One-on-One

Chris Paul est seul au monde : quatre bilans record avec quatre franchises différentes, cet homme est décidément spécial

Chris Paul 1er août 2021

Quatre franchises, quatre records de victoires. Messieurs dames, on parle bien de l’IMMENSE Chris Paul.

Source image : YouTube

New Orleans Hornets, Los Angeles Clippers, Houston Rockets, Phoenix Suns. Chacune de ces équipes peut dire merci à Chris Paul, car le monsieur leur a permis de sortir des saisons record. QUATRE franchises, QUATRE records de bilan, vous avez bien lu. Retour sur cet exploit unique étalé sur quatorze ans, un conseil mouillez-vous la nuque. 

Eh Chris, tu serais pas un grand malade ? On pense bien que si. Avec la victoire des Suns ce mardi face aux Lakers, la franchise de l’Arizona s’est adjugé sa saison régulière référence avec 63 victoires pour 16 défaites. Et il reste deux matchs à jouer, après la défaite de cette nuit face aux Clippers… dont on parlera aussi dans cet article, un peu de patience. Bref, exercice 2021-22 synonyme d’histoire pour Phoenix, grâce à des leaders comme Devin Booker, DeAndre Ayton et surtout Chris Paul. Le meneur, arrivé en début de saison dernière dans le désert de l’Arizona, aura eu besoin de très peu de temps pour s’acclimater : première année c’est direction les Finals, la seconde c’est le record de victoires de la franchise sur une saison qui tombe, visez donc l’efficacité du garçon. Et justement l’efficacité, c’est ce qui pourrait le mieux caractériser la carrière de Chris Paul. Pourquoi ? Tout simplement car le meneur n’en est pas à son coup d’essai en matière de records de victoires. Mais accompagnez-nous donc dans la machine à remonter le temps, en plus il y a du Yop et des cookies à volonté, pas d’excuse.

Quand la frimousse de Chris Paul débarque chez les New Orleans Hornets en 2005, le contexte n’est pas foufou pour le jeune meneur issu de l’université de Wake Forest : la ville vient de subir la colère de l’ouragan Katrina, et tout ou presque est à reconstruire. Le jeune Chris commencera sa carrière du côté d’Oklahoma City, puisque c’est là-bas que sont délocalisés les matchs de l’équipe le temps que la Perle de Louisiane se refasse une beauté. Ça va le décourager ? Ah ça non. Deux saisons pour se chauffer avec des moyennes de bourrin, et en 2007-08, lors du retour des Hornets dans le Bayou, CP3 mène son équipe au succès à 56 reprises, un record. On savait ce jeune très talentueux, mais on lui découvre un talent de catalyseur et de leader. Oui, David West a fait du chantier à ses côtés, mais c’est surtout grâce à la vista de son compère Krys que le pivot aura cette réussite. Hélas, les Spurs de Timmy, Tony et Manu sont trop forts, et l’aventure s’arrête en demi-finale de Conférence Ouest.

Lorsque que la désormais superstar de la balle orange débarque à Los Angeles en 2011, tout le monde dit que ce n’est pas dans la bonne franchise. Paulo devait en effet finir avec Kobe chez les Lakers, mais David Stern a dit non : pas question de mettre deux mecs trop forts ensemble, sinon le business de la NBA ne sera pas bon. C’est donc chez les Clippers que Chris pose ses valises, une équipe qui n’a pas franchement une réputation de gagnante. Challenge accepted. Accompagné de Blake Griffin et DeAndre Jordan, il va faire de ce groupe une machine à victoires au style unique : rares ont été les matins où le duo « passe laser de CP3, poster monstrueux de Blake ou Dédé » n’apparaissait pas dans le top 10. Bref, à force de travail, le groupe commence a performer et encore une fois, même si la doublette intérieure des Clips a un indéniable talent, le don de leur meneur pour le partage de ballon et la construction du jeu contribue énormément au succès du groupe. Lob City, comme on appelle désormais cette équipe aussi spectaculaire qu’efficace, tape les 57 victoires en 2013-14, record all-time de la franchise (vous commencez à capter). Deuxième fois que Chris Paul est à la baguette d’une régulière historique pour les siens, maintenant il faut confirmer en Playoffs. Élimination des Spurs au premier tour, check. Malheureusement, le Thunder impose sa loi en demi-finales de l’Ouest. Caramba, encore raté.

