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Karl-Anthony Towns raconte son année galère et sa bataille contre le COVID : 22 kilos en moins, ça a de quoi marquer un homme

interview KAT

« Je faisais le même poids que D’Angelo Russell. »

Source image : YouTube

À la une de l’actu la semaine dernière avec le renvoi surprise de leur dirigeant Gersson Rosas, les Wolves ont encore une fois été fidèles à leur réputation de franchise instable et dysfonctionnelle. Une instabilité que la star Karl-Anthony Towns ne connaît que trop bien, lui qui a en plus traversé des moments très difficiles sur le plan personnel ces derniers mois. Lors du Media Day des Wolves hier, KAT est revenu sur son parcours du combattant et espère un jour voir la lumière au bout du tunnel.

« Ce qu’il s’est passé la semaine dernière, ce n’est qu’un élément de plus sur la liste. À chaque fois, c’est la même chose. […] J’ai l’impression d’avoir quasiment tout traversé. Il y a eu la mort de mon coach, qui m’a donné l’opportunité de jouer pour Minnesota. Il y a eu plusieurs front offices. Même si j’ai d’excellents coéquipiers, je n’ai pas pu construire de vraies relations avec qui que ce soit à cause de l’instabilité constante. Il y a le COVID aussi, et tout ce qui s’est passé dans ma vie personnelle. J’ai aussi été égratigné par des coéquipiers, et le bouc émissaire pour certaines personnes. Depuis que je suis ici, ce n’est vraiment pas facile. Mais au milieu de tout ça, je suis toujours resté professionnel et je ne vais pas changer. »

Cette déclaration de Karl-Anthony Towns hier résume tristement les nombreux bouleversements qu’a connus KAT ces dernières années, autant dans sa vie professionnelle que personnelle. On en parlait il y a quelques jours après le renvoi de Gersson Rosas, Towns nage dans l’instabilité depuis son arrivée en NBA en 2015, lui qui a connu pas moins de cinq managers généraux et quatre coachs en seulement six ans, ainsi que des résultats collectifs médiocres (seulement une qualification en Playoffs, aucune série gagnée). Et on le sait, KAT a perdu bien plus que des matchs ces derniers mois. En avril 2020, un mois après l’arrivée du COVID dans l’univers NBA, sa mère décède à cause de complications liées au coronavirus. Towns a également perdu six autres membres de sa famille, dont son oncle. S’il y a bien un homme en NBA qui peut témoigner des ravages provoqués par le COVID, c’est KAT, également testé positif au début de l’année 2021. Comme un certain Jayson Tatum, qui a eu besoin d’un inhalateur avant les matchs la saison dernière suite à sa contamination, l’intérieur de Minnesota a vraiment été affecté physiquement, mais aussi mentalement étant donné son historique personnel avec le virus. Il raconte sa bataille dans un long entretien avec Sports Illustrated.

« Il y a eu beaucoup de situations cette année où c’était juste trop pour moi. Je me rappelle, j’étais en quarantaine à la maison, c’était plus que simplement le COVID pour moi. J’avais l’impression d’être dans un voyage holistique » a déclaré KAT à Michael Pina, avant d’ajouter avec un brin d’humour. « Je faisais le même poids que D’Angelo Russell. J’étais aussi costaud que nos arrières. Vous pensez vraiment que je vais jouer pivot ? »

22 kilos. Karl-Anthony Towns a perdu plus de 22 kilos à cause du COVID. Déjà victime d’une fracture du poignet gauche en février 2020, un poignet gauche qui a ensuite refait des siennes au début de la saison 2020-21, KAT avait déjà manqué plusieurs matchs avant que le coronavirus ne vienne perturber encore un peu plus sa campagne. Il lui a logiquement fallu un peu de temps pour retrouver sa forme physique, mais c’est surtout dans la tête que le retour au terrain – et dans une arène NBA – a été difficile. Si l’on en croit le papier de Sports Illustrated, KAT était au bord de la crise de panique début février à Cleveland, juste après avoir rejoint le groupe suite à sa période d’isolement. L’anxiété qui monte brusquement, transpiration excessive, palpitations, grosses démangeaisons… Towns n’a pas joué ce jour-là face aux Cavaliers, il a retrouvé les parquets quelques jours plus tard – le 10 février face aux Clippers – au Target Center de Minneapolis.

Toujours en période de deuil, Karl-Anthony Towns a continué à jouer jusqu’à la fin de la saison. Le basket peut parfois représenter un refuge après la perte d’un ou plusieurs proches. D’autres préfèrent prendre du recul et s’absenter pour mieux faire face à ce genre d’épreuves très difficiles. KAT a choisi la première option, estimant qu’il possédait des responsabilités envers les membres de sa franchise des Wolves, même si c’était évidemment compliqué d’avoir vraiment la tête au basket avec tout ce qu’il traversait. Au final, ce n’est vraiment qu’à partir de l’intersaison 2021 que Towns a pu prendre le temps pour « répondre à ses besoins » et véritablement se ressourcer pour surmonter ses galères. Il a passé du temps avec sa famille, il s’est éloigné de l’univers NBA, il a voyagé avec sa compagne, sans oublier évidemment de s’entraîner, lui qui reviendra cette saison avec la ferme volonté de dominer les raquettes. All-Star à deux reprises en 2018 et 2019, KAT est un peu passé dans l’ombre ces deux dernières saisons, la faute à des pépins physiques, de nombreuses absences et les résultats claqués des Wolves. Mais avec tout ce qu’il a traversé, Towns a grandi, Towns a appris. Il le dit lui-même, assurant même qu’il a retrouvé un certain équilibre dans sa vie, qui pourrait annoncer un futur on l’espère beaucoup moins sombre. Un futur qu’il envisage toujours à Minnesota, peu importe ce qu’il s’est passé récemment avec Gersson Rosas.

« Tous mes jetons sont sur la table. Donc ça dépend des Wolves, vous comprenez ? S’ils me donnent l’opportunité de rester ici, bien sûr que je la prendrais. La balle est dans leur camp. »

– Karl-Anthony Towns, via Sports Illustrated

Depuis les drames qui ont touché sa famille, Karl-Anthony Towns n’est forcément plus le même homme. Mais il est debout, prêt à repartir de l’avant malgré l’instabilité qui continue de plomber la franchise des Wolves. Limité à 85 matchs lors des deux dernières saisons, KAT va revenir revanchard et espère que son équipe arrivera à surfer sur la fin de saison encourageante de l’an passé, avec D’Angelo Russell, Anthony Edwards et le coach Chris Finch. C’est tout ce qu’on souhaite à Charles-Antoine, car il en a vraiment trop bavé ces dernières années. 

Source texte : Media Day Wolves / Sports Illustrated

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