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Les Raptors, l’équipe qui marque les esprits sur cette reprise : est-ce si déconnant d’imaginer les Dinos en Finales NBA ?

Deux grosses victoires pour la reprise, pas de doute les Dinos sont prêts à défendre leur titre.

Source image : NBA League Pass

Déjà auteurs d’une remarquable saison régulière avant l’arrêt forcé du 11 mars dernier, les Raptors ont rapidement repris leurs bonnes habitudes en remportant deux victoires XXL dans la bulle d’Orlando. De quoi marquer les esprits et rappeler à tout le monde qu’ils sont toujours les champions en titre. 

Jeudi dernier, le jour de la reprise de la saison régulière, on avait mis en avant dix grandes questions accompagnant le retour officiel de la balle orange. L’une d’entre elles concernait les Raptors. On se demandait s’il ne fallait pas les respecter un peu plus au vu de leur bilan (46-18 au moment d’arriver à Orlando), leur statut (champions en titre et deuxièmes de l’Est derrière les Bucks) et leur solidité collective, eux qui sont rarement mentionnés parmi les gros candidats aux Finales NBA. Cinq jours plus tard, la question a laissé place à une affirmation. Oui, les Dinos méritent plus de respect et de considération pour cette fin de saison chez Mickey. Ça sonne un peu comme une conclusion hâtive étant donné qu’on vient à peine de reprendre, mais c’est plutôt une conclusion tardive tant les Raptors évoluent à un gros niveau depuis le début de la campagne 2019-20, et ce malgré les départs du duo Kawhi Leonard – Danny Green et les nombreux bobos rencontrés en route. Pour leur entrée en matière en Floride, les hommes de Nick Nurse ont été confrontés à une double opposition Lakers – Heat assez hard, et on peut dire qu’ils ont géré cet enchaînement en champion. Victoire maîtrisée face à Los Angeles d’abord derrière un gros Kyle Lowry, puis succès solide hier contre Miami, difficile de faire beaucoup mieux comme départ. Durant ces deux rencontres, on a vu du Toronto basketball, avec en fil rouge une défense toujours aussi redoutable.

En Playoffs, quand le jeu se ralentit et se durcit, ce sont souvent les équipes solides dans leur propre moitié de terrain qui parviennent à survivre. Deuxième meilleure formation de la NBA à l’efficacité défensive (104,7 points accordés sur 100 possessions) et premiers au nombre de points encaissés en moyenne (106,3), les Raptors ne lâchent rien quand il s’agit de défendre leur territoire. De Kyle Lowry à Marc Gasol en passant par Pascal Siakam, Fred VanVleet, Serge Ibaka et OG Anunoby, les Dinos possèdent une armada défensive, et c’est sans parler de Rondae Hollis-Jefferson et Norman Powell. Sur tous les postes, ça défend dur, c’est polyvalent, et surtout c’est du lourd au niveau des rotations pour contrer le mouvement de ballon adverse. Ça se bat, ça communique, ça se jette sur les ballons… ce n’est pas toujours très beau, mais c’est du winning basketball comme on l’entend parfois. Et ça permet à Toronto de remporter des matchs même quand l’attaque atteint certaines limites, que ce soit à cause d’un manque d’adresse (les Raptors sont 21è de la NBA à la réussite globale au tir avec 45,7%) ou d’un nombre trop élevé de pertes de balle (dans le milieu de tableau de la Ligue, 13è avec 13,8 turnovers en moyenne). Dans le jargon, on appelle cela aussi l’ADN du champion. Certaines équipes savent ce qui est nécessaire pour gagner, et Toronto en fait partie. Quand vous avez un meneur comme Kyle Lowry, toujours là pour se sacrifier tel un role player mais qui évolue en même temps à un niveau All-Star, ça donne tout de suite le ton.

« Nick (Nurse, le coach des Raptors, ndlr.) a dit qu’il voulait nous relancer progressivement et utiliser ce match comme un match de préparation. Mais nous avons trop de compétiteurs qui veulent jouer et gagner, surtout contre une équipe comme les Lakers qui est première à l’Ouest. Le côté compétiteur prend le dessus. »

– Kyle Lowry, après la victoire des Raptors face aux Lakers.

Si les Raptors sont rarement considérés parmi les candidats au titre, c’est parce qu’ils ne possèdent plus de joueur calibre MVP comme Kawhi Leonard, auteur d’une campagne de Playoffs all-time la saison passée. Les Bucks ont Giannis Antetokoumpo, les Lakers ont LeBron James et Anthony Davis, les Clippers ont Kawhi et Paul George. Que des grands noms, alors que les Dinos possèdent deux All-Stars (Kyle Lowry, Pascal Siakam) mais pas de véritable superstar. Quand vous perdez un mec comme Kawhi, la crédibilité en prend forcément un coup et on peut légitimement avoir des doutes par rapport à la capacité des Dinos à faire la différence dans les derniers instants d’un Game 7 par exemple. Cependant, il faut contrebalancer ces doutes en prenant évidemment en compte la grosse progression de Pascal Siakam, mais aussi celle de Fred VanVleet, qui a visiblement reçu un nouveau gosse récemment vu sa dernière performance face au Heat, ainsi que l’évolution d’OG Anunoby et de Norman Powell. Tous ces gars-là ont profité des départs de Kawhi Leonard et Danny Green pour changer de statut et ainsi garder les Raptors sur le devant de la scène. Un jeunot comme OG était absent lors des Playoffs 2019 à cause d’une opération de l’appendicite, aujourd’hui il participe grandement à la solidité défensive de Toronto, tout en apportant sa contribution en attaque (23 points à 8/9 au tir face aux Lakers). Le genre d’histoire qui symbolise la capacité de Toronto à repérer et développer des jeunes joueurs pour renforcer son collectif.

Défense de fer, attaque bien huilée, ADN de champion, résultats convaincants, collectif très solide sous la patte du potentiel Coach de l’Année Nick Nurse… ça fait suffisamment d’éléments pour enfin prendre cette équipe des Raptors au sérieux non ? Il n’est jamais trop tard, même à deux semaines du début des Playoffs. Les Bucks du MVP Giannis Antetokounmpo restent logiquement favoris à l’Est au vu de leur saison régulière, mais il faudra vraiment compter sur les Dinos car ils ont bien l’intention de défendre leur titre jusqu’au bout. Si peu de gens croient en eux, les Raptors avancent avec la confiance du champion. Ils connaissent leurs forces et leurs certitudes. Ça va défendre comme des morts de faim, ça va jouer ensemble, et si de l’autre côté du terrain ça prend feu à tour de rôle à l’image d’un Lowry ou d’un FVV sur les deux premiers matchs, on se dit que ça peut rivaliser avec n’importe qui.

Deux matchs, deux succès qui pèsent. Clairement, les Raptors sont venus à Orlando avec le couteau entre les dents et l’envie de continuer leur belle aventure. La route vers les Finales NBA est loin d’être dégagée pour les Bucks malgré leur avance confortable au classement, et sous-estimer les Dinos pourrait être une erreur fatale. 

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