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Steve Nash, quel avenir dans le coaching après une première expérience chaotique chez les Nets ?

Steve Nash 8 juin 2021

Nash n’a pas convaincu, mais il s’est aussi retrouvé au cœur d’un bordel sans nom.

Source image : NBA League Pass

Licencié de son poste de head coach hier, Steve Nash n’a pas survécu au début de saison raté des Nets et au chaos qui caractérise cette franchise depuis des semaines et des mois. Celui qui était arrivé sur le banc de Brooklyn en septembre 2020 a vécu une première expérience hyper compliquée dans le bordel new-yorkais, expérience durant laquelle il fut loin d’être parfait mais où il n’a clairement pas été aidé par les circonstances. De quoi se poser la question suivante : comment juger Steve Nash, et surtout possède-t-il un avenir sur les bancs NBA ? 

« Vous auriez mis n’importe qui d’entre nous à sa place, et on n’aurait pas fait mieux. »

Voilà ce qu’a déclaré hier l’entraîneur des Warriors Steve Kerr, l’une des références du coaching en NBA, en réponse au licenciement de Steve Nash quelques heures plus tôt. Une façon pour lui de montrer sa solidarité envers l’ancien MVP des Suns qui avait travaillé en tant que consultant à Golden State avant d’aller à Brooklyn, mais surtout de souligner à quel point Nash a dû faire face à des circonstances extrêmes pour n’importe quel coach, et encore plus pour un entraîneur sans expérience.

Arrivé sur le banc des Nets avant la saison 2020-21, Steve Nash a démarré sa carrière dans le coaching au sein d’une franchise de Brooklyn possédant des ambitions de titre suite au recrutement des grandes stars Kevin Durant et Kyrie Irving à l’été 2019. Un sacré challenge pour un entraîneur rookie, mais c’est typiquement le genre de challenge qui vous donne envie de vous lever le matin. Deux années plus tard, il y a fort à parier que Nash tirait la gueule au réveil et allait au boulot à reculons au vu du drama constant, des innombrables polémiques et du climat de misère caractérisant son expérience à Brooklyn.

Quelque part, et c’est très chelou à dire, il y a de quoi être heureux pour Steve Nash aujourd’hui, car aucun autre coach NBA n’a dû affronter tout ce qu’il a dû affronter au cours des derniers mois. On ne va pas vous refaire l’ensemble de la saga Nets entre septembre 2020 et novembre 2022 vu que ça nous prendrait la journée, mais impossible de ne pas remettre en avant les grands événements qui ont progressivement transformé le mandat de Steve en cauchemar.

Sa première année fut notamment marquée par un climat COVID qui a touché toute la NBA mais surtout par un certain nombre de bobos qui sont arrivés au pire moment pour Brooklyn, Kyrie Irving et James Harden se blessant tous les deux lors des demi-finales de Conférence Est face au futur champion de Milwaukee. Les Nets ont perdu cette série en sept matchs alors qu’ils ressemblaient à un gros rouleau compresseur lors du premier tour contre Boston, tout ça à cause d’une pointure en trop…

Bon, vous nous direz, les blessures ça arrive partout. Par contre, le reste, cela ne pouvait arriver qu’à Brooklyn. La saison 2021-22 des Nets ? Un véritable cirque à tous points de vue. Entre Kyrie Irving qui est interdit de Barclays Center à cause d’une histoire de vaccin, James Harden qui demande son trade en conséquence seulement un an après son arrivée, Ben Simmons qui débarque en échange pour jouer exactement zéro match, et un sweep au premier tour des Playoffs pour couronner le tout, c’est un échec cuisant sur toute la ligne. Échec qui va ouvrir la porte à un été encore plus chaotique, durant lequel Kyrie menace de partir s’il n’obtient pas un contrat à long terme (avant de prendre sa player option) et où Kevin Durant réclame carrément son transfert, jusqu’à poser un ultimatum au propriétaire des Nets Joe Tsai à qui il demande de dégager Steve Nash et le manager général Sean Marks. Et comme si ça ne suffisait pas, on a eu ce début de saison 2022-23 marqué par une nouvelle affaire Kyrie, pointé du doigt pour avoir fait la promotion d’un film à caractère antisémite sur son compte Twitter.

« Vous auriez mis n’importe qui d’entre nous à sa place, et on n’aurait pas fait mieux » disait Steve Kerr. On veut bien le croire.

Cela ne signifie pas pour autant que Steve Nash est exempt de tout reproche. Il suffit de regarder le début de saison des Nets cette année (bilan de 2 victoires – 5 défaites au moment du renvoi de Nash) pour voir certaines limites de son coaching, même si elles ont été accentuées par le contexte difficile auquel il a dû faire face. La perception globale qui entoure Steve Nash aujourd’hui, c’est celle d’un coach qui n’a pas réussi à gagner le respect de ses stars (aussi difficiles à gérer soient-elles), un coach dont la voix n’a pas assez porté dans le vestiaire, un coach qui a peut-être eu tendance à trop se reposer sur le talent offensif de KD et Kyrie au lieu d’essayer de rendre l’attaque des Nets moins prévisible. Forcément fragilisé par l’ultimatum de Durant cet été, Nash ne pouvait plus reprendre la main sur son groupe, un groupe qui ne « répondait plus » à Steve selon ses propres mots et qui a enchaîné les disasterclass sur le plan défensif depuis la reprise. Ce n’est ainsi pas très surprenant de voir que les Nets veulent désormais recruter un coach capable de tenir tête à ses joueurs, comme Ime Udoka par exemple. Donc oui, bien sûr, Steve Nash n’est pas qu’une victime, il a aussi sa part de responsabilité.

Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que Steve Nash est un bon coach ? Non. Mais peut-on être définitif et dire qu’il est un mauvais coach qui n’a pas sa place en NBA ? Non plus. La première expérience de Nash dans le coaching fut tellement unique et chaotique qu’il est difficile de vraiment tirer des conclusions.

On ne sait pas ce que prévoit Stevie pour son avenir. Si ça se trouve, il a été tellement dégoûté par son passage à Brooklyn qu’il ne remettra plus jamais ses fesses sur un banc NBA. Ou alors, il prendra une année sabbatique – ou deux, ou trois – pour se changer les idées avant de retenter le coup dans une franchise stable, avec peut-être moins d’attentes, moins de spotlights, moins de drama potentiel. C’est seulement à ce moment-là qu’on pourra véritablement juger Steve Nash le head coach. Comme l’a rappelé Steve Kerr pas plus tard qu’hier, la réussite d’un entraîneur dépend non seulement de ses capacités intrinsèques, mais aussi des joueurs et des dirigeants qui l’entourent jour après jour et de la culture globale de la franchise dans lequel il évolue.

« Je sais que s’il veut retenter le coup, il peut être super. Je pense qu’il a toutes les qualités pour être un grand coach. Il a juste besoin d’un environnement plus stable. »

Un environnement plus stable et une meilleure opportunité, c’est tout ce qu’on peut souhaiter à Steve Nash à l’avenir.

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