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John Beilein et les Cavaliers, un fail dans les règles de l’art : gros bordel à Cleveland, pour ne pas changer

Il faudrait inventer un mot plus fort que « bordel » pour décrire les Cavaliers…

Source image : YouTube

Une cinquantaine de matchs. Voilà la durée de l’ère John Beilein à Cleveland, lui qui avait pourtant été recruté pour cinq ans avant la saison. L’expérience a foiré d’une façon spectaculaire, autant pour le coach que pour la franchise de l’Ohio. Retour sur les coulisses de cet échec.

C’est à travers un gros papier de The Athletic signé Shams Charania, Jason Lloyd et Joe Vardon, qu’on a pu en savoir un peu plus sur les raisons qui se cachent – ou pas d’ailleurs – derrière le fiasco John Beilein. Pour rappel, l’ancien coach de Michigan et les Cavaliers ont décidé d’arrêter le massacre en se séparant à l’amiable après la campagne désastreuse des Cavaliers sur les 50 premiers matchs, eux qui sont aujourd’hui au fin fond de l’Est avec 14 victoires pour 40 défaites. Si Beilein devrait garder un rôle au sein de la franchise (on se demande pour quoi faire) d’après Shams, il ne pouvait tout simplement pas continuer en tant que coach, car il y avait une grosse cassure entre lui et ses joueurs. Quand on débarque de la NCAA, ce n’est jamais évident d’intégrer la NBA, même pour les meilleurs coachs universitaires. Deux mondes totalement différents, ce qui demande un véritable ajustement pour espérer réussir la transition. Beilein, malgré un beau CV et une bonne douzaine d’années du côté de Michigan, n’a clairement pas réussi cette transition. Que ce soit du côté du coach ou de la franchise de Cleveland, on a donc compris assez rapidement que ça ne pouvait pas durer, et cette séparation était probablement la meilleure chose à faire dans les deux camps.

La cassure entre coach Beilein et les joueurs était profonde. Pour certains, il était carrément un « dictateur », incapable de construire des liens solides avec ses gars et « pas du tout adapté au monde de la NBA ». Ses méthodes sorties tout droit de NCAA – que ce soit au niveau de l’entraînement ou de sa façon de parler à ses joueurs – auraient rapidement agacé, visiblement dès la Summer League puis ensuite lors d’une préparation chaotique. Trop d’entraînement, ton pas apprécié au sein de l’équipe, incapacité à s’ajuster aux principes du jeu NBA… bref, le symbole même du coach universitaire qui galère à faire la transition chez les pros. D’ailleurs, ça marche aussi dans l’autre sens, car Beilein aurait également été « choqué par la culture du joueur NBA moderne ». Si l’on en croit le papier de The Athletic, Beilein ne s’attendait pas à voir des mecs rater des matchs ou des entraînements pour des petits bobos, et il ne s’attendait pas non plus à voir des joueurs rejeter des longues séances d’entraînement ou des longues sessions vidéo. C’est dans l’une de ces sessions vidéo qu’il a définitivement perdu son vestiaire, avec l’épisode du mot « thugs » qui a donné une dimension supplémentaire au bordel Cavaliers. Car certains joueurs, pas convaincus par ses explications et autres justifications, auraient ensuite volontairement mis des sons de Rap US incluant le mot « thugs » pas loin de Beilein, histoire qu’il entende bien. 2Pac, Trick Daddy, Bone Thugz-n-Harmony, le coach a eu droit à une playlist personnalisée. Sympa hein ? Si ça ce n’est pas le signe d’une grosse cassure entre les joueurs et leur coach, on ne sait pas ce qu’il vous faut.

Les joueurs faisaient la gueule par rapport aux méthodes de leur coach, John Beilein faisait la gueule par rapport aux méthodes utilisées en NBA (bon, Cleveland n’est sans doute pas une référence non plus), et les Cavaliers enchaînaient les défaites. Bonjour le cocktail explosif. Après son arrivée en provenance des Pistons lors de la trade deadline, Andre Drummond aurait déclaré que la situation dans l’Ohio était « pire qu’à Detroit ». Eh bah dis donc. D’après les rumeurs, les chances de voir Dre rester à Cleveland auraient été pratiquement nulles si John Beilein avait été conservé après la saison 2019-20. Drummond a ensuite démenti tout ça sur Twitter mais vous voyez le bordel. Donc clairement, la seule issue possible, c’était d’arrêter les frais. Pour Cleveland, il fallait un nouveau visage à la tête de l’équipe, et ce visage est désormais celui de J.B. Bickerstaff. Pour Beilein, rester dans ce rôle de coach NBA n’était plus possible, peu importe le nombre de billets verts qu’il laisse sur la table, à savoir environ 12 millions. Les défaites, l’ambiance exécrable entre lui et ses joueurs dont certains vétérans, les problèmes personnels liés à son fils Patrick, le business NBA où n’importe lequel de ses gars peut se faire transférer… tout ça a beaucoup pesé sur ce bon vieux John, âgé de 67 ans on le rappelle. Dès le début, le mariage entre l’ancien entraîneur de Michigan et les Cavaliers semblait destiné à se finir en divorce. Et même si les joueurs ne s’attendaient pas forcément à son départ, en tout cas pas en plein All-Star Weekend, c’est mieux pour tout le monde.

Un échec cuisant, avec encore une fois la franchise des Cavaliers dans le rôle de punchline. Si Beilein a évidemment sa part de responsabilité dans ce fiasco, cet épisode symbolise encore une fois le problème plus général qui existe aujourd’hui à Cleveland. Un problème de culture, qui démarre avec le proprio Dan Gilbert.

Source texte : The Athletic

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