L'avis du Psy

L’Avis du Psy – S06 Épisode 2 : les Wolves ont déjà perdu huit fois, normal quand tu joues à quatre contre six

Jimmy Butler

C’est même plus le mode roue libre là, le mec est carrément sur les roues arrières.

Source image : montage TrashTalk via YouTube

Saison 6… Wow. Déjà cinq ans que le Psy a installé son bureau entre les douze machines à café du bâtiment TrashTalk, contant ça et là les aventures des acteurs les plus agités de la Ligue. Parce que les stats c’est bien, les highlights c’est cool, mais rien ne vaut un bol de soupe qui vole à l’entraînement ou un panier contre son camp lors d’un Clippers-Lakers. L’Avis du Psy c’est un peu la NBA underground, la Grande Ligue mais en direct du quatrième sous-sol, pour rendre hommage à une partie de ceux pour qui on se lève la nuit, en guettant silencieusement les dérapages et autres coups de folie. L’Avis du Psy c’est un peu la rubrique qui nous rappelle que vous comme nous aurions pu faire carrière en NBA, et qu’on aurait été super forts pour défaire les lacets d’un adversaire ou célébrer un tir raté. Allez, ouvrez les portes en grand, c’est pas encore cette année que le Psy prendra des vacances.

Place Patient Le compte-rendu de la visite

10°

JaVale McGeeJaVale McGee Shaqtin'


C’est un JaVale ébahi qui a pris place ce matin au cabinet. Rien de bien nouveau me direz-vous, car « JaVale » et « ébahi » sont quasiment devenus des synonymes. Il est comme ça mamène, il a toujours l’air de découvrir la vie, avec ses yeux beaucoup trop ouverts pour qu’on ne le remarque pas. La raison de l’étonnement du pivot des Lakers cette semaine ? Ce nouveau statut étrange de… super pivot, lui qui trône en tête du classement des meilleurs contreurs de la Ligue et qui fait partie des très bonnes surprises du roster un peu déjanté des Lakers. C’est qu’il n’avait plus l’habitude de récolter trop de louanges le pépère, et qu’il en regretterait presque l’époque lors de laquelle un match sans glissade ou un panier contre son camp n’était pas un match normal pour lui. De l’adresse, de la dissuasion, des mots nouveaux pour le dieu du Shaqtin qui vit plutôt mal cette nouvelle reconnaissance. Il faut dire que niveau conneries d’autres clients ont pris l’avantage sur lui à L.A. cette saison mais connaissant la bête, on pourrait très vitre revenir à des fondamentaux qui nous ont fait découvrir le JaVale qu’on préfère : celui qui glisse sur les peaux de bananes et qui oublie de dribbler en partant avec le ballon.

Collin  SextonAnthony Bennett
Rude début de carrière pour celui que certains annonçaient lol comme un possible soleil dans la grisaille de l’Ohio. Après trois semaines de compétition ? Non seulement le petit poisson a heurté de plein fouet la réalité d’un marché où tu dois te construire sans coach, mais il se retrouve surtout aujourd’hui avec l’étiquette du chouchou du patron, ce sale gosse pistonné qui ne sait pas bosser mais qui prend la place de chômeurs qui mériteraient de taffer. Pas en confiance, mis de côté par un roster pourtant constitué à 80% de bolosses, le dragster se dirige tranquillement vers une saison rookie aux allures de chemin de croix, lors de laquelle le nombre de sourires pourrait être égal au nombre de victoires de sa franchise. On part donc sur une estimation à douze, des smiles qui seront entrecoupés par des marchers de Jordan Clarkson et des iso-Osman pour la gagne. Pas la meilleure façon de basculer dans la vie d’adulte, et on vient presque à espérer un trade pour que le talent du petit – s’il existe – soit utilisé à sa juste valeur et surtout dans un environnement propice à la pousse des jeunes plantes. Car dans le ciel comme sur le parquet, la météo n’est pas clémente dans l’Ohio.

Anthony DavisDeMarcus Cousins


Passé le début de saison prometteur, on en est déjà revenu en Louisiane à un constat devenu habituel : les Pelicans vivront ou mourront par les perfs d’Anthony Davis. Ils sont bien sympas les Mirotic et autres Randle, mais les limites sont malheureusement vite atteintes lorsque le sourcillieux intérieur reste sur le flanc. Comme mentionné par le Psy lors de sa visite, le patient Davis devra une nouvelle fois se démultiplier et cela sera même peut-être insuffisant cette saison, tant la Conférence Ouest semble s’être densifiée à défaut de s’être améliorée. On en est donc au constat suivant : un mec peut bien tourner à 30/15/5/2/2 qu’il ne fera pas de son équipe une elite-team, surtout pas avec Elfrid Payton et Frank Jackson dans un starting five. Le prix à payer quand tu perds deux top players durant l’été, et des Pels qui s’en rendront compte probablement trop tard lorsque l’immense bonhomme s’en ira monnayer ses talents vers d’autres contrées. Depuis le temps qu’on en parle, on en a peut-être jamais été aussi près.

