Thunder

La reconstruction du Thunder : Sam, c’est bien beau les 345 choix de draft, mais tu comptes en faire quoi ?

Sam Presti

Ok ok, si j’atteins les 100 picks j’arrête…

Source Image : Twitter / @Jon_Mitchell3

La Draft NBA arrive à grands pas, l’occasion parfaite pour se pencher sur l’une des franchises qui devrait faire de cette date un jour férié dans les années à venir : le Thunder. On le sait, Sam Presti s’est fait une belle petite collection de picks jusqu’en 2056, mais au final, où ça va tout ça ? Allez, petit détour par l’Oklahoma pour essayer d’imaginer l’avenir du Thunder.

Ce n’est plus un secret, Sam Presti a une affection particulière pour les choix de draft, lui qui en possède une centaine (on exagère à peine). Si cette accumulation de picks jusqu’en 2027 est devenue l’une des punchlines préférées quand on vient à parler de la franchise d’Oklahoma City, le manager général du Thunder lui est très sérieux, il compte bien reconstruire de zéro ou presque grâce à la Draft. Bon, pour essayer de comprendre le projet de reconstruction d’OKC, repartons du début, quand cette folie des picks a commencé à trotter dans la tête du board de la franchise. Pour ça, il faut revenir deux ans en arrière : sur cette saison 2018-19, les ambitions d’Oklahoma City sont élevées après l’échec du Big Three Paul George – Russell Westbrook – Carmelo Anthony (ah le fameux mec qui ne voulait pas sortir du banc). On oublie Melo, on mise sur les deux superstars et quelques bons gars autour comme Jerami Grant, Dennis Schroder et Steven Adams. La formule marche plutôt pas mal avec notamment un Paul George en mode MVP, mais ça foire encore une fois au premier tour des Playoffs 2019. Sortis brutalement par les Blazers (coucou Damian), Presti envoie Paul George aux Clippers lors de l’intersaison sur demande de la superstar, attirée par le projet Clippers et Kawhi Leonard, et l’emblématique Russ West est ensuite transféré aux Rockets ce même été. Depuis cette fin de saison 2019, l’ambition montrée par le GM du Thunder est claire : on passe à autre chose, tout pour la reconstruction. Pour se faire, la franchise passe par un nombre de trades incalculable, comme celui de Chris Paul et Dennis Schroder en novembre dernier, deux membres importants – enfin surtout CP3 – de la saison surprise de 2019-20, où le Thunder atteignait les Playoffs à la surprise générale. Le dernier transfert en date ? L’arrivée de Kemba Walker, avec le pick 16 de la Draft 2021 et un deuxième tour de 2025, contre Moses Brown, Al Horford et un deuxième tour de 2023. Au total, OKC comptabilise donc – mouillez-vous bien la nuque – 36 picks sur les sept prochaines années. Oui oui, vous avez bien lu, 36. Allez, on va tous vous les lister comme ça c’est fait :

  • 2021 : le 6e, 16e et 18e choix du premier tour et les picks 34, 36 et 55 du deuxième tour ;
  • 2022 : leur propre choix de premier tour (s’il fait partie du Top 14), le pick des Clippers, le choix du premier tour des Suns (protégé 1-12 en 2022, 1-10 en 2023, 1-8 en 2024 et non protégé en 2025) et leur propre choix du deuxième tour ;
  • 2023 : leur propre choix de premier tour (+ possibilité de swap avec les Clippers), le pick du Heat (protégé 1-14 de 2023 à 2025, non protégé en 2026), le pick des Nuggets du premier tour (protégé 1-14), leurs deux meilleurs picks du second tour, celui des Wizards et celui du Heat ;
  • 2024 : leur propre choix du premier tour, celui des Rockets (Top 4 protégé, peut se transformer en deux choix de deuxième tour en 2024 et 2025), celui du deuxième tour des Hornets, des Wolves et le leur ;
  • 2025 : leur propre choix de premier tour (+ possibilité de swap avec les Clippers et les Rockets, protégé Top 10 pour Houston), le choix du premier tour des Sixers (protégé 1-6), le second tour des Sixers et le meilleur pick du second tour entre Grizzlies et Celtics ;
  • 2026 : leur propre choix du premier tour, celui des Clippers, celui des Rockets (protégé Top 4, peut se transformer en choix de second tour en 2026 + 1 million en cash), leur propre choix du second tour, celui des Sixers et celui des Mavs ;
  • 2027 : leur propre choix du premier tour, le deuxième du Heat, des Pacers et des Rockets.

