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L’ère Danny Ainge résumée en cinq grands points : après 18 ans à la tête des Celtics, c’est l’heure de faire le bilan

Danny Ainge Boston Celtics Free agency

Fallait bien qu’on revienne dessus.

Source image : YouTube

C’est la grosse nouvelle qui a fait l’actu des derniers jours en marge des Playoffs. Danny Ainge, le boss des Celtics, a décidé de laisser sa place de dirigeant numéro un des Celtics à Brad Stevens après 18 ans à la tête de la franchise. 18 ans, c’est long, alors il fallait bien qu’on fasse un bilan sur l’ère Danny à Boston, en se focalisant sur cinq points qui caractérisent véritablement son mandat. Parce qu’il y en a des choses à dire.

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  • Le titre de 2008

Comment ne pas commencer par ça ? Le fameux titre de 2008, avec Paul Pierce, Kevin Garnett et Ray Allen. On peut dire ce qu’on veut sur Danny Ainge mais s’il y a bien une chose qu’on ne pourra jamais lui enlever, c’est qu’il a réussi à construire une équipe championne alors que les Celtics étaient dans les bas-fonds de la Conférence Est. En 2006-07, les Verts n’avaient remporté que 24 matchs (pire bilan de l’Est) au total avec un Paul Pierce à la fois blessé et frustré. Mais au lieu de bouger son franchise player et aborder une reconstruction basée sur la jeunesse, Danny Ainge a sorti plusieurs gros coups de son chapeau. D’abord, ce transfert pour récupérer le sniper des Sonics Ray Allen, obtenu en échange du cinquième choix de la Draft 2007 (Jeff Green) ainsi que Wally Szczerbiak et Delonte West. Ensuite, à peine un mois plus tard, Kevin Garnett a débarqué en provenance du Minnesota, Danny lâchant notamment le prometteur Al Jefferson, du premier tour de draft et du contrat expirant. La suite, on la connaît. Le monstre à trois têtes est allé chercher le titre dès sa première saison ensemble face aux Lakers, remettant ainsi la franchise de Boston au sommet de la NBA pour la première fois depuis 1986, quand Ainge était… un joueur des Celtics. Les C’s remporteront la Conférence Est une deuxième fois en 2010 avant de perdre contre la bande à Kobe Bryant en sept matchs, et provoqueront accessoirement la création du Big Three de Miami, véritable tournant dans la formation de superteams en NBA.

  • Une transition post-Big Three réussie 

L’ère Big Three a officiellement pris fin en 2013, suite à une élimination au premier tour des Playoffs face aux Knicks. Un an après la trahison le départ de Ray Allen vers Miami, Kevin Garnett et Paul Pierce (sans oublier Jason Terry) ont été transférés à Brooklyn contre une ribambelle de joueurs sans grande importance (Gerald Wallace, Kris Humphries, MarShon Brooks, Keith Bogans et Kris Joseph pour ne pas les citer) mais surtout… trois choix de premier tour de draft non protégés (2014, 2016, 2018) et le droit d’échanger les picks du premier tour de la Draft 2017. Grâce à ce transfert, Danny Ainge a su poser les bases d’une reconstruction express : Jaylen Brown a notamment pu être récupéré quelques années plus tard avec le troisième choix de la Draft 2016, tandis que Jayson Tatum est lui arrivé lors de la saison suivante. Grâce à la campagne claquée des Nets en 2016-17, les Celtics ont obtenu le premier choix de la Draft, un pick ensuite échangé aux Sixers qui étaient troisièmes à choisir. Résultat, Boston a reçu du capital draft supplémentaire de la part de Philadelphie (qui a sélectionné Markelle Fultz en numéro un) en plus de Tatum. Encore un trade largement gagnant pour Boston. Plus globalement, quand on dézoome un peu, on se rend compte que les Celtics n’ont raté les Playoffs qu’à une seule reprise après la fin de l’ère Big Three. En plus de faire un gros boulot en coulisses, Danny Ainge a aussi réussi à attirer le bon coach pour succéder à Doc Rivers, à savoir Brad Stevens. Venu de NCAA, Stevens a rapidement su mettre en place sa méthode et sa philosophie, accélérant ainsi la reconstruction sous l’impulsion d’un joli collectif. Les C’s ont retrouvé la postseason dès 2015, avant d’atteindre le sommet de la Conférence Est au cours de la saison régulière en 2016-17 derrière les exploits d’Isaiah Thomas.

