One-on-One

Interview Rudy Gobert x TrashTalk : « Les jeunes ont envie de basket en France, les gens ont faim de basket en France »

rudy gobert
Source image : TrashTalk

De passage à Paris pour parler équipe de France, Jeux Olympiques, rénovation de terrain à Levallois, actions avec sa fondation et mille autres sujets, Rudy Gobert a aussi eu un petit moment pour parler en tête-à-tête avec TrashTalk. Il faut dire que l’actualité NBA commence à chauffer sérieusement, et l’activité personnelle du pivot est tout aussi intense. Ainsi, dans le cadre du lancement de son premier Comics « Bash » qui sortira le 25 novembre prochain aux éditions Michel Lafon, Gobzilla nous a ouvert ses portes. Pour parler de basket, évidemment, mais pas que. Ambiance One Piece, Paris 2024, titre avec le Jazz et Victor Wembanyama, on fait le point avec la muraille de Saint Quentin.

Fan de Comics de longue-date, Rudy a réalisé un rêve de gosse en bossant sur sa propre oeuvre ces derniers mois. « Bash », 128 pages de couleurs en collaboration avec Hellef Bay côté scénario et Vince Serrano côté pinceau. Un véritable Comics dont le pitch est le suivant : sur une Terre colonisée par un peuple extraterrestre, Rudy vit seul avec sa mère dans le quartier pauvre de Nevillia. Il va alors trouver refuge dans le sport le plus populaire de l’univers, le bash. Une version brutale et spectaculaire du basket, qui est utilisé dans certains recoins de la galaxie pour résoudre tout type de conflits. Et au cours d’un match anodin, Rudy révèle des capacités hors normes qui font de lui l’un des plus grands espoirs de la planète. La suite ? Réponse fin-novembre…

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Salut Rudy ! Déjà, comment ça va ?

Bah écoute, ça va bien et toi ?

Impeccable. On est juste avant la reprise de la saison NBA, donc gros temps fort qui arrive on va pas se mentir. J’ai envie de rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Alors comme ça, tu te lances dans les Comics ? On savait depuis longtemps que tu avais une certaine affinité pour les mangas et anime, mais raconte-nous un peu comment t’es venue cette idée, ça vient d’où ?

En fait je me suis toujours imaginé créer un univers. Que ce soit dans un jeu-vidéo, une BD, un manga, peu importe. J’ai toujours aimé imaginer ce genre de chose, et donc j’ai une opportunité qui s’est présentée il y a 3 ans quand on a rencontré les éditions Michel Lafon. On a mis en place ce projet, on a choisi un dessinateur, un scénariste, et on s’est rencontrés (pause). Enfin, pas tout à fait. Disons que le dessinateur habite aux Philippines (rires), donc on s’est rencontrés à distance, lui, moi et le scénariste. Je leur ai un peu dit ce que j’aimerais faire, on en a discuté pour se mettre d’accord et le projet a démarré ainsi. Donc là le premier tome est disponible en pré-commande, il sortira au mois de novembre.

L’attachée de presse m’a dit la même chose, donc on est bien sur les mêmes infos.

Nan mais je suis vraiment très content de ce que ça donne donc c’est cool, c’est un super projet.

Tease-nous un peu, ça parle de quoi ?

En fait ça s’appelle le Bash. Le but pour moi, c’était vraiment que tout le monde puisse kiffer. Les enfants comme les adultes, comme ceux qui s’en foutent du basket. C’est tout un univers incroyable et inspirant. On suit le personnage principal, c’est un peu moi même si on est dans un autre monde. C’est autour du basket, et le basket est un sport intergalactique qui est un peu considéré comme une religion. Chaque royaume et chaque peuple utilise le basket pour régler ses problèmes, donc tu peux même mourir sur le terrain tu vois… Il y a aussi des pouvoirs, une aura, je veux pas trop spoiler mais je voulais faire quelque chose qui soit pas seulement du basket. En fait c’est un peu à la One Piece.

Bash, sortie le 25 novembre 2021

J’allais justement te poser la question. One Piece, c’est ta première référence pour réaliser ce projet ?

Ouais, One Piece, clairement. J’ai toujours été très manga, donc l’histoire je voulais un peu que ce soit un shōnen. Faire un parallèle avec le fait qu’au début il n’y avait rien de gagné, et qu’avec détermination et travail le héros ira le plus loin possible. Sauf que lui, il ne lui suffira pas d’être bon au basket. C’est carrément l’humanité qu’il devra sauver. Donc c’est un projet que j’ai hâte de dévoiler, et c’est kiffant.