En fait, de la même manière que les Fruits du Démon de One Piece confèrent des pouvoirs énormes à leurs détenteurs en l’échange de l’incapacité de nager, on a l’impression que le talent énorme de Chris Paul s’accompagne de l’interdiction chronique d’aller au bout en Playoffs. Pour rompre la malédiction, direction le Texas et Houston en 2017, où règne en maître Barbe Noire alias James Harden. La machine se met d’ailleurs très vite en route, et très bien surtout. Du scoring, de la passe, le poste 1 est partout. Comme d’hab, l’intérieur du coin voit son niveau de jeu multiplié par 37, et cette fois c’est Clint Capela qui est l’heureux élu. Et lors de cette saison, incroyable suspense… record de victoires de la franchise en régulière battu avec 65 succès, et surtout avec Chris Paul à la construction du jeu. L’exploit est considérable, car sans manquer de respect à ses deux premières équipes, Clippers comme Hornets (alors devenus Pelicans) n’ont pas le passé de Houston. Deux titres en back-to-back en 1994 et 1995, ça veut dire que des gars ont fait du chantier en régulière par le passé. Soutien à Ramesse, scoring, livraison de caviars à la pelle pour tous les copains… une fois n’est pas coutume, CP3 fait passer un vrai cap à son équipe dans le niveau de jeu. L’objectif de Chris Paul en venant chez les Fusées était de leur apporter ce supplément d’âme et de jeu capable de donner un avantage décisif face aux imbattables Warriors. C’est réussi, jusqu’au mois de mai. Il était à deux doigts, deux doigts d’atteindre les Finals… Mais le destin est tenace et implacable : une blessure à l’avant-dernier match et un caca culotte des siens pendant la dernière bataille auront eu raison de son rêve, une fois de plus.

Président de l’association des joueurs de la Grande Ligue, Chris est aussi un businessman hors pair. Alors quand Daryl Morey lui offre près de 160 millions de dollars sur quatre ans, le sang ne fait (logiquement) qu’un tour. Malheureusement, ça tourne au vinaigre dans le Texas, et tout le monde qualifie vite le contrat du meneur comme le pire de la Ligue. À tel point qu’en 2019, Houston s’en débarrasse et l’envoie à OKC. Il ne restera qu’une saison, mais marquera toute la NBA en faisant de cette équipe qu’on considérait comme candidate au premier pick de draft l’une des épopées les plus excitantes qui soit. L’opération est parfaite, puisque celui que tout le monde croyait fini s’est offert un fantastique second souffle. Au point d’intéresser les Suns, à la recherche d’un vétéran pour encadrer les jeunes étoiles du groupe. CP3 débarque fin 2020, et le résultat est fulgurant puisque même la malédiction qui empêchait Chris Paul d’accéder aux Finals est incapable de lutter. Pour autant, le titre se dérobe mais cette année, sans vouloir porter l’œil, semble représenter l’une de ses meilleures (et de ses dernières ?) opportunités de toucher le rêve d’une vie. Et pour cet exercice 2021-22, on bat le record de victoires de franchise sur une saison, 62, en échauffement. La moyenne de points est la plus faible en carrière, m’enfin ça reste à 14,8 unités par match, beaucoup de types n’auront jamais fait ça à leur prime dans cette ligue. Par contre, 10,3 caviars cette saison, c’est une première depuis 2015. Symbole du collectif des Suns, l’homme s’est mué en leader passeur. C’est à l’image de sa carrière finalement, puisqu’il a toujours su adapter ses moyennes en fonction des besoins, et ça c’est une capacité all-time hein. Ne reste plus que le titre pour la boucle soit bouclée, la story serait si belle…

Chris Paul, tu es décidément spécial. Désormais détenteur d’un record qui ne sera pas facile à aller chercher (aucun autre joueur n’a réussi un exploit similaire), il faut maintenant atteindre le graal ultime d’une carrière de joueur NBA : le titre et la joie absolue au mois de juin. Nul ne peut savoir ce qu’il adviendra pour les Suns d’ici là, mais nous avons une certitude : ils en ont les moyens, et largement. 

Source texte : StatMuse

1 Comment

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  1. Dam Dou

    10 avril 2022 à 11 h 38 min at 11 h 38 min

    Petite erreur: au 1er tour des PO 2014, les Clippers sortent les Warriors et non les Spurs. Ces derniers finissent d’ailleurs champions.

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