L’Omni Coliseum : nid des oisillons pendant un quart de siècle

A chaque salle NBA son âme, ses anecdotes et ses bannières accrochées au plafond. Toutes les arènes sont uniques et leurs couloirs cachent bien souvent des secrets qui révèlent leur histoire et leur personnalité. Direction la Géorgie et plus particulièrement Atlanta, pour une visite guidée de l’Omni Coliseum qui accueillait les Hawks entre 1972 et 1997.

La fiche

  • Nom actuel : Omni Coliseum
  • Adresse : 100 Techwood Drive
  • Ville : Atlanta, Géorgie
  • Date d’ouverture : 14 octobre 1972
  • Date de fermeture : 11 mai 1997
  • Démolition : 26 juillet 1997
  • Capacité : 16 378 personnes
  • Propriétaire : ville d’Atlanta
  • Surnom : The Omni, The Egg Box
  • Successeur : Georgia Dome en 1997, puis State Farm Arena en 1999

Histoire

Situé sur Techwood Drive, juste à côté de l’université de Georgia Tech, The Egg Box ouvra ses portes le 14 octobre 1972 aux fans de basket et de hockey sur glace puisque les premiers locataires sont bien les Hawks et les Flames, ces derniers resteront uniquement huit années. Rejoint en 1992 par les Knights, autre franchise de hockey sur patinoire, les Hawks resteront seuls pendant douze ans. Construite par les architectes de Thompson, Ventulett and Stainback, l’enceinte aura coûté 17 millions de dollars. Phénomène intéressant, le bâtiment était censé se solidifier avec le temps avec le concept de « rouille superficielle », on précise censé car cela a créé des problèmes au milieu des nineties. La rouille avait tellement attaqué l’enceinte que des trous énormes permettaient à certaines personnes de s’introduire en rampant et ainsi assister aux rencontres de manière tout à fait illégale. Ce phénomène poussa la franchise à penser à une nouvelle installation, la Philips Arena.

Pour le match inaugural de l’Omni Coliseum, les Hawks recevaient les Knicks en date du 15 octobre 1972, rencontre remportée par les gars de Géorgie avec un Big Three composé de Lou Hudson (32 points), Pistol Pete (28 points) et Walt Bellamy (25 points). Ce sera suffisant pour battre Dave DeBusschere, Phil Jackson et Walt Frazier et ainsi sécuriser la première victoire à domicile. Les fans des Faucons avaient 16 378 sièges disponibles pour un coût moyen de 8 dollars en 1980 et près de 20 dollars au début des années 1990. Au niveau du parquet, le logo de la franchise n’apparaissait pas dans le rond central, resté vierge, mais derrière la ligne à trois points, de chaque côté du terrain. On retrouvait aussi l’emblème de l’Omni en face de celui de la franchise. La raquette et les bords du terrain étaient de couleur rouge, sans inscription quelconque en dehors du parquet.

Enceinte multiculturelle, elle accueillait des concerts en dehors des jours de matchs et de combats ce qui faisait alors près de 150 événements annuels du côté de la Géorgie. En ce qui concerne le basket, l’arène accueille le Final Four féminin en 1993 ainsi que celui des hommes en 1977. De plus, la ville d’Atlanta est choisie pour organiser le All-Star Game de 1978 au cours duquel Randy Smith remportera le trophée du meilleur joueur, évoluant à ce moment dans l’équipe des Buffalo Braves. A propos des records, Dominique Wilkins détient celui au scoring avec 57 pions plantés contre les Nets le 10 avril 1986 puis contre les Bulls le 10 décembre 1986. Le pivot Kevin Willis goba 33 rebonds contre les Bullets le 19 février 1992 alors que son coéquipier Mookie Blaylock distillera 23 assists contre le Jazz le 6 mars 1993. Heureusement que Trae Young n’a pas joué et ne jouera pas sur ce parquet, il aurait raflé deux de ces trois records.