  • Le transfert d’Isaiah Thomas

Attention, sujet sensible, surtout chez les fans des Celtics. On se rappelle justement de cette saison magique en 2016-17, avec un Isaiah Thomas sensationnel terminant dans le Top 5 du classement MVP. Le petit IT était le héros de tout un peuple, le chouchou du TD Garden. Et puis à l’été 2017, Danny Ainge a vu que Kyrie Irving voulait bouger de Cleveland, et il a sauté sur l’occasion : Thomas est alors envoyé aux Cavaliers en compagnie de Jae Crowder, Ante Zizic, un choix de premier tour de Draft 2018 provenant de Brooklyn ainsi qu’un futur choix de second tour, tout ça pour récupérer Uncle Drew. Vu l’état de la hanche d’IT à ce moment-là et le talent offensif de Kyrie, on peut dire que les Celtics ont remporté ce trade. Mais la perte du héros local a tout de même été difficile à avaler à Boston, surtout vu la manière avec laquelle l’expérience Irving s’est terminée derrière (départ à la Free Agency 2019 après seulement deux saisons, et désormais ennemi public numéro un à Boston). Ce transfert d’IT a fait remonter quelques souvenirs douloureux chez les fans des Celtics, qui avaient vécu un scénario un peu similaire avec le transfert d’Antoine Walker à Dallas en 2003, quand Toine faisait partie des chouchous de la fan base bostonienne. Si Danny Ainge pensait évidemment bien faire à chaque fois, cela n’a pas fait du bien à sa réputation et cela s’est même retourné contre lui. On se souvient notamment des propos du père d’Anthony Davis, qui avait critiqué le manque de loyauté du président des Celtics envers Isaiah Thomas. Quand AD fut convoité par Boston avant sa Free Agency, le monosourcil et son camp ont rapidement fait comprendre à Ainge que Boston n’était pas dans leur plan d’avenir.

  • Danny, ses draft picks et ses « potentiels » transferts 

C’est devenu un running gag à force : les « potentiels » transferts de Danny Ainge qui n’ont pas vu le jour, ces révélations après la trade deadline où on apprend que les Celtics sont passés tout près d’un gros deal. Spécialiste pour accumuler les assets et les choix de draft au fil des années, Ainge a par contre été beaucoup moins inspiré pour les maximiser. On ne compte plus les stars qui auraient pu poser leurs valises à Boston si Danny s’était montré moins frileux : on pense à Jimmy Butler, Kawhi Leonard ou encore Paul George, entre autres. Tous ces gars-là ont changé de franchises à plusieurs reprises au cours des dernières années, aucun n’est passé par Boston. Beaucoup de rumeurs, beaucoup de scénarios envisagés, pour au final pas grand-chose. Contrairement aux transferts qui ont permis de construire le Big Three et de remporter le titre de 2008, Danny n’a pas utilisé son gros capital pour remettre le couvert, et ça reste forcément un regret aujourd’hui, encore plus quand on voit la situation dans laquelle les Celtics ont bouclé leur saison 2020-21. Ils avaient le potentiel pour devenir l’équipe numéro un de la Conférence Est, ils semblaient destinés à prendre le contrôle après la dictature LeBron James, désormais ils se retrouvent dans le ventre mou et restent sur une élimination au premier tour des Playoffs. Moche.

  • Une fin en queue de poisson

Avec l’échec de la saison 2020-21 et le déclin global des Celtics alors qu’ils semblaient armés pour dominer, difficile de parler d’une fin en apothéose pour Danny Ainge, bien au contraire. Vous vous rappelez de cette équipe de Boston blindée avec Kyrie Irving, Gordon Hayward, Jayson Tatum, Jaylen Brown, Al Horford, Marcus Smart, Marcus Morris ou encore Terry Rozier ? C’était en 2017 mais on a l’impression que c’était il y a dix ans tellement le roster semble aujourd’hui beaucoup plus limité. Kyrie est parti à la Free Agency 2019 après une saison caractérisée par des problèmes internes, idem pour Al Horford et Marcus Morris, tandis que Gordon Hayward est allé rejoindre Charlotte à l’intersaison 2020 contre une grosse trade exception. Terry Rozier a lui été envoyé aux Hornets dans le cadre du sign & trade de Kemba Walker, un Kemba aujourd’hui rongé par les pépins physiques. Entre-temps, les Celtics ont tout de même participé à trois Finales de Conférence Est sous l’impulsion notamment de Tatum et Brown, mais sans jamais atteindre les Finales NBA. Alors tout n’est évidemment pas de la faute de Danny. Il y a notamment eu des bobos importants au fil des années (Gordon Hayward, Kyrie Irving, puis aujourd’hui Kemba Walker et Jaylen Brown) et la saison 2020-21 a particulièrement été compliquée pour Boston entre les pépins physiques et le COVID. Mais quand on voit où étaient les Celtics il y a quelques années et où ils sont aujourd’hui, c’est compliqué de ne pas pointer du doigt le travail de Danny Ainge en matière de recrutement (Draft, Free Agency…) et de construction d’équipe.

Probablement usé par son poste de président des Celtics et passé également par quelques problèmes de santé ces dernières années, Danny Ainge a décidé de laisser la main après 18 ans de travaux. Quand on fait le bilan, il y a beaucoup de hauts et quelques bas, mais globalement on peut ranger son mandat dans la catégorie des succès malgré une fin en queue de poisson et une 18e bannière qu’on attend toujours du côté de Boston. Réputé pour son côté col bleu et effronté en tant que joueur, Danny Ainge était également un peu comme ça en tant que président, et le plus souvent ça a payé.  

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