Voilà voilà, trois fois rien. Et comme vous avez pu le voir, Sam Presti est plutôt maniaque, vu que sa franchise possède 18 choix de premier tour de draft et 18 choix de second tour, tout pile. Bon, c’est bien beau d’accumuler tous ces picks, record qui semble difficile d’égaler, mais maintenant, Sam tu vas en faire quoi de tout ça ? Déjà, quand on se penche sur la stratégie du front office d’OKC, à savoir reconstruire en misant sur les jeunes, l’Oncle Sam de la NBA sait faire. Difficile de ne pas repenser à Kevin Durant, drafté en 2007, Westbrook et Serge Ibaka draftés en 2008 et James Harden en 2009. Les membres de ce quatuor, qui a contribué aux belles années de la franchise d’Oklahoma avec comme point d’orgue les Finales 2012, ont tous été issus du scouting de Sam Presti et son staff, même s’il faut bien avouer que sélectionner KD en numéro 2 n’a rien d’un exploit. Forcément, tout fan du Thunder n’espère qu’une seule chose : revivre un scénario à la sauce Big 4 des années 2010. Ça sera peut-être compliqué, mais Presti sait dénicher les talents, même sans avoir un Top 5 pick à la Draft. On évoquait à l’instant Serge Ibaka, drafté en 24e position. On peut citer également le choix Reggie Jackson, sélectionné lui aussi en 24e place en 2011, et auteur d’une carrière pas dégueu malgré des hauts et des bas. Le bonhomme reste même sur de superbes Playoffs avec les Clippers. Petite mention aussi pour Terrance Ferguson (21e choix en 2017), qui avait montré de belles qualités de 3&D avant de disparaître un peu de la circulation. Et pour ceux qui viennent de s’intéresser à la NBA – déjà bienvenue – on peut parler aussi de notre Théo Maledon national, sélectionné en début de second tour (34e, théoriquement drafté par les Sixers mais transféré à OKC derrière), qui a montré des choses intéressantes dès sa saison rookie. Globalement, même s’il y a forcément eu aussi quelques ratés, Sam Presti sait faire de bons choix, surtout quand il possède des picks de draft élevés, ce qui n’est pas donné à tout le monde contrairement à ce qu’on pourrait croire. Et puis le Thunder est une franchise également réputée pour sa capacité à bien développer des prospects.

Mais partir de zéro, avec autant de jeunes, est-ce vraiment la bonne solution ? Au fil des années, la Ligue nous prouve qu’additionner les jeunes à potentiel, sans réelle philosophie ou vétérans pour encadrer, ça ne réussit pas forcément. On a vu par exemple des franchises enchaîner les picks dans le Top 10 mais sans véritable succès sur les parquets. On pense forcément aux Kings, qui attendent toujours une participation en Playoffs depuis… 2006. Entre 2010 et 2015, la franchise californienne a enchaîné les fails à la Draft (Jimmer Fredette, Thomas Robinson, Ben McLemore, Nik Stauskas… tous des Lottery picks) et les Kings n’ont jamais fait mieux que 33 victoires dans une saison malgré la présence d’un DeMarcus Cousins à l’intérieur. Et on peut même mentionner Danny Ainge et les Celtics, qui possédaient un grand nombre de choix de draft sans véritablement en profiter au final. Donc non, enchaîner les picks de draft n’est pas forcément synonyme de succès. Alors, l’avenir se présente comment pour OKC ?

