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Les Blazers ont un été pour convaincre Damian Lillard : analyse de 4 grands noms que Neil Olshey devrait cibler

Ça s’annonce chauuuud !

Source image : Montage YouTube

Ce n’est un secret pour personne, Damian Lillard veut plus de soutien à Portland pour pouvoir véritablement jouer le titre NBA. Si le sniper de l’Oregon n’a pas l’intention de demander un transfert pour l’instant, ça pourrait bien arriver si le manager général Neil Olshey ne trouve pas la clé pour améliorer le roster des Blazers durant l’intersaison. Clairement, la pression est sur ses épaules, et la mission s’annonce compliquée vu la situation actuelle de la franchise. S’il a besoin de quelques pistes, on est là.

« Si vous regardez notre équipe telle qu’elle est, je ne vois pas comment on peut dire ‘c’est une équipe qui peut jouer le titre, on a juste besoin d’un nouveau coach’. » S’il y a bien une phrase à retenir de la conférence de presse de Damian Lillard il y a une semaine avec Team USA, c’est sans doute celle-là. Frustré par la situation actuelle à Portland et les éliminations prématurées en Playoffs, Dame D.O.L.L.A. a mis un gros coup de pression sur le management des Blazers. Le message est clair : je veux gagner, si possible à Portland, mais sinon mon avenir pourrait bien s’inscrire ailleurs. D’après Kevin O’Connor de The Ringer, des franchises comme les Sixers, le Heat, les Kings, les Knicks ou encore les Rockets surveilleraient le dossier Lillard de très près. Alors clairement, Neil Olshey va devoir annuler ses vacances car il a du boulot. Il pensait sans doute pouvoir passer un été tranquille après l’arrivée de Chauncey Billups sur le banc à la place de Terry Stotts, lui qui avait pointé du doigt l’ancien coach des Blazers pour expliquer le nouvel échec en Playoffs il y a quelques semaines. Sauf que Dame vient vraiment de le mettre on the spot alors on lui conseille d’activer la trade machine s’il veut éviter de perdre la confiance de Lillard prochainement. Il va d’autant plus devoir se creuser la cervelle que la marge de manœuvre est limitée pour Portland. Les Blazers sont déjà bien blindés financièrement avec notamment les gros salaires de Dame et C.J. McCollum (73 millions à eux deux en 2021-22) et semblent destinés à payer la luxury tax, surtout quand on sait que Norman Powell a logiquement décidé d’utiliser sa player option pour aller sur le marché des agents libres. Recruté à la trade deadline en échange notamment de Gary Trent Jr., Powell est respecté par Lillard et les Blazers doivent faire en sorte de le prolonger car ils ne pourront pas se payer un remplaçant de sa qualité. Tout ça pour dire qu’il n’y aura pas 36 solutions pour améliorer l’équipe actuelle, qui doit absolument renforcer sa défense mais aussi le banc.

Devant une telle problématique, on a voulu se mettre à la place de Neil Olshey pendant quelques minutes et réfléchir aux pistes d’amélioration pour cet été. En surveillant ce qui se passe dans la Grande Ligue, entre les différents bruits de couloir et les besoins des uns et des autres, on a sorti quatre grands noms pouvant potentiellement faire sens dans la situation actuelle des Blazers.

Ben Simmons

Comment ne pas commencer par Ben Simmons ? Ce n’est un secret pour personne, l’Australien n’est plus en odeur de sainteté à Philadelphie. Après le fiasco des derniers Playoffs, les Sixers semblent prêts à mettre fin à l’expérience pour apporter à Joel Embiid une vraie menace offensive depuis la ligne arrière. Dans le même temps, on sait que les Blazers n’iront nulle part tant qu’ils ne deviendront pas une équipe respectable en défense. On peut dire beaucoup de choses sur Ben Simmons, on peut se moquer de ses lancers-francs autant de fois qu’on veut, on parle d’une référence défensive de la NBA actuelle et il ferait un bien fou aux Blazers dans leur propre moitié de terrain. Que ce soit sur l’homme, en aide, ou à travers sa polyvalence et sa capacité d’anticipation, Simmons représente le couteau suisse défensif et la présence physique dont Portland a besoin. Bien évidemment, les limites offensives de Ben ne vont pas s’envoler du jour au lendemain, mais sa plus-value défensive peut faire une telle différence que Portland en sortirait probablement grandi, et les Blazers pourraient ensuite essayer de trouver la bonne formule pour rendre Simmons utile en attaque, lui qui est quand même un playmaker très sérieux avec de grosses qualités athlétiques. Ne l’oublions pas. Petit bémol cependant, Ben ne semble pas très chaud à l’idée de lâcher son costume de meneur pour évoluer plus dans un rôle de poseur d’écran, où il récupère le ballon en pick & roll avant de distribuer ou attaquer le panier. C’est pourtant dans cette configuration-là qu’il pourrait être le plus dangereux.