Kawhi LeonardKawhi Leonard
On en avait déjà parlé lors de la première consultation de la saison : Kawhi Leonard n’a pas mis longtemps pour se faire à sa nouvelle vie à Toronto. Oui mais voilà, quelque chose dérange le Psy et ce dernier a ressenti le besoin d’en faire part à son patient. Le principal problème avec le patient Kawhi ? Cette fâcheuse tendance à se préserver un match sur deux, sentiment d’ailleurs exacerbé par la domination des Raptors, avec ou sans Kawhi au passage. Candidat au trophée de MVP, candidat au trophée de DPOY et candidat au trophée de l’entourage le plus malsain, on espère juste que Kawhi ne répartira pas avec pour seul et unique trophée le dernier cité, car l’impression est celle-ci : le type est seulement à 10% de ses capacités. 26 points et 8 rebonds par match avec le frein à main, 50-45-90 avec le frein à main, les stats du garçon sont tellement fat qu’elles en deviennent énervantes quand on sait que son oncle le met les Raptors le mettent au frigo un soir sur trois. Très fatiguant, ceci nous rappelant que Kawhi et fatiguant vont très bien ensemble depuis maintenant plus d’un an. C’est con, on préférait quand il se concentrait uniquement sur le basket et pas trop sur le business.

Hassan Whitesidewiltchamberlain
Les années passent et se ressemblent à South Beach… Question à 22 millions la saison : vaut-il mieux avoir en stock un pivot tout pété mais payé au SMIC… ou bien un pivot au potentiel de All-Star mais capable du pire comme du meilleur ? Car il est bien là le principal souci du Heat, au-delà des cheveux gras de Kelly Olynyk. Hassan Whiteside est donc ce genre de joueur capable d’enchaîner un match à 8 points et 8 rebonds dans une défaite à Atlanta… avec un masterclass à 29/20/9 face aux Spurs. Un putain de bipolaire option relou, qui passe donc son temps à vendre du rêve à ses fans, 48h avant de le reprendre pour le vendre cette fois-ci à l’adversaire. Une manière un peu étrange de passer d’un Rudy Gobert amélioré à un Roy Hibbert au réveil, mais une schizophrénie qui ne doit pas bien faire marrer Tonton Pat Riley. Sorry la Team Vegan, mais faudra pas s’étonner quand Hassan se réveillera un matin avec une tête de cheval dans son lit. Et si vous n’avez pas la ref, vous avez peut-être bien raté votre vie.

Andre DrummondJoel Embiid
Il ne manque pas grand chose à Andre Drummond pour être reconnu à sa juste valeur. Jamais redescendu sous les 13 rebonds de moyenne depuis sa saison… sophomore, le type est intraitable sous les panneaux et il a également pris l’habitude de mettre sa petite vingtaine de pions. Oui mais voilà, entre deux matchs à 20/20, Dede se fait souiller par un certain Joel Embiid et voilà que la grande majorité de la communauté NBA oublie de louer l’immense domination du pivot des Pistons et préfère railler le poilu des épaules. C’est en substance ce que le patient Drummond a verbalisé au Psy, ce sentiment de non-reconnaissance de la communauté NBA alors qu’il est tout simplement sur des bases all-time au niveau du rebond notamment. Très dur à vivre pour un mec qui se démène au quotidien pour faire exister sa franchise, mais qui se réveille surtout en sueur chaque matin après avoir rêvé qu’un géant Camerounais lui aspirait son âme. Et si le début de la thérapie commençait par là ?

Frank NtilikinaRon Baker


On l’annonçait enfin libéré cette saison. David Fizdale, pourquoi pas. Puis on commencer à entendre parler de poste 3, puis Iso-Zo Trier a débarqué, Mario Hezonja reste nul (le rapport ?), puis les Knicks restent les Knicks. Résultat des courses ? Le patient French Prince n’est plus seulement condamné à manger de la miette mais il oscille aujourd’hui entre la récup et des soirées un peu plus fastes. Le constat qui s’impose reste néanmoins un flou artistique dans l’organisation bigapplienne, notamment sur les lignes arrières, qui ne va pas pour arranger la fanbase de Franky (nous, youhou). Dure dure la vie d’apprenti en NBA, davantage encore à New York, et il faudra un paquet d’heures de consultation au meneur (c’est un meneur, wollah) pour se faire à cette vie de patachon. Car si les rêves les plus fous de Frenchy Franky étaient la stabilité et la sûreté de l’emploi, force est de constater aujourd’hui que le petit s’est gourré de marché. Allez courage dude, nous aussi on a du mal quand on voit THJ prendre 34 tirs.

