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Hommage à Patty Mills : dix ans avec les Spurs, un titre, puis le départ de l’un des derniers bastions du Spurs Basketball

Patty Mills

Préparez les mouchoirs et réservez votre 21 janvier car le retour de Patty au AT&T Center sera immanquable.

Source image : YouTube/ San Antonio Spurs

Le dernier vestige de l’effectif de l’époque dorée des Spurs s’en est allé de l’autre côté des States, et c’est avec son départ tout une page qui se tourne pour San Antonio. Certes, Pop joue les résistants et reste aux commandes sur le banc mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’il raccroche les crampons, ou plutôt la polaire. Patty Mills chez les Éperons c’est dix années au service du collectif, le titre 2014, un poignet létal et une classe australienne comme on n’en fait plus. Bref, grand hommage pour ce petit homme, car il le vaut bien.

Il n’est pas le plus grand nom de l’histoire de la franchise mais bon sang qu’il l’aura marquée de son empreinte. Après le mythique trio Duncan / Ginobili / Parker et les Matt Bonner, Boris Diaw, Danny Green et autres Kawhi, c’est désormais au tour de Patty Mills de quitter l’institution Spurs. Eh beh, que cette phrase fait mal à dire et est remplie de nostalgie… Pat Stacks était le dernier domino résistant à la chute et à la disparition de l’effectif du titre 2014, ne laissant plus que les vieux Popovich et Buford (qui a depuis changé de job) en mode grands-pères entourés de leurs petits-fils, à parler du bon vieux temps. Gregg et Robert Canterbury pourront désormais déguster leurs vins en mémoire de tous les moments mémorables de Patoche à San Antonio, blindés de perfs bien clutchs et de shoots sortis d’un autre monde, le tout assaisonné d’un petit vice implanté dans un cerveau au QI basket bien au-dessus de la moyenne. Non Patty n’a jamais été le meilleur joueur de Saint-Antoine, mais il personnifiait à lui seul le Spurs basketball. Pour Pop et sa troupe, le sniper faisait ce qu’il fallait, comme il le fallait et quand il le fallait. Si le vieux Gregg demandait à PM de sortir du banc pour remplacer Tony et gérer l’attaque avec Manu, il le faisait merveilleusement bien. Si Patou devait débarquer pour enfiler des 3-points en sortie de handoffs et de curls, il le faisait d’encore plus belle manière. Certes, son format poche (1 mètre 85) faisait de lui une cible en défense, mais sa hargne et sa mentalité irréprochable le rendaient bien plus tenace qu’on pouvait s’y attendre. Bref, un joueur de devoir privilégiant le collectif à l’individuel, aka le Spurs boy par excellence.

Pour la petite histoire, son nom complet est Patrick Sammy James Mills, sobriquets donnés en hommage à ses ancêtres. Le gamin de Canberra est particulièrement fier de ses origines aborigènes et indigènes, comme il l’explique dans un mini-docu réalisé par les Spurs l’année dernière : « le passé de ma famille me définit à 100% ». Il est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme un ambassadeur pour toutes les tribus indigènes et aborigènes d’Australie et a même été le premier porte-drapeau aborigène de l’histoire de son pays aux JO de Tokyo. Nos respects monsieur Mills. Enfin bref, revenons au basket. Patty Cakes a fait ses gammes pendant trois ans au Saint Mary’s College of California avant de se présenter à la Draft 2009 et d’y être sélectionné par les Blazers en 55ème position. PatPat ne jouera que deux saisons peu fructueuses dans l’Oregon et finira par revenir dans son Australie natale pour évoluer chez les Melbourne Tigers puis s’envoler vers la Chine pendant le lock-out 2011. Il sera alors récupéré par le management des Éperons à la reprise en mars 2012 mais ne jouera que 16 matchs pour sa première campagne au Texas. Le boomer fait alors petit à petit son trou en sortie de banc et forme avec TP un duo de petits meneurs sans poil sur le crâne mais ô combien talentueux et complémentaire. Lors de l’exercice 2013-2014, Patoche inscrit 10,2 points à 46% au shoot dont 43% depuis l’Opéra de Sydney, devenant alors une pièce majeure du titre synonyme de rédemption pour la franchise après la désillusion de 2013. Patou inscrit notamment 14 points lors du Game 4 et 17 unités pour clore la série au match 5.