Tu m’étonnes. Tu parlais de One Piece à l’instant, quand t’étais ado tu lisais à fond ? Est-ce que t’avais d’autres références manga que tu lisais également ?

One Piece, le pire c’est que j’ai jamais lu. Moi je regardais les anime. Sinon oui j’avais Naruto, Dragon Ball, même les Chevaliers du Zodiaque à l’époque. C’est tout un univers que j’aime beaucoup. Et encore une fois, j’ai toujours aimé le côté mystérieux dans cet univers. Quand tu vois un personnage, tu sais pas vraiment qui c’est, mais tu sens qu’il est puissant quand même. Et tu vas le découvrir au fur et à mesure. C’est ce côté aventure que j’aime bien, et le côté inspirant aussi. Le fait que ça raconte une vraie histoire. Quand tu mélanges tous ces éléments, je trouve que ça donne des oeuvres assez incroyables.

Transition entre cet univers, celui de l’enfance et des mangas, avec ce que tu fais aujourd’hui en dehors des terrains. On a vu récemment que t’avais aidé à rénover un terrain de basket à Levallois, que tu lançais une académie pour les plus jeunes, et que t’avais aidé à récolter des dons pour ta fondation afin d’aider les jeunes en difficulté à partir en vacances. T’as toujours eu cette envie de rendre aux enfants. Et moi, la question que je me pose c’est : qui t’a inspiré à faire ça ? Est-ce que t’as quelqu’un qui t’a donné envie d’agir ainsi, ou est-ce que c’est tout simplement ton parcours de vie ?

En fait, c’est le fait de me dire qu’à un moment donné, moi aussi j’étais un de ces enfants. J’ai toujours eu la chance d’avoir une éducation, d’avoir un toit, d’avoir une famille autour de moi. J’ai cette chance, mais j’ai aussi été un de ces enfants. J’ai dû croire en mes rêves, travailler dur chaque jour. Donc j’ai toujours voulu inspirer, redonner, aider les enfants qui ont pas cette chance… Mais c’est surtout inspirer les enfants, leur dire qu’il faut qu’ils croient en leurs rêves. Et ça, c’est quelque chose qui a toujours été important pour moi. Même avant que je lance ma fondation, je faisais déjà pas mal de choses caritatives à ce niveau-là. Tôt ou tard je savais que j’allais lancer cette fondation, donc quand j’ai signé ma première prolongation à Utah on l’a fait. Je suis très content du nombre de vies qu’on a déjà pu impacter, mais il y a d’autres gros projets à venir dont celui-ci qui s’est mis en place. J’en suis très fier, le but c’est d’avoir un impact, changer les choses et transmettre. Par exemple, les jeunes de mon camp qui vont à Utah pour voir les matchs de NBA, j’ai pas eu cette chance tu vois ? Mais encore une fois, j’ai eu une autre chance. Celle d’avoir l’amour de ma mère, l’amour de mes frères et soeurs. Et c’est important pour moi de transmettre tout ça.

Une fondation, une BD, une académie, un terrain,… c’est quoi la suite ?

En fait, je me mets pas de limite. Créer mon propre jeu-vidéo par exemple, ça c’est un rêve que j’ai depuis toujours.

Ok stylé ! Mais dans le basket genre…?

Non, rien à voir. Plutôt un RPG. Depuis tout petit, mon frère m’a mis dans cet univers. En fait, tout a commencé avec Zelda…

Attends, tu jouais à Zelda sur Gamecube ? Sur la Wii ?

La Wii j’étais déjà plus vieux. Mais avec mon frère ça a commencé sur la Super Nintendo. Il y jouait souvent, donc ça m’a plongé dedans. Quand on allait chez ma grand-mère, il sortait sa Super Nintendo et j’y jouais tout le temps.

Donc on parle plutôt de Zelda vu du dessus, on est d’accord ?

Ah oui oui oui ! J’ai commencé par la Super Nintendo, A Link to the Past. Donc si tu veux, tous les Zelda qui ont suivi après… grâce à mon frère j’ai pu vivre tout ça.

Et c’était Zelda uniquement, ou t’avais d’autres jeux référence auxquels tu penses maintenant ?

Zelda surtout, mais Final Fantasy aussi à l’époque (rires).

Alors je dois totalement sortir du basket pour te poser cette question car elle m’est très chère : c’est lequel ton Zelda de référence ?