Pour qu’un tel deal avec les Sixers se fasse, et pour n’importe quel blockbuster potentiel d’ailleurs, l’intégration d’un C.J. McCollum semble indispensable, lui qui va peser 31 millions de dollars en 2021-22 (avec un contrat allant jusqu’en 2024), soit quasiment le même salaire que Simmons (33 millions, sous contrat jusqu’en 2025). L’arrière des Blazers représente un élément crucial de l’intersaison de Portland et ça tombe bien, les Sixers auraient bien besoin de ses qualités offensives à l’arrière. Sauf qu’on connaît le boss de Philly Daryl Morey, il vise toujours très haut. Traduction, il vise surtout Damian Lillard, et on imagine qu’il attend impatiemment que ça pète à Portland pour appeler Neil Olshey. Mais comme le mentionne Kevin O’Connor dans son article sur The Ringer, les Sixers n’ont pas trop de temps à perdre non plus. Il faut mieux entourer Joel Embiid, tout de suite. Alors, deal ou pas deal ?

  • Probabilité d’un deal avec Ben Simmons – 4/5 : c’est le transfert qui a le plus de sens. Les Sixers semblent prêts à tourner la page Ben Simmons, et les Blazers ont besoin de faire bouger les choses pour apporter plus de soutien à Lillard et répondre aux faiblesses de l’équipe. Reste à trouver le bon moyen pour convaincre Daryl Morey. Si un trade autour de Simmons – McCollum ne convient pas à ce dernier, faudra peut-être trouver un partenaire pour un échange à trois.

Pascal Siakam

Deux ans après son extension de contrat de quatre ans pour 130 millions de dollars avec les Raptors, Pascal Siakam commence à entendre son nom dans quelques rumeurs, notamment par rapport à un potentiel transfert chez les Warriors, bien chauds pour retrouver les sommets le plus rapidement possible. Mais les Blazers pourraient aussi décider de s’intéresser au dossier de Spicy P. Comme le mentionne l’insider des Raptors Blake Murphy dans un récent papier sur The Athletic, il existe un scénario dans lequel les Dinos – absents des Playoffs en 2021 – décident de prioriser une reconstruction avec leur noyau de jeunes joueurs (composé notamment d’OG Anunoby, Gary Trent Jr. et du joueur qui sera choisi avec le pick 4 à la Draft 2021) en transférant par exemple un joueur comme Siakam – 27 ans – pour obtenir une contrepartie correspondant plus à cette timeline. Cela peut potentiellement représenter une opportunité pour Neil Olshey car même si Siakam peine à progresser depuis l’interruption de la saison NBA en mars 2020, il reste un joueur pesant plus de 21 points, 7 rebonds, 4 passes et 1 interception. All-Star et membre de la All-NBA Second Team en 2020, Spicy pourrait profiter d’un nouveau départ à Portland pour essayer de retrouver son meilleur niveau derrière un leader comme Damian Lillard, et apporter sa contribution des deux côtés du terrain sur le frontcourt. S’il ne faut pas oublier que Pascal est actuellement à l’infirmerie et ratera le début de la saison prochaine, le fit peut être intéressant.

Mais les Raptors seraient-ils vraiment prêts à envisager un deal avec Portland ? Là encore, il faudrait intégrer McCollum dans l’échange pour des raisons salariales, mais également d’autres éléments en matière de jeunes joueurs (Anfernee Simons ?) ou de capital Draft pour que Toronto soit vraiment intéressé. On sait aussi que les Raptors ont besoin de se renforcer sur le poste de pivot, et qu’un certain Jusuf Nurkic possède un contrat non garanti (pour l’instant) de 12 millions de dollars l’année prochaine, la dernière de son deal. Est-ce qu’il peut y avoir une ouverture ici ? À voir mais n’oublions pas quand même que Nurkic reste un membre important du vestiaire de Portland ainsi qu’un proche de Lillard, et ça évidemment ça compte. Et puis pas dit que les Blazers deviennent tellement plus forts avec une arrivée de Siakam à la place de McCollum, même si l’équipe pourrait en ressortir plus équilibrée. Pour en revenir à l’offre potentielle des Warriors dont on parle un peu plus haut, on est sur du James Wiseman + pick numéro 7 de la Draft 2021. Cela a quand même plus de sens pour les Dinos s’ils décident effectivement de partir dans une vraie reconstruction, même si – comme l’indique notre ami Blake Murphy – le package en tant que tel peut paraître un peu faiblard pour un ancien All-Star comme Siakam. Au final, ça s’annonce compliqué pour les Blazers de mettre en place un second trade en quelques mois avec les Raptors, suite à celui entre Norman Powell et Gary Trent Jr. à la trade deadline. Mais c’est à Neil Olshey de se montrer imaginatif.

