Finales NBA – Game 2 : cinq ajustements potentiels pour Victor Wembanyama et les Spurs
Le 05 juin 2026 à 15:41 par Nicolas Meichel

Après chaque match de Playoffs, l’heure est aux ajustements. Surtout pour l’équipe perdante. Les Spurs, qui ont laissé échapper le Game 1 des Finales NBA face aux Knicks à domicile, vont ainsi devoir réagir ce soir.
« Franchement, je pense que la raison pour laquelle on a perdu ce match n’est même pas d’ordre tactico-technique », a déclaré Victor Wembanyama après la défaite du Game 1. Qu’il le pense vraiment ou pas, il y a clairement plusieurs points sur lesquels le staff de Mitch Johnson a dû travailler au cours des dernières 48 heures.
Zoom sur les adaptations potentielles du côté de Wemby et sa bande.
Victor Wembanyama quitte Karl-Anthony Towns
Avant le début des Finales NBA, on attendait Victor Wembanyama en défense sur Josh Hart. Surprise : Wemby était sur Karl-Anthony Towns et ça ne s’est pas passé comme prévu pour les Spurs.
KAT a remporté son duel face à Victor des deux côtés du terrain, sortant ce dernier de la raquette en attaque et n’hésitant pas enchaîner les drives vers le cercle. Wemby a plusieurs fois été dépassé en un-contre-un au niveau de la ligne des 3-points, par un Towns agressif et pas effrayé par l’Alien de 2m24. Certes, Victor a une grosse capacité de combler ses retards mais sur le Game 1, KAT a souvent réussi à conclure. La combinaison « menace à 3-points + mobilité + capacité à poser la balle » de l’intérieur des Knicks a fait mal aux Spurs (dominés 50-42 dans la raquette).
Du coup, on se demande logiquement si le coach Mitch Johnson va changer ses plans et revenir à la première option qu’on a mentionnée : Wembanyama sur Josh Hart. Le gros point faible de ce dernier, c’est l’adresse à 3-points. Cela permet à Victor de ne pas devoir le défendre à l’extérieur pour avoir plus d’impact dans sa propre raquette, et effectuer des aides pour anéantir les possessions offensives adverses. Un peu comme un libéro, un safety, qui couvre individuellement une zone. On parle de « roaming » dans le jargon. Cet ajustement peut être efficace, surtout si Hart enchaîne les briques à 3-points quand il sera ouvert.
Karl-Anthony Towns drives and goes around Victor Wembanyama once again and scores again.
He is 3/4 on these tonight, so far. pic.twitter.com/0dsJzGR5xt
— MrBuckBuck (@MrBuckBuckNBA) June 4, 2026
Si les Spurs choisissent cette option, la question suivante se pose naturellement : qui pour défendre KAT ?
On pense à Stephon Castle, parfois utilisé sur Towns en saison régulière. Certes il fait 15 centimètres de moins que l’intérieur des Knicks et pourrait donc se prendre des shoots sur la tronche, sans oublier que ça permettra à KAT – bon passeur – de voir au-dessus de la défense. Mais Castle est tellement solide physiquement qu’il peut sortir Charles-Antoine de sa zone de confort.
L’inconvénient : Castle ne sera donc pas en défense sur le métronome Jalen Brunson, match-up qui pourrait être réservée à De’Aaron Fox. On n’aime pas trop ça et ce pour deux raisons. La première, Fox est loin d’être aussi coriace en défense que Stéphane Château, et les Knicks pourraient enchaîner les pick-and-rolls entre Brunson et KAT pour forcer un switch, qui permettrait une match-up Towns – Fox. Match-up largement défavorable aux Spurs, qui provoquerait indiscutablement des aides et donc des décalages.
Mitch Johnson pourrait donc plutôt mettre un ailier sur Towns, ce qui nous amène vers Devin Vassell et Julian Champagnie (les deux autres titulaires). Même si on aime la contribution de ces deux-là en Playoffs, faut avouer que les options ne font pas rêver. Est-ce que Keldon Johnson ou Carter Bryant peuvent être sollicités ?
Moins de De’Aaron Fox, plus de Dylan Harper
Pourquoi Dylan Harper n’a-t-il pas joué le money-time du Game 1 ?
C’est la grande question qu’on se posait après la défaite des Spurs, Harper réalisant un match excellent en sortie de banc tandis que De’Aaron Fox passait au travers. Mitch Johnson s’est justifié de la manière suivante :
« Dylan a fait un sacré match et jouait très bien. … Ce n’est pas à cause de quelque chose qu’il a fait ou n’a pas fait que Dylan n’a pas terminé le match. C’est une décision que j’ai prise. Cela aurait été logique d’avoir Dylan avec le groupe de fin de match, mais j’ai estimé que ce groupe avait fait de bonnes choses et c’est pour ça que je n’ai pas changé. »
Pas sûr que cela suffise à calmer les fans de San Antonio, nombreux d’entre eux étant toujours frustrés par le choix de leur coach.
