Old-School

Ils sont nés 30 ans trop tôt : Detlef Schrempf, german sniper

Un sourire de tireur d’élite.

Source : encore un bon vieux screen youtube

Detlef Schrempf est né en janvier 1963. S’il était né 30 ans plus tard, c’est à dire en janvier 1993, il aurait donc 27 ans au moment où ces lignes s’écrivent aujourd’hui en 2020. Il serait tout juste dans son prime de basketteur et son profil de joueur ferait de lui un garçon très prisé dans l’aile tant le jeu actuel en NBA lui permettrait de faire des malheurs. 

Le 1er novembre 1993, à l’aube de la saison 1993-94, Detlef Schrempf s’est retrouvé dans un échange qui l’a envoyé à Seattle chez les Supersonics pendant que Derrick McKey et l’illustre Gerald Paddio faisaient le chemin inverse vers Indianapolis. L’ailier allemand venait d’être All-Star pour la première fois de sa carrière et ainsi de devenir le premier européen à participer à un match des étoiles en NBA. Il faut dire que sur l’exercice 1992-93, l’ami Detlef c’est 19,1 points, 9,5 rebonds et 6 passes décisives de moyennes, ce qui fait de lui le seul joueur dans le Top 25 de ces trois catégories sur cette saison ! Tout cela depuis le poste d’ailier-fort qu’il a occupé pendant quatre ans et demi chez les Pacers. A Seattle, Schrempf arrive dans une équipe déjà très bien en place puisqu’elle vient d’aller en finales de conférence et le poste 4 est déjà occupé par un certain Shawn Kemp. C’est donc en 3 que George Karl compte sur le blondinet coiffé en brosse.

Jouer en 3 ce n’est pas un problème pour Detlef Schrempf. Loin de là. Il a notamment démarré en NBA au poste 3 avec les Mavericks (carrière complète racontée ici) et surtout il possède tout ce qu’il faut pour exceller dans les ailes, que ce soit en 4 ou en 3. Il est long (2m08), mobile, sait manier le ballon, n’hésite pas à attaquer le cercle et comprend parfaitement le jeu. Il pratique un basket simple et efficace fait de fondamentaux solides dans tous les compartiments. Chez les Supersonics, le ballon est très souvent dans les mains de Gary Payton évidemment et Kemp est beaucoup servi. Normal. Mais tout de suite, Schrempf trouve sa place. Titulaire en 3. Il se positionne là où il faut et quand il le faut en attaque. Il profite de son avantage de taille sur la plupart des autres ailiers pour aller les défier au poste bas où il possède une belle panoplie de moves, un footwork à faire pâlir un paquet d’intérieurs et un fadeaway très compliqué à défendre. Un vrai renfort pour une équipe dont l’objectif n’est autre que le titre. Et pourtant, nous n’avons pas encore tout vu. Car, à ce moment, Detlef Schrempf n’a pas encore fait une saison en prenant plus d’un tir à trois points par match depuis qu’il est en NBA.

Dès sa deuxième saison à Seattle, l’Allemand va remédier à cela et se découvrir (?) un vrai talent pour les tirs longue distance. Il était déjà très bon en catch and shoot ou en sortie de dribble dans le périmètre mais à deux points, il va travailler et débarquer dans la saison 1994-95 en tant que sniper. Profitant de l’attraction opérée par le duo Payton – Kemp sur les défenses, il écarte le jeu, et se met à prendre plus de deux tirs primés en moyenne par match. Et à en rentrer plus de 51% sur ce même exercice ! Sa gestuelle est fluide et propre. Sa taille est un énorme avantage car il est d’autant plus difficile à gêner pour un défenseur dès lors qu’il se trouve un peu trop loin. Dans les saisons suivantes, avec notamment une percée jusqu’en Finales en 1996, Schrempf va toujours tourner entre 36 et 42% de réussite à trois points sur des volumes de tirs très raisonnables (toujours dans les 2 par match)… Entre 1994 et 1998, il y a encore beaucoup de rencontres où il ne prenait pas le moindre tir primé ! Impensable aujourd’hui pour un shooteur de ce profil et cette qualité. Il était encore titulaire à plus de 35 minutes par match lors de la saison de l’interminable lock-out (1998-99) alors qu’il avait déjà 36 ans quand celle-ci a démarré. Il y est allé de plus de 15 points (à environ 40% de loin) accompagnés de plus de 7 rebonds et presque 4 offrandes de moyenne.

Dans la NBA telle qu’on la connait actuellement, le « prime » Detlef Schrempf jouerait peut-être plus comme un 4 mais ce qui est sûr c’est qu’il aurait un feu vert sans limite de son coach pour artiller de loin à chaque fois que la plus petite occasion se présente. Un Schrempf à 7 tentatives lointaines par soir, avec cette qualité de shoot qui est la sienne ? Un Schrempf à 22, 23 ou 24 points par soir ? Possible. Et aucune raison pour qu’il ne prenne pas ses 6 à 8 rebonds accompagnés d’au moins 3 passes décisives. C’est un All-Star tous les ans, c’est possiblement un lieutenant dans une équipe très sérieuse ou un type qui va taper dans les 20 000 points ou plus au lieu de ses 15 000 ou 16 000 en plus de 1150 matchs. Oui, c’est encore plus lourd que dans les années 90 pour des raisons évidentes d’évolution du jeu, de pace un peu et surtout de nombre de tirs à 3 points pris. En d’autres mots et à l’instar de Dan Majerle dont nous avons parlé la semaine dernière, on peut aisément considérer que le jeu offensif de Schrempf fut parfois bridé par des stratégies plus basées sur les intérieurs dominants et par ce volume de tirs lointains 3 à 4 fois inférieur à ce qu’il est aujourd’hui.

Comme quoi tout n’était pas forcément mieux avant. Enfin pas pour tous les joueurs déjà. 

Ses highlights face aux Bulls lors des Finales de 1996

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