(il siffle) Honnêtement, c’est très dur de répondre à cette question. Ceux sur GameBoy, Oracle of Seasons par exemple, ceux-là ils étaient incroyables. Puis Majora’s Mask. Celui sur Wii, Twilight Princess il était incroyable… Et alors The Wind Waker…

… bah pour moi tu vois, c’est The Wind Waker.

En fait, ça dépend aussi beaucoup des souvenirs que tu as créés avec ces jeux, tu vois ce que je veux dire ? The Wind Waker, celui-là c’est vrai que je l’ai beaucoup saigné. Mais A Link to the Past, c’était les débuts avec mon frère donc il est particulier.

En même temps pour The Wind Waker, t’avais quel âge ?

J’avais même pas 14 ans, c’était limite 12-13. The Wind Waker il était assez unique, après tous les autres franchement c’est des classiques. Donc ouais, ça m’a beaucoup inspiré.

Transition sur le basket. T’as déjà beaucoup parlé des Jeux Olympiques 2021 dans pas mal de médias, de tout ce qui s’est passé cet été avec l’équipe de France et de ce parcours extraordinaire que vous avez vécu ensemble. J’aimerais revenir sur une image qui a été forte pour beaucoup de monde. En sortie de finale face à Team USA, on était tous défoncés en France car il était 6h30 du mat. Tout le monde était à la fois crevé, heureux de vivre ce truc tous ensemble en direct, mais aussi triste de la défaite. Et dans ce moment un peu suspendu, on t’a vu assis sur une chaise, en larmes. C’était quoi, ces larmes ?

Il y avait forcément un peu de fatigue. Physiquement et émotionnellement. Mais c’était plus le fait d’avoir raté cette opportunité, celle d’avoir la médaille d’or olympique. On était si proches… Je voulais la gagner, donc ouais c’était aussi le fait de passer à côté de ça. Sur le moment, je me suis dit : putain, je la voulais. On la voulait, et on pouvait le faire. Donc c’est un peu tout ça, laisser passer une opportunité qui se présente finalement assez rarement. Maintenant, avec le recul, je me dis que je suis très fier de ce qu’on a accompli, de ce qu’on a transmis aux gens aussi. Le message qu’on a transmis. Dès le premier match en fait (NDLR : victoire face à Team USA), les gens ont cru en nous. On leur a fait croire que c’était possible, et quelque part c’est ça la vraie victoire. Peu importe la médaille à la fin, on a changé la perception autour de nous. Et donc ça donne grave envie d’enchaîner sur la suite, sur Paris en 2024. Et je me dis que c’est comme si tout s’écrivait comme dans un récit, tu vois ?

C’est un peu le prélude.

Bah j’espère ! J’espère, j’espère. C’est encourageant en tout cas, ça fait saliver pour la suite.

Je fais transition là-dessus, car il y a quelque chose dont t’as parlé dans une interview récemment sur France Info. C’est Elias qui t’a interviewé, un ancien stagiaire de chez TrashTalk.

Bah tu lui diras que ça se voyait qu’il s’y connaissait en basket (rires).

Tu parlais justement de ce changement d’image, de cette narrative qui se modifie avec ce genre de performance. J’aimerais te poser cette question qu’on a posée à Nico (NDLR : Nicolas Batum) il y a deux ans, peu de temps après votre victoire face à Team USA justement. Pour continuer à faire évoluer l’image du basket en France, y’a plein d’options. Mais si la baguette magique était entre tes mains, qu’est-ce que tu privilégierais ? La couverture médiatique ? Les clubs français ? L’apport des collectivités ?

En fait, c’est dur de donner une seule réponse, d’isoler un seul élément en particulier. Mais… je dirais les opportunités. Les opportunités pour les jeunes de nous regarder, déjà. Donc être visibles sur les chaînes publiques, ça c’est important. Parce que si les gens aiment le basket mais qu’au final ils doivent faire des missions de ci ou de là pour nous voir, c’est trop compliqué. Bien sûr, on sait que le basket c’est plus compliqué que le foot parce que la meilleure ligue au monde n’est pas en Europe, c’est aux Etats-Unis avec la NBA. Donc on joue toujours à des heures plus compliquées. Mais malgré ça tu vois, les jeunes ont envie de basket. Les gens ils ont envie de basket, les gens ont faim de basket en France. Et cet été, c’est vraiment la première fois qu’on a ressenti qu’ils étaient satisfaits de regarder du basket à la télé. Du coup, nous on se dit, putain mais qu’est-ce qu’on a fait les 20 dernières années…? Il y a eu du progrès, mais c’est trop peu à ce niveau-là. Et il y a trop de décalage entre le niveau de nos joueurs français à l’international et le niveau de diffusion en France. Je dirais pas que c’est la médiatisation, parce que sinon ça donne l’impression qu’on veut obtenir la lumière. Tout ce qu’on veut, c’est que les jeunes puissent nous regarder, s’identifier à nous, puissent kiffer, et puissent se dire : et pourquoi pas moi en fait ? Donc là avec les Jeux Olympiques…

… vous avez un peu tapé du poing sur la table.