  • Probabilité d’un deal avec Pascal Siakam – 2,5/5 : il y a potentiellement une ouverture et les rumeurs autour de Pascal Siakam montrent que son avenir avec les Raptors n’est pas gravé dans le marbre. De plus, on aimerait bien voir des Blazers avec un Spicy P sur le frontcourt. Maintenant, si les Dinos décident vraiment de partir dans une full reconstruction et de transférer Pascalou, les Blazers ne semblent pas les mieux placés.

Brandon Ingram

Joueur ayant le plus progressé en 2020, All-Star pour la première fois de sa carrière la même année et désormais sous contrat jusqu’en 2025 pour 158 millions de dollars, Brandon Ingram a véritablement franchi un cap depuis son transfert des Lakers aux Pelicans à l’été 2019, vous savez le fameux trade d’Anthony Davis après des mois de spéculation. Mais si Ingram est sur la pente ascendante sur le plan individuel, les Pelicans restent sur une nouvelle campagne décevante et BI n’était pas un grand fan du coach Stan Van Gundy, qui a pris la porte après la saison. On peut légitimement se demander si le duo composé d’Ingram et Zion Williamson peut fonctionner à plein régime à la Nouvelle-Orléans, car les deux joueurs cartonnent le plus quand ils ont le ballon dans les mains, et en plus ils ne sont pas des références défensives à l’heure actuelle. On a pas mal entendu parler de Point Zion en deuxième partie de saison mais Ingram est également un joueur qui brille quand il possède les clés de l’attaque, à travers ses qualités de scoreur et de playmaker.

Du coup, existe-t-il un scénario dans lequel on assiste à un trade de BI ? Why not, on a vu passer quelques rumeurs et on sait que les choses vont parfois très vite en NBA. Zion représente en tout cas LA pièce maitresse des Pelicans pour les années à venir, alors s’il faut casser le duo c’est Ingram qui partira. L’occasion pour les Blazers de tenter un gros coup ? Ça s’annonce tendu car le boss des Pelicans David Griffin ne se contentera pas d’un C.J. McCollum en échange du coton-tige tatoué, surtout vu la différence d’âge (23 ans pour BI, 29 pour C.J.). On ne voit qu’un seul scénario dans lequel les Pelicans et les Blazers trouvent un accord sur un trade à deux impliquant Ingram, c’est si Lillard demande un transfert. Autrement, il faudrait éventuellement trouver un potentiel échange à trois équipes envoyant Ingram à Portland, McCollum dans une franchise annexe, et un troisième gros joueur (ou un package) chez les Pelicans pour les aider dans leur objectif d’atteindre les Playoffs rapidement. Bref, un bon gros blockbuster des familles. Va falloir de l’imagination et un peu de folie pour que ça arrive, mais on verrait bien BI à l’aile à Portland aux côtés de Dame, avec Norman Powell qui retrouve un poste d’arrière. Séduisant non ?

  • Probabilité d’un deal avec Brandon Ingram – 2/5 : aperçu aux côtés du manager général des Pels lors d’un match de Playoffs à Phoenix il y a trois semaines, Ingram et la franchise de NOLA semblent aujourd’hui sur le même longueur d’ondes. Mais ce ne serait pas si étonnant de voir les Pelicans adapter leur stratégie pour concentrer leur projet à 100% sur Zion Williamson en cas de résultats décevants sur le court terme. Les Blazers pourraient alors tenter quelque chose, même si convaincre David Griffin ne sera pas chose aisée si ça arrive.

