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Flashback 2020-21 : le jour où Kevin Durant chaussait deux pointures de trop, décidément son corps n’est vraiment pas pratique

Nous aurions pu écrire sur le jour où James Harden portait deux tours de taille en trop, mais la conséquence de ce petit laisser-aller fut bien moindre. S’il est un coup du sort à retenir de la saison 2020-21 des Brooklyn Nets, c’est bel et bien ce soir de Game 7 où – pour la première fois de sa carrière – le corps de Kevin Durant fut un malus pour son équipe. Toute proportion gardée, bien entendu.

Nous sommes dans la nuit du 19 au 20 juin 2021, il est 4h du mat et tout le monde pionce à l’étage. Tiens, pourquoi ne pas aller ouvrir une huitième boite de Granola, c’est la fête après tout. Le go-to-move est de sortir une assiette et de faire chauffer les biscuits au microonde, cela donne l’impression de manger de la grande cuisine alors qu’on avale probablement de l’encre de stylo-bille mélangée à de l’arôme chocolaté. Pas grave, c’est l’ambiance amerloque après tout. Une fois la culpabilité effacée – c’est-à-dire juste après avoir tapé 6 pompes dans le salon pour congestionner le tout – BeIN prend l’antenne et une atmosphère de Playoffs envoûte tout le rez-de-chaussée de la casbah. Savent pas ce qu’ils manquent là-haut. Cela fait déjà 20 minutes que l’écran est parsemé de publicités pour la même boisson énergisante et des marques de gâteaux apéritifs aux blazes mexicains, et les quelques stats accompagnées par la voix de Xavier Vaution suffisent à faire accepter ce retard, qui pour n’importe quel fan de NBA n’est d’ailleurs plus vraiment considéré comme un retard. Sauf que demain il y en a qui bossent et que ce genre de match peut aisément vous accompagner jusqu’au petit déjeuner. On hésite alors à textoter le patron pour mimer une rage de dent apparue en pleine nuit, puis on se rappelle que l’on n’a plus de patron depuis la fois où il a glissé en salle de réu et que toute l’équipe a enlevé sa chemise pour le fouetter avec. Un vrai banc en situation de cross, quel team spirit quand même. Ah, ça y est ! Les starting five de ce Game 7 entre Nets et Bucks glissent leur maillot dans le short, rendez vous au premier virage.

Trop de stars sur le parquet, impossible de filer vider le portemonnaie sans manquer un highlight tout testostéroné. Que ce soit un 2+1 de James Harden qui montre le bibi à son banc ou une grosse défense de Jrue Holiday en réponse au Barbudo, cette partie est au basket-ball ce que Micromania est à la piraterie, ce qui se fait de mieux. Bon, même si Kevin Durant est tout à fait monstrueux et inscrit de n’importe quelle zone avec n’importe quel membre de son corps, arrive un moment où la Faucheuse dégaine à 45° du parking et lâche un écart plus important que celui entre les deux incisives de Khris Middleton. Plus le match avance et plus l’opposition se synthétise comme un simple duel entre Giannis Antetokounmpo et Kevin Durant, tous deux affreusement chauds sous les cercles du Barclays Center. L’un veut imiter l’autre et quand le Slim Reaper artille, le Grec envoie une pastaga s’échouer contre le plexi avant de rentrer comme si le ciel n’était pas responsable de ce cadeau. Gros beauf de la soirée, P.J. Tucker est à deux doigts de se lever et de crier « oh c’était pas annoncé ! *rire odieux du gars qui se trouve marrant* ». Les dernières minutes de la rencontre s’emballent et chaque couteau tranche : Khris Middleton est clinique, Joe Harris fouette lui aussi le cuir et Blake Griffin sort de sa forge pour travailler le métal dans la peinture de Milwaukee. Le sinistre Jrue Holiday pense avoir le dernier mot en claquant un tir primé instantanément perçu comme salvateur dans le Wisconsin, mais les deux points d’écart + les 6 secondes à jouer + le fait que Kevin Durant joue dans l’équipe adverse font que rien n’est réellement terminé. Bingo, celui dont on ne connaît pas vraiment le poste reçoit le cuir et tricote P.J. Tucker sur 4 secondes, avant d’envoyer un fadeaway qui a autant de chance d’arriver qu’une PS5 par Mondial Relay.

Il est dedans, le tir est dedans. C’est de la folie furieuse, les Nets vont en Finale de Conférence sur un impossible buzzer beater de Kevin Durant. Quoi… ? Il avait le pied sur la ligne ? Une bien triste révélation, même pour la Bucks Nation qui – éblouie par le talent d’un seul homme – en avait probablement oublié de supporter les siens. On ne détaillera pas la prolongation mais on retiendra sa ponctuation, les Bucks de Giannis Antetokounmpo ayant noyé les 48 points, 9 rebonds et 6 assists de KD. Tout cela pour quoi ? Pour deux pointures en trop. Et dire que certaines se plaignent de faire du 34.

D’ores et déjà un classique de l’histoire des Playoffs, ce tir de Kevin Durant est finalement passé à la postérité davantage pour son manque de bol que pour l’inverse. Il suffit parfois d’un doigt, d’un pied, d’un coup de sifflet ou d’une expulsion pour qu’une partie tourne et que son issue ne soit plus la même. Ce soir-là faisait partie de ces soirs où rien n’est décidé à l’avance.

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