Ouais c’est ça, c’était cool. C’était cool de voir le retentissement que ça a eu. Parce qu’on se disait, putain les gens ont pu nous regarder quoi ! Les gens ont pu nous voir sur le terrain, ils ont aussi pu voir qui on est en dehors des terrains en tant qu’hommes. Donc c’est encourageant pour la suite.

C’est toujours marrant, sur Twitter notamment, de voir la différence des réponses lorsqu’on oppose un titre de champion NBA avec un titre de champion olympique. La question est toute faite pour toi : si tu devais choisir entre un titre de champion NBA avec le Jazz et une médaille d’or olympique avec l’équipe de France ?

Franchement, je dis toujours que les Jeux Olympiques c’est unique. C’est tous les 4 ans, et dans une vie il y a plein d’athlètes qui n’ont même pas l’opportunité d’y participer. Donc tu vois, c’est déjà pas facile d’y accéder, et là je te parle rien qu’au basket. Il n’y a que 12 équipes au monde qui peuvent participer, et on sait qu’il y a eu un paquet de très bonnes équipes qui n’ont pas pu y participer cette année. Des équipes qui auraient vraiment pu gagner des médailles.

La Serbie…

La Serbie, la Lituanie, la Croatie,… Là-dedans, y’a des équipes qui auraient pu prétendre à des médailles. Donc ce prestige, le fait que ce soit aussi dur, c’est comme s’il fallait un alignement des planètes pour y arriver. Et ça rend la chose unique. En plus tu joues pour ton pays… c’est vraiment incroyable. Après, le titre NBA c’est pareil. Bien sûr que tous les ans t’as un champion en NBA, mais pour nous par exemple à Utah ? Remporter le titre NBA, ce serait le résultat de 10 ans de grind tu vois. Ce serait dingue. On peut pas résumer uniquement cela au travail d’une saison, c’est tout le travail de l’ombre, toutes les défaites au second tour, toutes les décisions prises… Donc ce serait aussi un sentiment incroyable de gagner le titre NBA. Dans les deux cas, j’en ai pas un au-dessus de l’autre. Mais pour leurs propres raisons les deux seraient incroyables.

Repassons rapidement par la France pour évoquer un garçon qui a fait parler la planète basket récemment. On a vu que t’avais échangé avec lui par le passé, mais tu discutes régulièrement avec Victor Wembanyama ?

Ouais, on se parle, on échange. Après je suis un peu dans ma bulle, et je pense qu’il est un peu dans sa bulle aussi. Mais ce que j’aime bien, c’est qu’il est vraiment à l’écoute. Et tu sens qu’il s’inspire vraiment des mecs qui sont passés par là avant lui. Il a à la fois la tête sur les épaules, mais il a aussi ce côté un peu cocky (arrogant), il est très confiant en lui. Et c’est la recette pour y arriver. C’est le fait de se mettre des objectifs un peu fou, tout en gardant en tête qu’il y a tout le travail à fournir derrière, que rien n’est facile ni acquis. Et je sens ça chez lui en fait, je sens qu’il a ça. Il a été très bien éduqué, il est très bien entouré. Donc j’ai hâte de voir la suite. Déjà, son évolution elle est super cool à suivre jusqu’ici, mais j’ai hâte de voir comment il va continuer à évoluer sur ces prochaines années.

Terminons par Utah. On sait ce qui s’est passé en Playoffs, la désillusion après une très grosse saison régulière. Je me doute que l’objectif reste le même à l’heure actuelle, vous visez le titre. Mais c’est quoi le mood de l’équipe à l’approche du camp d’entraînement ? Tu sens qu’il y a une différence avec les années passées, qu’il y a un côté encore plus vous versus le reste du monde ?

Un peu, forcément. Dans la bulle à Orlando, on menait 3-1 au premier tour contre Denver et ils sont revenus pour finalement l’emporter. Donc on était déjà revenus au camp suivant avec le couteau entre les dents, l’envie de prouver certaines choses cette saison. Et on fait une très bonne saison. Alors en effet on a eu des blessures et ça c’était un peu relou, mais tout le monde avait des blessures en Playoffs. Enfin, presque tout le monde.

