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Donovan Mitchell n’est plus un joueur du Jazz : retour sur le passage haut en couleur de Spida chez les Mormons

donovan mitchell magic

Il aura quand même bien donné le garçon

Source image : Twitter

Celle-là on ne l’avait pas vu venir. Hier soir, une grosse Woj Bomb est venu soulever nos paupières alors que l’on somnolait devant le match compliqué des Bleus. Boom ! Donovan Mitchell file à Cleveland contre Lauri Markkanen, Collin Sexton, Ochai Agbaji et trois premiers tours de draft non protégés (2025, 2027 et 2029). Les Cavs ont cédé un package monstrueux pour s’offrir le triple All-Star, dont le départ devrait laisser un sacré vide chez les Mormons. Eh ouais, mine de rien, le garçon aura porté le maillot du Jazz pendant cinq belles années, l’occasion de revenir un peu sur son parcours du côté du lac salé.  

Donovan Mitchell à Cleveland, on ne l’avait pas vu venir, mais alors Donovan Mitchell tout court, c’est déjà une sacrée surprise en soi. Fracassants, tonitruants, électrisants, l’un de ces termes, voire carrément les trois, convient parfaitement pour définir les débuts de Spida en NBA. Un petit bonhomme d’1m85 sorti de nulle part et qui retourne la Ligue dès sa première année, voilà ce qu’est l’arrière. Après deux saisons à la fac de Louisville sous les ordres de Rick Pitino, Mitchell décide de s’inscrire pour la Draft 2017. Le petiot a du talent, c’est certain, mais ce bonhomme est à des années lumières de Markelle Fultz, qui sera pick le premier sans trop de surprise (L.O.L). Les noms se succèdent et des garçons comme Frank Ntilikina, Dennis Smith Jr. ou encore Luke Kennard entendent leur blase être appelé avant celui de Spida. Qu’importe, Donovan garde tout ça dans un coin de la tête, ils finiront bien par comprendre. Le salut arrive finalement lorsque les Nuggets le sélectionnent avec le treizième pick. Enfin le sélectionnent, disons plutôt qu’ils s’en servent pour l’échanger au Jazz contre Trey Lyles et le vingt-quatrième choix. Avec du recul, ça fait peut-être un chouille juste pour un futur triple All-Star, m’enfin bon. Toujours est-il que Mitchell débarque dans l’Utah sans trop d’attentes derrière.

Pour sa première saison dans la Grande Ligue, le roster autour du numéro 45 est plutôt solide. Pour preuve Utah sort d’une demi-finale de Conférence face aux Warriors. Seul point noir toutefois, les Mormons viennent de perdre Gordon Hayward, leur meilleur joueur à l’époque. Bref, petit passage discret en Summer League où Spida ne fait pas trop de vagues, si ce n’est un match à 26 points sur les Lakers. C’est décidé, le rookie démarrera l’exercice en sortie de banc. Alors oui, mais en fait non, l’arrière n’est pas de cet avis. Très vite, le bougre enchaîne les sorties à plus de quinze pions. 22 contre L.A, 28 contre Portland, 25 deux jours plus tard face aux Raptors, l’araignée tisse peu à peu sa toile. Finalement, Mitchell s’impose vite comme un incontournable du cinq de Quin Snyder et impressionne de jour en jour. De joueur incertain à scoreur fou, le numéro 45 électrise la NBA par ses highlights spectaculaires. Malgré sa petite taille, Spida a faim de points, très faim même, puisque ce grand malade ira jusqu’à poser quarante pions ou plus à deux reprises. C’est bien simple, Dono est déjà un attaquant sérieux et tourne à 20 points de moyenne pour sa première saison. Au terme de celle-ci, l’arrière est logiquement dans la course au rookie de l’année, course qu’il perdra de peu face à un Ben Simmons injouable. Ah, et il remporte le concours de dunk, accessoirement. Bon, en tout cas, on peut dire que le management du Jazz a eu le nez fin.

Passons rapidement sur la deuxième saison de Spida chez les Mormons, puisqu’elle n’est en fait que la continuité de la première. Le gamin progresse, score encore plus et mène son équipe aux cinquante victoires en saison régulière. À la fin de l’exercice 2018-2019, Mitchell passe dans une autre dimension, celle de star en devenir. D’ailleurs, qui dit star dit critiques qui vont avec et Spida est régulièrement lynché pour sa tendance à garder trop la gonfle. Toujours est-il que le gamin drafté en treizième position semble bien loin. Don Mitch fait partie des boss de sa cuvée, à des années lumières devant la plupart des joueurs choisis avant lui.

