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Comme Bill Russell, quelles autres légendes NBA auraient pu avoir leur numéro retiré dans les 30 équipes de la Ligue ?

Magic Johnson Kobe Bryant Michael Jordan Kareem Abdul-Jabbar 12 août 2022

C’est quand même dingue la sur-représentation du 3 (et des Lakers) dans les numéros les plus légendaires.

Source image : montage TrashTalk via YouTube

Jeudi, à l’annonce du retrait du numéro 6 par la NBA en hommage à Bill Russell, de nombreuses réactions différentes ont pu être observées. Il y a notamment ceux pour qui ce choix est très largement justifié, mais aussi ceux qui ont du mal à valider l’initiative de la Grande Ligue pour diverses raisons. Puis, et c’est précisément ce débat auquel on va s’attaquer aujourd’hui, il y a ceux qui estiment que – comme Billou – d’autres légendes auraient mérité ou méritent encore de voir leur numéro être retiré dans toute la NBA. Sans vouloir pour autant affirmer qui doit bénéficier de cet honneur ou non, faisons donc un petit tour d’horizon des principaux candidats.

Bon, comme diraient nos amis britanniques, n’essayons pas de ne pas voir l’éléphant dans la pièce, et rentrons directement dans le vif du sujet. Le numéro 23 de Michael Jordan – mais aussi LeBron James quand même – devrait-il être retiré lui aussi ? Lorsque Bill Russell a bénéficié de cet immense hommage hier soir, les regards se sont en grande majorité portés vers la tunique de MJ. Impact sportif ? On parle d’un mec qui a pour surnom « GOAT » (Greatest of All-Time) avec notamment ses six titres NBA, six titres de MVP des Finales et cinq trophées de MVP de la saison régulière. Donc bon c’est plutôt pas mal. Impact culturel ? « Jordan »… ça nous dit à tous quelque chose, et pas uniquement grâce aux chaussures. Impact sociétal ? Là l’avantage est clairement à Bill Russell, dont le maillot a également été retiré en raison de son combat pour la communauté afro-américaine et les droits civiques. Terrain sur lequel on ne peut pas dire qu’Air Jordan ait marqué les esprits, sauf pour sa volonté de ne justement pas (trop) aller dessus. Le retrait du numéro de Billou par la NBA dans son entièreté – une première dans l’histoire de la Grande Ligue – démontre bien ce côté More Than An Athlete, qui forge aussi la légende d’un homme, ses convictions et son influence dans la société. Michel Jourdan ayant quelques arguments sur cet aspect-là également, on comprend donc que le débat soit ouvert, mais force est de constater que les deux cas sont extrêmement difficiles à comparer directement.

Toujours dans cette idée de récompenser la place importante d’un joueur dans l’histoire de la Ligue, un nom doit tout de même vous arriver assez vite en tête : Magic Johnson. Oui, le numéro 32 du mythique joueur des Lakers fait partie de ces maillots qui pourraient prétendre à un retrait général. Pourquoi ? Eh bien tout simplement car Earvin coche énormément de cases. Sur le plan sportif ? Mdr. On parle juste du meilleur meneur de l’histoire, le maître du Showtime dans les années 1980, le chef d’orchestre qui a guidé les Lakers vers cinq titres en neuf Finales NBA. En matière de culture ? Son nom est connu à travers les quatre coins de la planète, même pour les personnes n’ayant jamais regardé de basket de leur vie. À l’instar de Michael Jordan – et avec l’aide de Larry Bird – Johnson a changé la place du basketball dans le monde et en est devenu l’un de ses plus grands ambassadeurs, notamment via la fameuse Dream Team 1992. Et que dire de son travail de représentation et de dédiabolisation de la séropositivité. Les plus jeunes d’entre nous ne s’en rendent peut-être pas compte, mais Magic – diagnostiqué positif au VIH en 1991 – a littéralement incarné l’un des combats les plus importants de l’Histoire contemporaine, et continue encore de le faire aujourd’hui. Là, on peut clairement dire qu’on va bien au-delà du basketball, ce qui est forcément un bonus lorsqu’on peut potentiellement retirer votre maillot. Et puis après tout, c’est quand même le Laker qui a milité pour le retrait du numéro 6 de Billou.