Ce qui était chaud pour vous, et pas mal d’observateurs en ont parlé, c’est que ça touchait plusieurs cadres titulaires.

Bah ouais. C’était chaud, mais ça fait partie du sport. Donc maintenant la question, c’est qu’est-ce qu’on fait pour réduire ces chances de blessures. Essayer de réduire les durées, faire en sorte que pour les petites blessures qui ne sont pas forcément super graves on soit pas écartés des terrains si longtemps… Tout ça, ça fait partie du jeu. Mais maintenant on revient encore plus déterminés, avec cette expérience des deux dernières saisons, et ce recul en plus. Donc on espère que ça va le faire. Maintenant en NBA il y a beaucoup de très bonnes équipes, donc on va prendre cette expérience et l’utiliser au mieux. Bien sûr qu’on veut à nouveau cette 1ère place à la fin de la saison régulière, mais c’est pour les Playoffs qu’on doit tous être en place.

Forcément. En parlant de la saison à venir, il y a quelques mois, Jayson Tatum a souligné un truc assez intéressant. Il parlait du fait que, selon lui, certains joueurs étaient plus performants dans le contexte de la bulle à Orlando, parce qu’il n’y avait pas le moindre public dans les gradins. Que plusieurs joueurs avaient une hausse de confiance car il n’y avait pas la pression du public. Toi, en tant que joueur, qu’est-ce que t’en penses ? Est-ce le retour du public va affecter les performances de certains ?

Bah c’est vrai que, jouer sans fan, soit il y en a qui sont meilleurs, soit il y en a qui sont moins bons, soit il y en a qui sont pareil. Je pense que ça dépend un peu des personnalités. Il y a des joueurs pour qui la présence des fans les impacte différemment. Et c’est vrai que c’est ce qui a rendu la bulle un peu différente. Donc oui, je pense qu’il y a des joueurs qui auraient moins performé avec les fans. Tout comme, à l’inverse, il y en a qui se nourrissent de ça et qui auraient bien aimé en avoir à ce moment-là. Je pense qu’il (Tatum) a pas complètement tort.

Et toi, à titre personnel ? T’as l’impression que ça t’a impacté ?

C’est dur à jauger, mais c’est vrai que j’aime bien quand il y a du public. L’énergie n’est pas la même, avec la présence des fans t’as une adrénaline qui est quand même bien différente.

Même un arbitrage qui est différent, aussi.

Bah au final tu vois, ceux qui étaient les plus contents à mon avis c’était les arbitres (rires). Parce qu’ils se faisaient pas insulter, par exemple.

C’est sûr. Et au niveau des home calls (décisions arbitrales influencées par le public) ? Je sais qu’on a un souvenir très fort en équipe, c’était il y a quasiment deux ans, juste après le match à Paris. On avait regardé un match où vous affrontiez Dallas, chez vous à Utah. Et dans le money-time tu renvoies un lay-up sur la planche, je sais plus qui était monté à l’arceau… Tim Hardaway ?

Non c’était…

… Josh Richardson ? Nan il est pas encore là, merde.

Ah je crois que c’est Delon Wright.

Oui c’est ça, Delon Wright. Et en fait, peut-être parce qu’il y a une adrénaline de folie à ce moment précis de la rencontre, cette action elle est possible. Comme si cette énergie supplémentaire, elle ne serait pas là dans une autre situation. T’as ce sentiment là, ou pas ?

Je peux pas te dire si j’aurais refait la même action, s’il n’y avait pas eu de fan. C’est clair que, parfois, quand t’es dans le flow du match et que les fans sont en feu, ils te transmettent une énergie supplémentaire. Oui, ça j’y crois. Donc ça peut m’arriver d’être transcendé par un certain environnement, que ce soit à domicile ou à l’extérieur d’ailleurs. Je pense que tu peux être transcendé et donc encore plus concentré.

Comme en demi-finale des derniers Playoffs, quand les Clippers récupèrent leurs fans en plein milieu de la série ?

C’est clair, on sentait qu’ils étaient contents d’avoir des fans.

Du coup, pour finir, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter avant que tu rentres à Salt Lake City ?

Déjà, la santé. Le plaisir, parce que c’est important de prendre du plaisir, et puis le titre. Clairement, le titre. Je sens vraiment que c’est le moment où il faut y aller. Tout peut arriver, mais je sens qu’on peut faire quelque chose d’unique. Donc pourquoi pas ?

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Remerciements : Rudy Gobert / les éditions Michel Lafon

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