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Rookie et 6ème homme de l’année en NBA : quels jeunes ont fait brûler le banc dès leur arrivée ?

Dans quelques mois, peut-être que Ben Gordon ne sera plus le seul rookie de l’histoire à avoir remporté le titre de 6ème homme de l’année.

Source image : YouTube

Auteur d’une nouvelle grosse perf en sortie de banc cette nuit, la pépite des Pacers Bennedict Mathurin continue de construire son dossier dans la course pour le titre de meilleur rookie, mais aussi de 6ème homme de l’année. Un combiné rare dans l’histoire de la NBA puisque seulement un joueur a remporté le trophée de meilleur remplaçant alors qu’il était dans sa première année dans la Grande Ligue. 

La référence : Ben Gordon 

L’ancien arrière des Bulls est le premier rookie à remporter le titre de 6ème homme de l’année. Il est aussi le dernier. En effet, personne d’autre n’a réussi cet exploit. Sélectionné à travers le troisième choix de la Draft 2004 par les Bulls, Ben Gordon a évolué durant quasi l’intégralité de sa première saison en sortie de banc (sauf les trois premiers matchs) derrière le duo Kirk Hinrich – Chris Duhon sur le backcourt. Ses stats cette année-là ? 15,1 points, 2,6 rebonds, 2 passes de moyenne en 24,4 minutes à plus de 40% de réussite à 3-points, avec dans le lot quelques belles explosions offensives : 35 points en… 23 minutes contre Charlotte, trois autres perfs à 31 unités, ou encore 29 pions pour donner la victoire contre le Heat qui était alors la meilleure équipe de l’Est. Parce que oui, à travers sa production et son côté bien clutch, Gordon a également aidé les Bulls à gagner des matchs aux côtés de son compagnon de la Draft 2004 Luol Deng. Une vraie renaissance pour les Taureaux qui sont passés de 23 à 47 victoires en l’espace d’une saison seulement, et qui ont retrouvé les Playoffs pour la première fois depuis le départ de Michael Jordan en 1998.

Les autres rookies qui ont eu au moins un vote dans la course au 6ème homme

Depuis son intronisation en 1983, le trophée de 6ème de l’année n’a donc terminé qu’une seule fois dans les mains d’un rookie. Néanmoins, d’autres débutants ont réussi à s’incruster dans la course en récoltant quelques voix au terme de leur première campagne chez les grands. Voici la liste (qui fait clairement pas rêver), via ce site ultra pratique qu’est Basket-Reference.

  • Channing Frye (2005-06) : 12,3 points (47,7% au tir) et 5,8 rebonds en 24,2 minutes, 65 matchs joués (14 en titulaire)
  • Charlie Villanueva (2005-06) : 13 points (46,6% au tir) et 6,4 rebonds en 29,1 minutes, 81 matchs joués (36 en titulaire)
  • Michael Beasley (2008-09) : 13,9 points (47,2% au tir) et 5,4 rebonds en 24,8 minutes, 81 matchs joués (19 en titulaire)
  • Marcus Thornton (2009-10) : 14,5 points (45,1% au tir, 37,4% à 3-points) et 2,9 rebonds en 25,6 minutes, 73 matchs joués (17 en titulaire)
  • Tim Hardaway Jr. (2013-14) : 10,2 points (36,3% à 3-points) et 1,5 rebond en 23,1 minutes, 81 matchs joués (1 en titulaire)
  • Nikola Mirotic (2014-15) : 10,2 points et 4,9 rebonds en 20,2 minutes, 82 matchs joués (3 en titulaire)
  • Kyle Kuzma (2017-18) : 16,1 points (45% au tir, 36,6% à 3-points) et 6,3 rebonds en 31,2 minutes, 77 matchs joués (37 en titulaire)

Plus récemment, même s’ils n’ont pas eu de vote dans la course au 6ème homme, on a vu des rookies comme Tyler Herro, Coby White et Immanuel Quickley lâcher quelques dingueries en sortie de banc dans leur costume de rookie, tandis qu’un certain Marvin Bagley III avait lui sorti une première campagne productive d’un point de vue stats (15 points et plus de 7 rebonds de moyenne) en 2018-19 à Sacramento.

Puisqu’on parle des Kings, les plus anciens se souviendront peut-être de Walt Williams, sélectionné en 7ème position de la Draft NBA 1992 par Sactown. Au cours de sa première année en NBA, Williams tournait à 17 points, 4,5 rebonds, 3 passes et 1,1 interception de moyenne en un peu plus de 28 minutes de jeu, avec seulement 26 titularisations en 59 matchs.

Enfin, mention aussi à des noms sympathiques comme Kevin McHale (1980-81, à Boston), Sam Cassell (1993-94, à Houston) et Manu Ginobili (2002-03, à San Antonio), qui ont tous évolué en sortie de banc lors de leur première saison NBA, sans forcément affoler les compteurs certes mais en contribuant au run victorieux de leur équipe respective vers le titre suprême.

Le cas Bennedict Mathurin

Bennedict Mathurin peut-il succéder à Ben Gordon pour devenir seulement le deuxième rookie all-time à remporter le titre de 6ème de l’Année. Après plus d’un mois de compétition, le scénario est en tout cas à envisager. Pas du tout effrayé par la grande scène de la NBA, l’arrière des Pacers apporte un très gros coup de boost offensif à Indiana avec ses 19 points de moyenne (44% au tir, 42% de loin, 82% aux lancers avec quasiment six tentatives par match) en un peu moins de 28 minutes de jeu. Et surtout, comme Gordon à l’époque, il contribue fortement au début de saison surprise des Pacers, actuellement quatrièmes de l’Est (!) avec 10 victoires en 16 matchs alors qu’on leur promettait les bas-fonds de la Conférence.

Est-ce que cette bonne dynamique autant individuelle que collective peut durer ? C’est bien ça la grande question. On le sait, beaucoup de rookies se prennent un mur – le Rookie Wall comme on dit dans le jargon – en milieu de saison quand la fatigue commence à s’installer face au rythme effréné de la NBA. Ben Mathurin devra l’esquiver pour espérer être dans la course pour le titre de 6ème homme de l’année au bout des 82 matchs, en plus de celle pour le rookie de l’année. Mais pour l’instant, l’arrière hyper kiffant des Pacers rassemble tous les arguments pour succéder à Ben Gordon et potentiellement écrire l’histoire en faisant un magnifique doublé (P.S. : Gordon avait terminé deuxième au ROY derrière Emeka Okafor en 2005).

Historiquement, le trophée de 6ème homme de l’année est plus réservé aux joueurs qui ont un peu de bouteille qu’à ceux qui viennent juste de débarquer en NBA. Logique sachant que les meilleurs rookies d’une classe de Draft sont souvent titulaires dans des équipes faibles, tandis que les autres ont un temps de jeu limité en sortie de banc. Néanmoins, alors que le rôle de 6ème homme a pris plus d’importance au fur et à mesure des années jusqu’à devenir presque un sixième titulaire, de plus en plus de jeunots talentueux pourraient prendre le chemin de Ben Mathurin.

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