixers ne répondent pas aux attentes. Au contraire, n’oublions pas son importance pendant la pire période de l’histoire de la franchise et le renouveau de cette dernière. Si l’équipe de Philadelphia est redevenue une place forte de l’Est, c’est en partie grâce à lui, coach emblématique du Process. Pendant des années, alors que les Sixers étaient en mode tanking extrême, BB a coaché l’équipe du mieux qu’il a pu – avec les moyens du bord – et a ainsi joué un vrai rôle dans le projet de Philly. Il fallait être sacrément armé pour subir des cascades de défaites et on connaît plein de coachs qui auraient jeté l’éponge. Une légende comme Gregg Popovich, ancien supérieur de Brett aux Spurs, « aurait tenu un mois » si l’on en croit ses propos d’il y a quelques années. Ensuite, n’oublions pas non plus que Brown a dû se débrouiller avec un effectif assez peu complémentaire cette saison, et en plus touché par les blessures. Beaucoup de talent certes, mais aussi de vraies manques qui ont plombé l’équipe toute la saison. Quand vous n’avez pas suffisamment de shooteurs dans l’effectif, ça devient vite compliqué dans la NBA actuelle et même le meilleur coach ne peut pas faire de miracles. Quand vous avez Joel Embiid qui est obligé de shooter à 3-points parce qu’il n’y a pas assez de snipers dans le roster, ainsi que pour permettre à Ben Simmons d’évoluer près de la raquette, c’est loin d’être idéal. Et c’est là qu’on peut voir l’importance d’un mec comme JJ Redick, aujourd’hui à New Orleans et qui ouvrait des opportunités pour tout le monde. Tout ça pour dire que le management des Sixers possède une grosse part de responsabilité dans les résultats décevants de Philadelphia, et l’échec de l’expérience Al Horford – signé l’été dernier au prix fort (109 millions sur quatre ans) mais pas du tout complémentaire avec Embiid – symbolise bien les choix pas toujours judicieux en coulisses. Beaucoup de dollars ont été dépensés, beaucoup de changements ont été réalisés autour de Jojo et Simmons, et aujourd’hui on a une équipe de Philly qui se cherche toujours.

Maintenant, pour en revenir à Brett Brown, on peut s’interroger sur l’autorité qu’il possède véritablement au sein de son vestiaire aujourd’hui. On peut parler de l’aspect tactico-technique, de manque d’ajustement ou de limites stratégiques aussi longtemps qu’on veut, la légitimité d’un coach aux yeux de ses joueurs est un aspect tout aussi important, voire même plus. Récemment, l’ancien Sixer Jimmy Butler a critiqué Brown en pointant du doigt un manque de clarté au niveau des rôles de chacun. On a aussi eu la version Glenn Robinson III, transféré à Philly au moment de la trade deadline et visiblement en « manque d’explications » par rapport à son rôle dans l’équipe. Si le coach des Sixers s’est défendu, vous comprenez pourquoi certains journalistes locaux ont commencé à vraiment se poser des questions sur sa capacité à bien gérer et motiver ses gars, surtout au vu des performances décevantes de l’équipe et le body langage de certains mecs.

« Oui » a-t-il répondu quand un journaliste du Philadelphia Inquirer lui a demandé début février si les joueurs l’écoutaient toujours. « Je comprends la question, je ne suis pas assez naïf pour ne pas comprendre d’où vient cette question. […] Je veux continuer à les coacher. Quand on atteindra un stade épidémique, c’est-à-dire ce dont vous parlez, je l’admettrai, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

Ça ne sent quand même pas très bon et de l’extérieur, l’impression peut être différente. Quand vous avez un duo comme Joel Embiid – Ben Simmons à maximiser, ça pose problème car ces deux-là – encore jeunes on le rappelle – ont besoin de vraies directives, de leadership sur le banc, et d’un coach qui fait autre chose que de les défendre en public. Aujourd’hui, toutes ces choses manquent à Philly, notamment en l’absence d’un Jimmy Butler. Brett Brown ne semble donc plus vraiment être l’homme de la situation vu la tournure des événements, et il est peut-être venu le temps de mettre quelqu’un d’autre aux commandes. Depuis leur arrivée en NBA, Embiid et Simmons n’ont connu qu’un seul coach et au fil des saisons, il n’est pas impossible que l’autorité de Brown auprès de ses stars se soit peu à peu effritée. Avec un nouveau visage au sein du vestiaire, on verra peut-être enfin Ben tenter des tirs à 3-points, ce qui n’a pas été le cas avec Brett alors que ça représente l’une des clés de son développement personnel mais aussi celui de l’équipe. Avec un nouveau coach, on verra peut-être une meilleure distribution des rôles dans le groupe, avec une hiérarchie mieux définie et ainsi un meilleur équilibre global. On verra, tout simplement, car on ne sait pas pour l’instant de quoi l’avenir de Brett Brown sera fait. Les Playoffs 2020 joueront un rôle crucial dans cela, à condition évidemment qu’ils aient lieu.

Sur le banc des Sixers depuis 2013, Brett Brown fait un peu partie des meubles à Philly. Mais parfois, il faut pousser les meubles pour faire de la place à du neuf et ainsi franchir un cap supplémentaire. Ce moment-là est peut-être arrivé dans la ville de l’amour fraternel. 

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