D’une façon très proche de Bill Russell, Kareem Abdul-Jabbar et son numéro 33 ont eux aussi de sacrés arguments à faire valoir. C’est bien simple, KAJ était en quelque sorte le disciple de Bill, son descendant, son héritier. Parmi les meilleurs joueurs de l’histoire sur le plan purement basketballistique, Lew Alcindor s’est lui aussi démarqué par différents combats sociétaux et notamment pour la cause afro-américaine, qu’il a d’ailleurs entamé aux côtés de Russell. N’oublions pas que le Social Justice Award est aujourd’hui nommé en son honneur. Toutefois, aux yeux du grand public, le garçon est clairement derrière des mecs comme Jordan ou Magic, et ce malgré ses apparitions au cinéma. Si sa greatness est indiscutable, KAJ – de nature distante – a souvent été incompris, voire mal-aimé. « Si j’avais joué lors de l’ère des réseaux sociaux, je pense que les gens auraient mieux compris qui j’étais vraiment, car j’aurais pu m’expliquer plus souvent » a-t-il notamment déclaré il y a quelques années.

Toujours chez les pivots légendaires, Wilt Chamberlain, grand rival et ami de Bill Russell, ne mériterait-il pas lui aussi de voir son numéro 13 être retiré ? Avaleur de records et personnage complètement déjanté qui déclarait avoir couché avec plus de 20 000 femmes, l’homme aux 100 points dans un match NBA nous a quittés en 1999 en laissant un vide immense derrière lui, et avant tout dans le cœur de Russell lui-même. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que c’est notamment en raison du racisme au sein de la NBA que Chamberlain avait décidé de prendre sa retraite. Une décision très forte, qui démontre que ce dernier n’était pas qu’un joyeux luron sans convictions ou combats. Cela serait-il donc scandaleux que les deux maillots au plafond de la Grande Ligue soient ceux des deux légendaires pivots qui ont partagé tant de combats, et aujourd’hui disparus ?

Si les deux compères se sont éteints à un âge assez avancé (63 et 88 ans), il y a toutefois certains joueurs dont la disparition tragique n’a fait que renforcer leur légende et par conséquent l’envie de leur rendre hommage. Bien évidemment, Kobe Bryant vient tout de suite en tête, dont le retrait des numéros 8 ou 24 (retirés aux Lakers) avait déjà été évoqué à sa mort dans un accident d’hélicoptère en janvier 2020. Là encore, sur le plan sportif, le Black Mamba n’avait plus rien à prouver et son influence sur les athlètes actuels – inspirés par la Mamba Mentality – est indéniable. Mais qui sait l’importance qu’il aurait pu prendre si son après-carrière – démarrée sur les chapeaux de roues avec notamment un Oscar remporté en 2018 pour son court-métrage Dear Basketball – avait pu se dérouler normalement. On est typiquement ici dans des cas difficiles à trancher car ayant une grande part d’inconnue, qui contribue pourtant elle-même à sublimer une légende. Un autre dossier dans la même veine ? Celui de Drazen Petrovic. Disparu brutalement dans un accident de voiture à seulement 28 ans, le Mozart du basket était déjà devenu un pionnier en NBA, source d’inspiration pour tous les Européens qui pouvaient désormais rêver de la Grande Ligue en admirant les performances du meneur dans cette dernière. Coupé dans son élan pourtant magnifique, le numéro 3 des Nets de l’époque avait suscité – et continue de le faire aujourd’hui – un émoi tout particulier lors de sa disparition en 1993.

Bien sûr, d’autres noms pourraient être cités, avec chacun des arguments plus que valables. On pense notamment à Jerry West, logo de la Ligue quand même, avec son numéro 44. Quid de Larry Bird et son 33 (comme KAJ, décidément mythique ce numéro), la légende de Boston ayant tout simplement sauvé la NBA aux côtés de Magic dans les années 1980 grâce à la rivalité Celtics – Lakers. Plus récemment, pourrait-on voir un jour le numéro 30 de Stephen Curry être retiré ? On parle quand même de quelqu’un qui a révolutionné la manière de jouer au basketball. Mais au final, si la liste des candidats est plutôt longue, le retrait général d’un maillot ressemble quand même beaucoup à un hommage unique, pour un homme qui compte le record all-time de titres NBA et qui a déplacé des montagnes en dehors des parquets. Cet homme, c’est Bill Russell.

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