Luka DoncicDeAndre Jordan
Attention, la convocation express de Luka Doncic n’engage en rien son début de saison sur les parquets, bien qu’on ait parfois l’impression qu’il joue déjà avec le frein à main pour ne pas trop ridiculiser Trae Young ses adversaires. Le seul souci qui pourrait nuire à l’épanouissement du Slovène aux joues roses et un peu joufflues ? le simple fait que Lukinho a déjà perdu quasiment autant de matchs en quinze jours avec les Mavs que durant toute la saison dernière avec Madrid. Bruh. Et il va falloir à les encaisser ces défaites, et comprendre qu’en NBA, au contraire de l’Euroleague, on peut être considéré comme le meilleur même dans une équipe qui ne rafle pas tout. Il lui faudra aussi apprendre à apprécier ses coéquipiers, en oubliant par exemple que DeAndre Jordan ne sait probablement pas écrire son nom ni compter jusqu’à deux, et en privilégiant plutôt sa capacité à changer les ampoules de la salle à chaque pick and roll. Car c’est bien là le grand changement dans la vie de Luka : ses nouveaux copains n’ont pas vraiment des profils de Bac +5  mais ont au moins le mérite d’être des basketteurs et surtout des athlètes exceptionnels. Un peu le contraire de son Maître Jedi à Dallas, qui se fait d’ailleurs toujours attendre.

John Wall
John Wall
On avait tablé au cabinet sur un début de thérapie aux alentours de Noël, lorsque les divas des Wizards commenceraient à se foutre sur la gueule. Il n’aura finalement pas fallu attendre trois semaines pour accueillir le joueur le plus charentais de la Ligue, attention vanne fruitée, mais pour des raisons plus sportives que ce qu’on aurait imaginé. Dwight Howard a t-il ceinturé l’un de ses coéquipiers à l’entraînement ? Markieff Morris en est-il déjà à douze fautes flagrantes ? Kelly Oubre s’est-il tapé avec une chaise de bureau ? Nada, rien de tout ça. Non, le plus gros problème de ces Wizards version 2018-2019… reste qu’ils sont nuls, nuls en défense, nuls en attaque, nuls en TTFL et incapables de proposer quoique ce soit d’intéressant sur plus de trois minutes consécutives. Scott Brooks est clairement visé mais les joueurs également, et en premier lieu un John Wall redevenu Jeannot Parpaing, à des années lumières d’un rôle qui rêverait de se donner dans la Ligue. Alors Monsieur Wall on se bouge le derche, parce qu’aujourd’hui on est à deux doigts de préférer Satoranski en starter au poste 1. Carrément ouais.

Jimmy ButlerJimmy Butler
Allez hop, coup double pour les Wolves, puisque Jimmy Butler succède à Karl-Anthony Towns comme second patient number one de la saison. Enfin, coup double « pour les Wolves » on ne sait finalement pas trop, tant l’ami Buckets semble tirer à contre-sens dans le Minnesota. On résume ? Allez, et ne sois pas trop jaloux Kawhi, Jimmy  fait tout ça sans l’aide de son oncle : une demande de trade, une absence à la reprise, un retour épique à l’entraînement, quelques victoires qui portent son sceau, puis on refait la gueule, on jour quand on le décide et on célèbre les victoires avec les adversaires dans la plus grande des puteries le plus grand des calmes. Jimmy c’est devenu bien plus qu’un homme à la tête de cendrier trop plein, Jimmy c’est devenu une sitcom à lui tout seul. Autour de lui un coach dépassé et devenu nul à chier, un franchise player dépassé et qui n’aurait même pas sa place dans le cinq des Kings, un rookie frisson mais qui peut être échangé à tout moment contre un slip sale et un ancien MVP complètement schizo qui frôle l’AVC après une soirée à 50 points un soir d’Halloween. Bah ouais, les Wolves c’est une immense partie de Kamoulox mais pas super drôle, dans laquelle Jimmy Butler a remplacé Kad et O pour le meilleur et surtout pour le pire. J’attaque le Nil par la rive-sud et je blanchis le linge avec Philippe Katerine. Non, tu ne peux pas, y’a Butler qui casse les couilles en case 5.

Allez, c’est tout pour ce deuxième épisode de la saison et c’est déjà plus que pas mal. Rendez-vous dans quinze jours pour l’Épisode 3 et d’ici-là… on ne change pas une équipe qui gagne alors n’hésitez pas à nous balancer tout comportement chelou. Allez, bisous bisous.

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