Que faire à la Draft 2021 ?

Pour commencer, intéressons-nous à la Draft à venir. Si la franchise est sûrement ressortie de la Lottery comme la grande perdante, obtenant seulement le pick 6 après un merveilleux tanking job en deuxième partie de saison, ça reste un rendez-vous très important pour la franchise et quelques noms commencent à sortir, parmi lesquels on retrouve Scottie Barnes, Jonathan Kuminga ou encore James Bouknight. Entre tous ces choix de draft (le 6, le 16 récupéré récemment dans le trade de Kemba Walker, le 18, le 34, le 36 et le 55), on les imagine mal choisir six joueurs, et la franchise du Sooner State pourrait bien vouloir monter dans cette Draft en échange de certains de leurs choix.

Utiliser ces nombreux picks pour monter dans la Draft ou réaliser des transferts

Ce scénario, on risque de le voir pendant de nombreuses éditions. Car si OKC compte repartir de zéro avec des jeunes pépites, il va falloir passer par quelques années de vaches maigres et avec tous ces picks accumulés, Sam Presti aura la possibilité de constamment se placer aux meilleures places de la Draft. Et si le Thunder ne compte pas juste être une équipe NCAA pleine de rookies ou sophomores, il faudra passer par des trades, l’activité préférée de Sam Presti. Une activité dans laquelle il s’est montré plutôt bon à de nombreuses reprises par le passé, comme en témoigne le transfert d’Ibaka contre Domantas Sabonis et Victor Oladipo en 2016, eux-mêmes échangés pour Paul George un an plus tard. Avec autant de cartes dans les mains de Presti, attendez-vous à voir le Thunder apparaître dans de nombreux trades en proposant des picks à tout-va, autant le soir de la Draft que dans des dossiers pour récupérer des joueurs qui intéressent le GM ou qui veulent aller voir ailleurs. Toutes ces options sont d’autant plus importantes que le Thunder évolue à l’intérieur d’un petit marché, dans lequel il est souvent difficile d’attirer des grands noms à la Free Agency.

Un Process à la sauce Thunder ?

En tout cas, pour le moment, les clés du camion sont données à Shai Gilgeous-Alexander, lui qui est devenu candidat All-Star cette saison. Mais sans aucun doute, tout talentueux qu’il est, le Thunder risque de galérer à l’Ouest, même s’il est accompagné par le GOAT Lu Dort et le futur GOAT Aleksej Pokusevski. Alors, les fans d’OKC, il va falloir s’accrocher, car les prochaines années ne risquent pas d’être les plus belles à voir. Ce seront surtout des années de développement de jeunes talents, un peu en mode centre de formation. Mais on sait que des projets de reconstruction extrêmes comme celui-ci peuvent payer à moyen – long terme. On peut prendre comme exemple le fameux Process des Sixers. Alors oui, cela a mis quelques années à se développer, et on peut penser à quelques flops comme le choix Jahlil Okafor ou encore Markelle Fultz, mais malgré tout, la base Joel Embiid – Ben Simmons est restée intacte et a fait de Philly une équipe très solide de la Conférence Est. Évidemment, la liste de picks du Thunder est bien plus longue que celle des 76ers à l’époque. Mais dans l’idée, les deux projets ont quelques similitudes, et on souhaite au Thunder de tomber sur un joueur au potentiel d’Embiid à la Draft.

Depuis 2019, Sam Presti accumule les picks de draft et en cumule plus d’une trentaine sur les sept prochaines années. En voyant tous ces moves du GM du Thunder, une question revient souvent, quelle est vraiment la stratégie de Presti ? Eh bien on devrait avoir un premier élément de réponse ce 29 juillet, puisque OKC possède le Pick 6, 16 et 18 du premier tour, et il ne va pas falloir se louper. 

Source texte : The Oklahoman/ca.nba.com

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