Bradley Beal

On garde le meilleur pour la fin, et on se permet de rêver un peu. Imaginez deux secondes un backcourt composé de Damian Lillard et Bradley Beal. On a eu un petit aperçu dans le contexte FIBA avec Team USA, et ce serait clairement flippant à voir en NBA. Cela ne changerait pas radicalement la structure de l’équipe des Blazers, mais on est quand même d’accord pour dire que cela élèverait le niveau global de l’équipe, no disrespect envers C.J. McCollum. À 28 ans et restant sur deux saisons consécutives avec au moins 30 pions de moyenne, Bealou est actuellement en plein dans son prime. Il a lui aussi connu son lot de frustrations avec les Wizards ces dernières saisons, même s’il a pu regoûter aux Playoffs cette année aux côtés de Russell Westbrook. Pour le moment, Beal n’a pas exprimé une potentielle volonté de partir. Comme Lillard, il valorise la loyauté et n’est pas du genre à vouloir former des superteams pour gagner. Et tant qu’il s’inscrira dans le projet des Wizards, ces derniers n’ont aucune véritable raison de se séparer de lui. Mais à la différence de Dame, sous contrat jusqu’en 2024 minimum, on ne peut quand même pas exclure le fait que la fin de contrat de Beal approche. Pour rappel, s’il décide de ne pas prolonger à Washington, il peut potentiellement devenir agent libre dès l’année prochaine étant donné qu’il possède une player option sur la saison 2022-23. Traduction, ça peut bouger rapidement dans les mois à venir, surtout si les Wizards – désormais coachés par l’entraîneur rookie Wes Unseld Jr. – ne performant pas au niveau attendu par Bealou la saison prochaine.

Si Bradley Beal arrive prochainement sur le marché des transferts, il faudra que Neil Olshey se pose absolument sur le dossier et trouve un moyen d’intégrer les discussions. Ce n’est pas tous les jours qu’une telle occasion se présente, et on imagine que Damian Lillard aimerait bien voir son management faire comme les Bucks par exemple, qui ont lâché du lourd pour obtenir Jrue Holiday afin de permettre à Giannis Antetokounmpo et Milwaukee de véritablement jouer le titre. Dans le cas d’un trade potentiel, les Wizards demanderaient sans doute un package XXL avec un très gros capital Draft, et possiblement aussi un joueur sur lequel on peut construire ou plusieurs éléments prometteurs. Pas sûr que les Blazers, avec un C.J. McCollum dans la balance, soient les mieux placés sur le dossier, surtout si des équipes comme les Sixers (avec Ben Simmons) et les Celtics (avec Jaylen Brown) décident de se mettre sur le coup.

  • Probabilité d’un deal avec Bradley Beal – 1/5 : faible probabilité pour celui-là, et ce pour trois raisons. 1) Bealou n’a pas demandé à partir pour l’instant. 2) Si ça arrive, les Wizards trouveront probablement une meilleure offre que celle des Blazers. 3) Parce que Neil Olshey.

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Comme vous pouvez le constater, malgré ces noms plutôt séduisants, la mission de Neil Olshey s’annonce bien hard. Il faudra peut-être baisser la barre un peu et se contenter d’ajouter de meilleurs role players. Jason Quick de The Athletic envisage par exemple un transfert entre C.J. McCollum et Marcus Smart, ce qui apporterait évidemment une plus grosse solidité défensive à Portland et donc un meilleur équilibre, même si offensivement la différence est réelle entre les deux joueurs. Est-ce que ce genre de transfert peut convaincre Lillard par rapport à la capacité des Blazers de jouer le titre ? Pas sûr. De plus, comme dit au début de ce papier, les Blazers ont des possibilités très limitées sur le marché de la Free Agency car ils possèdent déjà une grosse masse salariale, sans compter que Portland n’est pas non plus le marché le plus attractif de la planète basket. S’ils évitent la luxury tax (peu probable), ils auront une mid-level exception à 9,5 millions (ainsi qu’une bi-annual exception à 3,7 millions), un montant qui passe à seulement 6 millions pour les franchises qui payent la taxe de luxe. Avec ça, vous pouvez choper un joueur correct sur le marché (Danny Green, Nicolas Batum, Bobby Portis, potentiellement Andre Iguodala…) mais sans plus. Comme le mentionne Kevin O’Connor de The Ringer, le scénario sign & trade n’est jamais à exclure mais ça demande une contrepartie et en plus, les Blazers n’ont pas leur pick du premier tour cette année, ni le second d’ailleurs. Pas top tout ça. Clairement, attirer de nouveaux joueurs pour améliorer l’effectif s’annonce difficile, alors on surveillera aussi de près ce qui se passera avec plusieurs joueurs ayant porté le maillot des Blazers cette saison. Derrick Jones Jr. possède une player option de 9,7 millions, Zach Collins deviendra agent libre non restrictif, tout comme Carmelo Anthony et Enes Kanter, entre autres.

La franchise de Portland a deux mois pour présenter un projet convaincant à Damian Lillard, qui se pose clairement des questions sur son avenir. Deux mois pour réfléchir, deux mois pour faire les meilleurs choix afin de permettre aux Blazers version Chauncey Billups d’être plus compétitifs la saison prochaine. Les options sont limitées, la flexibilité de Portland aussi, alors on tient à souhaiter bonne chance à Neil Olshey.

Source texte : The Ringer, The Athletic

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