En vue du Game 2 crucial de ce soir (victoire quasi impérative pour San Antonio), et après le résultat du premier match, on peut se demander si Johnson va trancher en faveur de Harper si le Renard est à nouveau en galère. On rappelle que ce dernier traîne toujours une blessure à la cheville qui l’empêche de faire les mêmes différences qu’en temps normal, et ses récentes performances en sont le symbole :

Source : ESPN
En dehors du Game 7 à Oklahoma City où il s’est transcendé, De’Aaron Fox n’arrive pas à peser au scoring. Certes, il fait partie des joueurs possédant le plus d’expérience chez les Spurs, certes il a gagné une réputation de clutch player au fil des années, mais Dylan Harper semble aujourd’hui dans de meilleures dispositions pour aider San Antonio face aux Knicks.
On ne s’attend pas à ce que Fox sorte du cinq majeur, mais on se demande si les minutes des deux joueurs ne seront pas réparties différemment. Fox joue 33 minutes par match sur ces Playoffs, Harper 26. L’heure d’inverser les rôles ?
Viser Jalen Brunson en attaque
Jalen Brunson est un formidable joueur offensif, qui a encore prouvé dans le Game 1 des Finales NBA sa capacité à briller dans les moments chauds. Mais il est aussi le bon moins défenseur du cinq majeur des Knicks. Et ça, les Spurs semblent l’avoir oublié dans le premier match.
San Antonio a trop rarement attaqué Brunson pendant les 48 minutes, lui qui aurait dû être beaucoup plus ciblé. Les Knicks mettent Jalen sur le moins bon créateur du cinq de San Antonio, souvent un shooteur, à savoir Julian Champagnie en début de match. Brunson a aussi été placé sur Devin Vassell, Carter Bryant ou encore Harrison Barnes.
L’objectif de cette stratégie côté Knicks : faire travailler le moins possible leur meneur en défense, afin qu’il soit le plus impactant possible en attaque. Et les Spurs ont fait l’erreur de jouer à ce jeu-là.
Jalen Brunson Game 3 Defense Tape vs NYK
– 17 pts allowed
– 6 Forced Misses
– 2 Steals
– 1 Forced Turnover
– 40 Mins
How do you grade his defense from this game? pic.twitter.com/VW6OZXGyqb
— Hoopology (@hoopologyxx) April 25, 2026
Les Spurs ont trois arrières capables de mener la vie dure à Jalen Brunson : Stephon Castle, Dylan Harper et De’Aaron Fox. Ils doivent trouver plus de possessions offensives dans lesquelles Brunson se retrouve en un-contre-un face à eux. Il faut le solliciter, le fatiguer, le malmener. C’est notamment ce que les Hawks et C.J. McCollum – toujours la seule équipe à avoir battu New York sur ces Playoffs – avaient réussi à faire au premier tour.
Comment ? En provoquant des switchs. Quand on regarde la défense des Knicks, on voit que Mikal Bridges, OG Anunoby ou encore Josh Hart sont habituellement placés sur les deux principaux créateurs à l’arrière, à savoir Fox et Castle en début de match. Ces deux-là doivent viser Brunson en demandant par exemple un écran de Champagnie (ou n’importe quel autre joueur que couvre Brunson), forçant Jalen et le deuxième défenseur new-yorkais à changer de match-up. C’est l’une des possibilités les plus basiques à mettre en place chez les Spurs, parmi d’autres, et qu’on voudrait voir au Game 2.
San Antonio aime mettre du rythme, jouer vite, dégainer à 3-points quand c’est possible. Mais dans un match de Finales NBA, c’est bien aussi parfois de poser le jeu, d’analyser les match-ups avantageuses, et jouer dessus. Encore plus quand il y a un match serré comme au Game 1. Encore plus si Jalen Brunson n’est pas à 100% avec ses petits bobos au genou et à la cheville.
Mieux installer Wemby dans et autour de la raquette
Sur les 21 shoots pris par Victor Wembanyama contre les Knicks au Game 1, neuf ont été tentés derrière la ligne à 3-points, et seulement six avec les deux pieds dans la raquette. Le nombre de tirs au cercle ? Trois à peine. Certes, il y a eu 13 lancers-francs pour Victor, mais ce n’est pas une formule gagnante pour Wemby et les Spurs.