La dynastie Spurs connaît alors son apogée, son sommet ultime. Mais qui dit sommet dit… redescente par la suite. Les vieux os de Timmy, Tony et Manu ne tiennent plus le rythme face aux armadas des Warriors, du Thunder et des Clippers, Duncan prend sa retraite en 2016, suivi par Manu l’année suivante puis Tony fait ses valises en 2018 pour rejoindre (non en fait on ne finira pas la phrase, ça n’est jamais arrivé, c’est une légende). Pendant que LaMarcus Aldridge tente de tenir la baraque Spurs au milieu du drama Kawhi, Patty s’impose comme un des leaders de la franchise qui ne souhaite pas laisser tomber son passé glorieux tout en essayant de se reconstruire. Pat laisse pousser les tresses et prend sous son aile les jeunes guards du roster tout en prenant ses responsabilités. Lors de saison 2019-2020, il pose notamment une moyenne de 11,6 points, son record en carrière. Malgré tout, Mills et la franchise finissent par ne plus être sur la même longueur d’ondes, car Patty rêve sans doute d’une nouvelle bague, et San Antonio cherche surtout à prendre un nouveau départ. Le 3 août dernier, PM prend alors une décision aussi logique que déprimante pour la Spurs Nation : il quitte l’institution texane pour rejoindre les Monstars Brooklyn Nets.

Au final, Patty Mills dans le livre des records des Spurs, c’est :

  • Le titre 2014
  • 10 saisons (6ème all-time)
  • 665 matchs (7ème all-time)
  • 6 218 points (12ème all-time)
  • 597 assists, (12ème all-time)
  • 1 171 tirs primés rentrés pour 3 011 tentés, (2ème all-time et 1er all-time en sortie de banc)

Pour les fanas de stats, sachez que les chiffres concernent la saison régulière et sont à retrouver juste ici.

Certes, Patty ne sera pas le premier blaze à sortir lorsqu’on reparlera des Spurs dans vingt ans autour d’un bon café, mais il devra être mentionné tout de même. Difficile de se démarquer au sein d’une franchise qui a façonné des légendes du jeu comme David Robinson, Tim Duncan, Manu Ginobili et Tony Parker. Et pourtant Mills a su se faire un nom – surtout un prénom – de par sa volonté de vaincre, son adresse, son exemplarité et sa personnalité à la fois discrète et attachante comme on en a peu connu au pays de Pop. Au final, Pat Stacks laisse derrière lui une franchise qui a décidé de se reconstruire après deux décennies d’excellence. Les lignes arrières sont notamment déjà entre les jeunes mains talentueuses de Keldon Johnson, Dejounte Murray, Lonnie Walker, Derrick White, Tre Jones et Devin Vassell. Désormais, à chaque fois que l’on verra Patty porter le noir et blanc des Nets, on ne pourra pas s’empêcher de penser que le gris de San Antonio lui allait vachement mieux. Le bonhomme de 33 ans évolue maintenant dans un effectif à la hauteur de son talent et de ses ambitions, ce qui pourrait bien lui permettre de choper une seconde bagouze, mais (désolé) elle n’aura jamais la saveur et le prestige de la première. Patty aux Nets gagnera peut-être, mais Patty aux Spurs était et sera toujours un gagnant.

Non, Patty Mills n’est ni une légende du jeu ni une réelle légende des Spurs. On n’envisage même pas que son numéro 8 accompagne le 9 de TP dans les hauteurs du AT&T Center à l’avenir, mais il fallait néanmoins rendre hommage au plus Spur des boomers et c’était maintenant ou jamais. On vous donne un premier rendez-vous le 9 janvier à Brooklyn pour un Spurs – Nets qui promet d’être émouvant mais réservez surtout votre 21 janvier pour le comeback de Patty à San Antonio, soirée qui annonce un hommage à vous tirer les larmes.

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