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Le two-way contract en NBA, un modèle qui fonctionne ? À l’approche de la reprise, focus sur ce compromis à la réussite controversée

Two-way contract

Un pacte avec le diable ?

source image : montage TrashTalk

Comme un coupe-jarret planqué dans ton gâteau à la crème, le two-way contract est l’une des seules manières d’entrer en NBA sans que l’esprit ne succombe à une déflagration de joie. Bien que le format soit jugé intéressant pour les franchises, la façon avec laquelle il a été pensé reste objet de controverse, son environnement ayant été partiellement snobé. Quatre ans après son avènement, quel est le bilan ? On débrief.

Si la NBA est le rêve de tout môme ayant déjà tenu un ballon entre les mains, les différentes voies pour y accéder possèdent chacune leur degré de charme. On ne présente plus la draft, cérémonie mythique qui propulse les meilleurs ados sous les projecteurs du Barclays Center, et pourtant on vient de la présenter, crotte. Sans passer par cette dernière, il existe différents accords contractuels possibles entre un joueur et une franchise. L’été 2017 a donné naissance au two-way contract, un compromis répondant à une demande d’entre-deux de la part des différents partis. Un joueur est trop prometteur pour faner en fond de banc ? Cet accord lui permet d’osciller entre l’équipe fanion et la G League, le limitant par ailleurs à 50 sélections en NBA. Chaque équipe a donc le droit d’accumuler deux two-way players, en plus des quinze contrats garantis distribués aux plus chanceux. Les noms de Jaylen Adams, George King, Nate Darling, Jeremiah Martin, Travis Wear, Vic Law et autre Amil Jefferson n’évoquent à nos esprits, plus grand chose, mais il est vrai que certains ont tout de même bien profité du two-way pour se modeler une place confortable en NBA, sur la durée. On se penche sur tout ça, car de franchise player à gérant de gîte en Haute-Savoie, cette formule a de bien larges débouchées.

Il est des éléments sur lesquels revenir est primordial. D’abord, le two-way contract ne peut être proposé qu’à un joueur ayant maximum quatre ans d’ancienneté en NBA. Il s’agit donc en grande majorité de jeunes jambes, ou bien de viocs venus d’Europe pour découvrir la Grande Ligue, sur le tard. Concernant sa durée, elle peut être d’une ou deux saisons, mais si la silhouette concernée a d’ores et déjà passé trois ans en NBA, alors elle n’est pas éligible au bail de deux ans afin de ne pas dépasser la très stricte jauge des quatre années d’expérience. Les franchises peuvent signer un joueur two-way jusqu’au 15 janvier, date à partir de laquelle les deux spots de chaque équipe se verrouillent. Ces deux sièges éjectables voient donc généralement une bonne ribambelle de profils passer puis sauter, jusqu’à ce que l’équipe ne tombe sous le charme de l’un de ses joueurs two-way, et lui fasse signer un contrat davantage synonyme de considération. Les exemples qui vont dans ce sens sont nombreux à l’instar de l’exercice 2017-18 qui, de par cette nouvelle formule, a vu bon nombre de révélations comme Monte Morris, Ryan Arcidiacono, Quinn Cook, Torrey Craig, Alex Caruso, Luke Kornet, Danuel House, Chris Boucher, Georges Niang ou encore P.J. Dozier. Bis repetita, la saison suivante passe en lumière quelques blazes pourtant destinés à l’ombre. On apprécie les highlights d’Allonzo Trier sous la chaleur du Garden, l’œil de lynx de Duncan Robinson, les facilités de Shake Milton, le bon taf de Drew Eubanks, l’énergie de Kadeem Allen. Ces garçons ont tous profité de la formule two-way, eux qui n’auraient peut-être jamais réussi à gratter un spot garanti au sein d’un effectif NBA. Plus récemment, Luguentz Dort s’est avéré être l’une des plus belles réussites de ce modèle en paraphant un bail de 4 ans dans l’Oklahoma. Qu’en conclut-on ? Que le two-way a changé le destin de certaines individualités, mais à quel prix pour les autres ?