Mais les choses sérieuses, les vraies, démarrent durant la troisième saison de Donovan Mitchell en NBA. À 23 ans, le New Yorkais d’origine passe un cap, et connaît sa première sélection au All-Star Game. Spoiler, ce ne sera pas la dernière. Après une jolie campagne collective, le Jazz se qualifie pour les Playoffs dans la bulle d’Orlando. Donovan Mitchell version Mickey, ça vous dit quelque chose ? De toute façon, difficile de l’oublier tant DoMi aura brillé. Au premier tour contre Denver, Spida va livrer un duel légendaire face à Jamal Murray. Un moment unique, qu’on ne reverra sûrement pas de si tôt. Dans le Game 1, Mitch explose tout et envoie 57 points (!) à 57% au tir. Une performance monumentale, qui place le numéro 45 troisième au classement du nombre de points inscrits dans un match de post-season, mais insuffisante pour terrasser les Nuggets d’un Murray auteur de 36 pions. Dans le Game 2, Dono pose 30 briques. Pas mal, mais rien à avoir avec ce que préparent les guards pour le quatrième match. Une rencontre devenue légendaire, mise sur orbite par deux phénomènes dans une transe que rien ne semblait pouvoir briser. Aux 50 points du meneur des Rocheuses, l’arrière Mormon répond avec 51 unité. La folie. Utah s’impose de deux petits points, et prend le lead de la série (3-1). La suite ? Re-30 pions pour Spida, 42 pour Jamal dans le Game 5, de nouveau 50 pour le Canadien et 44 pour l’américain dans la sixième rencontre. Tout se jouera lors d’un Game 7 décisif, durant lequel nos deux hommes brilleront moins fort, extenués par leurs exploits. Finalement, Utah choke et Denver remporte la série. Qu’importe, ce qu’on retiendra surtout ce sont ces images là, qui parlent d’elles mêmes.

Après ses dingueries dans la bulle, Donovan Mitchell est attendu de pied ferme pour la saison 2020-2021. En plus de cela, l’arrière prend une maxi-kichta et re-signe pour 195 millions sur cinq ans avec Utah. Un contrat à la hauteur des espoirs que place Salt Lake City en son franchise player. Individuellement, Spida ne déçoit pas, envoie 26 points par match sur l’exercice, et mène son équipe jusqu’au sommet de l’Ouest. Cependant, le Jazz coince toujours en Playoffs, et son statut de leader est régulièrement remis en cause. Ajouter à cela le début d’une espèce de beef un peu bizarre avec Rudy Gobert, et vous obtenez des premières rumeurs de trade. Qui partira ? Rudy Gobert ? Donovan Mitchell ? On repart sur une saison avec les deux ? Finalement, c’est la dernière option qui est choisie par le management de Utah et tout cela nous amène à la saison dernière. Spida est fort, très fort même et continue sur ses standards, mais il manque toujours quelque chose au désormais triple All-Star pour franchir définitivement le cap. Quoi ? On ne le saura peut-être jamais. Un peu d’expérience et de leadership peut-être. Toujours est-il que les tensions avec Gobzilla s’accentuent, Mitchell est carrément accusé de ne pas vouloir faire de passes à son pivot. Finalement, la gifle reçue au premier tour contre les Mavs (4-2) sera la goutte de trop. Le roster éclate : Rudy s’envole pour le Minnesota, et Spida vient d’être transféré du côté de Cleveland. Bon, la fin de l’histoire n’est franchement pas jojo, mais ce qu’on retiendra surtout, ce sont les exploits de Don Mitch chez les Mormons. Joueur atypique et athlète hors-norme, le nom de Donovan Mitchell est désormais lié à celui du Jazz pour encore très longtemps.

Après cinq années passées du côté de Salt Lake City, Donovan Mitchell s’apprête désormais à ouvrir une nouvelle page dans sa jeune carrière. Chez les Cavs, l’arrière retrouve un effectif compétitif sur le papier et aura encore une fois à charge de l’emmener le plus haut possible. Au point de ramener un jour une deuxième bague dans l’Ohio ? 

Sources texte : ESPN/NBA

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