Meilleur souvenir à l’Omni Coliseum

Avec des échecs à répétition en Playoffs malgré de bons résultats en régulière, les Toronto Raptors de l’époque avaient l’un des joueurs les plus dominants. Bien plus qu’un simple dunkeur comme on peut l’entendre parfois, Dominique Wilkins pourra répondre qu’on ne plante pas 26 668 points en carrière juste en dunkant. Ce dernier restera gravé dans les mémoires des fans, particulièrement lorsqu’il affrontera les Bulls de MJ le 10 décembre 1986. Chicago affiche un bilan équilibré de 9 victoires pour 9 défaites alors qu’Atlanta se situe tout en haut de la Conférence Est, avec 15 victoires en 19 rencontres. Vous l’aurez sans doute vu dans le documentaire « The Last Dance » mais Jordan était bien seul au début de sa carrière et il n’aura rien pu faire face au très bon effectif des Hawks. Auteur de 41 points, l’arrière s’est heurté à un mur du nom de Wilkins car ce dernier aura fait la misère à la défense des Bulls ce soir-là. 57 points à 19/28 aux tirs dont 19/21 aux lancers, 9 rebonds et 4 dimes, rien que ça. Avec Doc Rivers transformé en serveur (13 caviars dans la soirée) et ‘Nique en scoreur fou, la (d)éfense (d)es Bulls n’a pas tenu. Poster dunk dans tout les sens, avec la faute ou pas, claquette dunk, contre-attaque éclair avec une finition unique, jump-shot mais pas de tir derrière l’arc, The Human Highlight créa sa propre mixtape ce soir-là. Le score est sans appel avec une victoire 123 à 95, le public acclame son héros.

Pire souvenir à l’Omni Coliseum

Quel serait alors le pire moment dans l’histoire des Hawks, la blessure de Dominique Wilkins, son trade ? Non, certains des plus mordus de la franchise doivent connaître cette histoire (trois en France donc…) mais la franchise aura été délocalisée le temps de 12 matchs à la Nouvelle-Orléans. Alors que nous sommes au début de la meilleure période de l’équipe, le propriétaire se fait accoster par Barry Mendelson, homme d’affaire de New Orleans, qui lui offre 1,2 million de dollars pour réaliser ce test et ainsi réfléchir à un déménagement du côté de la Louisiane, alors il fera probablement ce que tout le monde aurait fait (absolument pas) : délocaliser son équipe en Louisiane le temps de 12 matchs à domicile. Ce test prend place lors de la saison 1984-85 et Wilkins confie alors que c’était clairement la pire expérience de sa vie. Sympa pour les habitants de Big Easy ça. Les conséquences de ce déplacement temporaire ? The Omni qui est resté totalement vide pendant plus de deux semaines, engendrant – malgré le chèque reçu – des pertes économiques car oui, l’affluence a fortement chuté pendant cette période avec un total de 46 980 spectateurs totaux sur l’ensemble des rencontres. Pour les nuls en maths, ça correspond à 3 915 par match, ridicule. Il ne fallait pas s’attendre à ce que les abonnés à l’Omni Coliseum fassent plus de 700 bornes pour aller voir leurs joueurs favoris jouer au basket, la salle restera donc à l’abandon, on peut déjà imaginer les boules de poussière se balader sur le parquet, projetées par le courant d’air provoqué par le coach qui oublia d’éteindre la clim’.

Maillots retirés au plafond de l’Omni Coliseum

  • #9 : Bob Pettit
  • #23 : Lou Hudson, le 28 octobre 1977

Palmarès à l’Omni Coliseum

  • Champions de Division (1980, 1987 et 1994)
  • Meilleur bilan : 57-25 (1987 et 1994)
  • Pire bilan : 29-53 (1976)

La suite

The Omni sera fermé en 1997 avant d’entamer la démolition du bâtiment le 26 juillet de la même année. Une énorme partie de l’histoire des Hawks a été établie dans cette salle même si les bannières ne furent pas nombreuses au plafond. Privée de titre NBA depuis 1958, l’équipe détient la plus longue série sans avoir gagné un titre avec les Sacramento Kings. La future génération pourrait résoudre tout ça mais il va tout de même falloir attendre un moment avant de les retrouver au sommet de la Ligue.

La salle n’est plus aujourd’hui mais le spectacle continue à la State Farm Arena où Trae Young et ses coéquipiers s’efforceront de se qualifier pour les Playoffs et qui sait, d’aller chercher un titre d’ici quelques années. Les gamins d’aujourd’hui, nous les retrouverons au plafond dans quelques dizaines d’années, à eux de marquer l’histoire.

Source image : YouTube


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