Bucks

Giannis Antetokounmpo, sur une autre planète : 44 points, 14 rebonds et 6 passes face aux Nets, victoire à Brooklyn, donc en fait c’est lui le MVP ?

Giannis Antetokounmpo

Giannis Antetokounmpo qui assure aux lancers pour terminer les Nets, c’est ce qu’on appelle un patron.

Source image : nba league pass

Après un déplacement bien musclé à Philadelphie cette semaine, durant lequel il avait déjà été monstrueux, Giannis Antetokounmpo a remis ça 48H plus tard dans une autre arène chaude de la Conférence Est. En effet, dans le showdown de cette nuit entre Bucks et Nets à Brooklyn, ce sont les hommes de Mike Budenholzer qui se sont imposés et le patron de Milwaukee a été tout simplement royal. Une performance quatre étoiles, pour un joueur en trois lettres (120-119 après prolongation).

Cette course au MVP est devenue tellement folle qu’on ne sait plus où donner de la tête.

Un soir c’est l’un, le lendemain c’est l’autre. Un dossier a la cote le jeudi, et puis un autre dossier prend le dessus le weekend. Chaque soir, un monstre de la NBA réalise une performance sensationnelle, et couplé avec la bonne forme de son équipe cela peut donner des débats très intenses autour du plus prestigieux des trophées individuels. Cependant, au petit jeu du plus grand, rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec Giannis Antetokounmpo. Et lorsque ce dernier s’énerve, en allant régler des comptes personnels dans une seule et même semaine, cela peut faire très très mal. Depuis quelques temps, les discussions de bar autour du Most Valuable Player généraient un débat entre Nikola Jokic et Joel Embiid, avec Giannis un poil en-dessous de par sa quinzaine de matchs loupés cette saison. Immense encore une fois avec les Bucks, dans sa production numérique et dans sa domination des deux côtés du terrain, le Freak déposait un dossier de réel MVP mais… pas aussi puissant que les autres. Et ça, mine de rien, ça a dû finir dans son oreille à l’autre animal. Car ce qui s’est passé cette semaine, dans le jargon on appelle ça le coup du patron. Le boss, de retour aux affaires, et qui ferme des wagons de bouches tous les soirs.

Mardi, les Bucks se déplaçaient à Philadelphie dans un gros duel face aux Sixers de Joel Embiid. Dans cette partie remportée par les Bucks, Giannis y allait de ses 40 points, 14 rebonds, 6 passes et 3 contres, en allant scotcher le dernier tir pour la gagne et en envoyant un message clair aux potes de James Harden. Le champion en titre, c’est nous. Et son leader, c’est moi. Donc avant de parler de bague et de sens de la marche pour la parade, faudra déjà me et nous passer sur le corps. La perf collective de Milwaukee était à la hauteur de la perf individuelle de Giannis, maintenant ce qu’on voulait voir c’est s’il allait y avoir doublé. Car oui, conférence de presse et douche gérées, les hommes de Mike Budenholzer devaient prendre l’avion pour aller en direction de Brooklyn. Pas l’temps d’niaiser, on est là pour affronter du loustic de grosse taille avant que les choses sérieuses ne commencent. Le match avait donc lieu dans un Barclays Center plein à craquer, avec des fans, des célébrités et un paquet de caméras, non seulement parce qu’on parlait d’une série mythique des derniers Playoffs, non seulement parce qu’on parlait d’une série qu’on pourrait voir au 1er tour dans très peu de temps, mais en plus parce que KD et Giannis se donnaient rendez-vous au sommet des grands garçons.

Soyons clairs, d’entrée, le match de cette nuit était formidable. Hormis la faute de Khris Middleton sur Bruce Brown ainsi que l’expulsion qui allait avec, et la tentative de participation à notre sport de la part de James Johnson, c’était magnifique. Ambiance, jeu intense, public au taquet, stars concentrées, role players déterminés, ça puait les Playoffs à plein nez. Et pourtant, ce sont bien les Nets qui prenaient le contrôle des opérations, sans avoir à compter sur un immense KD. Bien défendu par les Bucks, le leader de Brooklyn faisait tourner le cuir et résultat son équipe créait une avance en se basant sur un chouette collectif. Kyrie Irving, Bruce Brown, Nic Claxton, Seth Curry, chacun mettait ses mains dans la pâte et Milwaukee n’arrivait pas vraiment à reprendre le dessus. Pendant que Giannis faisait ses bêtises, Brook Lopez galérait sérieusement, et la belle adresse à trois-points des Bucks n’y était pas. Bonjour le bordel et le plan foireux. Comment revenir et passer devant, quand t’as plus Middleton, t’as Brooklyn qui mène sans un incroyable Kevin Durant, et t’as les jambes encore bien lourdes des efforts de l’avant-veille ?

La réponse, c’est Giannis.

Alors certes, ce n’était pas un homme contre tous. Et le travail des Jrue Holiday, Wes Matthews ou encore Pat Connaughton permettait à la franchise de Milwaukee de se sentir soudée. Mais on ne va pas se mentir, c’était davantage Giannis et les Giannissette qu’autre chose. Et puis, Antetokounmpo était tellement chaud et concentré depuis le début du match, pourquoi se priver de son talent ? Alors que la fin du temps réglementaire s’annonçait mal pour lui, le MVP des Finales 2021 décochait une flèche mémorable sur le nez de Bobby Portis à moins de 20 secondes de la fin du match, de quoi égaliser au score. Grosse clim à Brooklyn, Giannis à trois-points, et record all-time à la poche puisqu’avec ce grand shoot l’intéressé devenait le nouveau meilleur marqueur de l’histoire de sa franchise. Désolé Kareem Abdul-Jabbar, ici on est avec le patron aux bras interminables. Derrière ? Alors que KD aurait pu assassiner les Bucks, c’est Giannis lui-même qui vient doubler pour forcer une prolongation. Et en prolongation tiens, qui est-ce qui va finir le boulot comme un grand aux lancers-francs ? C’est bien Giannis lui-même. Poing serré, victoire arrachée, Milwaukee s’en sortait bien sur un dernier shoot de Durant bien axé mais mal dosé, le buzzer retentissant et la gagne terminant dans les mains des visiteurs. Au bout de l’effort, c’est tout de même Antetokounmpo et compagnie qui repartaient le torse bombé, avec le sentiment du devoir accompli. Taper les Sixers et les Bucks en trois jours, on en connaît qui doivent être content en ce vendredi 1er avril.

Giannis Antetokounmpo est peut-être le MVP de la saison, finalement ? On ne sait plus où donner de la tête, mais on doit constater une chose. C’est que ce garçon, avec un palmarès déjà immense, continue à toujours vouloir aller plus loin et à tenir tête aux autres superstars de la Ligue. Et ça c’est la force des légendes, comme le match légendaire qu’il vient de nous offrir en preview des Playoffs 2022. Vas-y mon Giannis, va chercher ta plus haute place dans le classement des meilleurs joueurs all-time. On te regarde, et on prie pour la concurrence.

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