All the 21 field goal attempts, free throws, fouls, assists, and 6 turnovers by Victor Wembanyama in Game 1 of the 2026 NBA Finals vs. the New York Knicks.
He went 6/21 FG (28.6%), 2/9 from 3 (22.2%), 12/13 FT (92.3%), 2 Assists, and 6 turnovers in 37:48 minutes played. 2 PF. A… pic.twitter.com/BINaibEbpH
— MrBuckBuck (@MrBuckBuckNBA) June 5, 2026
La sélection de tirs de Wembanyama, c’est un sujet qu’on a déjà mentionné à plusieurs reprises sur ces Playoffs. Comme on a pu le voir lors des défaites face aux Wolves et au Thunder, l’impact offensif de l’Alien est logiquement plus faible quand il est plus loin du cercle, où ses 2m24 font des ravages. C’est encore plus le cas lors des soirées où il n’a pas la réussite extérieure.
Au Game 1 contre New York, ce n’était pas forcément un manque d’agressivité, mais plus un manque de lucidité. Peut-être à cause de l’excitation des Finales ou la fatigue post-OKC. Il faut aussi rendre hommage à Karl-Anthony Towns, très solide en défense face à lui, sans oublier Mitchell Robinson. Il y a un vrai défi physique qui se dresse devant Wemby. Et ça demande des ajustements.
Mitch Johnson sur les ajustements à faire concernant Victor Wembanyama :
« On doit lui trouver plus d’espaces pour pouvoir bouger vers le panier, sur des roll ou en transition, il doit mettre la pression sur le cercle, avoir de l’impact dans la raquette. »
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 4, 2026
Contre les Wolves en demi-finales de Conférence, qui représentaient un challenge similaire à travers leur taille et leur impact athlétique, on avait souligné quelques options pour permettre à Victor d’être plus impactant dans la raquette. Exemple : plus de pick-and-rolls pour mieux activer la relation entre Wembanyama et ses arrières, prises de position plus près de la ligne des lancers-francs que des 3-points… Les Spurs vont devoir puiser là-dedans.
Le coach Mitch Johnson a également donné quelques pistes avant le Game 2, quand il a été interrogé sur les solutions potentielles pour faciliter la vie à Wemby :
« C’est une combinaison de facteurs. On a joué deux équipes un peu similaires (Wolves et Thunder, ndlr.), qui voulaient absolument défendre la raquette en y mettant plein de joueurs. Que ce soit sur des séquences de demi-terrain, ou en général, je pense que nous ne devons pas aller à l’encontre du jeu. Si la défense adverse veut empêcher quelque chose, ça veut dire qu’autre chose est ouvert, et on doit s’assurer de trouver des gars démarqués.
On doit continuer à mettre la pression sur le cercle, avec des picks-and-rolls, des coupes, des drives. L’autre soir, on s’en est un peu trop éloignés. »
Au Game 1, les Knicks ont rempli leur mission première concernant Victor : l’empêcher d’avoir des paniers faciles au cercle. Quid du Game 2 ce vendredi ?
Mettre des shoots, car c’est pratique au basket
Quand vous avez un joueur comme Victor Wembanyama, sa seule présence attire tellement les défenses que cela permet d’obtenir des shoots ouverts. Encore faut-il les mettre.
Le basket est et restera avant tout un sport d’adresse : 11/43 à 3-points seulement pour les Spurs au Game 1, alors qu’ils ont eu 20 tirs ouverts selon les stats de Basketball-Breakdown. Vous nous direz que les Knicks n’ont pas été beaucoup plus en réussite (11/36), mais ça reste un signe positif pour San Antonio sachant que le match était serré jusqu’au bout.
A big key to the Spurs losing Game 1 last night was missing TWENTY open 3 point shots. If the shooter has a few feet of space and no visual impairment of the rim as they begin the arm swing up, that’s an open shot in my book. In the playoffs, they’re shooting 30% on open 3s. pic.twitter.com/A8vw69sRgi
— BBALLBREAKDOWN (@bballbreakdown) June 4, 2026
Ce qui est plus inquiétant, c’est que le meilleur shooteur du cinq – Julian Champagnie – a fait son match (5/10 de loin), mais que le reste est passé au travers (6/33). En dehors de Devin Vassell, dont on peut attendre mieux que son 1/6, peut-on vraiment compter sur l’adresse extérieure de Fox, Castle, Harper, voire même Wemby ?
Autre point : même si quasiment la moitié des shoots étaient théoriquement ouverts, on a quand même eu l’impression que les Spurs ont précipité pas mal de possessions au Game 1. Des possessions se terminant par un shoot à 3-points alors qu’il y avait potentiellement mieux à faire. On attend certes plus d’adresse, mais aussi plus de patience et d’exécution côté texan.