« Je n’aurais pas eu l’opportunité (de jouer en NBA, ndlr) si le two-way contract n’existait pas » – Quinn Cook

« Mais comment peut-on critiquer une formule qui permet à deux joueurs supplémentaires de tenter leur chance sans entraver la place d’un autre ? ». Excellente question intervenant imaginaire, et c’est d’ailleurs compliqué d’y répondre sans avoir le nez dans les affaires. Si un Jordan McLaughlin est finalement parvenu à signer une affaire de 3 ans dans le Minnesota, il y a-t-il forcément un revers à sa réussite ? Une fois le two-way derrière le joueur, celui-ci ne craint plus rien et profite de son généreux contrat, de sa nouvelle vie. Les problèmes liés à cette formule sont en réalité tout autres, financiers, logistiques et humains. Lorsqu’un bonhomme s’engage avec une franchise via un two-way contract, son parti n’est pas sans savoir que la rémunération proposée est bien loin de celle d’un joueur NBA lambda, avec une variation qui s’explique. Si le principal concerné joue en G League, il touche alors 75.000 dollars sur les 5 mois de la saison, et peut décrocher un extra de 204.000 dollars s’il tope la barre fixée des 50 sélections NBA. S’il n’en compte que 30, il touchera alors – proportionnellement au maximum fixé – un dû supplémentaire. Eh, un salaire garanti et son prorata de matchs dans la Grande Ligue, il y a clairement des banquiers plus inquiets que celui d’un joueur sous two-way. Et pourtant, quelques agents crachent sur cette formule, soulignant notamment un manque d’humanité criant.

« Plus de gars étaient énervés que heureux la première année (2017-18, ndlr). Pour des joueurs comme Briante Weber, ça craint pour lui. L’effectif des Rockets était trop chargé. Ils lui ont donné un two-way contract et l’ont coupé à la mi-janvier. Je serais foutrement énervé. » – un agent anonyme, pour Def Pen

Un agent qui demande de l’humanité, c’est comme si Nikos Aliagas dénonçait ceux qui draguent les mères des candidats. M’enfin, les pourcentages touchés par ces derniers seraient apparemment bien moindres que sur des contrats garantis, ce pourquoi il faut se méfier de leurs arguments. Ce qui pourrait justifier la tension, c’est surtout cette incertitude autour de l’avenir du joueur, si désireux de rester en NBA qu’il ne prend pas forcément de plaisir pendant cette période. C’est également un petit foutoir en G League où la présence du two-way crée une confusion entre le statut du joueur concerné et celui de ses coéquipiers. Certains auront beau toujours performer dans la ligue mineure, leur place de titulaire peut s’envoler lorsque débarque un prospect ayant un gros panneau « urgence, je me développe pour la Grande Ligue » sur le front. De plus, le two-way est désormais perçu comme une restriction pour tous. Avant son instauration, les franchises avaient le droit d’aller piquer des joueurs dans l’équipe de G League de leur choix. On se souvient de Dallas qui avait « braconné » Yogi Ferrell à Brooklyn, un steal des Texans dont les New-Yorkais n’avaient pas repéré le potentiel. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, les meilleurs joueurs de G League étant pour la majorité sous two-way contract avec une franchise. Eux ne dépendent donc que d’une seule rotation, limitant leur chance d’être appelés en équipe fanion, tandis qu’auparavant, ils pouvaient dépanner n’importe quelle franchise dans le besoin. C’est donc un vilain coup au foie pour la G League qui peu à peu, a vu ses meilleurs joueurs filer en Europe, lassés de pourrir en attendant l’appel de leur seul head coach. En réaction, fut créée la Ignite Team, équipe de G League aux permissions salariales XXL et qui a permis de ramener de grands prospects dans la ligue mineure. Eh oui, quand ils galèrent, les ricains adorent refaçonner les règles. M’enfin, la triplette Joel Ayayi Petr Cornelie et Killian Tillie s’apprête à démarrer une nouvelle saison sous le statut de joueurs two-way, à eux de montrer que les performances restent le maître mot de la réussite. En espérant ne pas les retrouver comme Axel Toupane aujourd’hui, titrés mais victimes de la formule, sans club.

Pour la liste complète des joueurs actuellement sous two-way contract, c’est par ICI !

De sombres histoires lesquelles nous apprennent qu’untel est snobé par son coach, puis viré au beau milieu d’une saison, galérant par la suite à retrouver un club. Boarf, c’est un peu comme partout, c’est davantage d’un point de vue hiérarchique que le two-way contract est venu tout foutre en l’air. La G League a payé les pots cassés d’un gars qui a sûrement pensé son schéma, en un aprèm.

Sources texte : Bleacher Report / Def Pen / Hoops Rumor

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