Documentaires

On a regardé « Top Class : The Life & Times of the Sierra Canyon Trailblazers » : la superteam de Bronny James et Zaire Wade, racontée de l’intérieur

Un de plus, direz-vous. Est-ce un documentaire parmi tant d’autres, ou la réussite d’un projet au contenu original ? Cette-fois, les spots mettent en lumière les visages des Sierra Canyon Trailblazers, une superteam de collégiens attendue au sommet pour l’exercice 2019-20. Les salles sont remplies et la pression est grande, presque sans précédent pour une équipe d’adolescents. On débrief.

L’objectif des plateformes de vidéo à la demande, c’est d’élargir sans cesse leur portée en touchant de nouveaux publics. Petits chanceux que nous sommes, la balle orange ne manque pas de documentaires à son effigie avec The Last Dance, Last Chance U et Malice at the Palace. Plus récemment, Amazon Prime a décidé d’orienter ses caméras sur la saison 2019-20 des Sierra Canyon Trailblazers, une superteam de collégiens dont les noms affolent les pépettes de quatorze ans. Les tabloïds dérèglant le suivi de leur niveau réel, il est intéressant de retrouver des silhouettes familières comme celles de Zaire Wade et Bronny James, deux « fils de » qu’il est enfin possible de jauger. Et puis, l’écurie a un chouette passif avec les passages de gars comme Kenyon Martin Jr, Marvin Bagley et Cassius Stanley, c’est donc l’occasion de suivre la jeunesse dorée du pays dans un environnement professionnel reconnu. Outre les mômes d’anciennes gloires, cette mini-série de six épisodes fout la lumière sur des garçons aujourd’hui draftés comme Ziaire Williams – sélectionné en 10 par les Pelicans, puis envoyé à Memphis – et Brandon Boston Jr, un petit bijou de backcourt sélectionné en 51 par les Clippers. Ajoutez à cela un petit Amari Bailey des familles, annoncé dans le Top 5 de la Draft 2023, et l’effectif sort tout droit d’un studio hollywoodien. Comment Andre Chevalier – head coach de l’équipe – va-t-il orchestrer la cohabitation entre tous ces talents, chacun ambitieux de parquets NBA ? Aurons-nous affaire à une rixe de jeunes phalanges en plein milieu de saison ? On en discute, sans gros spoilers.

Si le fil conducteur de la série est très logiquement chronologique – relatant les moments marquants de la saison – le contenu nous a un poco déçu. Quand LeBron James est producteur exécutif de la série, on accorde forcément un regard très particulier à la narration du cas de son fils. Même si l’on sait que ses difficultés balle en main ne seront pas censurées, ce serait trop gros et surtout immoral au possible, les galères d’un élément comme Zaire Wade sont presque poétisées. Un peu sur le thème du « ils verront, je leur prouverai », une overdose de paroles sans trop disséquer le jeu du bonhomme et la raison pour laquelle il peine à gagner des minutes. Dans l’équipe, beaucoup siègent dans le Top 20 de leur cuvée respective, mais Zaire Wade n’est noté que 210ème de son année. C’est toujours délicat de parler de piston, mais aujourd’hui Zaire ne parvient pas à trouver d’écurie NCAA et joue pour la Brewster Academy. Après la sortie du documentaire, il a même asséné un petit tacle à Sierra Canyon en mentionnant qu’ils avaient « réveillé un monstre ». En fait, le fils de Dwyane et Gabrielle a quitté l’équipe à l’issue de la saison filmée par les caméras d’Amazon Prime. C’est donc là qu’est toute la difficulté du rôle de spectateur, de se rendre compte si un Zaire Wade en fond de banc était une totale injustice, ou s’il est beaucoup trop sûr de lui et bien en-dessous de ses coéquipiers. On attendait d’avoir une réponse de la part de cette mini-série, quitte à voir Zaire se faire remonter les bretelles ou expliquer être snobé, mais hormis un petit « tu passeras au bureau » du coach après un match foiré, rien. Le déroulé est composé de morceaux de performances, comme le chantier de Shy Odom contre Springfield, sans jamais réaliser un zoom assez puissant sur une seule thématique. Le sport, les études, la vie d’ado, l’acupuncture (oui), trop de sujets en si peu d’épisodes, et un rythme un peu lent fait de phrases clichées : « i like the teamwork », « we need to win titles and titles », « loss isn’t in our DNA ».

Beaucoup de réserves donc, mais quelques points bien appréciés. Les scènes de cours sont rigolotes car entre deux lignes de Shakespeare, LeBron Jr. mange des chips en fond de classe et Ziaire Williams fait marrer les copines. Et puis, on s’y attendait mais c’est intéressant de manger la rafale de critiques dont Zaire Wade et Bronny James sont les cibles, de plein fouet. On prend conscience de la dureté des réseaux sociaux après une sale perf des « fils de », et on entend même un « where’s your dad Bronny ? You need him to win ! » pendant une rencontre. Une scène est très cool, celle où Dwyane Wade et Gabrielle Union pestent sur leur fils après une vieille no-look muée en perte de balle, puis le petit Zaire revient en défense tête baissée, ce qui n’est pas dans l’ADN familial. C’est alors que l’ado est rappelé sur le banc par Andre Chevalier, s’assoit, puis se prend la tête entre les mains en regardant le parquet : « Est-ce qu’il pleure ? », demande Gabrielle à Dwyane. La proximité avec les Wade est si réussie qu’on les compare alors avec la famille d’un tonneau de DM4 qui joue le dimanche. La fin du docu – bien qu’un peu bâclée – caresse les yeux avec ce joli game winner de Ziaire Williams pour remporter le championnat régional. C’est alors le tirage de rideau sur cette mini-série, et les nouvelles situations sportives de chacun des joueurs sont exposées. Oui, tous les noms de ces ados sont à suivre de très près, et même si le fils Wade est pour l’instant dans le dur, peut-être foulera-t-il le parquet du Garden dans quelques années, sous les yeux du papa. Nous, de notre côté, on mise une grosse pièce sur le futur d’Amari Bailey, un profil longiligne et explosif qui a tout pour fracturer la rétine des scouts NBA. Comme quoi, même si le docu n’est pas une masterclass de réalisation, il a au moins le mérite de faire spéculer.

C’était pas incroyable, mais ça se regarde bien. Cette mini-série ne restera pas dans les annales du docu game, ayant fortement manqué de transparence sur les probables échanges en interne. Ceci étant, on a pu voir où en était le futur de la Grande Ligue, même si un bon reportage d’une heure aurait fait gagner en structure et cohérence. Maintenant, pour vous faire votre propre avis, chopez un VPN car la série n’est dispo qu’en zone US (ou sites à l’étendard pirate, mais on ne vous met pas de liens afin d’éviter le tirage d’oreilles).

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